par zelie » mer. 30 mai 2012, 17:33
Je trouve que sur le chapitre de l'orthographe il y a deux points à considérer:
-une langue vivante évolue; son orthographe aussi; on n'est pas arrivé à "passeport", "hôpital", "arriver", "fille" par hasard; chaque mot de la langue française porte une part d'histoire langagière en lui, et cette histoire est inscrite à la fois dans sa forme et dans sa phonétique (on laisse de coté l'évolution de sens, ce n'est pas le sujet).
C'est toujours une histoire passionnante, comme celle de l'écriture et des maths.
Pourtant, au moyen âge, le français était "vulgaire", n'en témoigne l'histoire de la première bible écrite en français au lieu du latin. Notre beau français si plein de nuances et de contradictions, n'a pas toujours eu l'adhésion intellectuelle de tous... le clergé en premier. Depuis le premier écrit en français, qui a fixé d'ailleurs un nom à cette langue encore très "populaire", la langue, notre langue a indiciblement évolué, tout le monde en conviendra... et nous en sommes bien contents au fond.
De la même façon, notre époque ne peut prétendre à une quelconque ultimité du langage; le français continuera d'évoluer à travers nous et après nous, qu'on le veuille ou non, tout simplement parce que c'est l'usage qui dicte ses règles au langage. Certes là il y a un levier dans les mains des profs et des parents: il incombe à chacun de la direction de l'évolution de notre langue, dans les usages et les valeurs que nous passeront à la génération suivante, si celle-ci consent majoritairement à perpétuer la direction....
Donc avant de parler de perte, sachons décentrer ce débat pour savoir y reconnaître sa part d'évolution et son droit à celle-ci.
-plus près de nous : actuellement, la tendance éducative française joue sur deux tableaux: l'enseignement de l'orthographe, qui connait une ascension dans la tête des pédagogues qui pensent l'enseignement de demain, et l'enseignement de la lecture (en tant qu'acte d'appropriation, c'est à dire de la construction d'un esprit littéraire, inférant, comblant, analysant, construisant, rebondissant etc... sur un texte qu'il lit ou sur un texte qu'il écrit).
Cela peut de prime abord sembler contradictoire à une succession de réformes orthographiques qui nous transforment insidieusement nos habitudes ; d'un coté un enseignement qui réagit à un besoin pointé par les IREDU et autres CNRS hexagonaux, d'un autre coté des changements ressentis comme appauvrissants?
Mais encore une fois, n'est-on pas dans un angle de vue manquant de souffle? Se pose-t-on les bonnes questions?
A coté de ce débat, personnellement, la perte du subjonctif et des triples négations ne me va pas si bien que ça non plus, parce ce sont ces textes-là qui me plaisent le plus. Ils ont à mes yeux une façon effilée de dire le monde ; mais c'est moi qui le dis; donc ça ne vaut que pour un cas particulier.
Mais avouons : MB a raison. La langue française, même belle et bien parlée/écrite, se passe depuis un certain temps déjà de ces tournures, peu usitées, mal apprises car elles-mêmes mal maîtrisées, et si actuellement une richesse lexicale lui pallie, on ne peut en nier la disparition dans toutes les couches sociales.
De plus en plus, la littérature contemporaine, pourtant ciblée et riche d'implicite, s'en est débarrassée pour acquérir du rythme et une originalité de bon ton, conditions nécessaires à la survie financière des auteurs. -Et ne parlons pas des journaux, même de grande renommée, dont on se demande s'ils ne sont pas écrits par des blonds!!-
On peut en déduire que le commercial nous dicte nos goûts, on peut aussi en déduire que la langue évolue, pas que dans un sens enrichissant, pas que dans un sens systématiquement appauvrissant non plus. Mais l'usage est là à dicter ses exigences, c'est lui le fil rouge d'une langue, et c'est aussi lui notre passeport pour activer ce qu'on veut voir perdurer.
A tous les courageux qui usent et abusent des "apprîtes": à renouveler quotidiennement jusqu'à disparition des symptômes?
Je trouve que sur le chapitre de l'orthographe il y a deux points à considérer:
-une langue vivante évolue; son orthographe aussi; on n'est pas arrivé à "passeport", "hôpital", "arriver", "fille" par hasard; chaque mot de la langue française porte une part d'histoire langagière en lui, et cette histoire est inscrite à la fois dans sa forme et dans sa phonétique (on laisse de coté l'évolution de sens, ce n'est pas le sujet).
C'est toujours une histoire passionnante, comme celle de l'écriture et des maths.
Pourtant, au moyen âge, le français était "vulgaire", n'en témoigne l'histoire de la première bible écrite en français au lieu du latin. Notre beau français si plein de nuances et de contradictions, n'a pas toujours eu l'adhésion intellectuelle de tous... le clergé en premier. Depuis le premier écrit en français, qui a fixé d'ailleurs un nom à cette langue encore très "populaire", la langue, notre langue a indiciblement évolué, tout le monde en conviendra... et nous en sommes bien contents au fond.
De la même façon, notre époque ne peut prétendre à une quelconque ultimité du langage; le français continuera d'évoluer à travers nous et après nous, qu'on le veuille ou non, tout simplement parce que c'est l'usage qui dicte ses règles au langage. Certes là il y a un levier dans les mains des profs et des parents: il incombe à chacun de la direction de l'évolution de notre langue, dans les usages et les valeurs que nous passeront à la génération suivante, si celle-ci consent majoritairement à perpétuer la direction....
Donc avant de parler de perte, sachons décentrer ce débat pour savoir y reconnaître sa part d'évolution et son droit à celle-ci.
-plus près de nous : actuellement, la tendance éducative française joue sur deux tableaux: l'enseignement de l'orthographe, qui connait une ascension dans la tête des pédagogues qui pensent l'enseignement de demain, et l'enseignement de la lecture (en tant qu'acte d'appropriation, c'est à dire de la construction d'un esprit littéraire, inférant, comblant, analysant, construisant, rebondissant etc... sur un texte qu'il lit ou sur un texte qu'il écrit).
Cela peut de prime abord sembler contradictoire à une succession de réformes orthographiques qui nous transforment insidieusement nos habitudes ; d'un coté un enseignement qui réagit à un besoin pointé par les IREDU et autres CNRS hexagonaux, d'un autre coté des changements ressentis comme appauvrissants?
Mais encore une fois, n'est-on pas dans un angle de vue manquant de souffle? Se pose-t-on les bonnes questions?
A coté de ce débat, personnellement, la perte du subjonctif et des triples négations ne me va pas si bien que ça non plus, parce ce sont ces textes-là qui me plaisent le plus. Ils ont à mes yeux une façon effilée de dire le monde ; mais c'est moi qui le dis; donc ça ne vaut que pour un cas particulier.
Mais avouons : MB a raison. La langue française, même belle et bien parlée/écrite, se passe depuis un certain temps déjà de ces tournures, peu usitées, mal apprises car elles-mêmes mal maîtrisées, et si actuellement une richesse lexicale lui pallie, on ne peut en nier la disparition dans toutes les couches sociales.
De plus en plus, la littérature contemporaine, pourtant ciblée et riche d'implicite, s'en est débarrassée pour acquérir du rythme et une originalité de bon ton, conditions nécessaires à la survie financière des auteurs. -Et ne parlons pas des journaux, même de grande renommée, dont on se demande s'ils ne sont pas écrits par des blonds!!-
On peut en déduire que le commercial nous dicte nos goûts, on peut aussi en déduire que la langue évolue, pas que dans un sens enrichissant, pas que dans un sens systématiquement appauvrissant non plus. Mais l'usage est là à dicter ses exigences, c'est lui le fil rouge d'une langue, et c'est aussi lui notre passeport pour activer ce qu'on veut voir perdurer.
A tous les courageux qui usent et abusent des "apprîtes": à renouveler quotidiennement jusqu'à disparition des symptômes?