L'existence de Jésus-Christ

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Re: L'existence de Jésus-Christ

par Serge BS » lun. 23 févr. 2009, 19:52

Raistlin,

Tout à fait d'accord ! C'est bien ça le pire ! C'est qu'il ne se trouve plus aujourd'hui d'historien pour nier l'existence même de Jésus ! Ces "négationnistes" se retrouvent ailleurs !

Re: L'existence de Jésus-Christ

par Raistlin » lun. 23 févr. 2009, 19:24

SBS a écrit :Question : a-t-on des textes contemporains de Bouddha ? Je n'en sais rien !

Remarque : avec les mêmes interpolations (du moins le même genre), Socrate a-t-il existé ?
Notons au passage que les historiens ne nient pas l'existence de Jésus.

On peut remarquer une chose curieuse : le christianisme des premiers siècles a vigoureusement été combattu par des penseurs païens rôdés aux joutes intellectuelles. Ils ont tenté de décrédibiliser le christianisme, la Bible et les évangiles notamment par tous les moyens. Et pourtant, aucun n'a mis en doute l'existence du Christ...

Re: L'existence de Jésus-Christ

par Serge BS » lun. 23 févr. 2009, 16:56

Question : a-t-on des textes contemporains de Bouddha ? Je n'en sais rien !

Remarque : avec les mêmes interpolations (du moins le même genre), Socrate a-t-il existé ?

Re:

par franc_lazur » lun. 23 févr. 2009, 14:56

Coppée a écrit :Bonjour !

J'ai lu ou relu avec beaucoup d'intérêt les textes (Flavius Josèphe, Tacite...) qui ont été reproduits ici. :)

J'ajoute que la question de l'existence de Jésus-Christ me paraît être de celles dont on a le droit de se moquer. Je veux dire par là qu'il faut être vraiment vicieux pour vouloir douter de l'existence de Jésus-Christ même comme homme, alors que son nom et ses oeuvres sont répandus sur toute la terre. Ce doute me semble ne pouvoir venir que d'une volonté coupable.

Je suis bien d'accord avec toi, Coppée, mais force est de constater que la thèse mytique prend de l'ampleur avec des arguments basés essentellement sur l'interpolation des textes (exemples Flavius Joseph) et sur l'absence de documents contemporains de Jésus relatant son existence, et elle est de plus en plus en vogue dans certains milieux intellectuels français !!!!


Il est donc bon, et meme nécessaire de s'armer avec des munitions argumentaires soilides ....



Fraternellement.

par Coppée » jeu. 18 janv. 2007, 12:42

Bonjour !

J'ai lu ou relu avec beaucoup d'intérêt les textes (Flavius Josèphe, Tacite...) qui ont été reproduits ici. :)

J'ajoute que la question de l'existence de Jésus-Christ me paraît être de celles dont on a le droit de se moquer. Je veux dire par là qu'il faut être vraiment vicieux pour vouloir douter de l'existence de Jésus-Christ même comme homme, alors que son nom et ses oeuvres sont répandus sur toute la terre. Ce doute me semble ne pouvoir venir que d'une volonté coupable.

par Etienne » dim. 19 nov. 2006, 22:26

Bonjour Kersen,

Prouvez-moi s'il vous plaît que votre arrière arrière arrière grand mère a éxisté? (Une photo ou le "je serais pas là sinon" ne prouvant rien de son existence")
Prouvez moi que l'air existe, je ne l'ai encore jamais vu, et mon souffle l'hiver ne prouve rien.
Prouvez moi que les nuages existent, je ne les ais encore jamais touchés...et vous?
Prouvez moi que la pensée existe, l'aurait-on déjà vu?
Et prouvez-vous, lorsque vous êtes aux toilettes, et sans bouger, que votre cuisine existe vraiment.... Merci.

Fraternellement.

par Boris » ven. 17 nov. 2006, 16:13

Christ est le mot Grec pour "oint".
Kersen a écrit :La capacité qu'a l'auteur à nous rapporter des éléments biographiques sur Jésus.
Quel auteur ?

Matthieu, Marc, Luc ou Jean ? (ou un autre)

Car dans cette liste, les 3 premiers disent souvent exactement les mêmes choses alors qu'ils ne se sont pas concertés pour écrire leur Evangile !
Il s'agit donc d'Evangile contradictoire dans le sens où les auteurs ne les ont pas écrits ensemble.

Re: Jésus et les revues pipole.

par Kersen » ven. 17 nov. 2006, 13:40

marchenoir a écrit : Mais si le nom de Jésus avait été mentionné, auriez-vous trouvé cette citation probante ? Rien n'est moins sûr.
La question posée dans le titre de ce fil est "Jésus a-t-il existé ?", pas "Y avait-il des hommes et des femmes connus sous l'appellation de "chrétiens" au Ier siècle ?"

Toutes les citations que vous donnez sont utiles pour répondre à la seconde question, mais pas à la première. Parmi les groupes que les autorités romaines ou le public païen reconnait comme "chrétiens", il peut y avoir des Juifs ou des prosélytes ayant une dévotion pour le Messie (Christ est le mot grec pour dire Messie) tel qu'il est annoncé dans l'Ancien Testament, et ignorant tout d'un homme né entre un boeuf et un âne, ayant fait de nombreux miracles, et mort sur une croix.

Ce n'est pas le nom de Jésus qui est important, mais la capacité qu'a l'auteur à nous rapporter des éléments biographiques sur Jésus. Ainsi Flavius Josèphe nous indique qu'il a eu connaissance d'un homme qui accomplissait des choses merveilleuses et qui est mort sur une croix. Tacite indique que le fondateur des groupes messianisants réprimés par Néron est un criminel suplicié sous Ponce Pilate.

Ni Pline, ni Suétone n'en disent autant.

Encore une fois je laisse de côté le Talmud, puisqu'on est incapable de dater les éléments sur Jésus qu'il rapporte.

Mara Bar-Serapion : il ne parle pas du Christ, mais d'un "roi juif" condamné à mort, et dont l'enseignement lui survit comme c'est le cas de Socrate. Cela fait penser à la titulature "INRI" que les évangiles rapportent comme ayant été apposée par Ponce Pilate sur la croix. Ce qui est un peu embêtant c'est que ce roi juif n'est pas exécuté par les Romains, mais par les Juifs eux-mêmes. On ne sait pas non plus à quelle époque ce roi juif a vécu. Dans le même passage Mara Bar-Serapion parle de Socrate et de Pythagore, ce qui ne donne aucun indice temporel utile.

Jésus et les revues pipole.

par marchenoir » jeu. 16 nov. 2006, 22:55

Bonjour Kersen.

"Qu'un groupe religieux juif se réclamant du Christ, c'est à dire du messie, avait donné du fil à retordre aux autorités romaines [...] ne prouve [pas] que ce groupe religieux juif avait un lien particulier avec Jésus et les apôtres", dites-vous. Mais si le nom de Jésus avait été mentionné, auriez-vous trouvé cette citation probante ? Rien n'est moins sûr.

Comme vous le soupçonnez peut-être, il n'existe pas d'interview de Jésus. L'existence humaine de Notre Seigneur avait tout pour passer inaperçue. Sa vie publique se résume à trois années au fin fond de l'Empire Romain. Il n'a pas appelé à la sédition, n'a pas crée de royaume, n'a renversé aucun tyran, n'a gagné aucune bataille, n'a rien sculpté, rien écrit, rien construit, n'a pas trouvé de super invention, n'a pas chanté en duo avec Line Renaud, n'a pas frayé avec les grands de son temps, bref, le genre discret que tout chroniqueur s'empresse d'ignorer. Donc, point d'interview.

Bon, voici tout de même quelques éléments que tout un chacun peut collecter sur internet ou toute revue traitant du sujet :

Pline le jeune

Gouverneur de Bithynie en 112 écrit à l'empereur Trajan (Epitres X, 96) et lui demande conseil concernant le traitement des chrétiens. Pour les démasquer, il explique à l'empereur qu'il « les fait maudire Christ, ce qu'un vrai chrétien ne fera jamais ». Puis il cite leur défense : « Les chrétiens arrêtés affirment que leur culpabilité ou leur erreur se limite à se réunir en un jour fixé, avant le jour, pour chanter des hymnes à Christ comme à un dieu, et se lier par un voeu solennel, non pour quelque mauvaise action, mais à ne jamais commettre de fraude, de vol, d'adultère, à ne pas trahir leur parole, et à ne pas renier leur foi si on le leur demandait. »

Suétone

Suétone est un historien romain. Il écrivit vers 120 après J.C. : « Comme les juifs créaient de constantes perturbations à cause de Chrestus, il les chassa de Rome... » (Vie de Claude, 25,4). Luc mentionne cette persécution des juifs de Rome sans mentionner sa cause (Actes 18/2). Jésus est appelé "chrestus" par d'autres auteurs romains mais ce texte n'est pas très probant. Un autre écrit de Suétone mentionne "la punition de Néron sur les Chrétiens, une classe d'individus adonnés à une nouvelle et néfaste superstition." (Vie des Césars; 26,2)

Thallus

Historien samaritain, dont les écrits datent de 52, cité par Julius Africanus (IIIè siècle) à propos de l’obscurité qui eut lieu après la crucifixion : « Thallus, in le troisième livre de ses Histoires, élude les ténèbres [au moment de la crucifixion] comme provenant d’une éclipse du soleil, ce qui est absurde, parce qu'une éclipse du soleil ne pourrait avoir lieu au moment de la pleine lune, et c'est justement au moment de la pleine lune pascale qu'eût lieu la crucifixion. » Ce témoignage d’Africanus montre que les 3 heures de ténèbres pendant la crucifixion de Jésus (rapportées en Matthieu 27/45, Marc 15/33, Luc 23/44) provoquait un débat chez des historiens des trois premiers siècles, non sur leur existence mais sur leur explication.

Le Talmud

Le Talmud est composé de la Mishna (recueil de lois et traditions juives mises par écrit vers le IIème) et des Gemaras (commentaires de la Mishna). Le Talmud Babylonien qui a été achevé d'écrire vers la fin du IVème siècle :
• ne met pas en doute la réalité historique de Jésus-Christ,
• dit que Jésus était transgresseur de la loi, pratiquant la magie, faisant fi des sentences des sages, ...
• dit que ses disciples guérissent les malades en son nom.
Il est important de noter que le Talmud est à priori hostile à Jésus : on ne peut donc taxer ses textes de partisans. Ainsi, le Talmud atteste fortement l'historicité de Jésus, mais aussi le fait que Jésus accomplissait des miracles puisqu'il considère que Jésus pratiquait la magie ! Et il en est de même pour les miracles accomplis par les disciples puisqu'il reconnaît que ses disciples guérissaient des malades en son nom
En voici un extrait très clair : "La veille de Pessah, ils pendirent Yeshu. Pendant 40 jours avant qu'ait lieu l'exécution, un héraut se déplaça en criant : 'Il va être lapidé parce qu'il a pratiqué la sorcellerie et a conduit Israël à l'apostasie. Quiconque peut dire quelque chose en sa faveur, qu'il vienne et plaide pour lui.' Mais puisque personne ne s'avança, il fut pendu la veille de Pessah. - Ulla répliqua : 'Supposes-tu qu'il était un homme qu'on puisse défendre ? N'était-il pas un Mesith (séducteur) dont les Ecritures disent que 'tu ne l'épargneras pas, tu ne le cacheras pas' (Deut. 13/9)? - Avec Yeshu, c'était différent parce qu'il était de famille royale." (Talmud Babylonien; Sanhedrin 43a).

On apprend en outre de cet extrait que Jésus était de famille royale (descendant de David selon sa généalogie), accusé d'égarer le peuple des croyants (Selon les Evangiles, Jésus fut condamné par le Sanhédrin pour blasphème) et mis à mort la veille de la Pâque.

Manuscrit Syriaque n° 14658 du British Muséum (date de 73 environ)

Lettre envoyée par un Syrien nommé Mara Bar-Serapion, à son fils Serapion. Alors qu'il est en prison, il encourage son fils à poursuivre la sagesse, soulignant que ceux qui ont persécuté les sages ont eu des problèmes. Il prend comme exemple les morts de Socrate, Pythagore et Christ. A propos de Christ il dit : "... quel avantage les Juifs ont-ils gagné à exécuter leur roi sage ? Leur royaume fut anéanti peu après..."

Bien à vous.

Marchenoir.

par Kersen » jeu. 16 nov. 2006, 1:15

Suétone n'indique rien de déterminant pour la question de l'existence historique de Jésus. Tout ce qu'indique Suétone dans Claude 25 3-5, c'est qu'un groupe religieux juif se réclamant du Christ, c'est à dire du messie, avait donné du fil à retordre aux autorités romaines. Rien ne prouve que ce groupe religieux juif avait un lien particulier avec Jésus et les apôtres. Depuis la découverte des manuscrits de Qumran, on sait que le messianisme est une composante importante du judaïsme de cette époque.

Les seules sources sur Jésus ne dépendant pas des évangiles sont Flavius Josèphe et Tacite. Et il est possible que Tacite tire certaines informations pour partie d'une documentation issue de Flavius Josèphe, et pour partie de ce que les chrétiens de son époque disaient eux-mêmes.

Donc c'est à la fois peu, et beaucoup.
On pourrait citer Pline le jeune, Lucien l’ironiste (Mort de Pérégrinos), Celse, Suétone, Thallus et même le Talmud qui cite 10 fois Jésus.
Pour le Talmud, j'imagine qu'on est incapable de dater à quel moment ces citations ont été écrites. Je vous ai répondu pour Suétone. J'aimerais bien en savoir plus sur les autres citations. Pourriez-vous les reproduire et indiquer les références précises ? Il est probable qu'elles parlent des chrétiens. Mais cela m'étonnerait qu'elles donnent beaucoup d'indications sur Jésus.

par solal » jeu. 02 nov. 2006, 21:12

Merci à tous pour vos réponses très complètes.

Je donne ici un exemple des arguments employés pour nier l'existence de Jésus : http://www.blanrue.com/jesus.html

Il faut simplement savoir que cette argumentation existe et qu'il est nécessaire de mettre les choses au point.

par Boris » mer. 01 nov. 2006, 20:29

Un académicien célèbre propose plusieurs explication au christainisme :
- légende
- mythe
- ???

Il démontre qu'à chaque forme une période de l'histoire démontre le contraire.
Comment un mythe peut-il se propager aussi rapidement et faire envi du martyr ?
Comment le Christ peut-il être une légende dès avant le milieu du premier siècle ?
...

Re: Jésus a-t-il existé?

par marchenoir » mer. 01 nov. 2006, 16:06

solal a écrit :Cette question peut paraître curieuse mais elle est posée très sérieusement dans certains milieux athées, agnostiques ou encore rationalistes. Pour eux, Jésus ne serait qu'un mythe.

Ma question est la suivante : comment peut-on contre-argumenter (avec des arguments concrets) devant une telle affirmation?
Bonjour Solal.

Quitte à paraître paradoxal, je le dis tout de suite, la question de l’historicité de Jésus telle qu’elle est posée par les « libres penseurs » actuels est une fausse question.
Disons que c’est une question qui n’a de réelle actualité que dans les cercles les plus athées, un peu comme les récits de bonshommes verts n’ont d’actualité que chez ceux qui veulent y croire.

Le problème de l’historicité en général en un problème délicat.

Dans De la connaissance historique (coll. Points Histoire, au Seuil) l’historien Henri Irénée Marrou évoque la difficulté qui est à la base de toute contestation d’historicité : « il nous faut souligner à nouveau le fait qu'aucune des conclusions de son enquête [celle de l’historien], aucune vérité historique, n'est à proprement parler, au sens rigoureux des termes, incontestable, contraignante ».

L’historicité ne relève pas de la constatation factuelle devant laquelle il suffirait de s’incliner. Elle relève plutôt du consensus des historiens. Cependant, chacun peut, s’il le veut révoquer en doute ce consensus et, en marge de la communauté scientifique, proposer une histoire alternative (il le fera d’ailleurs d’autant plus volontiers qu’il n’appartiendra pas à cette communauté).
Il suffit pour cela de demander toujours plus de preuves, de ne pas se satisfaire de celles que la communauté scientifique accrédite, de dénicher des contradictions dans le dates ou ailleurs (en cherchant bien on en trouve toujours), de jeter le soupçon sur tel ou tel témoin, et le tour est joué. Enfin… joué pour ceux qui veulent y croire ou pour ceux qui ne prennent pas le temps de se renseigner.

C’est toujours Marrou qui explique : « [L'historien] ne doit pas avoir en face des témoins du passé cette attitude renfrognée, tatillonne et hargneuse, celle du mauvais policier pour qui toute personne appelée à comparaître est a priori suspecte et tenue pour coupable jusqu'à preuve du contraire; une telle attitude, loin d'être une qualité, serait pour l'historien un vice radical, le rendant pratiquement incapable de reconnaître la signification réelle, la portée, la valeur des documents qu'il étudie; une telle attitude est aussi dangereuse en histoire que, dans la vie quotidienne, la peur d'être dupe, cette affectation que Stendhal aime à prêter à ses personnages (« je suppose toujours que la personne qui me parle veut me tromper »...) »

Cette attitude s’appelle l’hypercritique. L’une de ses conséquence néfaste est le révisionnisme (attention, je ne dis pas et je ne sous-entend même pas que ceux qui remettent l’existence de Jésus en question sont de près ou de loin des révisionnistes !!!).
Cependant, le mécanisme est le même.
Et à ce petit jeu, on peut douter de tout. En guise d’illustration, je vous conseille d’aller voir une preuve de la non existence de Napoléon, c’est du très grand art : http://www.phdn.org/negation/fous/napoleon/htlm

Pour ce qui concerne l’historicité de Jésus, il me suffit de savoir que le consensus est unanime sur son existence. Pour être juste, je me demande au juste combien d’historiens professionnels la contestent.
Avez-vous eu l'occasion d'écouter l’émission où Michel Onfray, l’athée entre les athées, abordait ce problème devant quelques historiens (Le Masque et la Plume ? je ne sais plus…). En cinq minutes c’était plié. Pathétique. Un grand moment de solitude pour le libre penseur.

Quelques éléments de réflexions :

1- Un bon indicateur de l’état des recherches sur la question, les encyclopédies rendent précisément compte de ce qui est admis par l’ensemble des historiens :

Encyclopédie Britannica, 15ème édition
« Ces témoignages indépendants prouvent que dans les siècles passés, même les opposants au christianisme n'ont jamais douté de l'historicité de Jésus. Celle-ci a été remise en question pour la première fois, sur des bases inadéquates, par plusieurs auteurs à la fin du 18ème, durant le 19ème et au début du 20ème. »

La Grande Encyclopédie Larousse
« Les historiens sérieux sont unanimes à affirmer sans hésitation que Jésus a bien existé. »(Tome 11, p 6699)

2- Les partisans du « mythe Jésus » récusent en bloc les évangiles. Ce sont bien les seuls. Bien entendu, tout n’est pas à prendre à la lettre, c’est précisément le rôle des historiens de débrouiller ce qui peut être tenu pour historiquement vrai. Et, pour l’existence de Jésus (je ne dis pas pour la factualité des miracles ou autre, c’est encore un autre problème), ces évangiles sont considérés comme des sources de tout premier ordre.
Qu’on y pense, 400 ans séparent les poèmes de Virgile et les premières copies dont nous disposons. 700 ans d’écart entre les originaux des comédies de Térence et les premières copies. 900 pour La guerre des Gaules de César. 1200 ans pour les discours de Démosthène. 1300 ans pour les discours de Platon. 1400 ans pour les tragédies de Sophocle et d’Eschyle et les œuvres d’Aristophane. 1600 pour les tragédies d’Euripide.
Et encore, pour certaines, on ne dispose que de peu de copies !
Et pour les sources chrétiennes ?
• A la bibliothèque Rylands (Manchester) deux fragments de papyrus relatant la passion selon saint Jean datant du 1er moitié du 2è siècle.
• Deux copies complètes du NT écrites au Ivè s.
• Le De Vaticanus (bibliothèque vaticane) est l’un des exemplaires que, vers 340, l’empereur Constantin reçut de l’évêque Athanase.
• Le Sinaïticus, à Oxford, 346 feuillets. Copie du NT. Même époque.
• Allusion faite aux évangiles : Pappias Iiès. Evêque de Hiérapolis

Les textes de la bible retrouvés dans les grottes de Qûmran en 1947 dont nous avons amplement parlé montrent que les traductions que nous avons de la bible sont d’une surprenante fidélité…

Bon, bref…

3- Que penser des auteurs profanes ?

Certains s’étonnent que peu d’auteurs contemporains parlent de Jésus. Le font-ils exprès ?
Le dernier grand ouvrage faisant état de la question est celui de John P. Meier : Un juif nommé Jésus (l’ouvrage date de l’année dernière ou il y a deux ans, les premiers tomes sont disponible en français au Cerf, les autres sont en cours de traduction, voire même finis d’être traduits, il me semble les avoir tous vu à la Procure). Je le cite : « Jésus était un juif marginal, à la tête d’un mouvement marginal, dans une province marginale du vaste Empire Romain. Le plus étonnant, c’est qu’il se soit trouvé des juifs ou des païens cultivés pour connaître son existence ou y faire allusion au cours du 1er siècle ou au début du 2è. »

Tout le monde connaît les auteurs profanes ayant parlé de Jésus. Leurs versions ne font que corroborer les sources chrétiennes.

Parlons-en un peu :

Flavius Josephe
Flavius Josèphe avait participé à « la guerre des Juifs », entre l’année 66 et l’année 7O. Il s’agit de la grande révolte des Juifs, réprimée par Vespasien, puis celui-ci ayant été proclamé empereur, par son fils Titus. Flavius Josèphe s’était d’abord battu dans les rangs des insurgés, puis s’était rendu aux Romains et avait pris leur parti. Il a écrit en grec vers 93 une histoire très précise de ces événements. Dans cette histoire il rapporte la mise à mort de l’apôtre Jacques. Et puis il parle du Christ. Un certain nombre de critiques donc ont estimé que le dernier passage était trop favorable à Jésus. Un Juif romanisé aurait-il été jusque là ? Un copiste chrétien, en recopiant le manuscrit, aurait arrangé ce dernier passage.
Cette objection est sérieuse, mais nous avons plusieurs manuscrits avec des origines différentes. Un savant Israélien, Shlomo Pères, a étudié ces différents manuscrits et il estima avoir atteint la version « minimum » de Flavius Josèphe. La voici :
« En ce temps là, vivait un sage nommé Jésus. Il se conduisait bien et était estimé pour sa vertu. Nombreux furent ceux tant Juifs que gens d’autres nations qui devinrent ses disciples. Pilate le condamna à être crucifié et à mourir. Mais ceux qui étaient devenus ses disciples ne cessèrent de suivre son enseignement. Ils racontèrent qu’il leur était apparu trois jours après sa crucifixion et qu’il était vivant. Sans doute était-il le Messie sur qui les prophètes ont racontés tant de merveilles. »

Tacite
Tacite a écrit (Annales 1 XV §44) : « Néron a infligé les plus tortures les plus recherchées à ces hommes qui sous le nom commun de chrétiens, était déjà marqués par la plus méritée des infamies. Leur nom tire son origine de Christ qui, sous le règne de Tibère avait subi la peine de mort par un décret du Procurateur Ponce Pilate. » Certains historiens ont émis l'hypothèse d'une interpolation, comme pour Josèphe. Mais cette théorie ne repose sur rien, tous les manuscrits des Annales de Tite contenant le texte entier. Le spécialiste de l'Empire Romain, l'anglais Gibbon, écrit : « La critique la plus sceptique doit respecter la vérité de ce fait extraordinaire et l'intégrité de ce si fameux texte de Tacite. Cela est confirmé par Suétone (In Nerone, chap. 16), historien aussi diligent qu'exact, qui mentionne le châtiment infligé par Néron aux chrétiens, une secte d'hommes qui suivaient une nouvelle et criminelle superstition. Ensuite, la chose est confirmée par le consentement des plus anciens manuscrits, par le style inimitable de Tacite qui a gardé son texte de toute interpolation par une fraude pieuse. Enfin par la continuité de son récit qui accuse les premiers Chrétiens des crimes les plus atroces... » (Chute et Déclin de l’Empire Romain, vol.2, chap.16)

On voudrait infirmer son témoignage au motif qu’il appelle Pilate « procurateur » et non « préfet ». Son titre officiel était en effet préfet, mais en 42 ce titre change de dénomination et est appelé procurateur. Si c’est là la contradiction qui tue…

On pourrait citer Pline le jeune, Lucien l’ironiste (Mort de Pérégrinos), Celse, Suétone, Thallus et même le Talmud qui cite 10 fois Jésus.

Tout ceci n’est qu’un aperçu. En navigant sur internet, on peut trouver des tas de sites intéressants.

Bon courage.

Marchenoir.

L'existence historique de Jésus

par Christophe » mer. 01 nov. 2006, 12:31

L'hypothèse des négationnistes de l'existence historique de Jésus est que les Evangiles auraient été "inventés" de toute pièce pour faire croire en l'existence de Jésus dont la vie serait une sorte de mythe syncrétique. Mais au délà de l'idéologie de ceux qui contestent l'évidence historique, les faits sont là pour la rétablir : des sources neutres (les historiens romains) et des sources hostiles (le Talmud) au Christianisme attestent de la réalité de l'existence historique de Jésus.

Aucun historien sérieux ne nie aujourd'hui l'existence de Jésus. Les autres sont aveuglés par leur idéologie athéiste et il est istérile de débattre avec eux.

Pax
Christophe

par Boris » mer. 01 nov. 2006, 9:45

Benoit Douville a écrit :Le problème est que c'est justement pas un sujet d'argumentation, c'est le mystère de la foi et c'est personnel à chacun d'entre-nous. Les gens athées ont de toute facon aucune ouverture d'esprit...

Salutations
Vous ne placez pas les mystères divins à leur juste place :
- l'existence de Jésus n'est pas un mystère (d'ailleur qu'est-ce que cela a de mystérieux qu'un homme ait existé ou non ?). Son existence est relaté dans de nombreux écrits de l'Empire Romain entre autres.
- sa divinité est un mystère : 100% homme et 100% Dieu !
- son incarnation est un mystère : Marie n'a jamais connu d'homme et est restée vierge après son accouchement !
- sa résurection est un mystère !
- son Eucharistie est un mystère : après sa résurection, le pain et le vin transubstantiés sont son corps et son sang !

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