Le Seigneur dit à mon Seigneur

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Re: Le Seigneur dit à mon Seigneur

par Ombiace » mar. 07 avr. 2020, 21:38

Libremax a écrit : mar. 07 avr. 2020, 20:29 Pour l'heure, c'est la même foule à Jérusalem qui criait "béni soit celui qui vient au nom du Seigneur" et qui réclamait ensuite sa mort avec le sanhédrin.
C'est peut-être le cas, en effet, mais je faisait référence à cette parole de Jésus de Mt 23,39: "car, je vous le dis, vous ne me verrez plus désormais, jusqu'à ce que vous disiez: Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur!" Comment la comprenez-vous, svp?


Perso, j'entends la parole sur le joug et le fardeau à porter comme une injonction à effet immédiat. Je ne dis pas d'aller gratuitement au devant des ennuis, mais de ne pas les fuir me semble correspondre au bien que Jésus nous veut.

Lorsque par exemple Joseph décide d'emmener sa femme enceinte (et presque à terme) au recensement, cette parole, dans la mesure où elle est crue, apporte sans doute des grâces..

Se sauver, je pense, passe par l'abandon à sa manière de mettre en oeuvre le salut. On ne se sauve pas sans le Sauveur: C'est lui, qui nous enseigne la marche à suivre. On a peut-être le sentiment d'aller au casse-pipe, mais c'est peut-être à la force du renoncement à sa zone de confort, ou à sa sécurité qu'on parviendra à passer le chas d'une aiguille, avec la grâce de Dieu.

Enfin , en tout cas, perso, c'est cette foi qui m'aide à avancer dans l'adversité.
Ainsi, je crains peu la mort. Sans la rechercher, (surtout pas), je me dis qu'elle a été le chas d'aiguille de Jésus, cette porte étroite, personnalisée pour lui, au travers de laquelle il ouvre une brèche dans notre sentiment très humain qu'elle a le dernier mot sur la vie.

Par la foi en Christ, on est rendu apte à croire qu'il existe quelque part notre chas d'aiguille à nous, notre porte étroite à nous, au travers desquelles il nous faut passer, chargés de notre croix. Notre chas d'aiguille, ou notre porte étroite personnels ne sont pas nécessairement un passage par la mort, mais par l'épreuve.
C'est je crois là que se trouvent son joug, son fardeau. Et en approchant de l'épreuve, on découvre leur légèreté, facilité à porter qu'on aurait pas cru.
Songez à Joseph ne trouvant pas d'auberge pour sa femme prête à accoucher..

Re: Le Seigneur dit à mon Seigneur

par Libremax » mar. 07 avr. 2020, 20:29

pierrot2 a écrit : mar. 07 avr. 2020, 20:04Je partage votre scepticisme, certes. Cependant, lorsque l'homme dira:"béni soit celui qui vient au nom du Seigneur", peut-être prendra-t-il alors les choses en main.?
Ou alors, peut-être l'Eglise, son épouse, est-elle l'issue de secours à venir. Ne récite-t-on pas, dans le crédo, "je crois à la Sainte Eglise catholique..Dans l'esprit de ce joug de Jésus, facile à porter, son fardeau, lèger, avec cette croix qu'il nous faut porter sous peine de ne pas pouvoir être son disciple..
Tout cela ne se réalisera pas de l'homme lui-même, mais de ce qu'en voudra Dieu. Pour l'heure, c'est la même foule à Jérusalem qui criait "béni soit celui qui vient au nom du Seigneur" et qui réclamait ensuite sa mort avec le sanhédrin. Pour l'heure, l'Eglise a grand besoin de se secourir elle-même avant de secourir le monde, aussi sainte soit-elle, amen ! Le joug à porter, la vie en Eglise et les chants de louange nous préparent en premier lieu à "la résurrection de la chair et à la vie éternelle".

Re: Le Seigneur dit à mon Seigneur

par Ombiace » mar. 07 avr. 2020, 20:04

Invité a écrit : mar. 07 avr. 2020, 17:44 En ce qui me concerne
Merci pour cette réponse, Invité
Invité a écrit : mar. 07 avr. 2020, 17:44 j'ai la foi, oui, mais en la Volonté de Dieu seule plutôt que dans les oeuvres des hommes.
Je partage votre scepticisme, certes. Cependant, lorsque l'homme dira:"béni soit celui qui vient au nom du Seigneur", peut-être prendra-t-il alors les choses en main.?
Ou alors, peut-être l'Eglise, son épouse, est-elle l'issue de secours à venir. Ne récite-t-on pas, dans le crédo, "je crois à la Sainte Eglise catholique..Dans l'esprit de ce joug de Jésus, facile à porter, son fardeau, lèger, avec cette croix qu'il nous faut porter sous peine de ne pas pouvoir être son disciple..

Re: Le Seigneur dit à mon Seigneur

par Invité » mar. 07 avr. 2020, 17:44

pierrot2 a écrit : mar. 07 avr. 2020, 13:35Mais quelle que soit ma sympathie pour le royalisme, je peux difficilement réprimer un attachement aux valeurs de démocratie, qui sont censées permettre à tous de promouvoir collectivement une volonté. Même s il y a du chemin à parcourir, pour réprimer ce "cause toujours" que l'humoriste associe à la démocratie, qui montre bien que les choses sont au point mort en matière de volonté.

Or, la volonté n'est-elle pas ce dont Christ a du faire preuve face aux tentations?

Peut-être les choses seront elles un jour mûres, dans le futur, pour avoir la "volonté" d'une "royauté"de la douceur et de l'humilité du lavement des pieds!?! Ayons la foi.
Qu'en dites vous?
En ce qui me concerne, je n'ai guère d'espoir en un quelconque régime politique qui équivaudrait à réaliser le règne de Dieu sur terre. Cela a constitué le délire des totalitarismes et des fondamentalismes divers. Le royaume de Dieu n'est pas de ce monde. J'ai la foi, oui, mais en la Volonté de Dieu seule plutôt que dans les oeuvres des hommes. Plût à Dieu que celles-ci tendent vers Celle-là, éventuellement, mais ce n'est pas de mon ressort.

Re: Le Seigneur dit à mon Seigneur

par Ombiace » mar. 07 avr. 2020, 13:41

cmoi a écrit : mar. 07 avr. 2020, 7:46 Elle avait déjà intériorisé les paroles de son fils à Pierre, lui disant après la pêche miraculeuse post-résurrection de ne s'occuper que de son propre destin
Ce n'était qu'un malentendu, cher cmoi:
J'avais cru que le sujet du participe présent:"disant" était: "Elle"(Marie), au lieu des "paroles de son fils", dans votre phrase. Ce qui ne pouvait me rappeler quelque chose, évidement.
Mea culpa!

Re: Le Seigneur dit à mon Seigneur

par Ombiace » mar. 07 avr. 2020, 13:35

Libremax a écrit : mar. 07 avr. 2020, 11:06 Le diable pervertit tout. Il défigure a royauté en ce qu'elle a de plus séducteur pour l'égo (exactement comme le serpent pervertit l'idée de divinité devant Eve), alors que la royauté telle que la veut Dieu n'a rien à voir.

Le vrai roi est au service de son peuple et au servide de Dieu, il contribue à l'avènement du règne divin (seul vrai "roi")
Je suis bien d'accord avec cela , cher Libremax.

Sans doute ai-je une image de la royauté inspirée de ce qu'elle fut pour les monarchies absolues, càd. avec un pouvoir de décision concentré, des societés monarchiques en quête d'un autre équilibre, et difficiles à réformer.
Imaginerions-nous Louis XIV lavant les pieds à un roturier? La royauté de Jésus n'etait pas de ce monde, assurément.

Mais quelle que soit ma sympathie pour le royalisme, je peux difficilement réprimer un attachement aux valeurs de démocratie, qui sont censées permettre à tous de promouvoir collectivement une volonté. Même s il y a du chemin à parcourir, pour réprimer ce "cause toujours" que l'humoriste associe à la démocratie, qui montre bien que les choses sont au point mort en matière de volonté.

Or, la volonté n'est-elle pas ce dont Christ a du faire preuve face aux tentations?

Peut-être les choses seront elles un jour mûres, dans le futur, pour avoir la "volonté" d'une "royauté"de la douceur et de l'humilité du lavement des pieds!?! Ayons la foi.
Qu'en dites vous?

Re: Le Seigneur dit à mon Seigneur

par cmoi » mar. 07 avr. 2020, 12:04

Voici l'extrait Pierrot2 ;
"Il dit cela pour indiquer par quelle mort Pierre glorifierait Dieu. Et ayant ainsi parlé, il lui dit: Suis-moi. Pierre, s'étant retourné, vit venir après eux le disciple que Jésus aimait, celui qui, pendant le souper, s'était penché sur la poitrine de Jésus, et avait dit: Seigneur, qui est celui qui te livre? En le voyant, Pierre dit à Jésus: Et celui-ci, Seigneur, que lui arrivera-t-il? Jésus lui dit: Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe? Toi, suis-moi. Là-dessus, le bruit courut parmi les frères que ce disciple ne mourrait point. Cependant Jésus n'avait pas dit à Pierre qu'il ne mourrait point; mais: Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe?…"

On a l'habitude de'évoquer par rapport à ce texte la fin des temps, de le transformer en interrogation eschatologique, mais Jésus ne pourrait-il avoir aussi simplement un peu d'humour?
Pour moi, alors que Pierre s'interroge sur la mission et donc le destin de Jean (car il sait la préférence du coeur de jésus) Jésus le reprend gentiment et lui demande de ne s'occuper que de sa mission et son destin, de son "suis-moi".
N'allait-il pas lui confier certaines paroles rien qu'à lui, rien que pour lui ? Et pour cela se mettre à part avec...
Combien de fois manquons-nous des grâces par distraction, indiscrétion jalouse ou fut-elle humble, par un complexe d'infériorité?

Re: Le Seigneur dit à mon Seigneur

par Libremax » mar. 07 avr. 2020, 11:06

pierrot2 a écrit : mar. 07 avr. 2020, 10:55 Justement, la notion de prêtre, prophète et "roi", pour les baptisés m'interroge également, pour les même raisons.

Et il est précisé que Satan montra à Jésus les royaumes de ce monde et leur gloire, dans la tentation correspondante. De 2 choses l'une: Ou bien la gloire des hommes est mauvaise, l'autre, elle ne l'est pas, mais sert les desseins de Satan, me semble -t-il..
Ce n'est pas parce que Satan utilise la notion de royauté pour tenter Jésus que celle-ci est naturellement démoniaque.
Satan utilise aussi la satiété, l'immortalité : rien de mauvais dans tout cela.
Le diable pervertit tout. Il défigure a royauté en ce qu'elle a de plus séducteur pour l'égo (exactement comme le serpent pervertit l'idée de divinité devant Eve), alors que la royauté telle que la veut Dieu n'a rien à voir.

Le vrai roi est au service de son peuple et au servide de Dieu, il contribue à l'avènement du règne divin (seul vrai "roi"), il est présent pour tous, il donne sa vie pour tous.
C'est exactement ce qu'a été Jésus, qui en même temps, était Messie et roi légitime d'Israël.
Et c'est exactement ce que nous sommes appelés à devenir, nous baptisés, sans rêve de gloire terrestre.

Re: Le Seigneur dit à mon Seigneur

par Ombiace » mar. 07 avr. 2020, 10:55

Justement, la notion de prêtre, prophète et "roi", pour les baptisés m'interroge également, pour les même raisons.

Et il est précisé que Satan montra à Jésus les royaumes de ce monde et leur gloire, dans la tentation correspondante. De 2 choses l'une: Ou bien la gloire des hommes est mauvaise, l'autre, elle ne l'est pas, mais sert les desseins de Satan, me semble -t-il..
Libremax a écrit : mar. 07 avr. 2020, 10:38 Je pense pouvoir avancer que tout ceci fait partie de la pédagogie divine envers les hommes.
Ceci me semble une option vraisemblable

Re: Le Seigneur dit à mon Seigneur

par Libremax » mar. 07 avr. 2020, 10:38

pierrot2 a écrit : mar. 07 avr. 2020, 10:15 Mon interrogation devient donc pourquoi?
car le titre honorifique de roi me surprend, qui semble appartenir à la gloire des hommes.
Je pense pouvoir avancer que tout ceci fait partie de la pédagogie divine envers les hommes.
D'une part, la royauté de David est le fait de Dieu, et c'est encore Lui qui lui promet puissance et règne sans fin pour sa dynastie.
Mais c'est vrai que Jésus recommande à ses disciples de vivre en serviteurs et non pas en seigneurs.

Il fallait que Jésus soit d'ascendance royale pour qu'il puisse donner à la royauté sa réelle signification : celle de fidèle serviteur de Dieu, celle d'ouvrier de Son royaume.
C'est pour cela que chaque baptisé est "prêtre, prophète et roi".

Re: Le Seigneur dit à mon Seigneur

par Ombiace » mar. 07 avr. 2020, 10:21

cmoi a écrit : mar. 07 avr. 2020, 7:46 Elle avait déjà intériorisé les paroles de son fils à Pierre, lui disant après la pêche miraculeuse post-résurrection de ne s'occuper que de son propre destin - qui est de réaliser la volonté de Dieu. Vous connaissez sûrement ce passage que je vous invite à relire...
cmoi a écrit : mar. 07 avr. 2020, 9:14 Il s'agit de la toute fin de l'évangile de Jean (21: 20 à 24) et donc des 4, ce qui y donne une portée particulière.
Je n'ai pas trouvé, cher cmoi

Re: Le Seigneur dit à mon Seigneur

par Ombiace » mar. 07 avr. 2020, 10:15

Libremax a écrit : mar. 07 avr. 2020, 9:12 la filiation à David est essentielle, parce que c'est elle qui, en Israël, légitimise toute royauté.
Libremax a écrit : mar. 07 avr. 2020, 9:12 Si Gabriel annonce en insistant la dignité royale de Jésus, c'est parce qu'il annonce par là même qu'il est le Messie.
Je vous remercie, Libremax, ceci m'informe clairement, de ce que j'imaginais, mais très confusément

Mon interrogation devient donc pourquoi?
car le titre honorifique de roi me surprend, qui semble appartenir à la gloire des hommes.

Peut-être ai-je tort: je tenais un peu pour méprisable cette gloire humaine, car des paroles évangéliques, dont je ne me souviens plus la teneur exacte déploraient ce goût de cette gloire, au détriment de celle de Dieu.. Qui plus est, c'est de cette gloire que Satan fait usage dans l'une de ses tentations.

Mais peut-être ai-je un élément de réponse, en la personne de Pilate (ce matin, les mystères douloureux m'ont inspirés) qui est peut-être le seul à donner à Jésus le titre de roi des juifs. Pourquoi cette reconnaissance, en effet?
Peut-être les rois sont-ils riches de quelque chose.. Jésus, doux et humble de coeur, riche de cette douceur et de cette humilité, est peut-être par là tenu pour roi (de douceur et d'humilité). Les juifs, humiliés par l'occupation, rêvaient sans doute d'une revanche par la force, mais voilà que l'homme fort du moment est un humble/doux, cela leur semblait peut-être encore plus humiliant..

C'est l'idée qui m'est apparue ce matin, mais même cela revêt quelque chose d’apparemment contradictoire: La "dignité" royale, l'humilité seraient-elles à associer?

Re: Le Seigneur dit à mon Seigneur

par cmoi » mar. 07 avr. 2020, 9:14

Il s'agit de la toute fin de l'évangile de Jean (21: 20 à 24) et donc des 4, ce qui y donne une portée particulière.

Re: Le Seigneur dit à mon Seigneur

par Libremax » mar. 07 avr. 2020, 9:12

Bonjour pierrot2,

la filiation à David est essentielle, parce que c'est elle qui, en Israël, légitimise toute royauté. David est le fondateur de la monarchie d'Israël (il est "son père" parce qu'ici, "père" veut dire ancêtre, aïeul).
Si Gabriel annonce en insistant la dignité royale de Jésus, c'est parce qu'il annonce par là même qu'il est le Messie. Tout Israël sait que le Messie doit être descendant de David, puisqu'il sera roi. Dans sa controverse sur le psaume de David, Jésus ne révèle pas sa lignée, celle-ci ne fait aucun mystère. On sait très bien, à l'époque de Jésus, que celui-ci est de la maison de David.

Marie est tout à fait au courant que, si elle avait un enfant, celui-ci serait de lignée royale. Joseph l'est, elle-même l'est sans doute aussi.
Que l'ange lui annonce la messianité de son fils doit certainement la laisser pantoise, mais il semble qu'il y ait un sujet d'étonnement plus immédiat encore, c'est le fait même qu'elle va enfanter.

Marie (comme le rapportent certaines traditions, là aussi) est probablement une sorte de vierge consacrée au Temple, dont le mariage n'a comme raison que dignitaire, et, comme telle, elle n'est pas censée "connaître un homme".

Re: Le Seigneur dit à mon Seigneur

par Ombiace » mar. 07 avr. 2020, 8:23

cmoi a écrit : mar. 07 avr. 2020, 7:46 Elle avait déjà intériorisé les paroles de son fils à Pierre, lui disant après la pêche miraculeuse post-résurrection de ne s'occuper que de son propre destin - qui est de réaliser la volonté de Dieu. Vous connaissez sûrement ce passage que je vous invite à relire...
Eh, non, je ne vois pas de quel passage il est question..Pourriez vous m'éclairer, cela m'aiderait à mieux cerner votre message

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