par françois67 » mar. 22 janv. 2013, 19:01
Bonjour,
comment expliquez-vous que toute sa vie il a été entouré de libertins en effet hautement épicuriens, que ses plus grands mécènes faisaient partie de ce genre de gens, et surtout que tout le monde avait compris que
Tartuffe ne demeurait qu'une attaque sous couvert de lutte contre l'hypocrisie contre la Compagnie du Saint Sacrement et à l'encontre des jésuites. Même sur France 2 la semaine dernière, dans une émission dédiée à Molière, alors qu'il avait été question de
Tartuffe, il s'était trouvé bel et bien affirmé que le préface rédigé en urgence quelques mois après la parution et les critiques acerbes ayant suivi et qui voulait situer le combat de Molière sur le terrain de l'hypocrisie n'avait été qu'une tentative de sauver sa pièce de la censure, puisqu'elle se trouvait à l'origine être une critique de l'Eglise.
De plus, quel est le mal à juger un auteur sur sa vie privée comme toute autre personne? Et arrêtez s'il vous plaît de dire qu'il n'avait rien à voir avec l'épicuisme, puisque qu'il faisait partie de tels cercles notoires. Et affirmer que dénoncer l'hypocrisie serait faire preuve de quelque grand mérite de moralisateur, cela est bien exagéré. Corneille lui est un vrai maître à penser.
Ce qui me frappe, cela est que vous croyez toutes et tous mieux comprendre les intentions de cet homme que ses contemporains, qui nous en laissent une vision bien moins élogieuse que l'image d'Epinal du pauvre précurseur en avance sur son temps incompris et persécuté par tous.
Libre-penseur, voilà le qualificatif qui ressort de ses pensées religieuses, et nombreux sont ceux s'accordant sur ladite conclusion.
Maintenant, cela est bien joli qu'il soit divertissant, je ris aussi bien, surtout avec Louis de Funès. J'adore
L'Avare. Mais allez dire que cela équivaut au chef d'oeuvre cornellien. Mon intention sur ce fil était de rendre à César ce qui lui revient: Corneille a été quelque peu oublié du fait du mythe s'étant créé autour du comique, mais qui donc contesterait qu'au niveau qualitatif, il n'y a pas photo. Même que cet homme décrit comme "génial" ou "visionnaire" n'avait souvent que repêché chez d'autres moins connus des thèmes populaires ou, pire, d'auteurs récents. La plus troublente similarité avec un autre écrivain est rapportée par Antoine Baudeau de Somaize (1660) :
« Il est certain qu'il est singe en tout ce qu'il fait, et que non seulement il a copié les Prétieuses de Monsieur l'abbé de Pure, jouées par les Italiens ; mais encore qu'il a imité par une singerie, dont il est seul capable, le Médecin volant et plusieurs autres pièces des mêmes Italiens, qu'il n'imite pas seulement en ce qu'ils ont joué sur leur théâtre ; mais encore en leurs postures, contrefaisant sans cesse sur le sien et Trivelin et Scaramouche ; mais qu'attendre d'un homme qui tire toute sa gloire des Mémoires de Guillot Gorju, qu'il a acheté de la veuve, et dont il adopte tous les ouvrages? »
Citons également Charles Robinet (1664) :
« Je passe sous silence que ce n'est qu'un mélange des larcins que l'auteur a faits de tous côtés... De manière qu'on ne peut pas dire que Zoïle (Molière) soit une source vive, mais seulement un bassin qui reçoit ses eaux d'ailleurs, pour ne point le traiter plus mal en le comprenant dans la comparaison que quelques-uns ont faite des compileurs de passage à des ânes seulement capables de porter de grands fardeaux. Je tais encore que son jeu et ses habits ne sont non plus que des imitations de divers comiques, lesquels le laisseraient aussi nu que la corneille d'Horace, s'ils lui redemandaient chacun ce qu'il leur a pris. »
Bref, et pour conclure, je prends la place si élevée comme auteur-phare de la littérature française attribuée à Molière avec beaucoup de sceptiscisme. Cela se trouve être le mythe tout autour de sa personne qui l'a rendu si mémorable. Je souhaitais remttre à l'avant Pierre Corneille dans sa grandeur sublime, et aussi dans son rôle d'auteur chrétien, ce qui constitue une raison de fierté pour nous aujourd'hui que d'avoir dans notre patrimoine un tel maître, au même titre voire plus nous pouvons nous en glorifier que d'avoir pour nous Mauriac, Bernannos, Chateaubriand ou Bossuet. Or, il est incontestable, qu'à cette liste ne peut être rajouté Molière, fort malheuresement. M. Corneille peut se targuer de nous avoir apporté
Imitation de Jésus Christ en notre langue et d'y avoir rajouté tant de belles pensées. Son oeuvre exhalte le renoncement aux choses futiles et aux plaisirs néfastes d'une façon si grandiose, et d'actualité en ces temps où le plaisir immédiat prime partout. Rien de tel chez son collègue comique. Et surtout, qui des deux, honnêtement, fait-il davantage la langue française mieux chanter? Molière de par sa prose irrégulière et ses onomatopées, ou M. Corneille avec ses chantant quatrains et son langage raffiné? Selon moi, et vous avez le droit de détenir quelque autre avis, le choix se trouve vite fait.
Pour finir, de la sorte résumerais-je: "Molière nous apporte le rire, Corneille le rêve."
Il est regrettable que pour l'heure il n'y ait eu quelque commentaire sur la très belle réflexion religieuse que j'ai cité.
Bien à vous.
Bonjour,
comment expliquez-vous que toute sa vie il a été entouré de libertins en effet hautement épicuriens, que ses plus grands mécènes faisaient partie de ce genre de gens, et surtout que tout le monde avait compris que [i]Tartuffe[/i] ne demeurait qu'une attaque sous couvert de lutte contre l'hypocrisie contre la Compagnie du Saint Sacrement et à l'encontre des jésuites. Même sur France 2 la semaine dernière, dans une émission dédiée à Molière, alors qu'il avait été question de [i]Tartuffe[/i], il s'était trouvé bel et bien affirmé que le préface rédigé en urgence quelques mois après la parution et les critiques acerbes ayant suivi et qui voulait situer le combat de Molière sur le terrain de l'hypocrisie n'avait été qu'une tentative de sauver sa pièce de la censure, puisqu'elle se trouvait à l'origine être une critique de l'Eglise.
De plus, quel est le mal à juger un auteur sur sa vie privée comme toute autre personne? Et arrêtez s'il vous plaît de dire qu'il n'avait rien à voir avec l'épicuisme, puisque qu'il faisait partie de tels cercles notoires. Et affirmer que dénoncer l'hypocrisie serait faire preuve de quelque grand mérite de moralisateur, cela est bien exagéré. Corneille lui est un vrai maître à penser.
Ce qui me frappe, cela est que vous croyez toutes et tous mieux comprendre les intentions de cet homme que ses contemporains, qui nous en laissent une vision bien moins élogieuse que l'image d'Epinal du pauvre précurseur en avance sur son temps incompris et persécuté par tous.
Libre-penseur, voilà le qualificatif qui ressort de ses pensées religieuses, et nombreux sont ceux s'accordant sur ladite conclusion.
Maintenant, cela est bien joli qu'il soit divertissant, je ris aussi bien, surtout avec Louis de Funès. J'adore [i]L'Avare[/i]. Mais allez dire que cela équivaut au chef d'oeuvre cornellien. Mon intention sur ce fil était de rendre à César ce qui lui revient: Corneille a été quelque peu oublié du fait du mythe s'étant créé autour du comique, mais qui donc contesterait qu'au niveau qualitatif, il n'y a pas photo. Même que cet homme décrit comme "génial" ou "visionnaire" n'avait souvent que repêché chez d'autres moins connus des thèmes populaires ou, pire, d'auteurs récents. La plus troublente similarité avec un autre écrivain est rapportée par Antoine Baudeau de Somaize (1660) :
[quote]« Il est certain qu'il est singe en tout ce qu'il fait, et que non seulement il a copié les Prétieuses de Monsieur l'abbé de Pure, jouées par les Italiens ; mais encore qu'il a imité par une singerie, dont il est seul capable, le Médecin volant et plusieurs autres pièces des mêmes Italiens, qu'il n'imite pas seulement en ce qu'ils ont joué sur leur théâtre ; mais encore en leurs postures, contrefaisant sans cesse sur le sien et Trivelin et Scaramouche ; mais qu'attendre d'un homme qui tire toute sa gloire des Mémoires de Guillot Gorju, qu'il a acheté de la veuve, et dont il adopte tous les ouvrages? »[/quote]
Citons également Charles Robinet (1664) :
[quote]« Je passe sous silence que ce n'est qu'un mélange des larcins que l'auteur a faits de tous côtés... De manière qu'on ne peut pas dire que Zoïle (Molière) soit une source vive, mais seulement un bassin qui reçoit ses eaux d'ailleurs, pour ne point le traiter plus mal en le comprenant dans la comparaison que quelques-uns ont faite des compileurs de passage à des ânes seulement capables de porter de grands fardeaux. Je tais encore que son jeu et ses habits ne sont non plus que des imitations de divers comiques, lesquels le laisseraient aussi nu que la corneille d'Horace, s'ils lui redemandaient chacun ce qu'il leur a pris. »[/quote]
Bref, et pour conclure, je prends la place si élevée comme auteur-phare de la littérature française attribuée à Molière avec beaucoup de sceptiscisme. Cela se trouve être le mythe tout autour de sa personne qui l'a rendu si mémorable. Je souhaitais remttre à l'avant Pierre Corneille dans sa grandeur sublime, et aussi dans son rôle d'auteur chrétien, ce qui constitue une raison de fierté pour nous aujourd'hui que d'avoir dans notre patrimoine un tel maître, au même titre voire plus nous pouvons nous en glorifier que d'avoir pour nous Mauriac, Bernannos, Chateaubriand ou Bossuet. Or, il est incontestable, qu'à cette liste ne peut être rajouté Molière, fort malheuresement. M. Corneille peut se targuer de nous avoir apporté [i]Imitation de Jésus Christ[/i] en notre langue et d'y avoir rajouté tant de belles pensées. Son oeuvre exhalte le renoncement aux choses futiles et aux plaisirs néfastes d'une façon si grandiose, et d'actualité en ces temps où le plaisir immédiat prime partout. Rien de tel chez son collègue comique. Et surtout, qui des deux, honnêtement, fait-il davantage la langue française mieux chanter? Molière de par sa prose irrégulière et ses onomatopées, ou M. Corneille avec ses chantant quatrains et son langage raffiné? Selon moi, et vous avez le droit de détenir quelque autre avis, le choix se trouve vite fait.
Pour finir, de la sorte résumerais-je: "Molière nous apporte le rire, Corneille le rêve."
Il est regrettable que pour l'heure il n'y ait eu quelque commentaire sur la très belle réflexion religieuse que j'ai cité.
Bien à vous.