par Théodore » sam. 11 mai 2013, 13:48
Je ne peux résister à l'envie de vous communiquer un extrait d'un livre que j'ai lu il n'y a pas longtemps.
Ce sont deux étudiantes catholiques qui discutent :
"- Je me balance de la tolérance. Je trouve ce mot vide, abscons et idiot. Il sert à voiler toutes nos faiblesses dans la rectitude de nos vies en les masquant sous ce nom. Accepter le faux, le sale, le laid au nom de la tolérance, c'est se mentir, et mentir aux autres.
- Ben... si tu bazardes la tolérance, tu la remplaces par quoi ?
- Par la charité, et c'est autrement plus costaud. C'est la recherche éperdue de l'amour vrai. Celui qui ouvre les cœurs, comprend l'autre mais sans lâcheté permissive, l'aide, mais en toute liberté."
"Enora", de Laure Angélis, page 60.
On n'a pas dit "intolérance". Ce passage n'est pas une incitation à virer la tolérance et à laisser un vide béant, mais bien à le remplacer par l'Amour, qui donne des fruits semblables - mais qui offre en prime la compréhension de l'autre.
Il me semble qu'un des fruits de l'Amour est la tolérance (au sens, dit Wikipédia, de : "vertu qui porte à accepter ce que l'on n'accepterait pas spontanément."). Qui dit Amour, dit tolérance ; mais qui dit tolérance ne dit pas forcément Amour, puisqu'on peut être tolérant envers une chose sans pour autant être aimant envers ceux qui la pratiquent.
Mais ce passage (tel que je le comprend) parle de la tolérance en un sens différent, largement plus restrictif, et pourtant proche de celui qu'on met souvent derrière ce mot ; le fait d'accepter un fait sans réellement porter de jugement moral dessus. Cette tolérance-là, en plus d'être impossible, parce que nous jugeons tous plus ou moins consciemment - et nous nous le cachons pour justement satisfaire à cette définition de la tolérance - n'est pas bonne, et ce n'est pas celle-là qui est le fruit de l'Amour.
Premièrement, le jugement moral, puisque l'on tient des règles morales comme absolues, est juste, et nécessaire. Il s'agit juste de dire "cela est conforme/non conforme à la volonté de Dieu telle qu'elle m'a été révélée" - en gardant bien sûr en tête que l'on est pas Dieu.
Deuxièmement ; juger un acte n'implique pas de comprendre l'origine d'un acte ; un acte licencieux pourra avoir n'importe quelle origine, il en restera moralement mauvais, parce qu'il est. En revanche, juger moralement le comportement (ensemble des actes) d'une personne implique effectivement la compréhension - et une compréhension totale ne peut avoir que l'Amour comme base.
Je ne peux résister à l'envie de vous communiquer un extrait d'un livre que j'ai lu il n'y a pas longtemps.
Ce sont deux étudiantes catholiques qui discutent :
[quote]"- Je me balance de la tolérance. Je trouve ce mot vide, abscons et idiot. Il sert à voiler toutes nos faiblesses dans la rectitude de nos vies en les masquant sous ce nom. Accepter le faux, le sale, le laid au nom de la tolérance, c'est se mentir, et mentir aux autres.
- Ben... si tu bazardes la tolérance, tu la remplaces par quoi ?
- Par la charité, et c'est autrement plus costaud. C'est la recherche éperdue de l'amour vrai. Celui qui ouvre les cœurs, comprend l'autre mais sans lâcheté permissive, l'aide, mais en toute liberté."
"Enora", de Laure Angélis, page 60. [/quote]
On n'a pas dit "intolérance". Ce passage n'est pas une incitation à virer la tolérance et à laisser un vide béant, mais bien à le remplacer par l'Amour, qui donne des fruits semblables - mais qui offre en prime la compréhension de l'autre.
Il me semble qu'un des fruits de l'Amour est la tolérance (au sens, dit Wikipédia, de : "vertu qui porte à accepter ce que l'on n'accepterait pas spontanément."). Qui dit Amour, dit tolérance ; mais qui dit tolérance ne dit pas forcément Amour, puisqu'on peut être tolérant envers une chose sans pour autant être aimant envers ceux qui la pratiquent.
Mais ce passage (tel que je le comprend) parle de la tolérance en un sens différent, largement plus restrictif, et pourtant proche de celui qu'on met souvent derrière ce mot ; le fait d'accepter un fait sans réellement porter de jugement moral dessus. Cette tolérance-là, en plus d'être impossible, parce que nous jugeons tous plus ou moins consciemment - et nous nous le cachons pour justement satisfaire à cette définition de la tolérance - n'est pas bonne, et ce n'est pas celle-là qui est le fruit de l'Amour.
Premièrement, le jugement moral, puisque l'on tient des règles morales comme absolues, est juste, et nécessaire. Il s'agit juste de dire "cela est conforme/non conforme à la volonté de Dieu telle qu'elle m'a été révélée" - en gardant bien sûr en tête que l'on est pas Dieu.
Deuxièmement ; juger un acte n'implique pas de comprendre l'origine d'un acte ; un acte licencieux pourra avoir n'importe quelle origine, il en restera moralement mauvais, parce qu'il est. En revanche, juger moralement le comportement (ensemble des actes) d'une personne implique effectivement la compréhension - et une compréhension totale ne peut avoir que l'Amour comme base.