par archi » lun. 06 mai 2013, 13:39
françois67 a écrit :Bonjour,
J'ai débattu cette semaine avec une personne, sûrement protestante, qui affirmait que la lecture historico-critique des Ecritures était strictement interdite avant les humanistes. Elle prétendait que le canon s'est fait par une décision autoritaire autocratique du pape au IVèmes siècle soutenu par l'Empereur. Que répondre?
Déjà, ses notions d'histoire de l'Eglise semblent très fantaisistes.
Le canon a été
fixé canoniquement dans l'Eglise catholique par le Concile de Trente, au XVe Siècle. Il n'a pas agi en fonction de la fantaisie du moment, mais en fonction de ce qui avait été toujours tenu comme tel par l'Eglise.
Après, toutes les Eglises chrétiennes apostoliques n'ont pas
exactement le même canon des Ecritures, mais il est néanmoins extrêmement proche, ce qui manifeste l'unanimité des chrétiens depuis l'époque apostolique. Les différences portent surtout sur les écrits apocalyptiques à ce qu'il me semble.
L'Eglise éthiopienne est la seule à tenir pour canonique le livre d'Henoch, elle tient aussi pour canonique, avec l'Eglise copte, l'Apocalypse d'Esdras. Cette dernière pose pas mal de problèmes et ne fait pas partie du canon fixé à Trente, mais a pourtant été traduite et intégrée, avec des chapitres supplémentaires, dans la Vulgate latine sous la dénomination de IVe livre d'Esdras, et plusieurs de ses versets ont été repris dans la liturgie romaine, entre autres dans la liturgie des défunts (le verset "Requiem aeternam dona eis Domine, et lux perpetua luceat eis" qui revient tout le temps dans la messe et l'office de Requiem). On la trouve aussi dans certaines Bibles slaves.
Comme l'observait le RP Louis Bouyer à propos de la littérature apocalyptique et de son importance pour bien comprendre la notion de "Fils de l'Homme", "ceci marque suffisamment combien il est impossible, dans l'ancienne alliance tout comme dans la nouvelle, de séparer la Parole fixée par écrit sous l'inspiration divine de la Parole gardée vivante dans la conscience du peuple de Dieu. Sans une tradition dont des textes comme le livre d'Hénoch ou le IVe Esdras sont pour nous les témoins, ou si l'on se refuse à admettre que cette tradition fut pour le Christ porteuse du message divin, c'est sa façon même de se désigner et de s'expliquer aux hommes qui nous resterait incompréhensible" ("La Bible et l'Evangile", chap. 8).
In Xto,
archi.
[quote="françois67"]Bonjour,
J'ai débattu cette semaine avec une personne, sûrement protestante, qui affirmait que la lecture historico-critique des Ecritures était strictement interdite avant les humanistes. Elle prétendait que le canon s'est fait par une décision autoritaire autocratique du pape au IVèmes siècle soutenu par l'Empereur. Que répondre?[/quote]
Déjà, ses notions d'histoire de l'Eglise semblent très fantaisistes.
Le canon a été [u]fixé[/u] canoniquement dans l'Eglise catholique par le Concile de Trente, au XVe Siècle. Il n'a pas agi en fonction de la fantaisie du moment, mais en fonction de ce qui avait été toujours tenu comme tel par l'Eglise.
Après, toutes les Eglises chrétiennes apostoliques n'ont pas [i]exactement[/i] le même canon des Ecritures, mais il est néanmoins extrêmement proche, ce qui manifeste l'unanimité des chrétiens depuis l'époque apostolique. Les différences portent surtout sur les écrits apocalyptiques à ce qu'il me semble.
L'Eglise éthiopienne est la seule à tenir pour canonique le livre d'Henoch, elle tient aussi pour canonique, avec l'Eglise copte, l'Apocalypse d'Esdras. Cette dernière pose pas mal de problèmes et ne fait pas partie du canon fixé à Trente, mais a pourtant été traduite et intégrée, avec des chapitres supplémentaires, dans la Vulgate latine sous la dénomination de IVe livre d'Esdras, et plusieurs de ses versets ont été repris dans la liturgie romaine, entre autres dans la liturgie des défunts (le verset "Requiem aeternam dona eis Domine, et lux perpetua luceat eis" qui revient tout le temps dans la messe et l'office de Requiem). On la trouve aussi dans certaines Bibles slaves.
Comme l'observait le RP Louis Bouyer à propos de la littérature apocalyptique et de son importance pour bien comprendre la notion de "Fils de l'Homme", "ceci marque suffisamment combien il est impossible, dans l'ancienne alliance tout comme dans la nouvelle, de séparer la Parole fixée par écrit sous l'inspiration divine de la Parole gardée vivante dans la conscience du peuple de Dieu. Sans une tradition dont des textes comme le livre d'Hénoch ou le IVe Esdras sont pour nous les témoins, ou si l'on se refuse à admettre que cette tradition fut pour le Christ porteuse du message divin, c'est sa façon même de se désigner et de s'expliquer aux hommes qui nous resterait incompréhensible" ("La Bible et l'Evangile", chap. 8).
In Xto,
archi.