par etienne lorant » ven. 11 oct. 2013, 10:37
Les décisions ne se sont pas faites attendre en Italie, après le choc causé par la mort de plus de 300 réfugiés, essentiellement originaires de la Corne de l'Afrique. Le gouvernement a décidé d'allouer des financements pour un meilleur accueil des réfugiés. Au niveau européen, les questions migratoires ont été ajoutées à l'ordre du jour du prochain Conseil européen.
Comme promis, le gouvernement de coalition gauche-droite, dirigé par Enrico Letta, a pris des mesures immédiates durant un Conseil des ministres le mercredi 9 octobre dans la soirée. 190 millions d’euros ont été débloqués pour garantir aux migrants, fuyant « des situations inhumaines », un accueil plus digne en Italie.
À cette somme s’ajoutent 20 millions d’euros, exclusivement destinés à la prise en charge des enfants mineurs sans parents. Parmi eux, une quarantaine se trouve encore dans le centre d’accueil de Lampedusa, dont l’état est absolument désastreux. Il faut rappeler qu’à ce jour, l’Italie n’a pas de système national structuré pour accueillir les mineurs non accompagnés.
Intégration des réfugiés
En outre, Rome s’engage à favoriser l’intégration des réfugiés. Par exemple, les étrangers qui bénéficient de protection internationale, ainsi que les membres de leur famille, ne seront plus obligés de démontrer qu’ils disposent d’un logement suffisamment spacieux, ni contraints de passer des tests de langue italienne pour obtenir un permis de séjour.
La commission Justice du Sénat a également adopté mercredi soir l’amendement présenté par le Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo, qui devrait permettre de supprimer le délit d’immigration clandestine (article 10 bis de la loi sur l'immigration, dite « loi Bossi-Fini ») pour les migrants qui entrent en Italie sans autorisation, et qui n’ont aucun lien avec les passeurs et les trafiquants d’êtres humains. Le migrant ne pourra alors plus être arrêté, ni ne sera passible d'amende, mais il pourra recevoir un ordre d'expulsion.
Pour être adopté, cet amendement doit pour autant obtenir, via un vote, le feu vert de la majorité des sénateurs et des deputés. Or du côté de la droite, les réactions sont négatives. le chef de la Ligue du Nord au Sénat a déclaré que l'abolition du délit d'immigration clandestine serait « une honte », et qu'il faut s'attendre à une augmentation des flux migratoires.
Même au parti Peuple de la liberté, qui gouverne pourtant avec la gauche, on s'offusque d'une telle proposition. Ainsi, le Tweet de l'ex-ministre de l'instruction Maria-Stella Gelmini fait la Une des quotidiens. « La commission justice supprime le délit d'immigration clandestine ? On est devenu complètement fou ? »
Solution globale européenne
Même si ce dernier point était adopté, pas sûr que l'ensemble de ces mesures satisfassent les ONG, qui demandent une réponse plus globale de l'Union européenne. Ainsi, Maria Quinto, membre de la communauté Sant'Egidio, qui agit pour la solidarité avec les migrants à Lampedusa, demande qu'il soit possible d'arriver en Europe de façon légale.
Selon elle, il devrait être possible de « demander l'asile politique dans les ambassades européennes des pays de départ (Libye, Egypte, Ethiopie, etc.) ». Des « couloirs humanitaires » doivent également être mis en place, et « l'immigration doit être favorisée par le regroupement famillial »
http://www.rfi.fr/afrique/20131010-lamp ... lie-europe
Les décisions ne se sont pas faites attendre en Italie, après le choc causé par la mort de plus de 300 réfugiés, essentiellement originaires de la Corne de l'Afrique. Le gouvernement a décidé d'allouer des financements pour un meilleur accueil des réfugiés. Au niveau européen, les questions migratoires ont été ajoutées à l'ordre du jour du prochain Conseil européen.
Comme promis, le gouvernement de coalition gauche-droite, dirigé par Enrico Letta, a pris des mesures immédiates durant un Conseil des ministres le mercredi 9 octobre dans la soirée. 190 millions d’euros ont été débloqués pour garantir aux migrants, fuyant « des situations inhumaines », un accueil plus digne en Italie.
À cette somme s’ajoutent 20 millions d’euros, exclusivement destinés à la prise en charge des enfants mineurs sans parents. Parmi eux, une quarantaine se trouve encore dans le centre d’accueil de Lampedusa, dont l’état est absolument désastreux. Il faut rappeler qu’à ce jour, l’Italie n’a pas de système national structuré pour accueillir les mineurs non accompagnés.
Intégration des réfugiés
En outre, Rome s’engage à favoriser l’intégration des réfugiés. Par exemple, les étrangers qui bénéficient de protection internationale, ainsi que les membres de leur famille, ne seront plus obligés de démontrer qu’ils disposent d’un logement suffisamment spacieux, ni contraints de passer des tests de langue italienne pour obtenir un permis de séjour.
La commission Justice du Sénat a également adopté mercredi soir l’amendement présenté par le Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo, qui devrait permettre de supprimer le délit d’immigration clandestine (article 10 bis de la loi sur l'immigration, dite « loi Bossi-Fini ») pour les migrants qui entrent en Italie sans autorisation, et qui n’ont aucun lien avec les passeurs et les trafiquants d’êtres humains. Le migrant ne pourra alors plus être arrêté, ni ne sera passible d'amende, mais il pourra recevoir un ordre d'expulsion.
Pour être adopté, cet amendement doit pour autant obtenir, via un vote, le feu vert de la majorité des sénateurs et des deputés. Or du côté de la droite, les réactions sont négatives. le chef de la Ligue du Nord au Sénat a déclaré que l'abolition du délit d'immigration clandestine serait « une honte », et qu'il faut s'attendre à une augmentation des flux migratoires.
Même au parti Peuple de la liberté, qui gouverne pourtant avec la gauche, on s'offusque d'une telle proposition. Ainsi, le Tweet de l'ex-ministre de l'instruction Maria-Stella Gelmini fait la Une des quotidiens. « La commission justice supprime le délit d'immigration clandestine ? On est devenu complètement fou ? »
Solution globale européenne
Même si ce dernier point était adopté, pas sûr que l'ensemble de ces mesures satisfassent les ONG, qui demandent une réponse plus globale de l'Union européenne. Ainsi, Maria Quinto, membre de la communauté Sant'Egidio, qui agit pour la solidarité avec les migrants à Lampedusa, demande qu'il soit possible d'arriver en Europe de façon légale.
Selon elle, il devrait être possible de « demander l'asile politique dans les ambassades européennes des pays de départ (Libye, Egypte, Ethiopie, etc.) ». Des « couloirs humanitaires » doivent également être mis en place, et « l'immigration doit être favorisée par le regroupement famillial »
[url]http://www.rfi.fr/afrique/20131010-lampedusa-assouplissement-regles-asile-italie-europe[/url]