par Cinci » mer. 30 oct. 2013, 5:44
LE FAUX A-POLITISME
Que tous les chrétiens déclarent, comme ils ont eu tendance à le faire autrefois, qu’il ne faut pas se mêler de politique, parce que, quand on fait de la politique, on se salit toujours les mains, que le slogan catholique soit :
- «Avant tout, garder les mains propres et par conséquent, ne pas les plonger dans le bain impur de la vie politique»,
suppose qu’il en soit ainsi, eh bien, c’est l’Église elle-même qui apparaîtra comme une force d’inertie à l’intérieur même du rapport des forces qui existent nécessairement dans un pays. Est-ce que c’est cela que vous voulez ? EMMANUEL MOUNIER parlait naguère du «faux a-politisme des mains pures». L’expression est excellente ! A-politisme : a qui veut dire privatif n’est-ce pas ? absence de politique, le faux apolitisme des mains pures ! La pire impureté, je crois que c’est de ne pas vouloir se salir les mains ! Vous connaissez le mot fameux :
- «celui qui ne fait rien ne commet jamais d’erreurs»
…Mais c’est toute toute sa vie qui est une erreur ! Évidemment, le meilleur moyen pour garder les mains propres du matin au soir, c’est de mettre des gants et de ne rien faire et le soir, on se retrouvera avec des mains parfaitement propres, mais c’est la journée toute entière qui a été un péché !
[...]
et puis, il y a la barrière de l’anticommunisme systématique !
Pour moi, c’est un véritable danger parce qu’il faut faire très attention sous la bannière de l’anticommunisme, on peut vous obliger à approuver des doctrines qui ne valent pas mieux ou même qui sont pires ! C’est ce qui est arrivé avec le nazisme où, sous la bannière de l’anticommunisme, même un certain nombre de nos évêques nous encourageaient à collaborer avec le nazisme d’HITLER, et cela, il n’y a pas très longtemps !
Je ne suis pas communiste, mais je me garderais bien d’être anticommuniste ! Sans compter que je trouve naïf de céder à cette tactique qui consiste à nous obliger à nous situer par rapport au communisme. Alors, il y a les pro-communistes, les crypto-communistes, les para-communistes etc. Qu’est-ce que ça veut dire tout cela ? Il faut être soi-même, un point c’est tout !
- François Varillon
http://prophetesetmystiques.blogspot.ca ... illon.html
Merveilleux Varillon ! Que ça fait du bien de lire sa prose. Non mais que ça fait du bien !
Intéressante lecture aussi :
« ... Qu’il soit légitime et utile de comparer nazisme et stalinisme n’est pas nouveau – Trotski ne parlait-il pas d’Hitler et Staline comme « d’étoiles jumelles » ? Mais comparaison n’est pas raison, et les différences importent autant que les similitudes. Le régime nazi a rempli son programme et tenu ses sinistres promesses. Le régime stalinien s’est édifié à l’encontre du projet d’émancipation communiste. Il a dû pour s’instaurer broyer ses militants. Combien de dissidences, d’oppositions illustrent, dans l’entre-deux-guerres, ce retournement tragique ? Suicidés Maïakovski, Joffé, Tucholsky, Benjamin, et tant d’autres ? Peut-on citer, chez les nazis, ces crises de conscience devant les ruines d’un idéal trahi et défiguré ? L’Allemagne d’Hitler n’avait pas besoin comme la Russie de Staline de se transformer en « pays du grand mensonge » : les nazis étaient fiers de leur œuvre, les bureaucrates ne pouvaient se regarder en face dans le miroir du communisme originel.
À diluer l’histoire concrète dans le temps et dans l’espace, à la dépolitiser délibérément, par choix de méthode (Nicolas Werth revendique franchement « la mise au second plan de l’histoire politique » pour mieux suivre le fil linéaire d’une histoire décontextualisée de la répression), il ne reste qu’un théâtre d’ombres. Il ne s’agit plus alors d’instruire le procès d’un régime, d’une époque, de bourreaux identifiés, mais d’une idée : l’idée qui tue. Dans le genre, certains journalistes s’en sont donnés à cœur joie. Jacques Amalric enregistre avec satisfaction « la réalité engendrée par une utopie mortifère » (Libération, 6 novembre 1997). Philippe Cusin invente une hérédité conceptuelle : « C’est inscrit dans les gènes du communisme : il est naturel de tuer » (Le Figaro, 5 novembre 1997). À quand l’euthanasie conceptuelle contre le gène du crime ?
Instruire le procès non de faits, de crimes précis, mais d’une idée, c’est inéluctablement instituer une culpabilité collective et un délit d’intention. Le tribunal de l’histoire selon Courtois n’est pas seulement rétroactif. Il devient dangereusement préventif, lorsqu’il regrette que le « travail de deuil de l’idée de révolution soit encore loin d’être achevé » et s’indigne que « des groupes ouvertement révolutionnaires soient actifs et s’expriment en toute légalité » !
La repentance est certes à la mode. Que MM. Furet ou Le Roy Ladurie, Mme Kriegel ou M. Courtois lui-même ne soient jamais venus à bout de leur travail de deuil, qu’ils trament comme un boulet leur mauvaise conscience en staliniens retournés, que leur expiation cuise dans le ressentiment, c’est leur affaire. Mais, ceux qui sont restés communistes sans jamais avoir célébré le petit père des peuples ni psalmodié le petit livre rouge du grand timonier, de quoi voulez-vous donc, M. Courtois, qu’ils se repentent ? Ils se sont sans doute parfois trompés. Mais, à voir le monde tel qu’il va, ils ne se sont certainement pas trompés de cause, ni d’adversaire. [...]»
http://danielbensaid.org/Communisme-contre-stalinisme
Miam !
[color=#004080] LE FAUX A-POLITISME
Que tous les chrétiens déclarent, comme ils ont eu tendance à le faire autrefois, qu’il ne faut pas se mêler de politique, parce que, quand on fait de la politique, on se salit toujours les mains, que le slogan catholique soit :
[size=85][list]«Avant tout, garder les mains propres et par conséquent, ne pas les plonger dans le bain impur de la vie politique»,[/list][/size]
suppose qu’il en soit ainsi, eh bien, c’est l’Église elle-même qui apparaîtra comme une force d’inertie à l’intérieur même du rapport des forces qui existent nécessairement dans un pays. Est-ce que c’est cela que vous voulez ? EMMANUEL MOUNIER parlait naguère du «faux a-politisme des mains pures». L’expression est excellente ! [i]A[/i]-politisme : [i]a[/i] qui veut dire privatif n’est-ce pas ? absence de politique, le faux apolitisme des mains pures ! La pire impureté, je crois que c’est de ne pas vouloir se salir les mains ! Vous connaissez le mot fameux :
[size=85][list]«celui qui ne fait rien ne commet jamais d’erreurs»[/list][/size]
…Mais c’est toute toute sa vie qui est une erreur ! Évidemment, le meilleur moyen pour garder les mains propres du matin au soir, c’est de mettre des gants et de ne rien faire et le soir, on se retrouvera avec des mains parfaitement propres, mais c’est la journée toute entière qui a été un péché !
[...]
et puis, il y a la barrière de l’anticommunisme systématique !
Pour moi, c’est un véritable danger parce qu’il faut faire très attention sous la bannière de l’anticommunisme, on peut vous obliger à approuver des doctrines qui ne valent pas mieux ou même qui sont pires ! C’est ce qui est arrivé avec le nazisme où, sous la bannière de l’anticommunisme, même un certain nombre de nos évêques nous encourageaient à collaborer avec le nazisme d’HITLER, et cela, il n’y a pas très longtemps !
Je ne suis pas communiste, [u]mais je me garderais bien d’être anticommuniste[/u] ! Sans compter que je trouve naïf de céder à cette tactique qui consiste à nous obliger à nous situer par rapport au communisme. Alors, il y a les pro-communistes, les crypto-communistes, les para-communistes etc. Qu’est-ce que ça veut dire tout cela ? Il faut être soi-même, un point c’est tout !
- [b]François Varillon [/b][/color]
http://prophetesetmystiques.blogspot.ca/2011/06/foi-et-politique-francois-varillon.html
Merveilleux Varillon ! Que ça fait du bien de lire sa prose. Non mais que ça fait du bien !
Intéressante lecture aussi :
[size=85]« ... Qu’il soit légitime et utile de comparer nazisme et stalinisme n’est pas nouveau – Trotski ne parlait-il pas d’Hitler et Staline comme « d’étoiles jumelles » ? Mais comparaison n’est pas raison, et les différences importent autant que les similitudes. Le régime nazi a rempli son programme et tenu ses sinistres promesses. Le régime stalinien s’est édifié [b]à l’encontre du projet d’émancipation communiste[/b]. Il a dû pour s’instaurer broyer ses militants. Combien de dissidences, d’oppositions illustrent, dans l’entre-deux-guerres, ce retournement tragique ? Suicidés Maïakovski, Joffé, Tucholsky, Benjamin, et tant d’autres ? Peut-on citer, chez les nazis, ces crises de conscience devant les ruines d’un idéal trahi et défiguré ? L’Allemagne d’Hitler n’avait pas besoin comme la Russie de Staline de se transformer en « pays du grand mensonge » : les nazis étaient fiers de leur œuvre, les bureaucrates ne pouvaient se regarder en face dans le miroir du communisme originel.
À diluer l’histoire concrète dans le temps et dans l’espace, à la dépolitiser délibérément, par choix de méthode (Nicolas Werth revendique franchement « la mise au second plan de l’histoire politique » pour mieux suivre le fil linéaire d’une histoire décontextualisée de la répression), il ne reste qu’un théâtre d’ombres. Il ne s’agit plus alors d’instruire le procès d’un régime, d’une époque, de bourreaux identifiés, mais d’[i]une idée[/i] : l’[i]idée qui tue[/i]. Dans le genre, certains journalistes s’en sont donnés à cœur joie. Jacques Amalric enregistre avec satisfaction « la réalité engendrée par une utopie mortifère » (Libération, 6 novembre 1997). Philippe Cusin invente une hérédité conceptuelle : « C’est inscrit dans les gènes du communisme : il est naturel de tuer » (Le Figaro, 5 novembre 1997). À quand l’euthanasie conceptuelle contre le gène du crime ?
Instruire le procès non de faits, de crimes précis, mais d’[i]une idée[/i], c’est inéluctablement instituer une culpabilité collective et un délit d’intention. Le tribunal de l’histoire selon Courtois n’est pas seulement rétroactif. Il devient dangereusement préventif, lorsqu’il regrette que le « travail de deuil de l’idée de révolution soit encore loin d’être achevé » et s’indigne que « des groupes ouvertement révolutionnaires soient actifs et s’expriment en toute légalité » !
La repentance est certes à la mode. Que MM. Furet ou Le Roy Ladurie, Mme Kriegel ou M. Courtois lui-même ne soient jamais venus à bout de leur travail de deuil, qu’ils trament comme un boulet leur mauvaise conscience en staliniens retournés, que leur expiation cuise dans le ressentiment, c’est leur affaire. [b]Mais, ceux qui sont restés communistes sans jamais avoir célébré le petit père des peuples ni psalmodié le petit livre rouge du grand timonier, de quoi voulez-vous donc, M. Courtois, qu’ils se repentent ?[/b] Ils se sont sans doute parfois trompés. Mais, à voir le monde tel qu’il va, ils ne se sont certainement pas trompés de cause, ni d’adversaire. [...]»[/size]
http://danielbensaid.org/Communisme-contre-stalinisme
Miam !