Des chrétiens "progressistes" déçus...

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Re: Des chrétiens "progressistes" déçus...

par Belin » ven. 01 nov. 2013, 17:39

On doit impérativement donner à la fois les exigences de la Foi et la miséricorde de Dieu. Cette façon de diluer les exigences de notre Foi, ou bien même de donner l'impression de la diluer est un très grand danger. Il faut que les choses soient claires.
Jésus veut qu'on soit saint comme Dieu Lui même est Saint. Et s'il arriverait même que quelqu'un soit à 99% saint comme Dieu est saint ( ce qui est une hypothèse déjà impossible à obtenir dans les faits), l'Eglise doit rappeler à cette personne, que s'il ne cherche pas à combler les 1% qui lui reste il ne pourra pas entrer au Ciel, et que s'il n'entre pas Ciel, il ira en Enfer, le message doit être claire sur ce plan, et pas de compromission, pas question d'édulcorer quoique ce soit.
Et si les exigences sont très difficiles ( ce qui n'est que très normal compte tenu de l'enjeu) on doit parallèlement rappeler la bonté, la miséricorde de Dieu, qui est prêt à venir Lui même satisfaire ces exigences en nous.
La bonté, la puissance et la miséricorde de Dieu, n'ont leur véritable valeurs que par rapport aux exigences de Dieu. Et les deux doivent être présenté en même temps.

Re: Des chrétiens "progressistes" déçus...

par Peccator » jeu. 31 oct. 2013, 16:05

Que la curie rame à contre-sens du Pape, ce ne serait pas la première fois.

Mais en l'espèce, j'y vois un simple rappel que le Pape ne s'inscrit pas en rupture du Magistère, mais toujours dans la continuité. Il présente les choses sous une forme peut-être plus accessible, il change la manière de s'exprimer, mais il ne touche pas à la doctrine de l'Eglise. Il l'a d'ailleurs lui-même rappelé à plusieurs reprises.

Par contre, ce qui est caractéristique du pape François, c'est qu'il est clair sur la priorité selon laquelle annoncer les différentes partie du message : d'abord, on annonce la miséricorde. Ensuite, quand les gens ont pu s'ancrer dans la foi, ils peuvent découvrir tout ce que cela implique.

Des chrétiens "progressistes" déçus...

par etienne lorant » jeu. 31 oct. 2013, 11:55

On attendait une ouverture doctrinale. Mais voici que le préfet de la Congrégation de la foi rappelle avec rigidité l’exclusion des divorcés remariés de la communion. Est-ce la pensée du pape ou une sortie contre lui ?

Le pape François a participé du 1er au 3 octobre aux premières journées de travail du conseil des huit cardinaux qu’il a institué. La seule annonce importante qui a été faite ensuite est la tenue à l’automne 2014 d’un synode sur la famille. François a aussi fait entendre qu’il souhaitait une réforme des méthodes du synode afin de le rendre plus participatif et représentatif et en même temps décisionnel sous sa primauté d’évêque de Rome. Mais voici que l’archevêque Gerhard Ludwig Müller, nommé préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi par Benoît XVI (juillet 2012) et confirmé par François le 21 septembre, publie un long article dans l’Osservatore Romano (23 octobre) rappelant de la manière la plus rigide la doctrine officielle de l’Eglise à propos de l’exclusion des divorcés remariés de la communion eucharistique (sauf s’ils s’engagent à vivre en frère en sœur !). On peut s’étonner d’une telle intervention portant sur un sujet qui certainement devrait être à l’ordre du jour du synode sur la famille.

Le fait que Müller ait déclaré être proche de Gustavo Gutiérrez, le théologien le plus connu à l’origine de la théologie de la libération, et que très probablement il a organisé la rencontre de François avec lui, semblait marquer un signe d’ouverture doctrinale tant du préfet de la Congrégation pour la doctrine que du pape François lui-même, qui avait été auparavant très critique par rapport à cette théologie. Mais il faut dire que celle-ci ne représente plus une menace politique, le communisme et le marxisme étant politiquement marginalisés.

Que signifie cet article de Müller dans le quotidien du Saint-Siège ? Il faut remarquer le procédé peu ordinaire : la Congrégation pour la doctrine n’a pas l’habitude de s’exprimer doctrinalement par les journaux, et ce texte n’est pas un acte officiel de la Congrégation. Mais puisque le pape lui-même s’exprime maintenant dans les journaux, pourquoi pas ? Deux interprétations contradictoires de la publication de cet article sont possibles. Cet article est-il une sorte de commentaire de la pensée du pape ou une sortie contre lui ?

Selon la première interprétation, Müller a agi en accord explicite avec le pape. Cela signifierait que, sous des dehors pastoraux ouverts, le pape resterait très ferme sur les positions éthiques les plus rigides de l’Eglise catholique. L’article donnerait alors une sorte d’impératif pontifical officieux en direction du futur synode. Mais cela contredirait les paroles explicites du pape disant vouloir écouter davantage la parole des épiscopats.

La seconde interprétation possible (la plus probable ?) serait que Müller, le représentant le plus haut placé de la Curie après le nouveau secrétaire d’Etat, l’archevêque Pietro Parolin (qui n’est pas encore en fonction), est ici l’expression de la résistance et de l’opposition de l’appareil curial aux options et orientations que François veut promouvoir dans l’Eglise. Mgr Müller a déjà publiquement pris position contre un document de travail du diocèse de Fribourg-en-Brisgau, actuellement administré par Mgr Zöllitsch, archevêque démissionnaire, mais toujours président de la Conférence épiscopale allemande : ce document demandait un réexamen de la discipline sacramentelle pour les divorcés remariés.

L’article de l’ "Osservatore Romano" pourrait être un acte de sabotage de la politique pontificale et une manière de chercher à cadenasser à l’avance le synode des évêques en torpillant la possibilité même des débats et en rappelant indirectement que depuis Paul VI, la question de l’accès des divorcés remariés à l’eucharistie a toujours été autoritairement retirée de l’ordre du jour des synodes épiscopaux.

Cette manière violente de faire, qui cherche à couper l’herbe sous le pied du pape quand on peut penser qu’il va dans un sens différent de celui de la majorité la plus conservatrice de la curie romaine, a des précédents. La curie a voulu contrôler et bloquer d’avance tous les débats de Vatican II, contre l’ouverture voulue par Jean XXIII, dans l’élaboration des documents préparatoires. Tous ces documents ont heureusement été rejetés par l’assemblée ! Et puis quand Jean-Paul II a proposé en 2005 dans son encyclique "Ut unum sint" de repenser la fonction de l’évêque de Rome dans un sens plus œcuménique, le préfet de la Congrégation pour la doctrine, le cardinal Ratzinger, a immédiatement publié un document cadrant le sujet et bloquant la possibilité d’une vraie recherche commune avec les autres Eglises, et en particulier les Eglises orthodoxes...

L'auteur de l'article :

Que d'accusations ! Ignace Berten, Dominicain, théologien et philosophe... a sans doute pratiqué un peu trop la philosophie et le goût du "consensus" ! Mais l'Eglise ne fait pas de la politique, il ne s'agit pas de voter des lois suivant l'opinion publique...

http://www.lalibre.be/debats/opinions/l ... ef0d96aef9

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