par Jean-Mic » mer. 09 avr. 2014, 20:18
J'allais y venir

!
En fait, c'est le lot de la plupart de nos cathédrales, pas seulement les cathédrales, mais plus particulièrement les cathédrales. Tout simplement car celles-ci viennent généralement à la suite de la première implantation chrétienne dans la ville gallo-romaine.
Le cas le plus fréquent est le suivant (je brosse à gros traits, la règle souffre des nombreuses exceptions) :
Passé la première évangélisation par des évêques "forains" ou missionnaires, et les premiers assemblées chrétiennes dans des maisons particulières, l'installation d'un évêché durable apparaît selon les régions entre le IV° et le VII°, avec une grande vague au début du VI°s. (époque dite mérovingienne ≈ baptême de Clovis).
Comme je l'ai dit plus haut, l'évangélisation de la Gaule romaine, puis de la Gaule franque, et les créations d'évêchés durables se sont faites en remontant le Rhône puis la Saône depuis Marseille (ville grecque plus que gallo-romaine), et avec un léger décalage en remontant la Garonne, la Dordogne et la Charente depuis Bordeaux (où l'Evangile est arrivé par bateau depuis Marseille).
Il faudrait ajouter une troisième voie d'évangélisation ... qui a fait le détour par l'Irlande pour atteindre d'une part la Bretagne et d'autre part la Hollande, l'Allemagne et ... la Franche-Comté ! Je la cite pour mémoire car le modèle-type que je cite ensuite ne s'applique pas dans ces régions.
Comme je l'ai dit également plus haut, la création d'un évêché passe généralement par la construction d'une, voire deux cathédrales, d'un baptistère, d'un hôtel-dieu et de la résidence de l'évêque. Pourquoi deux cathédrales ? L'une pour l'enseignement des catéchumènes, l'autre, souvent plus grande, pour l'Eucharistie des baptisés. Ce sont les traces des ces
groupes cathédraux que l'on trouve en fouillant sous le sol de nos cathédrales. Elles sont alors protégées dans ce qu'on appelle des "cryptes archéologiques", qui malgré leur nom n'ont rien de commun avec les cryptes "liturgiques", dont les plus anciennes ne remontent généralement pas au-delà du IX°s. (époque carolingienne).
Un exemple des plus extraordinaires (à ma connaissance) sont les fouilles de la cathédrale (protestante) de Genève. Elles ont livré un baptistère mérovingien mais surtout son système d'adduction d'eau. Une découverte capitale qui a permis de ré-interpréter les fouilles de plusieurs autres baptistères contemporains (Nevers, Lyon, Grenoble). Ces quatre visites valent le voyage. Celles de Grenoble et Genève sont payantes, celles de Nevers et Lyon, gratuites.
Un autre exemple, hautement symbolique pour l'histoire de France mais, à ma connaissance, pas ouvert au public : le baptistère de Clovis à Reims !
Sauf exception, les commentaires et légendes donnant des datations antérieures à l'an 500 sont à prendre avec beaucoup de circonspection (désolé, chère Fée Violine, pour le tombeau de saint Privat ; j'émets un doute, pour l'instant du moins).
Jean-Mic
J'allais y venir :oops: :D !
En fait, c'est le lot de la plupart de nos cathédrales, pas seulement les cathédrales, mais plus particulièrement les cathédrales. Tout simplement car celles-ci viennent généralement à la suite de la première implantation chrétienne dans la ville gallo-romaine.
Le cas le plus fréquent est le suivant (je brosse à gros traits, la règle souffre des nombreuses exceptions) :
Passé la première évangélisation par des évêques "forains" ou missionnaires, et les premiers assemblées chrétiennes dans des maisons particulières, l'installation d'un évêché durable apparaît selon les régions entre le IV° et le VII°, avec une grande vague au début du VI°s. (époque dite mérovingienne ≈ baptême de Clovis).
Comme je l'ai dit plus haut, l'évangélisation de la Gaule romaine, puis de la Gaule franque, et les créations d'évêchés durables se sont faites en remontant le Rhône puis la Saône depuis Marseille (ville grecque plus que gallo-romaine), et avec un léger décalage en remontant la Garonne, la Dordogne et la Charente depuis Bordeaux (où l'Evangile est arrivé par bateau depuis Marseille). [size=85][i]Il faudrait ajouter une troisième voie d'évangélisation ... qui a fait le détour par l'Irlande pour atteindre d'une part la Bretagne et d'autre part la Hollande, l'Allemagne et ... la Franche-Comté ! Je la cite pour mémoire car le modèle-type que je cite ensuite ne s'applique pas dans ces régions.[/i][/size]
Comme je l'ai dit également plus haut, la création d'un évêché passe généralement par la construction d'une, voire deux cathédrales, d'un baptistère, d'un hôtel-dieu et de la résidence de l'évêque. Pourquoi deux cathédrales ? L'une pour l'enseignement des catéchumènes, l'autre, souvent plus grande, pour l'Eucharistie des baptisés. Ce sont les traces des ces [i]groupes cathédraux[/i] que l'on trouve en fouillant sous le sol de nos cathédrales. Elles sont alors protégées dans ce qu'on appelle des "cryptes archéologiques", qui malgré leur nom n'ont rien de commun avec les cryptes "liturgiques", dont les plus anciennes ne remontent généralement pas au-delà du IX°s. (époque carolingienne).
Un exemple des plus extraordinaires (à ma connaissance) sont les fouilles de la cathédrale (protestante) de Genève. Elles ont livré un baptistère mérovingien mais surtout son système d'adduction d'eau. Une découverte capitale qui a permis de ré-interpréter les fouilles de plusieurs autres baptistères contemporains (Nevers, Lyon, Grenoble). Ces quatre visites valent le voyage. Celles de Grenoble et Genève sont payantes, celles de Nevers et Lyon, gratuites.
Un autre exemple, hautement symbolique pour l'histoire de France mais, à ma connaissance, pas ouvert au public : le baptistère de Clovis à Reims !
[img]http://www.inrap.fr/userdata/atlas_chantier_photo/1/1989/1989_photo_01_CATH_3.jpg[/img]
Sauf exception, les commentaires et légendes donnant des datations antérieures à l'an 500 sont à prendre avec beaucoup de circonspection (désolé, chère Fée Violine, pour le tombeau de saint Privat ; j'émets un doute, pour l'instant du moins).
Jean-Mic