par Muhler » dim. 29 avr. 2007, 22:25
Il y a peut-être un non-dit dans la question de Giorgino ... Ce non-dit pourrait se résumer une peu comme ceci : L'Eglise ne considère-t'elle pas, de tradition, tout ce qui touche au sexe d'une manière trop restrictive, voire réservée, sous l'angle du "il est permis de" ... ou du "il est interdit de" ... Or, "Il est permis de", ça ne veut pas du tout dire la même chose que "il est bon de" ... ! Dans des livres (peut-être anciens) traitant de morale, on trouve des expressions comme "les joies permises du mariage" (ce qui sous-entend qu'elles ne sont pas intrinsèquement bonnes, mais seulement permises) ou bien "il est licite". D'ailleurs, les saintes femmes du calendrier chrétien sont presque toujours des vierges ou des martyres. Si elles ont été mariées, elles sont allées ensuite au couvent ... Certes l'Eglise a toujours dit que l'on peut se sanctifier dans le mariage, mais quand il est question de cela, c'est surtout pour parler de prière en famille, d'exemple de vie chrétienne, de rôle éducatif, etc Toutes choses essentielles qu'il n'est pas question de minimiser.
N'empêche que l'Eglise a dans le passé, mais peut-être encore trop souvent aujourd'hui, donné l'impression que le sexe était certes nécessaire, mais surtout pour "faire des enfants". Implicitement, si l'amour sexuel est agréable, il faut presque s'en excuser ... L'éducation chrétienne a souvent pour conséquence que les gens (et ce n'est pas rare) s'interrogent pour savoir si le mari et la femme ont le droit de limiter leurs relations sexuelles aux périodes non fertiles. Il n'est pas souvent dit que l'amour sexuel est bon, puisque voulu comme tel par Dieu (qui, dans sa bonté, a décidé que les êtres humains pourraient y trouver beaucoup de plaisir). Dieu n'était pas "obligé" d'ordonner les choses ainsi. Il a fait "cadeau" à l'homme de l'agrément que comporte la sexualité. Or combien de fois n'entend-on pas ce type de réflexion chez des chrétiens : "le Bon Dieu aurait pu quand même trouver un autre moyen !" Bien souvent, des prêtres (ou même des couples mariés, ce qui est plus grave) conseillent et préparent des fiancés au mariage sans aucun souci de la vie sexuelle du futur couple. Comme si on partait du principe que le sexe, ça marche toujours, surtout si on est jeune. Alors que non, loin de là, ça ne marche pas forcément facilement. Dans beaucoup de couples, chrétiens ou non, ça marche même très mal ! Dans la préparation chrétienne au mariage, on parle surtout d'amour "agapê", de fondation d'une famille et d'enfants. Ce qui est évidemment essentiel. Mais pour qu'une famille "tienne" il ne suffit pas qu'il y ait des enfants : il faut que le couple "tienne" déjà en lui-même, et notamment que l'homme et la femme soient tous deux heureux sexuellement. On connaît tous des familles très "chrétiennes", extérieurement exemplaires, parfois même avec des enfants qui entrent en religion, mais au sein desquelles le mari et la femme n'ont plus de rapports sexuels depuis longtemps (et où au moins l'un des conjoints souffre), voire ne se parlent plus intimement, et entretiennent des relations exécrables. Si l'harmonie sexuelle (et le plaisir qui en découle) n'est pas la seule chose importante du couple, elle en est un élément essentiel et incontournable, déterminant pour la solidité du couple. On ne devrait même pas projeter d'avoir des enfants tant que le couple ne "tourne" pas correctement sur le plan sexuel !
Il est heureux que le Pape jean-Paul II ait développé une théologie du corps si positive, qui sans s'écarter des fondements chrétiens, jette un regard enouvelé sur la question. Il a d'ailleurs été très critiqué pour cela dans certains milieux. Il y a même eu quelques personnalités intégristes (dont j'ai oublié les noms) pour le traiter d'obsédé sexuel ! Et Benoît XVI a également magnifiquement parlé de l'amour agapê et eros dans son encyclique sur l'amour. Il était temps que les choses soient dites de cette manière !
Ça n'est peut-être pas exactement à cela que pensait Giorgino en postant sa question, mais ça me semblait un peu sous-jacent ...
Il est vrai que le Christ a surtout parlé d'adultère, et pas des autres formes d'impureté. Mais si on part de cela, les différentes formes de péché d'impureté se déduisent tout de même assez bien du bon sens.
St. M
Il y a peut-être un non-dit dans la question de Giorgino ... Ce non-dit pourrait se résumer une peu comme ceci : L'Eglise ne considère-t'elle pas, de tradition, tout ce qui touche au sexe d'une manière trop restrictive, voire réservée, sous l'angle du "il est permis de" ... ou du "il est interdit de" ... Or, "Il est permis de", ça ne veut pas du tout dire la même chose que "il est bon de" ... ! Dans des livres (peut-être anciens) traitant de morale, on trouve des expressions comme "les joies permises du mariage" (ce qui sous-entend qu'elles ne sont pas intrinsèquement bonnes, mais seulement permises) ou bien "il est licite". D'ailleurs, les saintes femmes du calendrier chrétien sont presque toujours des vierges ou des martyres. Si elles ont été mariées, elles sont allées ensuite au couvent ... Certes l'Eglise a toujours dit que l'on peut se sanctifier dans le mariage, mais quand il est question de cela, c'est surtout pour parler de prière en famille, d'exemple de vie chrétienne, de rôle éducatif, etc Toutes choses essentielles qu'il n'est pas question de minimiser.
N'empêche que l'Eglise a dans le passé, mais peut-être encore trop souvent aujourd'hui, donné l'impression que le sexe était certes nécessaire, mais surtout pour "faire des enfants". Implicitement, si l'amour sexuel est agréable, il faut presque s'en excuser ... L'éducation chrétienne a souvent pour conséquence que les gens (et ce n'est pas rare) s'interrogent pour savoir si le mari et la femme ont le droit de limiter leurs relations sexuelles aux périodes non fertiles. Il n'est pas souvent dit que l'amour sexuel est bon, puisque voulu comme tel par Dieu (qui, dans sa bonté, a décidé que les êtres humains pourraient y trouver beaucoup de plaisir). Dieu n'était pas "obligé" d'ordonner les choses ainsi. Il a fait "cadeau" à l'homme de l'agrément que comporte la sexualité. Or combien de fois n'entend-on pas ce type de réflexion chez des chrétiens : "le Bon Dieu aurait pu quand même trouver un autre moyen !" Bien souvent, des prêtres (ou même des couples mariés, ce qui est plus grave) conseillent et préparent des fiancés au mariage sans aucun souci de la vie sexuelle du futur couple. Comme si on partait du principe que le sexe, ça marche toujours, surtout si on est jeune. Alors que non, loin de là, ça ne marche pas forcément facilement. Dans beaucoup de couples, chrétiens ou non, ça marche même très mal ! Dans la préparation chrétienne au mariage, on parle surtout d'amour "agapê", de fondation d'une famille et d'enfants. Ce qui est évidemment essentiel. Mais pour qu'une famille "tienne" il ne suffit pas qu'il y ait des enfants : il faut que le couple "tienne" déjà en lui-même, et notamment que l'homme et la femme soient tous deux heureux sexuellement. On connaît tous des familles très "chrétiennes", extérieurement exemplaires, parfois même avec des enfants qui entrent en religion, mais au sein desquelles le mari et la femme n'ont plus de rapports sexuels depuis longtemps (et où au moins l'un des conjoints souffre), voire ne se parlent plus intimement, et entretiennent des relations exécrables. Si l'harmonie sexuelle (et le plaisir qui en découle) n'est pas la seule chose importante du couple, elle en est un élément essentiel et incontournable, déterminant pour la solidité du couple. On ne devrait même pas projeter d'avoir des enfants tant que le couple ne "tourne" pas correctement sur le plan sexuel !
Il est heureux que le Pape jean-Paul II ait développé une théologie du corps si positive, qui sans s'écarter des fondements chrétiens, jette un regard enouvelé sur la question. Il a d'ailleurs été très critiqué pour cela dans certains milieux. Il y a même eu quelques personnalités intégristes (dont j'ai oublié les noms) pour le traiter d'obsédé sexuel ! Et Benoît XVI a également magnifiquement parlé de l'amour agapê et eros dans son encyclique sur l'amour. Il était temps que les choses soient dites de cette manière !
Ça n'est peut-être pas exactement à cela que pensait Giorgino en postant sa question, mais ça me semblait un peu sous-jacent ...
Il est vrai que le Christ a surtout parlé d'adultère, et pas des autres formes d'impureté. Mais si on part de cela, les différentes formes de péché d'impureté se déduisent tout de même assez bien du bon sens.
St. M