Le Pape François et le Patriarche Bartholomée signent une déclaration commune historique
Ce texte de première importance met noir sur blanc l’état des relations œcuméniques entre catholiques et orthodoxes.
Pour la première fois dans l’Histoire, dimanche soir, les chefs de toutes les Eglises chrétiennes de Jérusalem ont prié ensemble au Saint-Sépulcre. C’était le temps du pèlerinage du Pape François en Terre Sainte, l’objectif principal de son voyage, 50 ans après la rencontre entre Paul VI et Athénagoras, qui initia un rapprochement entre catholiques et orthodoxes, un tournant dans l’histoire.
Lorsque le Pape François et le patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée sont arrivés, accueillis par les Supérieurs des communautés gréco-orthodoxe, franciscaine et arménienne apostolique, les cloches ont sonné à toute volée. La célébration se déroule en présence de tous les responsables du Statu Quo, qui régit les rapports, les activités et les mouvements dans les basiliques dont plusieurs confessions chrétiennes sont propriétaires. Les trois Supérieurs des Communautés du Statu Quo ont d’abord vénéré la Pierre de l’Onction dans l’atrium de la basilique. Le Pape François et le patriarche Bartholomée ont ensuite accompli ce même geste ensemble suivi de tous les participants à la célébration. C’est le patriarche Greco-orthodoxe de Jérusalem qui a pris la parole en premier.
C'est donc à Jérusalem que se sont retrouvés le Pape François et le Patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholomée. Les deux hommes se sont entretenus en privé, en présence du Cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'Etat du Saint-Siège, et du Cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l'Unité des Chrétiens. Le Pape et le Patriarche œcuménique ont ensuite signé une déclaration commune.
Ce texte nous dit que la rencontre d’aujourd’hui est une nouvelle étape sur la route de l’unité, celle de la communion dans une légitime diversité. On s’y félicite de tous les progrès accomplis depuis 50 ans, au fil des rencontres et des discussions théologiques. Des progrès substantiels, obtenus notamment par le travail de la Commission Mixte Internationale. On y déclare, et ce n’est pas un détail, que le dialogue œcuménique n’est pas un pur exercice théorique. Que ce dialogue ne recherche pas le plus petit dénominateur commun sur lequel aboutir à un compromis. Ce serait lamentable. On se dit conscient toutefois de ne pas avoir atteint l’objectif de la pleine communion, et l’on confirme l’engagement à continuer ce chemin vers l’unité. Concrètement par un témoignage commun dans la défense de la vie à toutes ses étapes, de la famille fondée sur le mariage, de la promotion de la paix et de la lutte contre la pauvreté et les inégalités.
Un important chapitre est consacré à la défense de l’environnement, alors que la planète est malmenée par l’activité humaine. On y trouve un encouragement à une vie plus sobre et à moins de gaspillage. On assure aussi l’engagement commun pour la défense de la liberté religieuse, et on encourage à un authentique dialogue avec le Judaïsme, l’Islam et les autres traditions religieuses.
Dans la Déclaration Commune on s’inquiète par ailleurs de la situation des chrétiens au Moyen-Orient, de leur droit de rester des citoyens à part entière de leurs patries. On prie ainsi pour la Terre Sainte, pour les Eglises d’Egypte, de Syrie, d’Irak. La Déclaration Commune se conclut sur cette nécessité, cette urgence d’un témoignage commun de l’Evangile pour le bien de toute l’humanité et des générations futures.