Le pardon si peu connu du jardin d’Eden

Règles du forum
Forum d'échanges sur la Sainte Bible.

Répondre


Cette question vous permet de vous prémunir contre les soumissions automatisées et intensives effectuées par des robots indésirables.
Émoticônes
:?: :!: :arrow: :nule: :coeur: :) ;) :( :mal: :D :-D :oops: :cool: :/ :oui: :> :diable: <: :s :hypocrite: :p :amoureux: :clown: :rire: :-[ :sonne: :ciao: :zut: :siffle: :saint: :roule: :incertain: :clap: :fleur: :-@ :non: :cry: :bomb: :exclamation: :dormir: :wow: :boxe: :furieux: :toast: :dance: :flash:
Plus d’émoticônes

Le BBCode est activé
La balise [img] est activée
La balise [url] est activée
Les émoticônes sont activées

Relecture du sujet
   

Agrandir Relecture du sujet : Le pardon si peu connu du jardin d’Eden

Re: Le pardon si peu connu du jardin d’Eden

par Xavi » sam. 02 août 2014, 11:32

Je ne pense pas que Gerardh mette en doute le fait que Jésus est « le » fils de l’homme. Il me semble se référer à l’opinion protestante qui considère que Jésus ne serait pas le fils unique de Marie, ce qui est contraire à la foi catholique. Mais, ce n’est pas le sujet ici. Pour ceux que cela intéresse, la question de la famille humaine de Jésus a été développée ailleurs dans ce sous-forum dans un sujet intitulé « Les ancêtres de Jésus » :
http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... 91&t=16554

Ici, il a seulement été observé que Jésus est l’unique fils de l’homme. Il se déclare « le » fils de l’homme. Parmi les humains, lui seul est un fils humain sans péché ayant hérité de la vie sans péché du premier Adam créé. Nous n’avons hérité que d’une vie blessée protégée par un vêtement.

Le premier et le seul fils d’Adam et Eve ayant vécu sur terre sans la marque du péché, le seul héritier d’Adam à qui ce premier homme a pu transmettre une vie telle qu’il en vivait avant le péché originel, c’est Jésus.

Contrairement à ce que Gerardh soutient, il me semble que Jésus n’avait pas humainement une connaissance du bien et du mal différente du premier Adam. Il était en tout semblable sauf le péché. Un vrai homme ! Bien que aussi vrai Dieu !

La connaissance humaine de Jésus a été approfondie dans un autre sujet du sous-forum de théologie intitulé : « Jésus aurait découvert peu à peu sa divinité (pas glop) » :
http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... 92&t=24004

Pour le surplus, je remercie encore Gerardh pour ses réflexions. Je ne vois pas ce que je pourrais encore y ajouter utilement dans le cadre spécifique de ce fil. Peut-être d’autres lecteurs viendront-ils enrichir le débat.


NB : L’ensemble de mes réflexions concernant l’historicité d’Adam et Ève et du livre de la Genèse a été développé dans une synthèse réactualisée ce 24 mai 2023, sous le titre « Un jardin dans l’Eden », disponible en pdf dans la section Théologie de ce forum sous l’intitulé « Évolution, création, incarnation : un livre à télécharger » :
https://www.cite-catholique.org/viewtop ... 92&t=20369

Re: Le pardon si peu connu du jardin d’Eden

par PaxetBonum » sam. 02 août 2014, 10:28

gerardh a écrit : Il a été engendré et non créé. Il est à la fois Dieu et homme. Quant à être fils unique de l’homme ce sont les catholiques qui le pensent.
Jésus le dit lui-même : "Simon Pierre répondit: Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Jésus, reprenant la parole, lui dit: Tu es heureux, Simon, fils de Jonas; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais c'est mon Père qui est dans les cieux. "

Re: Le pardon si peu connu du jardin d’Eden

par gerardh » ven. 01 août 2014, 19:44

________

Bonjour Xavi, quelques remarques :

Vous attribuez une position céleste à un jardin, dans lequel croit du sol tout arbre agréable à voir et bon à manger. Libre à vous. Quant à moi mon espérance (qui est certaine) n’est pas l’Eden, qui est sur terre, même si cela est symbolique, mais la maison du Père ou encore le Paradis : eux sont indiscutablement célestes.

Cela ne veut pas dire que le matériel, et notamment pour nous le corps, soit à considérer comme secondaire, bien au contraire. Les croyants ressusciteront dans toutes leurs composantes : corps âme et esprit. Certes un jour futur, les cieux et la terre seront dissous et il y a aura de nouveaux cieux et une nouvelle terre. Dans cet ensemble, nos corps glorifiés subsisteront. Même à présent la position du chrétien est dans les lieux célestes, même s’il n’y est pas encore effectivement.
le Christ, Fils unique éternel de Dieu et fils unique de l’humain créé à l’image de Dieu tel qu’il était sans le péché, est céleste et terrestre.
Il a été engendré et non créé. Il est à la fois Dieu et homme. Quant à être fils unique de l’homme ce sont les catholiques qui le pensent.
Dieu y a-t-il créé, à un endroit et à un moment de l’histoire concrète de notre monde présent, des homo capax Dei ? Pas seulement un homo sapiens religieux, mais des créatures immortelles capables de partager la vie de Dieu.
Il cherchait des adorateurs qui l’adorent en esprit et en vérité, pris parmi ceux qui étaient morts dans leurs fautes et leurs péchés.
Nous pouvons vraiment et concrètement êtres sauvés entièrement corps, âme et esprit par le Christ, vrai Dieu qui s’est fait vrai homme.
Oui, par l’œuvre de la croix.

En se faisant homme, le Christ, Fils de Dieu de toute éternité, a suivi un chemin semblable. Il s’est d’abord incarné en humain, dans une condition en tout semblable à la nôtre sauf le péché, dans une condition en tout semblable à celle du premier Adam avant le péché originel.
C’est vrai que le christ a été le second homme, le dernier Adam et qu’il a refait, à la gloire de Dieu, l’histoire de l’homme. Cependant il avait dès le départ la connaissance du bien et du mal. La seule chose qu’il ait apprise c’est l’obéissance, de par les choses qu’il a souffertes (Hébreux)
Il a ensuite été plongé dans l’eau du baptême pour recevoir l’Esprit qui est descendu dans son humanité « comme une colombe », suivant ainsi un chemin semblable à l’humain créé à l’image de Dieu lorsqu’il fut plongé dans le jardin d’Eden.
L’Esprit Saint est l’Esprit de Christ est-il écrit quelque part. mais au baptême il a été investi pour sa mission, et il a voulu s’associer aux repentants de son peuple.
Je vais m’arrêter ici car cela me semble suffisant, cher Gerardh, pour montrer, au moins un peu, sans être trop long, toute l’importance qu’il convient d’accorder au jardin d’Eden et aux évènements fondateurs de notre humanité en cause.
Sans doute, mais je pense que vous semblez avoir tendance à trop insister sur cette seule notion, peut-être au détriment du reste de la doctrine de Christ.



_____________

Re: Le pardon si peu connu du jardin d’Eden

par Xavi » ven. 01 août 2014, 14:39

Terrestre ou céleste, quelles conséquences pour la foi ?

Nous nous sommes heureusement accordés sur l’essentiel : vous avez pu constater qu’après la chute, dans le jardin d’Eden, il y a eu une grâce.

Dans le jardin d’Eden, les humains n’étaient encore que dans un endroit limité de l’Eden. Le Christ nous ouvre l’Eden sans limite.

Le jardin d’Eden était céleste et terrestre, de même que l’humain créé à l’image de Dieu qui était dans ce jardin.

Quelle importance ? Nous sommes au cœur de la foi chrétienne parce que le Christ, Fils unique éternel de Dieu et fils unique de l’humain créé à l’image de Dieu tel qu’il était sans le péché, est céleste et terrestre.

Pour être créés à l’image de Dieu et avoir une âme immortelle capable de partager éternellement la vie de Dieu, il était essentiel que l’humain naturel (animal) soit davantage que du terrestre. Il devait être plongé (baptisé) dans la vie de Dieu et y devenir un être nouveau fait de terrestre « et » de céleste.

Nous sommes des homo sapiens, mais nous ne sommes pas « seulement » des homo sapiens. Nous sommes des homo sapiens religiosus (selon l’expression du cardinal Ries), mais nous ne sommes pas « seulement » des homo sapiens religiosus. Nous sommes des homo capax Dei, des êtres immortels capables de partager éternellement la vie de Dieu.

Il y a une question au cœur de notre histoire terrestre : Dieu y a-t-il créé, à un endroit et à un moment de l’histoire concrète de notre monde présent, des homo capax Dei ? Pas seulement un homo sapiens religieux, mais des créatures immortelles capables de partager la vie de Dieu. Tellement capables que Dieu lui-même peut se faire l’une d’elles comme il l’a fait par son incarnation bien concrète il y a deux mille ans.

Ne pas reconnaître cette création dans la réalité spirituelle céleste de Dieu, c’est ne pas voir qui nous sommes. Notre être a été achevé dans le jardin spirituel d’Eden. Adam et Eve y étaient corps, âme et esprit. Ce jardin était aussi pleinement terrestre que céleste et spirituel.

La merveille de Dieu, c’est d’avoir créé un être éternel nouveau fait de chair et d’esprit. Si nous ne reconnaissons pas dans Adam et Eve à l’intérieur du jardin d’Eden tout ce que le Christ nous a montré de la réalité d’un homme créé, nous risquons de ne pas comprendre ce que cela nous révèle en ce qui concerne qui nous sommes et qui est le Christ, vrai Dieu et vrai homme.

Si nous pensons que le jardin d’Eden est seulement ou principalement terrestre, nous risquons de penser que seul l’Eden, le paradis, est spirituel et qu’en conséquence, le terrestre qui n’en fait pas partie serait méprisable. Le corps et le monde présent risquent de perdre de leur valeur or c’est l’essentiel de ce qui nous caractérise. Dieu a voulu créer non seulement des anges mais des êtres spirituels avec un corps. Avec un corps : c’est cela que Dieu a spécialement voulu de tout à fait original.

Est-ce que ce corps, ce monde créé, ont une place, une valeur, dans l’Eden de Dieu ?

Si nous pensons que le jardin d’Eden est seulement ou principalement spirituel ou si nous pensons qu’il n’est que symbolique, nous risquons la même déviation : le mépris du terrestre et du corps qui sont aussi essentiels à notre être que notre âme et notre esprit.

Accepter la double nature céleste et terrestre du jardin d’Eden nous permet de comprendre, dans la lumière de cette révélation, la double nature du Christ, la splendide union de sa divinité et de notre humanité. De comprendre que Lui, vrai Dieu de toute éternité, est vraiment venu vivre une vie d’homme comme la nôtre, mais en nous révélant ce qu’est vraiment une vie humaine sans le péché, sans la rupture de la communion avec son Créateur.

Le Christ n’a pas fait tous ses miracles et n’est pas ressuscité parce qu’il était Dieu ce qui ne pourrait pas sauver les humains que nous sommes, mais parce qu’il était vraiment un homme comme nous, mais sans la blessure du péché. Il nous révèle ce qu’est vraiment un homme créé à l’image de Dieu, tel qu’il était avant le péché originel, toute la puissance terrestre autant que spirituelle qu’Adam et Eve avaient reçue.

Le jardin d’Eden fait partie de cette révélation pleinement manifestée par le Christ.

Ignorer la double nature tant terrestre que céleste du jardin d’Eden affaiblit la compréhension de la double nature tant terrestre que céleste des humains créés à l’image de Dieu, la compréhension de la double nature tant terrestre que céleste du Christ, et la compréhension de la réalité tant terrestre que céleste de notre rédemption, de notre espérance.

Le danger est grand de dévaloriser tout ce qui est corporel et terrestre pour s’orienter vers une religion exclusivement spirituelle. C’est une porte ouverte à la dévalorisation de l’incarnation et une cause profonde des tendances théologiques à écarter la réalité terrestre de la résurrection du Christ, puis de ses miracles, puis de son incarnation virginale, puis de sa divinité.

La nature et notre corps n’ont rien perdu de leur valeur originelle. Le monde concret n’a pas cessé d’être bon comme Dieu l’a créé. Il est seulement maudit et maintenu dans les douleurs d’un enfantement parce que l’humain n’y tient pas son rôle à cause du péché originel qui a blessé la vie que nous avons reçue.

Cela met aussi en lumière, dans cette situation catastrophique, l’importance du pardon de Dieu qu’a été le vêtement dont il a recouvert nos premiers parents à l’image de Dieu pour préserver la vie blessée qu’ils nous ont transmise et permettre de la sauver par le Christ.

Tout cela n’est pas de la théorie. Nous pouvons vraiment et concrètement êtres sauvés entièrement corps, âme et esprit par le Christ, vrai Dieu qui s’est fait vrai homme.

L’évangélisation des hommes modernes ne peut se réfugier sans pertes dans un « je ne sais pas » lorsqu’il s’agit de révéler ce que nous sommes réellement dans ce monde où des êtres se sont succédés avec des mutations diverses depuis des milliards d’années.

Si le jardin d’Eden n’a pas été pour notre humanité terrestre une véritable plongée dans le monde céleste et spirituel de Dieu lors de laquelle a été achevée notre création à l’image de Dieu, comment un être naturel a-t-il pu un jour être immortel ?

Certains choisissent de rejeter les affirmations de la science et de soutenir qu’il y a environ six mille ans, le monde actuel a été créé avec des règles naturelles différentes où ni les plantes, ni les animaux n’avaient une existence limitée et où Dieu aurait transformé de la poussière en humain sans aucun lien avec une nature animée préexistante.

Outre son caractère inacceptable pour la plupart des personnes raisonnables dans l’état des connaissances modernes, cette thèse me paraît sans base biblique sérieuse et affecte gravement la crédibilité concrète de l’Evangile.

Vous pouvez, plus prudemment, repousser le récit loin dans le passé : il y a cent mille, un million ou un milliard d’années, mais la difficulté reste quasi la même.

Croyez-vous que notre lointain ancêtre biologique australopithèque ou primate avait une âme immortelle et que Dieu aurait attendu des millions d’années avant de se révéler et de sauver l’humanité par le Christ ?

Vous pouvez continuer à dire je ne sais pas.

La vérité est pourtant simple et le récit de la Genèse convaincant pour celui qui accepte d’admettre que l’humain a été mis avec toute sa réalité terrestre dans un jardin créé dans l’Eden céleste spirituel de Dieu.

Le corps d’Adam et Eve provenait d’ancêtres biologiques naturels, mais ceux-ci ne pouvaient produire que des êtres naturels terrestres à l’existence précaire si Dieu n’était pas intervenu pour les façonner dans sa propre réalité céleste, pour unir du terrestre et du céleste dans ce qui pouvait devenir ainsi un être nouveau.

Comme le dit la Genèse, l’humain tiré de l’humus (mot latin du sol) (dans le texte hébreu : l’adam tiré de l’adamah) a été créé mâle et femelle, comme les animaux, avec une âme vivante comme les animaux. Nulle part, la Genèse ne prétend que cette création aurait été instantanée ou réalisée en un jour de 24 heures de 60 minutes. La science peut nous détailler comment cette création de l’humain naturel constitué des éléments chimiques de la terre a pu se développer progressivement depuis des milliards d’années.

Comme le dit la Genèse, l’humain a été mis dans un endroit limité de l’Eden où il lui a été offert de vivre en communion avec Dieu et de gouverner et développer toute la création en communion avec son créateur.

En se faisant homme, le Christ, Fils de Dieu de toute éternité, a suivi un chemin semblable. Il s’est d’abord incarné en humain, dans une condition en tout semblable à la nôtre sauf le péché, dans une condition en tout semblable à celle du premier Adam avant le péché originel.

Il a ensuite été plongé dans l’eau du baptême pour recevoir l’Esprit qui est descendu dans son humanité « comme une colombe », suivant ainsi un chemin semblable à l’humain créé à l’image de Dieu lorsqu’il fut plongé dans le jardin d’Eden.

Par tous ses miracles réalisés après ce baptême, le Christ a montré toute la puissance concrète que l’humain avait reçu dans le jardin d’Eden. Tous les miracles du Christ relatés par les évangiles nous montrent tout ce que l’humain aurait pu réaliser de la même manière lorsqu’il était dans le jardin d’Eden et qu’il pourrait toujours réaliser sans le péché.

Dans le jardin d’Eden, la mort n’avait aucun pouvoir. La résurrection du Christ nous montre que l’humain créé à l’image de Dieu n’était pas soumis à la mort dans le jardin d’Eden. Dans la réalité terrestre, les plantes et les animaux continuaient leurs existences précaires, mais dans le jardin d’Eden, toute la création s’ouvrait sur un avenir nouveau.

Je vais m’arrêter ici car cela me semble suffisant, cher Gerardh, pour montrer, au moins un peu, sans être trop long, toute l’importance qu’il convient d’accorder au jardin d’Eden et aux évènements fondateurs de notre humanité en cause.

Si nous rejetons la double réalité spirituelle et historique du récit du jardin d'Eden, nous risquons d'affaiblir notre compréhension de la double réalité spirituelle et historique du Christ, de sa double nature divine et humaine, de l'étendue totale de son salut à toute la réalité corporelle autant que spirituelle qui nous constitue.

Il est urgent d’éclaircir notre foi en la création concrète de notre humanité à l’image de Dieu, d’âmes immortelles, d’homo capax Dei, dans la réalité concrète de l’histoire du monde présent.

Re: Le pardon si peu connu du jardin d’Eden

par gerardh » jeu. 31 juil. 2014, 19:54

Cher Xavi,

Je crois que nous n’arriverons pas dans l’immédiat à tomber d’accord sur le caractère terrestre ou céleste de l’Eden de la Genèse. J’indiquerais seulement que dans l’Ancien Testament les espérances des croyants étaient terrestres et qu’ils n’avaient au plus que des pensées très vagues des espérances d’au-delà leur mort. Par ailleurs ce n’est pas en Eden, ni ailleurs, qu’Adam et Eve auront entendu des paroles ineffables qu’il n’est pas à la portée de l’homme de rapporter. Entre l’Eden où habitaient les hommes et le paradis la différence tient notamment dans l’état d’innocence des hommes en Eden et dans l’état de rédemptés des hommes au paradis.

Pour avancer je vous demanderais quelles seraient les conséquences sur la foi de l’une ou l’autre de ces interprétations.

_________

Re: Le pardon si peu connu du jardin d’Eden

par Xavi » jeu. 31 juil. 2014, 17:47

Cher Gerardh,

Les différences persistent, mais des rapprochements sont possibles.

Vous avez certainement raison d’être prudent « sur le degré de symbolisme ou d’allégorisme qu’il y a ou non dans les descriptions du début de la Genèse » en essayant d’avoir une « opinion proportionnée sur ce sujet », et je vous remercie de vos efforts dans notre dialogue pour essayer de la préciser de manière raisonnée.

Je trouve très pertinentes vos définitions du paradis et du royaume des cieux (ou de Dieu).

Vous avez raison d’affirmer que le paradis est « un lieu céleste ».

Mais, je ne peux vous suivre lorsque vous affirmez que le « le paradis de Dieu … peut être considéré comme l’antitype d’Eden », ce qui me paraît créer une différence inexistante entre le paradis et l’Eden, sans base biblique ou théologique. Je ne comprends pas en quoi vous pouvez affirmer que « La plus grande différence entre les 2 est même sans doute le fait de la rédemption ».

Malgré votre divergence, je persiste à penser que le paradis c’est l’Eden. Deux mots, l’un grec (paradeisos), l’autre hébreu (eden) pour une seule même réalité : le monde céleste (spirituel) de Dieu.

Par contre, comme vous, je pense aussi que « Le royaume de Dieu ou des Cieux est l’ensemble des lieux physiques, moraux ou spirituels dans lesquels les droits de Dieu sont reconnus. Ce royaume a une partie céleste bien sur, et ce d’autant plus que le Christ ayant été rejeté habite maintenant dans les cieux à la droite de Dieu (c’est pourquoi l’évangile de Mathieu privilégie l’expression royaume des cieux). Il est aussi sur la terre tant que l’Eglise y sera présente et il comprend l’ensemble de la chrétienté où il y a à la fois du bon grain et de l’ivraie). Plus tard il sera établi effectivement sur la terre lorsque l’Eglise aura été enlevée dans la maison du Père et que Dieu reprendra ses relations terrestres avec le résidu pieux de son peuple Israël ».

Rien à redire à cette longue précision.

Elle me semble introduire très exactement ce qu’est le jardin d’Eden, la distinction entre l’Eden et le jardin planté par Dieu dans cet Eden.

Avec vous, je peux constater que les éléments du jardin d’Eden sont « des éléments de la Création de Dieu, que comme tels ils sont décrits comme une réalité physique » et qu’ils « peuvent être considérés par les chrétiens comme des types des réalités célestes ».

Le jardin d’Eden comme le royaume des cieux est présent par le fait d’un partage de la vie de Dieu avec ses créatures. Comme vous le dites avec une belle justesse, le royaume des cieux comprend « l’ensemble des lieux physiques, moraux ou spirituels dans lesquels les droits de Dieu sont reconnus ». Le jardin d’Eden, planté dans un lieu céleste spirituel (l’Eden), est devenu simultanément physique et céleste, unissant les deux réalités comme le royaume des cieux.

Le paradis, l’Eden, les cieux, c’est la réalité céleste, spirituelle de Dieu. Le jardin planté dans l’Eden comme le royaume des cieux étend la réalité céleste à la création.

Ce que vous écrivez au sujet du royaume des cieux me semble très pertinent pour éclairer ce qui est vrai pour le jardin d’Eden.

Le jardin planté dans l’Eden ce n’est qu’un endroit clos dans cet Eden. Rien d’autre. C’est cela qui est planté dans ce « lieu » céleste (spirituel) qu’est l’Eden. Vous pouvez imaginer des cultures avant l’humain, mais ce n’est pas le récit de la Genèse qui nous relate d’abord que l’humain est mis dans le jardin d’Eden (Gn 2, 8) et seulement ensuite que Dieu y fait pousser des arbres de toutes espèces (Gn 2, 9).

Dans la Genèse, le mot « planté » (en hébreu : nata) n’implique pas (même si les mots français plante ou plantation le suggèrent) la présence d’une culture, mais a seulement le sens d’installer. On peut certes planter une vigne ou un arbre, mais le mot peut aussi signifier installer n’importe quoi d’autre. Ainsi, dans l’Exode, Dieu donne l’ordre d’établir (« nata ») son peuple sur la montagne de son héritage (Ex 15, 17). Dans le Deutéronome, il est interdit d’installer (« nata ») une idole près de l’autel (Dt 16, 21). Dans un psaume, il est même question de planter (« nata ») une oreille (Ps 94, 9), …etc.

Nous voici dans de très petits détails pour ceux que cela intéresse, mais au-delà des détails qui confortent la solidité du récit biblique, la réalité de la création de l’humain créé libre à l’image de Dieu et l’action puissante de Dieu pour le sauver de son éloignement mortel dès l’origine sont au cœur de l’évangile à annoncer.

Merci encore pour tous vos efforts dans ce fil qui y est consacré.

Re: Le pardon si peu connu du jardin d’Eden

par gerardh » jeu. 31 juil. 2014, 14:57

_____________

Bonjour Xavi, vous écrivez :
Pourquoi une vision si restrictive de la liberté ?
On a tendance à présenter la « liberté » des hommes en tant que faculté d’obéir ou au contraire de désobéir à Dieu, comme un don suprême de l’amour de Dieu envers l’homme. Je voulais simplement dire que je n’irais pas aussi loin, et c’est pourquoi j’ai fait appel à la notion de responsabilité de l’homme.

A noter que je ne vais pas, en disant cela, jusqu’à aborder les questions délicates et complexes de la prédestination et du libre arbitre, lesquelles sont largement hors de portée de la logique humaine.


Sur le thème du jardin d’Eden et même de l’Eden, je persiste à penser que ce sont des éléments de la Création de Dieu, et que comme tels ils sont décrits comme une réalité physique, même s’ils peuvent être considérés par les chrétiens comme des types des réalités célestes.

Je vous donne donc acte que dans Apocalypse 2, 7 l’arbre de vie est décrit dans le paradis de Dieu, lequel peut être considéré comme l’antitype d’Eden. Sera- ce le même arbre de vie ou peut-il y en avoir plusieurs ? En tout cas il est impossible de penser que l’Eden est une complète description du paradis ou même le paradis lui-même, tant le type est inférieur à l’antitype. La plus grande différence entre les 2 est même sans doute le fait de la rédemption.

Par ailleurs, je ne prendrais pas parti sur le degré de symbolisme ou d’allégorisme qu’il y a ou non dans les descriptions du début de la Genèse : je note qu’elles font l’objet de commentaires les plus divers, depuis le créationnisme jusqu’à la pensée que ce ne sont que des fables, pensée qui est l’antichambre de l’incrédulité. Personnellement j’aurais une opinion proportionnée sur ce sujet
Mais, avant toute plantation et tout animal, Dieu y a mis l’Adam, créé mâle et femelle.

Je ne crois pas car au départ Dieu plante (notez le terme plante) un jardin, c'est-à-dire un espace ayant des cultures.

Le PARADIS (paradeisos) est un lieu céleste. C’est un mot d’origine orientale désignant les parcs des rois et des nobles de Perse. Dans le N.T., ce mot signifie un lieu de délices et de bonheur célestes. Jésus promet au brigand sur la croix qu’il sera avec lui aujourd’hui même dans le paradis (Luc 23:43). Paul a été ravi dans le paradis où il a entendu des paroles ineffables (2 Corinthiens 12:4).

Le royaume de Dieu ou des Cieux est l’ensemble des lieux physiques, moraux ou spirituels dans lesquels les droits de Dieu sont reconnus. Ce royaume a une partie céleste bien sur, et ce d’autant plus que le Christ ayant été rejeté habite maintenant dans les cieux à la droite de Dieu (c’est pourquoi l’évangile de Mathieu privilégie l’expression royaume des cieux). Il est aussi sur la terre tant que l’Eglise y sera présente et il comprend l’ensemble de la chrétienté où il y a à la fois du bon grain et de l’ivraie). Plus tard il sera établi effectivement sur la terre lorsque l’Eglise aura été enlevée dans la maison du Père et que Dieu reprendra ses relations terrestres avec le résidu pieux de son peuple Israël.

_______________

Re: Le pardon si peu connu du jardin d’Eden

par Xavi » jeu. 31 juil. 2014, 11:59

Bonjour Gerardh,
gerardh a écrit :Je crois qu’on a tendance à faire un usage abusif et excessif du terme de liberté de choix, qui serait un don positif et explicite de Dieu envers l’homme. Dans leur état d’innocence Adam et Eve n’avaient pas vraiment de liberté de choix à exercer, mais seulement le commandement d’obéir à Dieu sur un seul point.
Pourquoi une vision si restrictive de la liberté ? Appelés à gouverner le monde et à le développer pour achever son enfantement, ils avaient une totale liberté pour cette mission qui ne faisait l’objet que du seul commandement concernant le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Dans la communion avec Dieu, où sa vision du bien et du mal est partagée, tout est possible, tout est permis.

Mettre en doute la liberté d’Adam et Eve, cela me paraît mettre en doute leur création à l’image de Dieu.

C’est Satan qui a essayé de faire croire que l’absence de liberté était plus large en suggérant que l’interdiction portait sur tous les arbres.

Vous avez cependant raison de suggérer qu’il ne faut pas exagérer la notion de liberté. Dieu lui-même déclare qu’il ne peut se renier. Personne n’en déduira qu’il n’est pas libre.

D’accord pour dire que la liberté est un appel à la responsabilité et qu’une impulsion du Saint Esprit est nécessaire pour se tourner du bon côté.
gerardh a écrit :
Rien ne me semble permettre de distinguer cet Eden du Royaume des Cieux ou du paradis.
Je ne suis pas d’accord. Le jardin d’Eden était un élément de la Création physique de Dieu. Le royaume des cieux ou de Dieu est autre chose et la paradis encore autre chose.
Si vous pensez pouvoir distinguer, il serait très utile de préciser vos distinctions.

Un jardin c’est un endroit limité affecté à des plantations pour des récoltes ou pour l’agrément. Au départ, c’est n’importe quel terrain. Il peut être vide.

Au départ, dans le récit de la Genèse, il n’a rien de terrestre. Dieu plante un jardin « dans » l’Eden. Dieu va y faire pousser « du sol » (dans le texte : de « l’adamah », le sol terrestre dont l’adam est issu) des arbres de toute espèce. Il va aussi y amener tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel.

Mais, avant toute plantation et tout animal, Dieu y a mis l’adam, créé mâle et femelle. Dans le jardin planté dans l’Eden, l’humain va précéder toute autre créature et toutes créatures vont lui être soumise. N’imaginons pas immédiatement un beau jardin terrestre : il n’y a ni plantes, ni arbres, ni fleurs, lorsque l’humain est mis dans une partie de l’Eden clôturée par Dieu. C’est dans l’Eden spirituel de Dieu, dans les délices de Dieu lui-même que l’humain est mis.

Le jardin d’Eden n’était donc pas lui-même un élément de la Création physique de Dieu, mais Dieu y a mis des éléments de la création terrestre. Le contenu du jardin est terrestre mais pas l’Eden dans lequel il se trouve.

L’Eden, c’est le paradis. Le jardin d’Eden n’est qu’une partie limitée de cet Eden. C’est un "endroit" dans l’Eden. Nous pouvons donc distinguer ce jardin de l’Eden. Dieu a mis du terrestre dans sa réalité spirituelle et cette mise ensemble est un acte créateur qui dépasse nos capacités de compréhension.

Si vous pensez pouvoir distinguer les cieux dans lesquels se trouve Notre Père de l’Eden, je suis curieux de vous lire sur ce point. Qu’est-ce qui ferait partie de l’Eden sans faire partie des cieux ou le contraire ? A quelle distinction pensez-vous ?
gerardh a écrit :
Il me semble qu’Adam et Eve auraient pu s’exprimer exactement de manière semblable [à Paul en 2 Cor 12] après avoir quitté le jardin d’Eden.
Je ne suis pas du tout d’accord. Rien ne permet de faire cette assimilation.
Pourriez-vous expliquer ? En quoi, le paradis dans lequel St Paul affirme avoir été emporté, dans lequel l’Apocalypse nous dit que l’arbre de vie demeure, serait « rien » par comparaison au témoignage qu’Adam et Eve ont pu donner du paradis ?

Re: Le pardon si peu connu du jardin d’Eden

par gerardh » mer. 30 juil. 2014, 22:14

_________

Bonjour Xavi vous écrivez :
Blessée par le péché originel, revêtue par un vêtement divin, et éloignée de l’Eden, notre vie héritée d’Adam et Eve est, hélas, profondément incapable de faire le bien et d’éviter le mal sans la délivrance du Christ. Mais, à l’origine, il n’en était pas ainsi pour Adam et Eve parfaitement créés. Tout était très bon.
Nous sommes d’accord car je parlais d’Adam et Eve après leur chute.
Que vaut une liberté de choix si celui qui l’exerce n’a pas la possibilité de connaître le bien et le mal dans les alternatives entre lesquelles il exerce sa liberté ?
Je crois qu’on a tendance à faire un usage abusif et excessif du terme de liberté de choix, qui serait un don positif et explicite de Dieu envers l’homme. Dans leur état d’innocence Adam et Eve n’avaient pas vraiment de liberté de choix à exercer, mais seulement le commandement d’obéir à Dieu sur un seul point. Après leur péché ils avaient une liberté de choix, mais Dieu dit aux hommes « choisis la vie » (Deut 30, 19). En fait cette « liberté » est un appel à leur responsabilité. L’homme étant maintenant mauvais par nature, je pense qu’il faut une impulsion initiale du Saint Esprit en son cœur pour qu’il se tourne du bon côté.
Rien ne me semble permettre de distinguer cet Eden du Royaume des Cieux ou du paradis.
Je ne suis pas d’accord. Le jardin d’Eden était un élément de la Création physique de Dieu. Le royaume des cieux ou de Dieu est autre chose et la paradis encore autre chose.
Il me semble qu’Adam et Eve auraient pu s’exprimer exactement de manière semblable [à Paul en 2 Cor 12] après avoir quitté le jardin d’Eden.
Je ne suis pas du tout d’accord. Rien ne permet de faire cette assimilation.


___________

Re: Le pardon si peu connu du jardin d’Eden

par Xavi » mer. 30 juil. 2014, 13:51

Bonjour Gerardh,

Merci pour votre message fort intéressant.
gerardh a écrit :Contrairement à ce que vous expliquez, je ne crois pas du tout qu’Adam et Eve soient restés longtemps dans le jardin d’Eden après leur chute. Rien ne permet d’affirmer cela. Au contraire, Dieu prend simplement le temps de leur communiquer un jugement, mais accompagné d’une prophétie rédemptrice (en Genèse 3, 15), et il les chasse du jardin d’Eden : c’est aussi un jugement et une grâce de sa part, car il les empêche de manger le fruit de l’arbre de vie par lequel ils auraient eu une vie éternelle dans leurs péchés.
Nous sommes bien d’accord. Votre résumé me semble excellent. Les évènements me semblent se suivre sans interruption dans une même histoire qui ne s’étend guère dans le temps. Rien ne permet de penser que cela ait duré longtemps. Je ne pense rien de contraire. Est-il même possible de pouvoir mesurer le récit avec notre échelle du temps de notre petit cerveau ?

Vous dites avec beaucoup de justesse : « un jugement et une grâce ».

Et le jugement n’est pas arbitraire. C’est plutôt, une parole de vérité, une constatation objective. Un peu comme un jugement judiciaire qui dit la vérité judiciaire, ici le jugement divin dit la vérité divine, constate ses effets. Le péché, c’est la mort.

Nous pouvons, inversement, comprendre que la vie divine donnée à l’homme pour gouverner et développer le monde créé est incompatible avec le fait de manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal qui cause la mort.
gerardh a écrit :
Xavi a écrit : Le fruit défendu ne peut être réduit à une image d’une connaissance intellectuelle du bien et du mal. Ce qui est en cause, c’est la vie ou la mort.
Certes car ils connurent le bien sans avoir la capacité de le faire et le mal sans avoir le pouvoir de l’éviter.
Ici, je ne peux pas vous suivre. Car si Adam et Eve n’avaient pas reçu la capacité de faire le bien ou si Adam et Eve n’avaient pas le pouvoir d’éviter le mal, Dieu serait responsable, au moins en partie, de leur faute. Ce n’est évidemment pas le cas.

Adam et Eve ont reçu la capacité de faire le bien et le pouvoir d’éviter le mal. Mais, créés à l’image de Dieu, ils ont aussi reçu la liberté sans laquelle une vie d’amour n’est pas possible et nous connaissons la suite.

Blessée par le péché originel, revêtue par un vêtement divin, et éloignée de l’Eden, notre vie héritée d’Adam et Eve est, hélas, profondément incapable de faire le bien et d’éviter le mal sans la délivrance du Christ. Mais, à l’origine, il n’en était pas ainsi pour Adam et Eve parfaitement créés. Tout était très bon.
gerardh a écrit : Il y a bien sur une rupture de communion, mais au-delà je ne vois pas bien ce que vous entendez par « connaissance séparée ».
A priori, rien de plus : une rupture de communion.

Je ne vois pas pourquoi Dieu, qui a créé les humains à son image, aurait voulu les priver absolument de la connaissance du bien et du mal sans laquelle leur liberté ne pouvait exister.

Que vaut une liberté de choix si celui qui l’exerce n’a pas la possibilité de connaître le bien et le mal dans les alternatives entre lesquelles il exerce sa liberté ?

Il me semble que Dieu n’a pas refusé l’accès des humains à la connaissance du bien et du mal. Ce qui leur était interdit c’était, non pas la connaissance, mais de manger le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

Manger, cela signifie prendre, détacher de l’arbre et absorber dans un être séparé de l’arbre.

C’est ce qui me fait penser à une connaissance séparée, une rupture d’une connaissance partagée en Dieu et avec Dieu.

Il me semble que l’interdiction ne concerne que le fait de manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Mais, pas la connaissance elle-même.

Comment imaginer que, dans le paradis, nous n’aurons pas une parfaite connaissance en vivant dans la communion de Dieu ?

Créé à l’image de Dieu, l’humain avait la liberté parfaitement éclairée de Dieu lui-même. Il n’a pas péché par manque de connaissance. Hélas, il a péché librement et en parfaite connaissance de cause. Dieu n’en est en rien responsable.

Cette liberté de l’humain créé à l’image de Dieu est très importante. Comment pourrions-nous aimer Dieu sans être libres ? Comment pourrions-nous partager sa vie éternelle d’amour sans pouvoir l’aimer librement ?
gerardh a écrit :De mon côté je n’avais pas remarqué que le jardin ne semblait n’être qu’une partie de l’Eden, point qu’il faudrait approfondir. On sait qu’Eden signifie « plaisir, charme ». En Apocalypse 2, 7 il est question de l’arbre de vie qui est dans le paradis de Dieu, sans qu’il soit précisé que ce paradis ne soit qu’une partie de l’Eden.
N’est-ce pas assez clair dans le récit de la Genèse ? Dieu plante un jardin (littéralement : un endroit clos, limité) DANS l’Eden ?

Le mot hébreu « gan », traduit par jardin » signifie un endroit clos, fermé. Il vient du mot « ganan » qui signifie protéger, entourer. Or, le « monde » (le mot est très imparfait) de Dieu n’est pas limité.

Dans le texte de l’apocalypse, il n’est, en effet, plus question d’un jardin clos. De même, dans les autres textes du Nouveau Testament qui nous parlent de l’Eden (le paradis) : sur la croix, Jésus promet à un autre condamné qu’il sera le jour même avec lui dans le paradis sans évoquer un jardin (Lc 23,43) et St Paul nous parle aussi d’une expérience dans le paradis sans y distinguer un jardin (2 Co, 12, 2-4).
gerardh a écrit : En tout cas, je ne vois aucun indice qui nous permette de penser que l’Eden de la Genèse soit « le monde spirituel de Dieu ».
Comment nommer autrement « l’endroit » où nous pourrons vivre éternellement ?

Comment trouver un mot adéquat pour parler de la réalité, du « lieu » (le mot qui évoque un endroit dans l’espace est fort inadéquat) de Dieu ? On bégaie.

Je pense à l’expression donnée par Jésus lui-même : « Notre Père qui est aux cieux ».

Le Nouveau Testament parle du Royaume des cieux ou du Royaume de Dieu.

Dieu est esprit. C’est pourquoi, j’ai utilisé l’expression « monde spirituel de Dieu », mais je dois admettre la faiblesse évidente de l’expression. Elle me semble inévitable.

Ce qui me semble certain, c’est que de manière limitée, Dieu a fait entrer sa création dans un jardin (un endroit clos limité) d’une réalité de délices nommée Eden.

Rien ne me semble permettre de distinguer cet Eden du Royaume des Cieux ou du paradis.

Lors de la création d'Adam et Eve, comme aujourd'hui, le Royaume des cieux est présent, il est parmi nous, il est en nous. Tout proche. L'Eden, c'est le "royaume" de Dieu, le "royaume" des "cieux". Les cieux, c'est la réalité spirituelle de Dieu.

C'est toujours vrai pour nous. Il y a ici et maintenant une réalité visible ou invisible perceptible par notre cerveau, et une réalité "spirituelle" qui échappe à notre cerveau, mais non à notre coeur, à notre esprit.

Comment parler de l’Eden, du jardin d’Eden, de ce qu’ont vécu Adam et Eve dans ce jardin ?

Le texte le plus adéquat me semble le témoignage de St Paul. Il me semble que nous pouvons le reprendre quasi mot à mot lorsque nous essayons de comprendre la Genèse. Il complète le récit de la transfiguration déjà évoqué. Les apparitions du Christ ressuscité peuvent aussi nous aider.

Mais, revenons à St Paul. Il affirme avoir été emmené jusqu’au paradis, jusqu’en Eden (2 Co 12, 4).

Il l’écrit aux Corinthiens avec beaucoup de précision (« voici quatorze ans »), mais avec une prudence extrême dans les mots qu’on ne trouve nulle part ailleurs dans ses écrits.

Il n’ose même pas se citer lui-même. Il dit que les paroles entendues sont inexprimables. Il se déclare incapable de parler de son corps pendant cette expérience et il le répète longuement deux fois.

J’ai l’impression que lorsqu’Adam et Eve ont raconté à leurs enfants et à leurs proches les évènements vécus dans la jardin d’Eden, ils ont probablement parlé exactement comme St Paul aux Corinthiens.

Que dit St Paul ? « Je connais un homme dans le Christ qui, voici quatorze ans – était-ce dans son corps ? je ne sais ; était-ce hors de son corps ? je ne sais ; Dieu le sait - … cet homme là fut ravi jusqu’au troisième ciel. Et cet homme là – était-ce dans son corps ? était-ce sans son corps ? je ne sais, Dieu le sait – je sais qu’il fut ravi jusqu’au paradis et qu’il entendit des paroles ineffables, qu’il n’est pas permis à un homme de redire ».

Il me semble qu’Adam et Eve auraient pu s’exprimer exactement de manière semblable après avoir quitté le jardin d’Eden.

L’être humain de chair n’a pas la possibilité de parler de toute la réalité de Dieu. Il ne parle qu’avec des mots de son cerveau et ce cerveau est tellement limité…

Nous avons certes un récit, mais soyons très prudents de ne pas le réduire aux réalités terrestres des mots employés.

Un fait est certain. St Paul comme Adam et Eve ont été introduits dans l’Eden. Pour Adam et Eve, cela s’est produit dans un jardin, un endroit clos, que Dieu a planté dans l’Eden.

St Paul comme Adam et Eve y ont entendu des paroles ineffables, c’est-à-dire qui ne peuvent être exprimées avec nos mots humains. Comment reproduire fidèlement une rencontre ou un dialogue dans les cieux ?

Re: Le pardon si peu connu du jardin d’Eden

par gerardh » mar. 29 juil. 2014, 16:19

________

Bonjour Xavi,

Contrairement à ce que vous expliquez, je ne crois pas du tout qu’Adam et Eve soient restés longtemps dans le jardin d’Eden après leur chute. Rien ne permet d’affirmer cela. Au contraire, Dieu prend simplement le temps de leur communiquer un jugement, mais accompagné d’une prophétie rédemptrice (en Genèse 3, 15), et il les chasse du jardin d’Eden : c’est aussi un jugement et une grâce de sa part, car il les empêche de manger le fruit de l’arbre de vie par lequel ils auraient eu une vie éternelle dans leurs péchés.

De mon côté je n’avais pas remarqué que le jardin ne semblait n’être qu’une partie de l’Eden, point qu’il faudrait approfondir. On sait qu’Eden signifie « plaisir, charme ». En Apocalypse 2, 7 il est question de l’arbre de vie qui est dans le paradis de Dieu, sans qu’il soit précisé que ce paradis ne soit qu’une partie de l’Eden. En tout cas, je ne vois aucun indice qui nous permette de penser que l’Eden de la Genèse soit « le monde spirituel de Dieu ».
Qu’est-ce qu’une peau ? Nous retrouvons ici une image parfaite du Christ que nous sommes invités à revêtir. Le Christ nous sauve tout entier. C’est tout notre être, corps, âme et esprit, qui est sauvé par la Christ. Revêtez le Christ, nous dit l’Ecriture (Rom, 13, 14).
Très intéressante remarque : je n’avais pas fait le lien avec les passages du NT nous invitant à revêtir le Christ.
C’est bien sûr LA connaissance du bien et du mal, mais n’était-ce pas aussi et surtout une connaissance séparée de Dieu. Détacher le fruit de l’arbre et le manger individuellement, n’est-ce pas une séparation, une rupture ?
Il y a bien sur une rupture de communion, mais au-delà je ne vois pas bien ce que vous entendez par « connaissance séparée ».
Le fruit défendu ne peut être réduit à une image d’une connaissance intellectuelle du bien et du mal. Ce qui est en cause, c’est la vie ou la mort.
Certes car ils connurent le bien sans avoir la capacité de le faire et le mal sans avoir le pouvoir de l’éviter.
Le royaume de Satan ne peut pas être divisé contre lui-même.
En quoi cela empêchait-il Satan de prévoir l’action de Dieu ? Les démons de l’Evangile nous montrent qu’ils avaient souvent une connaissance du salut amené par le Christ que les humains n’apercevaient pas.
L’oeuvre de Satan ne peut pas ne pas être linéaire, et ce quand bien même la connaissance de Satan est très grande.

________

Re: Le pardon si peu connu du jardin d’Eden

par Xavi » mar. 29 juil. 2014, 13:05

Bonjour Gerardh,

Merci pour votre contribution.

Elle met en lumière le vêtement donné par Dieu dans le jardin d’Eden comme une préfiguration du Christ.

Cela nous permet d’avancer un peu plus loin dans notre dialogue.
gerardh a écrit :
Xavi a écrit :Après le péché originel, Adam et Eve ont continué leur existence terrestre et même leur existence dans le jardin spirituel d’Eden.
Non : ce n’est pas ce que dit la Bible.
Je suppose que c’est un malentendu. Vous savez certainement comme moi que la Bible relate longuement un temps d’existence d’Adam et Eve dans le jardin d’Eden après le péché originel et avant leur expulsion de ce jardin.

Avant de continuer à vivre comme nous une existence terrestre dans le monde présent et d’y avoir une descendance, la Bible indique clairement qu’ils ont continué à vivre durant un temps dans le jardin d’Eden.

C’est l’objet même de la réflexion de ce fil qui fait l’objet des versets 7 à 22 du troisième chapitre de la Genèse.

Avoir conscience de cette période dans le jardin d’Eden après le péché originel est essentiel pour notre réflexion ici, pour comprendre l’attitude de Dieu à l’égard de l’humanité pécheresse dont nous parlons.
gerardh a écrit :
Xavi a écrit : Il recouvre Adam et Eve d’un vêtement (Gn 3,21). Le vêtement, c’est ce qui protège des agressions extérieures, tant physiques que morales.
C’est vrai, mais relisons le passage : « Et l’Eternel Dieu fit à Adam et à sa femme des vêtements de peau, et les revêtit ». Il s’agit bien de vêtements de peau. On peut dire que Dieu a créé la peau ex-nihilo, mais cela n’aurait pas beaucoup de sens et la leçon est qu’il les façonna à partir de la peau d’un animal qui pour se faire avait été sacrifiée : c’est l’une des innombrables types du sacrifice du Christ figurant dans la Bible et que la foi et l’intelligence spirituelle peuvent discerner.
L’expression « vêtement de peau » est de traduction assez imprécise, mais le Christ me semble nous donner la meilleure compréhension.

L’image est d’autant plus difficile qu’elle nous représente une réalité de l’Eden.

L’image est terrestre (comme les arbres et le serpent) mais la réalité est spirituelle puisque nous sommes ici dans le monde spirituel de Dieu. Pour rappel, il faut éviter de comprendre de manière trop matérielle que Adam et Eve étaient dans un paradis « terrestre », comme on le dit souvent de manière peu exacte, alors que la Genèse nous dit qu’ils ont été mis dans un jardin planté « dans » l’Eden qui est le monde spirituel de Dieu.

Adam et Eve étaient un peu comme les apôtres lors de la transfiguration de Jésus. Ils voient Moïse et Elie, ils veulent dresser des tentes. Tout est si réaliste, mais lorsqu’une nuée arrête leur vision, il n’y a plus que Jésus seul.

Qu’est-ce qu’une peau ? Une peau a deux particularités : d’abord, elle recouvre la totalité du corps de la tête au pied et toutes les parties du corps sans exception sont recouvertes par sa peau. Ensuite, elle est essentielle à la vie même du corps et sans une peau, le corps meurt.

Nous retrouvons ici une image parfaite du Christ que nous sommes invités à revêtir. Le Christ nous sauve tout entier. C’est tout notre être, corps, âme et esprit, qui est sauvé par la Christ. Revêtez le Christ, nous dit l’Ecriture (Rom, 13, 14). Le vêtement nouveau est comme une peau qui nous recouvre tout entier sans exception et sans lequel nous ne pouvons vivre de la vie de Dieu.

Dans cette perspective, le vêtement de peau donné dans le jardin d’Eden est-il un vêtement dont le matériau est une peau ou est-ce un vêtement qui est lui-même une peau ?

On peut imaginer une fourrure d’un animal comme ceux que nous représentent les dessins d’hommes préhistoriques, mais, même si on peut imaginer un sacrifice préalable qui évoque la croix, on est fort loin d’une image du Christ. Une fourrure animale ne recouvre jamais qu’une partie du corps et elle n’est pas indispensable à la vie car il y a d’autres possibilités de se vêtir adéquatement.

Comme les apôtres avant, pendant et après la transfiguration, Adam et Eve sont restés dans la même réalité terrestre, avec ou sans les mêmes vêtements, lorsqu’ils ont vécu dans l’Eden (le monde spirituel de Dieu) et lorsqu’ils en ont été chassés.

Je n’imagine pas qu’au moment où ils ont été chassés, ils étaient revêtus partiellement d’une fourrure animale reçue dans l’Eden.

La préfiguration du Christ me fait penser que le vêtement de peau est une réalité spirituelle plus profonde qui les a protégés entièrement de la mort méritée et les a rendus capables d’être sauvés par le Christ. Comme une peau, ce vêtement fut le premier cadeau à l’humanité pécheresse couvrant et préservant tout leur être, protégeant leur vie, pour qu’Adam et Eve et leurs descendants puissent encore partager éternellement la vie de Dieu par le Christ.

Un vêtement « de peau » est un vêtement qui correspond à la peau qui recouvre la totalité du corps et est essentielle à la vie.
gerardh a écrit :
Xavi a écrit : Mais, désormais, sans communion avec Dieu après s’être emparés d’une connaissance séparée, Adam et Eve allaient mourir.
Ce n’était pas une connaissance séparée mais LA connaissance du bien et du mal
L’un n’exclut pas l’autre. Les deux me semblent vrais ensemble. Il me semble important de ne pas limiter les sens multiples du texte très riche de la Genèse, surtout lorsqu’il nous parle de la réalité spirituelle de l’Eden que nous devons éviter de réduire aux images qui nous en parlent.

C’est bien sûr LA connaissance du bien et du mal, mais n’était-ce pas aussi et surtout une connaissance séparée de Dieu. Détacher le fruit de l’arbre et le manger individuellement, n’est-ce pas une séparation, une rupture ?

N’est-ce pas la rupture de la communion avec Dieu qui est ici l’essentiel ? Le fruit défendu ne peut être réduit à une image d’une connaissance intellectuelle du bien et du mal. Ce qui est en cause, c’est la vie ou la mort.
gerardh a écrit :
Xavi a écrit :Satan, qui était un ange déchu de Dieu, a-t-il deviné que Dieu, qui est amour, n’abandonnerait pas l’humanité dans la mort causée par le péché que Dieu savait possible en créant l’humain à son image avec une liberté semblable à la sienne ?
Non : le royaume de Satan ne peut pas être divisé contre lui-même.
En quoi cela empêchait-il Satan de prévoir l’action de Dieu ? Les démons de l’Evangile nous montrent qu’ils avaient souvent une connaissance du salut amené par le Christ que les humains n’apercevaient pas.

Ce qui me semble important, c’est de ne pas tomber dans le mensonge du Serpent que la Genèse nous présente comme la plus intelligente des créatures.

Nous constatons qu’après le péché originel, Adam et Eve ne meurent pas immédiatement et qu’ils ont une âme immortelle sauvée de la mort par la mort et la résurrection encore futures du Christ.

Avait-il raison contre Dieu en affirmant « Vous ne mourrez pas » alors que Dieu avait dit « Vous mourrez certainement » s’ils mangeaient du fruit défendu ? Certainement pas !

La mort était certaine. Seul un don gratuit, pleinement réalisé dans le Christ, a sauvé l’humanité de la mort, par un don unique fait à un couple sauvé de la mort par un « vêtement » le protégeant tout entier, protégeant sa vie.

C’est cette vie protégée du péché originel qui nous a été transmise et nous permet aujourd’hui encore d’être sauvé par le Christ.

Re: Le pardon si peu connu du jardin d’Eden

par gerardh » lun. 28 juil. 2014, 10:58

_________

Bonjour Xavi,

Vous m’exhortez à réagir au fond à vos messages. Il y a des points sur lesquels nous sommes d’accord : je ne les relèverai pas et ne noterai que les différences de points de vue.
Chassés du jardin d’Eden, Adam et Eve nous apparaissent facilement comme les premiers punis de l’histoire humaine et nous nous sentons vite injustement punis à cause d’eux pour une faute que nous n’avons pas commise.
La réponse est en Romains 5, 12-21.
Dans la nature, Adam et Eve n’étaient que des homo sapiens mortels. Leur belle intelligence supérieure ne leur donnait en rien accès à la vie divine, à une immortalité.
Non, pas dans leur état d’innocence.
Après le péché originel, Adam et Eve ont continué leur existence terrestre et même leur existence dans le jardin spirituel d’Eden.
Non : ce n’est pas ce que dit la Bible.
Il recouvre Adam et Eve d’un vêtement (Gn 3,21). Le vêtement, c’est ce qui protège des agressions extérieures, tant physiques que morales.
C’est vrai, mais relisons le passage : « Et l’Eternel Dieu fit à Adam et à sa femme des vêtements de peau, et les revêtit ». Il s’agit bien de vêtements de peau. On peut dire que Dieu a créé la peau ex-nihilo, mais cela n’aurait pas beaucoup de sens et la leçon est qu’il les façonna à partir de la peau d’un animal qui pour se faire avait été sacrifiée : c’est l’une des innombrables types du sacrifice du Christ figurant dans la Bible et que la foi et l’intelligence spirituelle peuvent discerner.

Avant la chute, nous savons que, dans la communion avec Dieu, leur vie était parfaitement protégée. Ils n’avaient aucun vêtement (Gn 2,25).
Ajoutons qu’après la chute ils essaient de cacher leur nudité au milieu du jardin.
Mais, désormais, sans communion avec Dieu après s’être emparés d’une connaissance séparée, Adam et Eve allaient mourir.
Ce n’était pas une connaissance séparée mais LA connaissance du bien et du mal
Dieu constate qu’il peut désormais « prendre de l’arbre de vie pour en manger et vivre éternellement » (Gn 3,22).


S’ils en avaient pris ils auraient vécu perpétuellement dans leur péché : Dieu dans sa grâce ne l’a pas voulu.
Par le don d’un vêtement divin, Dieu les a rendus capables désormais de vivre éternellement.
Oui au travers de l’antitype de ce signe, qui est la croix de Jésus Christ.
L’humain, tout descendant de ce premier couple sauvé de la mort, est désormais protégé par un vêtement divin qui lui a été donné dans le jardin d’Eden, dans le monde spirituel de Dieu, dans les cieux.
Oui, c’est le Christ.

Satan, qui était un ange déchu de Dieu, a-t-il deviné que Dieu, qui est amour, n’abandonnerait pas l’humanité dans la mort causée par le péché que Dieu savait possible en créant l’humain à son image avec une liberté semblable à la sienne ?
Non : le royaume de Satan ne peut pas être divisé contre lui-même.
Je crois qu’en effet, Dieu préparait déjà le salut par son Fils unique lorsqu’il a créé l’humain à son image et à sa ressemblance.
Oui, et même il le préparait de toute éternité.
Le récit de la Genèse vient nous montrer qu’en effet, le pardon est déjà possible. Le pardon commence déjà et s’accomplira pleinement dans le Christ.
Oui.


_______

Re: Le pardon si peu connu du jardin d’Eden

par Xavi » dim. 27 juil. 2014, 16:03

Merci à Etienne Lorant et Elenos pour leur contribution.

Les nombreux détails symboliques et romancés ajoutés au récit de la Genèse dans le livre des Jubilés étaient connus parmi les juifs à l’époque de Jésus et le Nouveau Testament paraît y faire allusion à plusieurs reprises, mais cela reste du roman et de la poésie qui expriment et développent une interprétation littérale de la Genèse qui s’écarte beaucoup du texte biblique autant que de la réalité. Ce livre des Jubilés ne fait pas partie de la parole de Dieu reconnue par l’Eglise.

Ce n’est pas parce qu’un texte a été écrit il y a plus de deux mille ans dans un langage similaire au langage biblique qu’il a plus de valeur que tout texte similaire qui pourrait être écrit aujourd’hui par un théologien ou un romancier.

On peut imaginer de mille manières les détails que la Genèse ne nous donne pas, mais il faut éviter de s’écarter de ce que le texte nous dit et nous révèle par des détails aussi incertains que secondaires.

Ce qui fait l’objet de ce fil c’est le pardon et l’immortalité révélés à l’humanité dès le jardin d’Eden là où tant de lecteurs ne paraissent voir qu’une punition injuste pour une descendance innocente.
etienne lorant a écrit :Je voudrais, tout simplement en guise de remarque, relever la formidable astuce de Satan lorsqu'il s'en prend à Eve. Il pose la question à la manière de l'ignorant :
- « Alors, Dieu vous a vraiment dit : “Vous ne mangerez d’aucun arbre du jardin” ? (Verset 1)
Eve n'aurait jamais dû entrer en dialogue avec le serpent. Mais au moment où elle entend cette question, elle est de bonne volonté: elle veut rectifier l'erreur du serpent et elle corrige :
- "« Nous mangeons les fruits des arbres du jardin. Mais, pour le fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : “Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez.” » (Verset 2 et 3)
Et d'un seul coup, on l'imagine comme le serpent, lancer ses crocs en avant et cracher son venin :
- " Le serpent dit à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas !
Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. » (Verset 4 et 5)
Satan a feint l'ignorance, la méconnaissance, afin d'endormir la conscience d'Eve et de la rendre vulnérable à son attaque.
C'est ainsi que les exorcistes disent qu'il ne faut jamais entrer en dialogue avec le démon.
Simple digression.
Dès la première tentation, on peut constater, en effet, que le dialogue du démon est trompeur. Non seulement, il commence par une affirmation fausse dans son contenu, mais elle est aussi fausse dans son objectif. Son but est de détruire la relation avec Dieu, de causer une faute. Et pour cela, Satan utilise même la vérité. Il fait de la vérité un mensonge. Le vrai est utilisé de manière fausse pour susciter le mal.

Il y a plusieurs manières de mentir. On peut mentir en disant une affirmation qu’on sait contraire à la réalité. On peut aussi mentir en disant beaucoup d’affirmations vraies dans un but détourné pour en déduire une conclusion fausse, en raisonnant faussement des réalités vraies, ou pour donner du crédit à une affirmation fausse mêlée à du vrai, ou même uniquement pour provoquer une faute.

Satan sait très bien que Dieu n’a pas interdit de manger les fruits de tous les arbres, mais, ce qui peut surprendre, c’est que, pour atteindre son but qui est de tromper pour provoquer le péché, il trompe en disant … le vrai !

Vous ne mourrez pas avait dit Satan. Cela allait être vrai, même si cette vérité était détournée pour tromper et provoquer une faute mortelle. Sans la communion de Dieu, les humains étaient voués à la mort naturelle. Mais, revêtue du vêtement protecteur donné par Dieu, l’âme d’Adam et Eve est devenue immortelle et ils ont transmis cette immortalité à tous leurs descendants.

Vous serez comme des dieux, avait dit Satan. C’était vrai aussi mais Satan en cachait la condition essentielle : la communion d’amour et de vie avec le Créateur.

Satan, qui était un ange déchu de Dieu, a-t-il deviné que Dieu, qui est amour, n’abandonnerait pas l’humanité dans la mort causée par le péché que Dieu savait possible en créant l’humain à son image avec une liberté semblable à la sienne ?

La parole de Dieu avait dit la vérité aux humains créés à son image : s’ils s’emparaient d’une connaissance séparée du bien et du mal, ils étaient condamnés à mort car seule la vie reçue de Dieu pouvait les faire vivre au-delà de leur vie naturelle mortelle. Certes, Dieu pouvait et allait venir à leur secours. Mais ce secours demandait un acte d’amour nouveau de Dieu dont Satan s’est saisi pour tromper.

L’immortalité donnée aux humains est tout autre que la caricature que Satan a présentée dans le jardin d’Eden. Tout autre aussi la possibilité de partager l’amour, la vie et la connaissance de Dieu qui leur a été donnée. Contrairement à l’immortalité absolue prétendue par Satan, l’immortalité de la vie en Dieu et le partage de l’amour de Dieu ne peuvent se vivre en dehors de son amour.

La vérité cachée par Satan demeure : le péché conduit à la mort.

L’immortalité n’est pas naturelle. Elle est un par-don gratuit de Dieu. Un don gratuit d’un chemin de vie éternelle offert à l’humain libre.

Alors, la réflexion d’Etienne Lorant est-elle « simplement une remarque », une « simple digression » ?

Mais non, cette réflexion pointe le doigt sur le cœur du pardon donné par Dieu à Adam et Eve, après le péché originel.

Satan a essayé de mettre de la confusion en affirmant lui-même la réalité vraie de l’action de Dieu. Subtil mensonge du menteur qui utilise sa propre fausseté. Si le menteur annonce lui-même l’immortalité et le partage de la vie de Dieu, il les présente ainsi comme un mensonge.

Mais la réponse du Christ est puissante pour l’écarter. Malgré le péché, il nous ouvre les portes de la vie éternelle.

Vous ne mourrez pas dit Satan. Celui qui vit et croit en moi ne mourra jamais lui répond Jésus.

Et ce pardon inouï a bien commencé dès le jardin d’Eden. Revêtue du vêtement donné par Dieu, l’âme d’Adam et Eve était immortelle lorsqu’ils ont été chassés de l’Eden. Revêtue du vêtement donné par Dieu, leur âme était capable de partager la vie éternelle de Dieu lorsqu’ils ont été chassés de l’Eden. Revêtue du vêtement donné par Dieu, leur âme pouvait encore être sauvée par le Christ lorsqu’ils ont été chassés de l’Eden.

Cette vie protégée par Dieu, Adam et Eve nous l’ont transmise. Qu’en avons-nous fait ?
elenos a écrit :l’histoire devient tragique avec le premier meurtre issu de la jalousie…
Dieu avait-il préparé le salut ? Par le sacrifice de son fils "engendré mais non créé De même nature que Lui "? LE PARDON EST-IL DEJA POSSIBLE ?
Dieu ne pouvait-il prévoir qu’en créant un être nouveau aussi libre que Lui, il y avait, au moins, un risque que cet être nouveau fasse le choix libre de se séparer de Lui ?

Comment imaginer le contraire ? La possibilité de se séparer est essentielle à l’existence d’un être libre, autant qu'à une vie d'amour impossible sans une telle liberté, et le choix d’une telle séparation, même mortelle, était prévisible.

Je crois qu’en effet, Dieu préparait déjà le salut par son Fils unique lorsqu’il a créé l’humain à son image et à sa ressemblance. En créant un être à son image et à sa ressemblance dans le monde créé, il rendait possible de devenir Lui-même une telle créature dans le monde créé et venir sauver ainsi le développement et l’enfantement du monde confié aux humains. Comment aurait-il pu se faire homme s’il n’avait d’abord fait l’homme à son image ? Comment aurait-il pu ne pas préparer un tel salut en sachant que cet homme, créé libre comme Lui, pouvait choisir un chemin de mort pour lui-même et pour le monde, et qu’il faudrait un autre homme, un nouvel Adam, pour reprendre et accomplir la mission originelle confiée à l’humanité créée à l’image de Dieu ?

En présence du péché le plus absolu qui soit, celui qui brise la communion avec Dieu et qui porte en lui tous les meurtres et tous les péchés les plus douloureux de la suite de l’histoire humaine, le récit de la Genèse vient nous montrer qu’en effet, le pardon est déjà possible. Le pardon commence déjà et s’accomplira pleinement dans le Christ.

Re: Le pardon si peu connu du jardin d’Eden

par elenos » ven. 25 juil. 2014, 19:20

Merci Xavi
Mais l’histoire devient tragique avec le premier meurtre issu de la jalousie. Caïn est le fils aîné d'Adam et Ève
Caïn, paysan, offre à Dieu des fruits de la terre, tandis qu'Abel éleveur, présente des bêtes de son troupeau . Dieu préfère ostensiblement L'offrande d'Abel. Puis il perçoit la colère et la tristesse de Caïn, et lui enjoint de dominer le péché. Mais Caïn échoue et tue son frère.
Dieu l'interpelle mais Caïn nie son crime, puis Dieu lui apprend qu'il est maudit par le sol qui a recueilli le sang versé. Ainsi il ne pourra plus récolter, et il est condamné à errer sur la terre. Caïn assure qu'il sera tué par le premier venu, et Dieu déclare qu'alors il serait vengé sept fois, et le marque d'un signe pour qu'on l'épargne. Caïn gagne la Terre de Nod, à l'est d'Éden ; là, il " connaît " (au sens biblique) sa sœur Awan ( selon le livre des Jubilés) dont il a un enfant, Hénoch. Après sa naissance, Caïn bâtira une ' ville ' qu'il appela aussi Hénoch.
Dieu avait-il préparé le salut ? Par le sacrifice de son fils "engendré mais non créé De même nature que Lui "? LE PARDON EST-IL DEJA POSSIBLE ?

Haut