Descartes, père du relativisme ?

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par Etrigan » ven. 30 mars 2007, 9:52

D'accord : votre message est très clair et intéressant. J'ignorais tout cela et j'en prends bonne note. Néanmoins, même si j'aime la philosophie, j'ai un peu l'impression qu'on tombe dans la masturbation intellectuelle. Mais bon, je peux comprendre votre pointe de vue...

par LumendeLumine » jeu. 29 mars 2007, 23:35

Il l'affirme, non remontant des choses visibles au créateur, mais de "l'idée claire" de Dieu; somme toute, l'existence de Dieu est pour lui une exigence de la pensée humaine, mais il ne montre pas que c'est une exigence de la réalité. Si l'on considère les voies présentées par Saint Thomas d'Aquin, on est contraint d'admettre que tout l'Univers témoigne de l'existence de Dieu; ce n'est pas ce que fait Descartes. Il n'utilise que l'argument ontologique, que Popeye défendrait avec brio s'il était ici, mais contrairement à Popeye Descartes se dégage du souci d'établir la relation de la pensée au réel, voilà le noeud du problème. À partir de Descartes et plus on avance dans cette seconde moitié du deuxième millénaire, la notion du réel se détache de la "chose", l'en-soi extramental, pour s'attacher soit à l'idée, comme chez Kant, ou à la perception sensible comme chez les empiristes. Et c'est là la racine du relativisme, puisque s'il n'y a plus de certitude que ce soit à propos des choses, mais que le réel n'existe que dans la pensée ou dans la perception, alors chacun a sa propre "réalité", chacun a sa propre "vérité". Les expression "ma vérité" ou "ma réalité" sont courantes aujourd'hui, n'est-ce pas?

par Etrigan » jeu. 29 mars 2007, 17:03

Dans le discours de la méthode, Descartes affirme de manière totale l'existence de Dieu.

par LumendeLumine » jeu. 29 mars 2007, 15:49

Il l'est, car pour lui la première certitude est une expérience subjective (conscience de soi), et non comme Aristote et Saint Thomas d'Aquin l'évidence du principe de non-contradiction qui au contraire est une connaissance objective. D'où l'impossibilité dans laquelle il place ses successeurs à entrer de nouveau en contact sûr avec cette réalité: on ira jusqu'à dire qu'être, c'est être perçu: la réalité "en-soi" est inaccessible, tout est question de perception. La connaissance ne part plus des choses, elle part de notre perception, comme s'il n'était pas certain que la perception soit réellement perception de la chose.

D'où la disparition de l'authentique notion de vérité, adéquation entre la pensée et le réel, puisque la pensée étant le fondement même de la connaissance, (les "idées claires" de Descartes), la vérité ne consiste plus à se conformer à un donné objectif, mais à établir une logique à partir d'idées ou de catégories (Kant) apparemment innées. La plupart de ces philosophes ont tout fait pour éviter l'écueil du relativisme, (ainsi que l'agnostisisme d'ailleurs) hélas il était inévitable partant sur ces bases qu'on en arrive là.

par giorgino » lun. 19 mars 2007, 23:15

Le doute cartésien n' a rien a voir avec le relativisme tel qu'on le comprend de nos jours . L' erreur et le doute ( bon rappel de St augustin de Franck ) font partie intégrale de la condition humaine , et le relativisme n' a rien a voir avec ça .

par FMD » lun. 19 mars 2007, 22:27

[align=justify]Je ne réponds pas à cette question car mes connaissances en matière de cartésianisme se limitent aux Méditations métaphysiques, dont la prétention n'a au demeurant rien de relativiste puisque Descartes entend y démontrer l'existence de Dieu et l'immortalité de l'homme, toutefois le Cogito ergo sum ne relève clairement pas d'une démarche relativiste. Descartes doute, mais Descartes dissipe ensuite le doute. Comment? En prenant tout simplement appui sur une vérité première, Dieu. Saint Augustin était peut-être allé encore plus loin dix siècles auparavant en affirmant: si enim fallor, sum; si je me trompe, c'est donc que je suis.

PS: Le meilleur moyen d'obtenir des réponses est encore de mettre un titre accrocheur à son message. :oops:[/align]

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