par Theo Nephale » lun. 01 déc. 2014, 4:36
Oui Poche. Voici justement un petit article avec quelques situations concrètes.
Bonjour à toutes et à tous,
Aujourd'hui j'ai choisi de parler d'un ouvrage écrit par le pasteur Charles Wagner que m'a conseillé une catholique sur ce forum. Il s'agit d'un recueil de leçons de morale du début du XXe siècle. L'intérêt de cet ouvrage est de contenir plusieurs citations de la Bible alors que nous sommes dans une France qui vient de séparer l'Église de l'État. Quelle valeur doit-on se donner et donner aux autres ? Que faire lorsque l'on souffre ou que l'on est offensé ? Que veut dire «Avoir c'est devoir» ? Toutes les réponses à ces questions se trouvent dans l'article suivant, que vous pouvez aussi lire sur mon blog pour un meilleur confort de lecture.
https://humanismechretien.wordpress.com ... es-grands/
Le pasteur Charles Wagner publie en 1907 un recueil de leçons de morale destinées à l’origine aux écoliers : Pour les petits et les grands, causeries sur la vie et la manière de s’en servir. C’est un ouvrage écrit dans une France devenue officiellement un laïque, mais il est pourtant parsemé de courts extraits de la Bible pour appuyer certains de ses arguments. Je vous propose d’en étudier quelques uns des plus notables, issus de la première partie du livre.
Dignité humaine
Charles Wagner parle d’abord l’importance d’examiner nos propres moyens, nos capacités et nos valeurs. En effet, chacun se traite en fonction de la valeur qu’il s’attribue. Mais quelle valeur peut-on se donner à soi-même ? Comment ne pas tomber dans un orgueil illusoire et dévastateur, celui qui nous fait penser que nous valons plus que ce que nous sommes vraiment ? À l’inverse, comment ne pas se déprécier ? Il faut prendre en compte la somme de travail et de dévouement en amont qui a permis notre existence. En comprenant l’effort extérieur qu’il a fallu et qu’il faut pour permettre notre existence, à tous les niveaux de la société et du monde, on peut cerner notre importance, notre valeur et de fait celle des autres. Il faut aussi connaître notre place dans la vie, et le respect dû à cette place. Si on ne se prend pas uniquement pour un animal suivant ses désirs, si l’on comprend notre valeur, si la dignité prend le pas sur l’orgueil, en appliquant le précepte du Christ « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Matthieu 22:39) l’entente entre les hommes devient possible. Et de fait, la vie sociale.
L’auteur pointe ensuite ce que l’on doit aux autres. On se développe pour se donner, car on n’existe pas complètement sans relations avec les autres. Wagner décrypte le sens du verbe « respecter » : regarder en arrière, se retourner sur quelque chose de notable, bref, voir la valeur de l’autre. Ce respect doit conduire à la justice, et il est indispensable de se poser ces questions : à qui ai-je affaire ? Quels sont les moyens pour que je traite bien ce frère ? Tout en se souvenant qu’il n’y a pas ou peu de gens purement méchant, juste des gens irrespectueux, faibles, sans caractères, incompétents, ignorants. « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. » (Luc 23:34)
Offense et souffrance
Que faire lorsqu’on nous attaque ? Wagner évoque Tolstoï qui, dans son livre Ma religion (un ouvrage très dense dont je parlerai sur ce blog), reprend de manière jusqu’au boutiste la parole du Christ « Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre » (Matthieu 5:39). Mais le pasteur fait remarquer que Jésus aussi s’est défendu, par la parole, lorsqu’un romain l’a giflé : « Si j’ai mal parlé, fais voir ce que j’ai dit de mal, et si j’ai bien parlé pourquoi me frappes-tu ? » (Jean 18:23). La parole est le meilleur moyen de défense, et plus particulièrement ici le fait de mettre l’agresseur devant ses responsabilités en faisant appel à son intellect, ce qui est une vraie marque de respect. Wagner appelle cependant à résister plus héroïquement, et même à utiliser la loi du talion, celle que le Christ réprouvait, sans pour autant tomber dans la vengeance immodérée. « Aimez vos ennemis » (Matthieu 5:44), n’éprouvez pas de colère aveugle.
Opinions et croyances
La vraie misère est celle des âmes. Il est indispensable de recevoir les idées du monde en se forgeant notre réflexion et notre jugement, et pour ainsi dévoiler des pensées justes. Il est dans l’intérêt supérieur de l’humanité de se donner les moyens et le temps de réfléchir et de faire éclore la vérité. « La vérité vous affranchira » (Jean 8.32). Il faut aussi apprendre à être ferme dans ses idées, déclarer ses opinions avec franchise et sincérité, tout en appréciant autrui avec fraternité et tolérance. Repousser un adversaire pour ses idées, c’est se priver d’un collaborateur.
La propriété et la dette
Pour Charles Wagner, les biens sont un prolongement de la personne. Nous naissons tous propriétaires, d’abord propriétaires de nous-même, ce qui est un droit inaliénable. La propriété est de fait quelque chose de naturel et d’humain, qu’il est impossible d’éradiquer dans la société. Mais la pasteur fait une remarque très forte : un homme riche est un homme endetté. Cela concerne bien entendu ceux qui reçoivent le fruit du labeur des autres. Mais pas seulement. En effet, tout ce qui est acquis par un ouvrier ne provient pas entièrement de lui non plus : sa santé, ses outils, son cadre de travail, etc, sont dépendants d’un apport extérieur à son travail. À ceci s’ajoute, pour tous, le devoir moral. De fait, plus on a de moyens, plus on doit aux autres. Avoir c’est devoir. Sans partage, sans distribution, naissent les jalousies et les discordes. « Il a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (Actes 20:35) , « Celui qui conservera sa vie la perdra, celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera » (Matthieu 10:39).
Conclusion
Pour Charles Wagner, tout se résume finalement à ceci : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée (…) Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Matthieu 22:37-39). Ainsi se définit une vie vraiment belle, loin de la haine qui consume les êtres.
« Aimer, c’est s’éveiller à la vraie vie, c’est être un homme vraiment, suivre sa nature supérieure, remplir sa fonction. »
Oui Poche. Voici justement un petit article avec quelques situations concrètes.
Bonjour à toutes et à tous,
Aujourd'hui j'ai choisi de parler d'un ouvrage écrit par le pasteur Charles Wagner que m'a conseillé une catholique sur ce forum. Il s'agit d'un recueil de leçons de morale du début du XXe siècle. L'intérêt de cet ouvrage est de contenir plusieurs citations de la Bible alors que nous sommes dans une France qui vient de séparer l'Église de l'État. Quelle valeur doit-on se donner et donner aux autres ? Que faire lorsque l'on souffre ou que l'on est offensé ? Que veut dire «Avoir c'est devoir» ? Toutes les réponses à ces questions se trouvent dans l'article suivant, que vous pouvez aussi lire sur mon blog pour un meilleur confort de lecture.
[url=https://humanismechretien.wordpress.com/2014/12/01/charles-wagner-pour-les-petits-et-les-grands/]https://humanismechretien.wordpress.com/2014/12/01/charles-wagner-pour-les-petits-et-les-grands/[/url]
[img]https://humanismechretien.files.wordpress.com/2014/11/nos-petits-ecoliers.jpg?w=842[/img]
Le pasteur Charles Wagner publie en 1907 un recueil de leçons de morale destinées à l’origine aux écoliers : Pour les petits et les grands, causeries sur la vie et la manière de s’en servir. C’est un ouvrage écrit dans une France devenue officiellement un laïque, mais il est pourtant parsemé de courts extraits de la Bible pour appuyer certains de ses arguments. Je vous propose d’en étudier quelques uns des plus notables, issus de la première partie du livre.
Dignité humaine
Charles Wagner parle d’abord l’importance d’examiner nos propres moyens, nos capacités et nos valeurs. En effet, chacun se traite en fonction de la valeur qu’il s’attribue. Mais quelle valeur peut-on se donner à soi-même ? Comment ne pas tomber dans un orgueil illusoire et dévastateur, celui qui nous fait penser que nous valons plus que ce que nous sommes vraiment ? À l’inverse, comment ne pas se déprécier ? Il faut prendre en compte la somme de travail et de dévouement en amont qui a permis notre existence. En comprenant l’effort extérieur qu’il a fallu et qu’il faut pour permettre notre existence, à tous les niveaux de la société et du monde, on peut cerner notre importance, notre valeur et de fait celle des autres. Il faut aussi connaître notre place dans la vie, et le respect dû à cette place. Si on ne se prend pas uniquement pour un animal suivant ses désirs, si l’on comprend notre valeur, si la dignité prend le pas sur l’orgueil, en appliquant le précepte du Christ « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Matthieu 22:39) l’entente entre les hommes devient possible. Et de fait, la vie sociale.
L’auteur pointe ensuite ce que l’on doit aux autres. On se développe pour se donner, car on n’existe pas complètement sans relations avec les autres. Wagner décrypte le sens du verbe « respecter » : regarder en arrière, se retourner sur quelque chose de notable, bref, voir la valeur de l’autre. Ce respect doit conduire à la justice, et il est indispensable de se poser ces questions : à qui ai-je affaire ? Quels sont les moyens pour que je traite bien ce frère ? Tout en se souvenant qu’il n’y a pas ou peu de gens purement méchant, juste des gens irrespectueux, faibles, sans caractères, incompétents, ignorants. « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. » (Luc 23:34)
Offense et souffrance
Que faire lorsqu’on nous attaque ? Wagner évoque Tolstoï qui, dans son livre Ma religion (un ouvrage très dense dont je parlerai sur ce blog), reprend de manière jusqu’au boutiste la parole du Christ « Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre » (Matthieu 5:39). Mais le pasteur fait remarquer que Jésus aussi s’est défendu, par la parole, lorsqu’un romain l’a giflé : « Si j’ai mal parlé, fais voir ce que j’ai dit de mal, et si j’ai bien parlé pourquoi me frappes-tu ? » (Jean 18:23). La parole est le meilleur moyen de défense, et plus particulièrement ici le fait de mettre l’agresseur devant ses responsabilités en faisant appel à son intellect, ce qui est une vraie marque de respect. Wagner appelle cependant à résister plus héroïquement, et même à utiliser la loi du talion, celle que le Christ réprouvait, sans pour autant tomber dans la vengeance immodérée. « Aimez vos ennemis » (Matthieu 5:44), n’éprouvez pas de colère aveugle.
Opinions et croyances
La vraie misère est celle des âmes. Il est indispensable de recevoir les idées du monde en se forgeant notre réflexion et notre jugement, et pour ainsi dévoiler des pensées justes. Il est dans l’intérêt supérieur de l’humanité de se donner les moyens et le temps de réfléchir et de faire éclore la vérité. « La vérité vous affranchira » (Jean 8.32). Il faut aussi apprendre à être ferme dans ses idées, déclarer ses opinions avec franchise et sincérité, tout en appréciant autrui avec fraternité et tolérance. Repousser un adversaire pour ses idées, c’est se priver d’un collaborateur.
La propriété et la dette
Pour Charles Wagner, les biens sont un prolongement de la personne. Nous naissons tous propriétaires, d’abord propriétaires de nous-même, ce qui est un droit inaliénable. La propriété est de fait quelque chose de naturel et d’humain, qu’il est impossible d’éradiquer dans la société. Mais la pasteur fait une remarque très forte : un homme riche est un homme endetté. Cela concerne bien entendu ceux qui reçoivent le fruit du labeur des autres. Mais pas seulement. En effet, tout ce qui est acquis par un ouvrier ne provient pas entièrement de lui non plus : sa santé, ses outils, son cadre de travail, etc, sont dépendants d’un apport extérieur à son travail. À ceci s’ajoute, pour tous, le devoir moral. De fait, plus on a de moyens, plus on doit aux autres. Avoir c’est devoir. Sans partage, sans distribution, naissent les jalousies et les discordes. « Il a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (Actes 20:35) , « Celui qui conservera sa vie la perdra, celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera » (Matthieu 10:39).
Conclusion
Pour Charles Wagner, tout se résume finalement à ceci : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée (…) Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Matthieu 22:37-39). Ainsi se définit une vie vraiment belle, loin de la haine qui consume les êtres.
« Aimer, c’est s’éveiller à la vraie vie, c’est être un homme vraiment, suivre sa nature supérieure, remplir sa fonction. »