par Christian » mar. 08 mai 2007, 18:24
Cependant, cette communautés d'intérêts ne recouvrera plus une communauté de valeurs.
Cette analyse du Collège Interarmées de Défense est juste. Les immigrants partagent certainement le même intérêt que les Français de souche à une économie prospère, une monnaie stable, une police et une justice efficaces et impartiales.
Mais ils auront de plus en plus des loyautés divisées.
Sur un autre fil consacré à la Turquie, les intervenants, y compris moi-même, déploraient ce matin le massacre des Arméniens et l’expulsion brutale des Grecs. L’avocat de la défense dira que les Turcs étaient en guerre avec la Russie, et les Arméniens avaient des sympathies pro-russes évidentes. Il ajoutera au dossier que les populations d’Asie mineure, turques de nationalité, certes, mais ethniquement et culturellement grecques, n’avaient évidemment pas pris le parti de leur propre pays, la Turquie, lorsque celui-ci fut attaqué par la Grèce.
La même situation se reproduirait en France si notre pays devait intervenir militairement au Maghreb, voire dans n’importe quel pays du Moyen-Orient. Nos populations arabes ne suivront pas. C’est logique. On connaît et on accepte l’attachement des Juifs de France à Israël. Il faut bien accepter que des populations musulmanes arabophones ont, elles aussi, des préférences.
La force des Etats-nations, illustrée par la Révolution française, a résidé dans leur capacité de procéder à des
levées en masse. De la chair à canon ardente et pas chère. Les régimes concurrents multiethniques devaient payer des mercenaires, solution ruineuse à grande échelle, ou bien former des armées hétéroclites. Leur problème, bien illustré par l’Autriche-Hongrie, était qu’un régiment tchèque, par exemple, ne se sacrifiait pas volontiers pour couvrir la retraite d’un régiment hongrois. On partage plus facilement en famille qu’avec des étrangers. Et plus l’étranger nous semble lointain, moins notre sacrifice nous paraît justifié.
Sans même évoquer la géopolitique, nous constatons que le prétendu racisme des Français est souvent une réaction d’égoïsme collectif. Voilà des immigrés, qui vivaient dans des cabanes et se déplaçaient sur des ânes, et qui à peine débarqués, réclament la Sécu, l’allocation logement, le RMI, et je ne sais quoi d’autre. A la limite, on veut bien payer, mais seulement pour les nôtres.
La force des empires est leur taille, leur faiblesse est leur hétérogénéité. Et cela vaut pour l’Union Européenne, bien sûr.
Quelle est la solution ? On ne reconstituera pas des entités politiques ethniquement pures (s’il en fut jamais). Pour éviter le conflit, il faut éviter la source du conflit. S’il existe un Etat qui fixe les programmes scolaires, chaque communauté voudra que ces programmes reflètent ses valeurs particulières. S’il existe des hôpitaux, des piscines, des centres sportifs d’Etat ou de collectivités publiques, chaque communauté voudra qu’ils soient conformes à ses normes. S’il existe une politique étrangère, chaque communauté voudra qu’elle supporte ses coreligionnaires ou semblables à l’étranger... etc.
La conquête de l’Etat devient donc un enjeu.
Enjeu tel qu’il finira en guerre civile. Ainsi le Liban, les pays de l’ex-Yougoslavie, l’Irak…
Seul un Etat ultra-minimal, m’est avis, peut prétendre être l’Etat de tous. Un Etat qui n’aurait pas d’autre ambition que de faire respecter ce que chaque être humain demande sans qu’il en coûte rien à autrui : de n’être pas agressé physiquement dans sa personne et ses biens.
Tout le reste, éducation, culture, entraide, c’est à chaque communauté de l’organiser.
Les Français, leur génie et leur langue, survivront bien des siècles à la disparition de la République.
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Tout patriote est dur aux étrangers ; ils ne sont qu'hommes, ils ne sont rien à ses yeux
Jean-Jacques Rousseau, Émile ou de l'éducation[/align]
[quote]Cependant, cette communautés d'intérêts ne recouvrera plus une communauté de valeurs.[/quote]
Cette analyse du Collège Interarmées de Défense est juste. Les immigrants partagent certainement le même intérêt que les Français de souche à une économie prospère, une monnaie stable, une police et une justice efficaces et impartiales.
Mais ils auront de plus en plus des loyautés divisées.
Sur un autre fil consacré à la Turquie, les intervenants, y compris moi-même, déploraient ce matin le massacre des Arméniens et l’expulsion brutale des Grecs. L’avocat de la défense dira que les Turcs étaient en guerre avec la Russie, et les Arméniens avaient des sympathies pro-russes évidentes. Il ajoutera au dossier que les populations d’Asie mineure, turques de nationalité, certes, mais ethniquement et culturellement grecques, n’avaient évidemment pas pris le parti de leur propre pays, la Turquie, lorsque celui-ci fut attaqué par la Grèce.
La même situation se reproduirait en France si notre pays devait intervenir militairement au Maghreb, voire dans n’importe quel pays du Moyen-Orient. Nos populations arabes ne suivront pas. C’est logique. On connaît et on accepte l’attachement des Juifs de France à Israël. Il faut bien accepter que des populations musulmanes arabophones ont, elles aussi, des préférences.
La force des Etats-nations, illustrée par la Révolution française, a résidé dans leur capacité de procéder à des [i]levées en masse[/i]. De la chair à canon ardente et pas chère. Les régimes concurrents multiethniques devaient payer des mercenaires, solution ruineuse à grande échelle, ou bien former des armées hétéroclites. Leur problème, bien illustré par l’Autriche-Hongrie, était qu’un régiment tchèque, par exemple, ne se sacrifiait pas volontiers pour couvrir la retraite d’un régiment hongrois. On partage plus facilement en famille qu’avec des étrangers. Et plus l’étranger nous semble lointain, moins notre sacrifice nous paraît justifié.
Sans même évoquer la géopolitique, nous constatons que le prétendu racisme des Français est souvent une réaction d’égoïsme collectif. Voilà des immigrés, qui vivaient dans des cabanes et se déplaçaient sur des ânes, et qui à peine débarqués, réclament la Sécu, l’allocation logement, le RMI, et je ne sais quoi d’autre. A la limite, on veut bien payer, mais seulement pour les nôtres.
La force des empires est leur taille, leur faiblesse est leur hétérogénéité. Et cela vaut pour l’Union Européenne, bien sûr.
[b]Quelle est la solution ? [/b]On ne reconstituera pas des entités politiques ethniquement pures (s’il en fut jamais). Pour éviter le conflit, il faut éviter la source du conflit. S’il existe un Etat qui fixe les programmes scolaires, chaque communauté voudra que ces programmes reflètent ses valeurs particulières. S’il existe des hôpitaux, des piscines, des centres sportifs d’Etat ou de collectivités publiques, chaque communauté voudra qu’ils soient conformes à ses normes. S’il existe une politique étrangère, chaque communauté voudra qu’elle supporte ses coreligionnaires ou semblables à l’étranger... etc. [i]La conquête de l’Etat devient donc un enjeu[/i].
Enjeu tel qu’il finira en guerre civile. Ainsi le Liban, les pays de l’ex-Yougoslavie, l’Irak… [b]Seul un Etat ultra-minimal, m’est avis, peut prétendre être l’Etat de tous.[/b] Un Etat qui n’aurait pas d’autre ambition que de faire respecter ce que chaque être humain demande sans qu’il en coûte rien à autrui : de n’être pas agressé physiquement dans sa personne et ses biens.
Tout le reste, éducation, culture, entraide, c’est à chaque communauté de l’organiser.
Les Français, leur génie et leur langue, survivront bien des siècles à la disparition de la République.
[align=center][b][color=brown]Tout patriote est dur aux étrangers ; ils ne sont qu'hommes, ils ne sont rien à ses yeux[/color][/b]
[size=75]Jean-Jacques Rousseau, [i]Émile ou de l'éducation[/i][/size][/align]