par Cinci » sam. 26 mars 2016, 13:24
Salut Paxetbonum,
Merci pour l'intérêt et les commentaires.
Oui le modernisme est l'application de la déliquescence du monde à l'Eglise.
Le rejet de l'autorité, du sacré, de la Vérité intangible.
Tout remettre en question.
J'ai trouvé cette page :
- «Ainsi Émile Boutroux écrivait-il en analysant les dangers qui menaçaient l'Église :
Ce dangers sont de deux sortes. Il y a d'abord le danger externe. La société civile, en certains États, prétend se séparer totalement de l'Église, en sorte que, dans aucune partie de son existence, elle ne tiendrait plus aucun compte des prescriptions, des enseignements , des conditions d'existence de la religion. Il y a en second lieu le danger interne. Au sein même de l'Église, des membres, non seulement laïques, mais ecclésiastiques, protestant de leur fidélité et de leur obéissance, refusent de tenir la loi divine pour seule souveraine, et cherchent à procurer une adaptation mutuelle entre la parole de Dieu et les opinions des hommes, entre la foi et la science, entre l'Église et une démocratie sans Dieu. La synthèse de toutes ces hérésies est le modernisme, doctrine qui distinguant dans la religion le fond et la forme et agrandissant indéfiniment la part de celle-ci au détriment de celui-là, admet que tout ce qui est forme est justiciable des tendances et des opinions contingentes des sociétés humaines. En sorte que ce que ces chrétiens accommodants consentent à maintenir comme absolu et immuable se réduit de plus en plus à quelques subtiles et insaisissables abstractions, De ces deux dangers, le second est le pire, puisqu'il vient d'une corruption qui se produit au sein de l'Église même.»
[...]
A écouter Boutroux, nous nous trouverions donc face à des formes de perversion absolue : le diable avait trouvé son nouveau cheval de Troie pour pénétrer le camp de l'ennemi. Mais dans ce cheval, on ne trouvait pas ses alliés habituels, libre penseurs,rationalistes, anticléricaux; on y trouvait des hommes qui, emportés par leur orgueil, avaient suivi en tout l'exemple de Satan, en se transformant d'anges de lumière en esprit des ténèbres.
Source : Mauricio Guasco, Le modernisme. Les faits, les idées, les hommes, Desclée de Brouwer, 2007, p.27
Note infra: la citation de E, Boutroux est placée en exergue de l'article de F. Mourret dans la Revue Apologétiques 25, 1922, p.5
Et Guasco rajoute auparavant des informations intéressantes :
- «… l'un des historiens de l'époque [Renaissance, XVIe siècle], Fernand Mourret, rappelait que c'était précisément Luther qui parmi les premiers utilisa le mot modernisme pour désigner les philosophes nominalistes.
Rousseau lui aussi utilisa le terme dans une lettre de 1769 comme synonyme de matérialiste et d'épicurien.
Ce fut cependant au cours du XIXe siècle qu'agirent et écrivirent ceux qui devaient être considérés un jour comme les initiateurs d'une réforme hétérodoxe de l'Église, de Hermes à Günther et Froschammer, et avant encore, de Lammenais à Gioberti. Selon Mourret encore, le véritable fondateur, le «grand ancêtre» du modernisme, était le théologien allemand Ignaz von Döllinger qui était convaincu que la science théologique coïncidait avec la science critique, et que cette dernière à son tour ne dépendait que de critères à caractère national et historique, et non d'autres autorités. » (p.24)
Pour Fée Violine :
«… historiquement datée, cette hérésie, ou mieux cette mentalité semble pourtant s'être insinuée parmi les croyants : à plusieurs reprises et encore très récemment, on a parlé de
néomodernisme, de
retour du modernisme. Ceux qui le font croient pouvoir se justifier par le fait qu'un grand patriarche de la pensée chrétienne au XXe siècle qui se définissait comme un paysan de la Garonne,
Jacques Maritain, évoquait dans un livre qui relève plus de la nostalgie que de l'analyse «la fièvre néomoderniste fort contagieuse, du moins dans les cercles intellectuels, auprès de laquelle le modernisme du temps de Pie X n'était qu'un modeste rhume des foins» ( J. Maritain,
Le paysan de la Garonne, Paris, Desclée de Brouwer, 1966, p. 16)
Mauricio Guasco nous donne au moins la page du livre de Maritain, à défaut nous livrer le texte.
Salut Paxetbonum,
Merci pour l'intérêt et les commentaires.
[quote] Oui le modernisme est l'application de la déliquescence du monde à l'Eglise.
Le rejet de l'autorité, du sacré, de la Vérité intangible.
Tout remettre en question.[/quote]
J'ai trouvé cette page :
[list]«Ainsi Émile Boutroux écrivait-il en analysant les dangers qui menaçaient l'Église :
Ce dangers sont de deux sortes. Il y a d'abord le danger externe. La société civile, en certains États, prétend se séparer totalement de l'Église, en sorte que, dans aucune partie de son existence, elle ne tiendrait plus aucun compte des prescriptions, des enseignements , des conditions d'existence de la religion. Il y a en second lieu le danger interne. Au sein même de l'Église, des membres, non seulement laïques, mais ecclésiastiques, protestant de leur fidélité et de leur obéissance, refusent de tenir la loi divine pour seule souveraine, et cherchent à procurer une adaptation mutuelle entre la parole de Dieu et les opinions des hommes, entre la foi et la science, entre l'Église et une démocratie sans Dieu. La synthèse de toutes ces hérésies est le modernisme, doctrine qui distinguant dans la religion le fond et la forme et agrandissant indéfiniment la part de celle-ci au détriment de celui-là, admet que tout ce qui est forme est justiciable des tendances et des opinions contingentes des sociétés humaines. En sorte que ce que ces chrétiens accommodants consentent à maintenir comme absolu et immuable se réduit de plus en plus à quelques subtiles et insaisissables abstractions, De ces deux dangers, le second est le pire, puisqu'il vient d'une corruption qui se produit au sein de l'Église même.»
[...]
A écouter Boutroux, nous nous trouverions donc face à des formes de perversion absolue : le diable avait trouvé son nouveau cheval de Troie pour pénétrer le camp de l'ennemi. Mais dans ce cheval, on ne trouvait pas ses alliés habituels, libre penseurs,rationalistes, anticléricaux; on y trouvait des hommes qui, emportés par leur orgueil, avaient suivi en tout l'exemple de Satan, en se transformant d'anges de lumière en esprit des ténèbres.
Source : Mauricio Guasco,[u] Le modernisme. Les faits, les idées, les hommes[/u], Desclée de Brouwer, 2007, p.27
Note infra: la citation de E, Boutroux est placée en exergue de l'article de F. Mourret dans la [i]Revue Apologétiques[/i] 25, 1922, p.5 [/list]
Et Guasco rajoute auparavant des informations intéressantes :
[list]«… l'un des historiens de l'époque [Renaissance, XVIe siècle], Fernand Mourret, rappelait que c'était précisément Luther qui parmi les premiers utilisa le mot[i] modernisme[/i] pour désigner les philosophes nominalistes.
Rousseau lui aussi utilisa le terme dans une lettre de 1769 comme synonyme de matérialiste et d'épicurien.
Ce fut cependant au cours du XIXe siècle qu'agirent et écrivirent ceux qui devaient être considérés un jour comme les initiateurs d'une réforme hétérodoxe de l'Église, de Hermes à Günther et Froschammer, et avant encore, de Lammenais à Gioberti. Selon Mourret encore, le véritable fondateur, le «grand ancêtre» du modernisme, était le théologien allemand Ignaz von Döllinger qui était convaincu que la science théologique coïncidait avec la science critique, et que cette dernière à son tour ne dépendait que de critères à caractère national et historique, et non d'autres autorités. » (p.24) [/list]
Pour Fée Violine :
«… historiquement datée, cette hérésie, ou mieux cette mentalité semble pourtant s'être insinuée parmi les croyants : à plusieurs reprises et encore très récemment, on a parlé de [i]néomodernisme[/i], de [i]retour du modernisme[/i]. Ceux qui le font croient pouvoir se justifier par le fait qu'un grand patriarche de la pensée chrétienne au XXe siècle qui se définissait comme un paysan de la Garonne, [b]Jacques Maritain[/b], évoquait dans un livre qui relève plus de la nostalgie que de l'analyse «la fièvre néomoderniste fort contagieuse, du moins dans les cercles intellectuels, auprès de laquelle le modernisme du temps de Pie X n'était qu'un modeste rhume des foins» ( J. Maritain, [u]Le paysan de la Garonne[/u], Paris, Desclée de Brouwer, 1966, p. 16)
Mauricio Guasco nous donne au moins la page du livre de Maritain, à défaut nous livrer le texte.