par Toto » dim. 24 avr. 2016, 15:25
axou a écrit :Xavi a écrit :
Merci Xavi de citer le pape François dans sa récente exhortation, précisant que les deux états de vie (célibat consacré et mariage) sont d'égale valeur.
rappel de la citation : "saint Jean-Paul II a dit que les textes bibliques « n’offrent aucune base permettant de soutenir soit l’“infériorité” du mariage, soit la “supériorité” de la virginité ou du célibat » en raison de l’abstinence sexuelle." (Pape François, Amoris Laetitia, n°159).
Et là je dis "splendide". Un splendide exemple de déformation de citation. Un peu échaudé par le mésusage de gaudium et Spes où on lui fait dire ce qu'il ne dit pas, j'ai vérifié la citation de Jean Paul II. La référence est donnée dans la note 166 : Catéchèse (14 avril 1982), n. 1 : L’Osservatore Romano, éd. en langue française, 20 avril 1980, p. 16. Je n'ai pas trouvé gratuitement le numéro de l'Osservatore Romano (un comble), mais on a quand même le texte de l'audience (
https://w2.vatican.va/content/john-paul ... 20414.html en espagnol, la seule langue que je comprenne parmi les trois disponibles) et une traduction
http://www.theologieducorps.fr/book/export/html/123. La phrase complète est : "Les paroles du Christ rapportées par Mt 19,11-12 (de même que celles de Paul dans 1Co 7) n'offrent aucune base permettant de soutenir soit l'infériorité du mariage, soit la supériorité de la virginité ou du célibat, en ce sens que ces derniers consistent, par leur nature, à s'abstenir de l'union conjugale par le corps" Saint Jean Paul II ne parle donc pas des "textes bibliques" en général mais uniquement de Mt 19, 11-12. Et évidemment Amoris Letitia tronque habilement, et donc prétend citer en extrapolant complètement les propos de jean Paul II à tous les textes bibliques.
Si maintenant l'on veut se renseigner sur ce que pense Jean Paul II, il n'est pas compliqué d'aller prendre Mulieris dignitatem n°20 que je ne cite pas en entier mais dont quelques extraits sont intéressants :
le célibat à cause du Royaume des Cieux est le fruit non seulement d'un libre choix de la part de l'homme, mais aussi d'une grâce spéciale de la part de Dieu qui appelle une personne déterminée à vivre le célibat. Si c'est là un signe spécial du Royaume de Dieu qui doit venir, en même temps cela sert aussi à consacrer exclusivement au royaume eschatologique, durant la vie temporelle, toutes les forces de l'âme et du corps. [...] Fondé sur l'Evangile, le sens de la virginité a été développé et approfondi également comme une vocation de la femme, dans laquelle sa dignité est confirmée à l'image de la Vierge de Nazareth. L'Evangile propose l'idéal de la consécration de la personne, ce qui signifie sa consécration exclusive à Dieu fondée sur les conseils évangéliques, en particulier ceux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance. Leur parfaite incarnation, c'est Jésus Christ lui-même. Celui qui désire le suivre radicalement, choisit de mener sa vie suivant ces conseils. Ceux-ci se distinguent des commandements et montrent au chrétien la voie du caractère radical de l'Evangile. Depuis les débuts du christianisme, des hommes et des femmes avancent sur cette voie, étant donné que l'idéal évangélique s'adresse à l'être humain sans aucune différence de sexe. Dans ce contexte plus large, il convient de considérer la virginité également comme une voie pour la femme, la voie sur laquelle, d'une manière différente du mariage, elle épanouit sa personnalité de femme.
Mais on peut aussi se référer à l'antique magistère qui est, comme d'habitude, d'une limpide clarté :
Puisque, assure-t-on, certains rejettent comme condamnées des quatrièmes noces, pour qu'on ne croie pas qu'il y ait un péché là où il n'y en a pas, comme selon l'Apôtre quand le mari est mort l'épouse est libérée de sa loi et a la permission d'épouser qui elle veut dans le Seigneur Rm 7,2 1Co 7,39 et qu'il ne distingue pas si le mort est son premier, son deuxième ou son troisième mari, nous déclarons que peuvent être licitement contractées non seulement des deuxièmes et des troisièmes, mais encore des quatrièmes et davantage, si n'y fait pas obstacle un empêchement canonique. Cependant nous disons que sont plus louables celles qui s'abstenant ensuite du mariage demeureront dans la chasteté, parce que nous estimons que si la virginité est préférable au veuvage, de même un chaste veuvage est loué, à juste titre comme préférable à des noces. (Bulle Cantate Domino, Concile de Florence)
10. Si quelqu'un dit que l'état du mariage doit être placé au- dessus de l'état de virginité ou de célibat, et qu'il n'est ni mieux ni plus heureux de rester dans la virginité ou le célibat que de contracter mariage Mt 19,11 1Co 7,25 1Co 7,38-40 : qu'il soit anathème (Concile de Trente)
(Remarque : je ne m'aventurerai pas sur la pente glissante de comparer ce que disent le Concile de Trente et Saint Jean Paul II du même passage qu'ils citent.)
On pourrait aussi continuer par Pie XII (encyclique Sacra Virginitas). Ou remonter à Saint Paul dont les références figurent dans les textes du Magistère.
[quote="axou"][quote="Xavi"][/quote]
Merci Xavi de citer le pape François dans sa récente exhortation, précisant que les deux états de vie (célibat consacré et mariage) sont d'égale valeur.
[/quote]
rappel de la citation : "saint Jean-Paul II a dit que les textes bibliques « n’offrent aucune base permettant de soutenir soit l’“infériorité” du mariage, soit la “supériorité” de la virginité ou du célibat » en raison de l’abstinence sexuelle." (Pape François, Amoris Laetitia, n°159).
Et là je dis "splendide". Un splendide exemple de déformation de citation. Un peu échaudé par le mésusage de gaudium et Spes où on lui fait dire ce qu'il ne dit pas, j'ai vérifié la citation de Jean Paul II. La référence est donnée dans la note 166 : Catéchèse (14 avril 1982), n. 1 : L’Osservatore Romano, éd. en langue française, 20 avril 1980, p. 16. Je n'ai pas trouvé gratuitement le numéro de l'Osservatore Romano (un comble), mais on a quand même le texte de l'audience (https://w2.vatican.va/content/john-paul-ii/es/audiences/1982/documents/hf_jp-ii_aud_19820414.html en espagnol, la seule langue que je comprenne parmi les trois disponibles) et une traduction http://www.theologieducorps.fr/book/export/html/123. La phrase complète est : "Les paroles du Christ rapportées par Mt 19,11-12 (de même que celles de Paul dans 1Co 7) n'offrent aucune base permettant de soutenir soit l'infériorité du mariage, soit la supériorité de la virginité ou du célibat, en ce sens que ces derniers consistent, par leur nature, à s'abstenir de l'union conjugale par le corps" Saint Jean Paul II ne parle donc pas des "textes bibliques" en général mais uniquement de Mt 19, 11-12. Et évidemment Amoris Letitia tronque habilement, et donc prétend citer en extrapolant complètement les propos de jean Paul II à tous les textes bibliques.
Si maintenant l'on veut se renseigner sur ce que pense Jean Paul II, il n'est pas compliqué d'aller prendre Mulieris dignitatem n°20 que je ne cite pas en entier mais dont quelques extraits sont intéressants :
[quote]le célibat à cause du Royaume des Cieux est le fruit non seulement d'un libre choix de la part de l'homme, mais aussi d'une[b] grâce spéciale[/b] de la part de Dieu qui appelle une personne déterminée à vivre le célibat. Si c'est là [b]un signe spécial[/b] du Royaume de Dieu qui doit venir, en même temps cela sert aussi à consacrer exclusivement au royaume eschatologique, durant la vie temporelle, toutes les forces de l'âme et du corps. [...] Fondé sur l'Evangile,[b] le sens de la virginité a été développé et approfondi également comme une vocation de la femme, dans laquelle sa dignité est confirmée à l'image de la Vierge de Nazareth[/b]. L'Evangile propose l'idéal de la consécration de la personne, ce qui signifie sa consécration exclusive à Dieu fondée sur les conseils évangéliques, en particulier ceux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance.[b] Leur parfaite incarnation, c'est Jésus Christ lui-même. Celui qui désire le suivre radicalement, choisit de mener sa vie suivant ces conseils. Ceux-ci se distinguent des commandements et montrent au chrétien la voie du caractère radical de l'Evangile. [/b]Depuis les débuts du christianisme, des hommes et des femmes avancent sur cette voie, étant donné que [b]l'idéal évangélique[/b] s'adresse à l'être humain sans aucune différence de sexe. Dans ce contexte plus large, il convient de considérer la virginité également comme une voie pour la femme, la voie sur laquelle, d'une manière différente du mariage, elle épanouit sa personnalité de femme.[/quote]
Mais on peut aussi se référer à l'antique magistère qui est, comme d'habitude, d'une limpide clarté :
[quote]Puisque, assure-t-on, certains rejettent comme condamnées des quatrièmes noces, pour qu'on ne croie pas qu'il y ait un péché là où il n'y en a pas, comme selon l'Apôtre quand le mari est mort l'épouse est libérée de sa loi et a la permission d'épouser qui elle veut dans le Seigneur Rm 7,2 1Co 7,39 et qu'il ne distingue pas si le mort est son premier, son deuxième ou son troisième mari, nous déclarons que peuvent être licitement contractées non seulement des deuxièmes et des troisièmes, mais encore des quatrièmes et davantage, si n'y fait pas obstacle un empêchement canonique.[b] Cependant nous disons que sont plus louables celles qui s'abstenant ensuite du mariage demeureront dans la chasteté, parce que nous estimons que si la virginité est préférable au veuvage, de même un chaste veuvage est loué, à juste titre comme préférable à des noces[/b]. (Bulle Cantate Domino, Concile de Florence)[/quote]
[quote]10. Si quelqu'un dit que l'état du mariage doit être placé au- dessus de l'état de virginité ou de célibat, et qu'[b]il n'est ni mieux ni plus heureux de rester dans la virginité ou le célibat que de contracter mariage[/b] Mt 19,11 1Co 7,25 1Co 7,38-40 : qu'il soit anathème (Concile de Trente)[/quote]
(Remarque : je ne m'aventurerai pas sur la pente glissante de comparer ce que disent le Concile de Trente et Saint Jean Paul II du même passage qu'ils citent.)
On pourrait aussi continuer par Pie XII (encyclique Sacra Virginitas). Ou remonter à Saint Paul dont les références figurent dans les textes du Magistère.