par Le pti prince » ven. 03 août 2007, 19:19
Christian a écrit :c'est que le libéralisme n'a rien à voir là dedans, bien au contraire.
Vous avez tort. Le libéralisme est très précisément cette pensée qui déclare légitime pour chaque personne de s’associer, ou pas, en vue de n'importe quel projet conforme au Droit, avec n’importe quelle autre personne qui le souhaite aussi.
Ce n’est pas seulement une théorie. Plus un pays est dit libéral, plus cette libre association est permise, et elle ne l’est pas, c’est même leur caractéristique, dans les pays qui rejettent le libéralisme.
Vous ne sortez pas avec une femme en Arabie saoudite, vous ne fréquentez pas facilement un chrétien en Afghanistan et au Pakistan, ni un intouchable en Inde ; vous ne travaillez pas librement avec un capitaliste à Cuba, et de plus en plus difficilement avec un étranger en Russie, etc.
bah voui, tout ce qui est mauvais a été inventé par les autres systèmes, tout ce qui est bon vient du libéralisme, c'est bien connu
http://bastiat.net/fr/cercle/rencontres/savez-vous.html a écrit :En résumé, le libéralisme est un système dans lequel s'épanouit celui qui utilise sa raison, qui fournit des efforts, qui échange ou s'associe librement avec les autres, notamment pour désigner un gouvernement à qui ils délèguent le pouvoir de faire respecter les droits individuels. Dans ce système, le transfert de biens d'un individu à un autre ne se fait pas par décret, redistribution, expropriation, vol, pillage ou faveur du prince, mais par l'échange volontaire.
Dans tous les autres systèmes, un pouvoir central domine peu ou prou l'individu, et exerce sur lui diverses spoliations.
Le libéralisme, contrairement à tous les autres régimes,
n'admet pas la seule inégalité qui soit vraiment injuste : l'inégalité devant la loi : ce sont des libéraux qui ont éliminé l'esclavage, les castes, les titres nobiliaires, les privilèges. En revanche
il ne considère pas comme immorales les inégalités de résultat. Mais n'est-il pas profondément injuste de récompenser de la même façon le paresseux et celui qui se donne du mal ? Celui qui fait n'importe quoi et celui qui réfléchit ? C'est parce qu'il existe cette récompense à la raison et à l'effort que les sociétés qui appliquent la morale libérale ont toujours été, dans tous les temps et sous tous les cieux, les sociétés les plus prospères, comme elles ont été les plus tolérantes, les plus ouvertes et les plus humaines.
Saint-Loubouer, 2000
en rouge: la preuve par A+B qui devrait suffir à montrer que le libéralisme est un système a-social, pour qui en doute encore. "il ne considère pas comme immorales les inégalités de résultat", rien que cette phrase montre tout le pathétique d'un système dont la morale ne correspond tout simplement pas à la nature humaine. Et donc le libéralisme est un système inhumain. Voyons pourquoi :
Le fondement de la morale humaine, c'est cet élan au profond de l'humain qui le pousse à répondre à l'appel de celui qui souffre (ndlr. la pitié comme fondement de la morale, cf. Rousseau, Schopenhauer, etc.). Rien d’étonnant que le libéralisme ne soit pas touché par les autres formes d’inégalités. Car cette pitié est inexplicable dans un système qui pose la Raison et l’Individu comme axiologique. Même Rousseau aussi anti-libéral qu’il pouvait être, est resté bloqué par ce paradoxe. Car cette pitié supprime toute différence entre moi et l’autre (sans pour autant que je devienne l’autre), ne pouvant reposer ni sur la faculté d’imagination (car on ne peut pas ressentir en nous les douleurs de l’autre) ni sur un rapport de connaissance (la représentation que je me fais dans ma tête afin de m’identifier à l’autre et à traiter ainsi dans ma conduite la différence entre moi et l’autre comme si elle n’existait pas : or cela résulte d’une série de pensée et d’une représentation, ne pouvant donc expliquer la spontanéité et l’immédiateté de la pitié). La seule issue, pour Schopenhauer est donc de dire de la pitié qu'elle est le "grand mystère de la morale".
Pour malgré tout rendre intelligible ce mystère, il voudra se débarrasser de l’individualisme, supposant que la barrière entre le moi et le non-moi n’est que factice et empêche de rendre compte de la pitié. Il usera pour ce faire de la métaphysique kantienne (le moi, l’individu, appréhendé selon le cadre a priori de la perception de l’espace et du temps, ne sont que l’apparence des choses ; la réalité du monde révélée par l’expérience de la pitié, est sa foncière unité.) Un tour de passe-passe qui démontre, si besoin était, que pour rendre l’expérience de la pitié, où se fonde la morale (puisque Schopenhauer la définit comme « étant un fait inaliénable de la conscience humaine, et le plus commun, ne dépendant pas de notions, religions, dogmes, mythes, éducation : c’est un produit immédiat de la nature, elle apparaît dans tous les pays et en tous les temps »), le penseur occidental doit renoncer au moi, même le nier, et pour se rattraper, sombrer dans la métaphysique la plus idéaliste.
Ainsi le libéralisme reste coincé dans sa vision individualiste et ne peut pas, de ce fait, rendre compte de l’homme dans sa nature humaine fondée qu’elle est par la morale, cette réaction de pitié devant une injustice, quelle qu’elle soit. « il (le libéralisme) ne considère pas comme immorales les inégalités de résultat » or la pitié comme fondement de la morale humaine, et qui est propre à chaque homme, elle, n’a pas et heureusement le réflexe sordide et froid du libéralisme qui ne voit pas plus loin que sa logique de rétribution des biens et de respect du droit. Or le droit, comme le contrat, le principe de subsidiarité ou la logique de rétribution des efforts ne sont que des représentations conceptuelles et ne pourront jamais fonder une morale. Au maximum un système et les avatars qu’on lui connaît.
Vous ne sortez pas avec une femme en Arabie saoudite, vous ne fréquentez pas facilement un chrétien en Afghanistan et au Pakistan, ni un intouchable en Inde ; vous ne travaillez pas librement avec un capitaliste à Cuba, et de plus en plus difficilement avec un étranger en Russie, etc.
Il est en effet facile de dénoncer les avatars des systèmes qui fonctionnent différemment du votre, plus difficile de faire sa propre auto-critique. Le libéraliste se prévaut de se déculpabiliser de l'accumulation de richesse, de la réussite, de l’épanouissement individuel (Sarkosy étant en France le prototype phare de ce libéralisme décomplexé), malgré que d’autres, de l’autre côté de la terre ou simplement sur le trottoir de sa villa, mendie quelqu’attention. Il glorifie son système en montrant les faiblesses des autres, qui n’en sont qu’au Moyen-Age et n’ont pas connu les joies de la Démocratie, de la Diplomatie, des Droits de l’Homme, toutes ces majuscules qui lui donne bonne conscience, lui l’individu des Lumières – ou ce qu’il en reste…
Et bien reste à espérer que sa conscience, un jour, se réveille. Et le réveil risque d’être bien douleureux.
Par ailleurs cette logique libérale nous dépeint, par sa déconnexion au réel et à l’expérience, comme nous l’avons montré ci-dessus à travers les avatars de l’individualisme, un être humain dont la nature est parcellisée, pour ne pas dire dualisée : il y a d’un côté le bon citoyen qui met en acte ses capacités, à travers l’effort et sa volonté « celui qui se donne du mal (…) et celui qui réfléchit » et de l’autre « le paresseux (…) celui qui fait n'importe quoi », si bien qu’on justifie le fait de ne pas être sensible aux « inégalités de résultat » par cette séparation des individus qui seraient foncièrement ou vertueux ou paresseux. Cela nous rappelle d'ailleurs le faux pas (mais en était-ce un ?) de Sarkosy prétendant que les délinquants sexuels étaient nés ainsi. Cette séparation de la nature humaine, amenant à l'eugénisme appliqué, s'est matérialisée dans toutes les idéologies des siècles passés, bercées par le libéralisme "éclairé" des Lumières qu'elles étaient, et avec les horreurs qu'on leur connaît.
Que l’on ne vienne pas après cela nous parler d’un système qui serait prospère, tolérant et humain…
[quote="Christian"][quote]c'est que le libéralisme n'a rien à voir là dedans, bien au contraire.[/quote]
Vous avez tort. Le libéralisme est très précisément cette pensée qui déclare légitime pour chaque personne de s’associer, ou pas, en vue de n'importe quel projet conforme au Droit, avec n’importe quelle autre personne qui le souhaite aussi.
Ce n’est pas seulement une théorie. Plus un pays est dit libéral, plus cette libre association est permise, et elle ne l’est pas, c’est même leur caractéristique, dans les pays qui rejettent le libéralisme.
Vous ne sortez pas avec une femme en Arabie saoudite, vous ne fréquentez pas facilement un chrétien en Afghanistan et au Pakistan, ni un intouchable en Inde ; vous ne travaillez pas librement avec un capitaliste à Cuba, et de plus en plus difficilement avec un étranger en Russie, etc. [/quote]
bah voui, tout ce qui est mauvais a été inventé par les autres systèmes, tout ce qui est bon vient du libéralisme, c'est bien connu :)
[quote="http://bastiat.net/fr/cercle/rencontres/savez-vous.html"]En résumé, le libéralisme est un système dans lequel s'épanouit celui qui utilise sa raison, qui fournit des efforts, qui échange ou s'associe librement avec les autres, notamment pour désigner un gouvernement à qui ils délèguent le pouvoir de faire respecter les droits individuels. Dans ce système, le transfert de biens d'un individu à un autre ne se fait pas par décret, redistribution, expropriation, vol, pillage ou faveur du prince, mais par l'échange volontaire.
Dans tous les autres systèmes, un pouvoir central domine peu ou prou l'individu, et exerce sur lui diverses spoliations.
Le libéralisme, contrairement à tous les autres régimes, [color=#FF0000]n'admet pas la seule inégalité qui soit vraiment injuste : l'inégalité devant la loi [/color]: ce sont des libéraux qui ont éliminé l'esclavage, les castes, les titres nobiliaires, les privilèges. En revanche[color=#FF0000] il ne considère pas comme immorales les inégalités de résultat[/color]. Mais n'est-il pas profondément injuste de récompenser de la même façon le paresseux et celui qui se donne du mal ? Celui qui fait n'importe quoi et celui qui réfléchit ? C'est parce qu'il existe cette récompense à la raison et à l'effort que les sociétés qui appliquent la morale libérale ont toujours été, dans tous les temps et sous tous les cieux, les sociétés les plus prospères, comme elles ont été les plus tolérantes, les plus ouvertes et les plus humaines.
Saint-Loubouer, 2000 [/quote]
en rouge: la preuve par A+B qui devrait suffir à montrer que le libéralisme est un système a-social, pour qui en doute encore. "il ne considère pas comme immorales les inégalités de résultat", rien que cette phrase montre tout le pathétique d'un système dont la morale ne correspond tout simplement pas à la nature humaine. Et donc le libéralisme est un système inhumain. Voyons pourquoi :
Le fondement de la morale humaine, c'est cet élan au profond de l'humain qui le pousse à répondre à l'appel de celui qui souffre (ndlr. la pitié comme fondement de la morale, cf. Rousseau, Schopenhauer, etc.). Rien d’étonnant que le libéralisme ne soit pas touché par les autres formes d’inégalités. Car cette pitié est inexplicable dans un système qui pose la Raison et l’Individu comme axiologique. Même Rousseau aussi anti-libéral qu’il pouvait être, est resté bloqué par ce paradoxe. Car cette pitié supprime toute différence entre moi et l’autre (sans pour autant que je devienne l’autre), ne pouvant reposer ni sur la faculté d’imagination (car on ne peut pas ressentir en nous les douleurs de l’autre) ni sur un rapport de connaissance (la représentation que je me fais dans ma tête afin de m’identifier à l’autre et à traiter ainsi dans ma conduite la différence entre moi et l’autre comme si elle n’existait pas : or cela résulte d’une série de pensée et d’une représentation, ne pouvant donc expliquer la spontanéité et l’immédiateté de la pitié). La seule issue, pour Schopenhauer est donc de dire de la pitié qu'elle est le "grand mystère de la morale".
Pour malgré tout rendre intelligible ce mystère, il voudra se débarrasser de l’individualisme, supposant que la barrière entre le moi et le non-moi n’est que factice et empêche de rendre compte de la pitié. Il usera pour ce faire de la métaphysique kantienne (le moi, l’individu, appréhendé selon le cadre a priori de la perception de l’espace et du temps, ne sont que l’apparence des choses ; la réalité du monde révélée par l’expérience de la pitié, est sa foncière unité.) Un tour de passe-passe qui démontre, si besoin était, que pour rendre l’expérience de la pitié, où se fonde la morale (puisque Schopenhauer la définit comme « étant un fait inaliénable de la conscience humaine, et le plus commun, ne dépendant pas de notions, religions, dogmes, mythes, éducation : c’est un produit immédiat de la nature, elle apparaît dans tous les pays et en tous les temps »), le penseur occidental doit renoncer au moi, même le nier, et pour se rattraper, sombrer dans la métaphysique la plus idéaliste.
Ainsi le libéralisme reste coincé dans sa vision individualiste et ne peut pas, de ce fait, rendre compte de l’homme dans sa nature humaine fondée qu’elle est par la morale, cette réaction de pitié devant une injustice, quelle qu’elle soit. « il (le libéralisme) ne considère pas comme immorales les inégalités de résultat » or la pitié comme fondement de la morale humaine, et qui est propre à chaque homme, elle, n’a pas et heureusement le réflexe sordide et froid du libéralisme qui ne voit pas plus loin que sa logique de rétribution des biens et de respect du droit. Or le droit, comme le contrat, le principe de subsidiarité ou la logique de rétribution des efforts ne sont que des représentations conceptuelles et ne pourront jamais fonder une morale. Au maximum un système et les avatars qu’on lui connaît.
[quote]Vous ne sortez pas avec une femme en Arabie saoudite, vous ne fréquentez pas facilement un chrétien en Afghanistan et au Pakistan, ni un intouchable en Inde ; vous ne travaillez pas librement avec un capitaliste à Cuba, et de plus en plus difficilement avec un étranger en Russie, etc.[/quote]
Il est en effet facile de dénoncer les avatars des systèmes qui fonctionnent différemment du votre, plus difficile de faire sa propre auto-critique. Le libéraliste se prévaut de se déculpabiliser de l'accumulation de richesse, de la réussite, de l’épanouissement individuel (Sarkosy étant en France le prototype phare de ce libéralisme décomplexé), malgré que d’autres, de l’autre côté de la terre ou simplement sur le trottoir de sa villa, mendie quelqu’attention. Il glorifie son système en montrant les faiblesses des autres, qui n’en sont qu’au Moyen-Age et n’ont pas connu les joies de la Démocratie, de la Diplomatie, des Droits de l’Homme, toutes ces majuscules qui lui donne bonne conscience, lui l’individu des Lumières – ou ce qu’il en reste…
Et bien reste à espérer que sa conscience, un jour, se réveille. Et le réveil risque d’être bien douleureux.
Par ailleurs cette logique libérale nous dépeint, par sa déconnexion au réel et à l’expérience, comme nous l’avons montré ci-dessus à travers les avatars de l’individualisme, un être humain dont la nature est parcellisée, pour ne pas dire dualisée : il y a d’un côté le bon citoyen qui met en acte ses capacités, à travers l’effort et sa volonté « celui qui se donne du mal (…) et celui qui réfléchit » et de l’autre « le paresseux (…) celui qui fait n'importe quoi », si bien qu’on justifie le fait de ne pas être sensible aux « inégalités de résultat » par cette séparation des individus qui seraient foncièrement ou vertueux ou paresseux. Cela nous rappelle d'ailleurs le faux pas (mais en était-ce un ?) de Sarkosy prétendant que les délinquants sexuels étaient nés ainsi. Cette séparation de la nature humaine, amenant à l'eugénisme appliqué, s'est matérialisée dans toutes les idéologies des siècles passés, bercées par le libéralisme "éclairé" des Lumières qu'elles étaient, et avec les horreurs qu'on leur connaît.
Que l’on ne vienne pas après cela nous parler d’un système qui serait prospère, tolérant et humain…