par etienne lorant » jeu. 04 août 2016, 15:12
Telle que rapportée par Raïssa Maritain dans Les grandes amitiés
"Nous lûmes ce livre à la campagne au mois d'août 1905. Il nous découvrit saint Paul et ses extraordinaires chapitres IX, X et XI de l’Épitre aux Romains, où Léon Bloy a pris l'épigraphe et le point d'appui de l’exégèse du Salut par les Juifs.
"Je dis la vérité dans le Christ... j'éprouve une grande tristesse et j'ai au cœur une douleur incessante. Car je souhaiterais d'être moi-même anathème, loin du Christ, pour mes frères, mes parents selon la chair, qui sont israélites et à qui appartiennent l'adoption et la gloire, et les alliances, et la Loi, et le culte, et les promesses, et les patriarches et de qui est issu le Christ selon la chair"
Mais la première ligne de ce grand poème lyrique et scripturaire qu'est Le salut par les Juifs porte une plus haute référence encore :
"Salus ex Judaeis est. Le salut vient des Juifs"
Parole du Christ dans l'Evangile selon saint Jean, chapitre 4, verset 22.
"J'ai perdu quelques heures précieuses de ma vie - écrit Léon Bloy, après avoir cité ce verset - à lire, comme tant d'infortunés, les élucubrations anti-juives de M. Drumont, et je ne me souviens pas qu'il ait cité cette parole simple et formidable de Notre Seigneur Jésus-Christ rapportée par saint Jean au chapitre quatrième de son Évangile.
"C'est quelque chose pourtant, ce témoignage du Fils de Dieu !
Ce témoignage fut d'abord pour moi la révélation de l'union des deux Testaments. C'est lui-même qui le dit : lui, le Salut, il vient des juifs. L'Ancien Testament, par Lui, se déverse dans le Nouveau qui ne lui est pas opposé, qui est son accomplissement, sa perfection.
L'exégèse scripturaire de Léon Bloy est dans Le salut par les juifsun tourbillon de textes splendides : saint Paul, Jérémie, Ezéchiel et la liturgie catholique parlent d'Israël en termes bouleversants, de sa vocation, de sa destinée mystérieuse entre toutes, de ses souffrances perpétuelles, de son présent d'ignominie, de son avenir de gloire. L'exégèse de Léon Bloy est une fournaise ardente de similitudes et de symboles qui prolongent à l'infini le sens des réalités divines. Le peuple juif est, par Léon Bloy, tantôt abaissé au niveau de la plus répugnante vermine, tantôt exalté jusqu'à la ressemblance et la représentation du Paraclet.
"Israël est donc investi par le privilège de la représentation, et dont on ne sait qu'elle très occulte protection de ce Paraclet errant dont il fut l'habitacle et le recéleur."
"Pour qui n'est pas destitué de la faculté de contemplation, les séparer semble impossible, et plus l'extase est profonde, plus étroitement soudés l'un à l'autre, ils apparaissent..."
Léon Bloy était persuadé, et à juste titre, que son livre est "à part l'inspiration surnaturelle... le témoignage chrétien le plus énergique et le plus pressant en faveur de la Race Aînée, depuis le onzième chapitre de saint Paul aux Romains".
"Si leur faute, dit cet apôtre, est la richesse du monde et leur diminution la richesse des nations, que sera-ce de leur plénitude ?
Si leur perte est la réconciliation du monde, quelle sera assomption, sinon la vie d'entre les morts ?"
"Le Salut par les Juifs" qu'on croirait une paraphrase de ce chapitre de saint Paul, fait observer, dès la première ligne, que le Sang qui fut versé sur la Croix pour la Rédemption du genre humain, de même que celui qui est versé invisiblement, dans le calice du Sacrement de l'Autel, est naturellement et surnaturellement du sang juif - l'immense fleuve du sang hébreu dont la source est en Abraham et l'embouchure aux cinq plaies du Christ. "
Trente ans plus tard, le Pape Pie XI devait donner à cette vue surnaturelle son expression achevée en disant :
"Par le Christ et dans le Christ, nous sommes de la descendance d'Abraham. Non, il n'est pas possible aux chrétiens d'avoir aucune part à l'antisémitisme ... nous sommes spirituellement des Sémites".
(Pie XI en septembre 1938)
Texte extrait littéralement sans ajout ni retrait quelconques du livre Les grandes amitiés, par Raïssa Maritain, édition Livre de Vie, 18-19, pages 113-115.
Avec un clin d’œil à Fée Violine !
[b]Telle que rapportée par Raïssa Maritain dans [i]Les grandes amitiés[/i][/b]
"Nous lûmes ce livre à la campagne au mois d'août 1905. Il nous découvrit saint Paul et ses extraordinaires chapitres IX, X et XI de l’Épitre aux Romains, où Léon Bloy a pris l'épigraphe et le point d'appui de l’exégèse du[i] Salut par les Juifs[/i].
"Je dis la vérité dans le Christ... j'éprouve une grande tristesse et j'ai au cœur une douleur incessante. Car je souhaiterais d'être moi-même anathème, loin du Christ, pour mes frères, mes parents selon la chair, qui sont israélites et à qui appartiennent l'adoption et la gloire, et les alliances, et la Loi, et le culte, et les promesses, et les patriarches et de qui est issu le Christ selon la chair"
Mais la première ligne de ce grand poème lyrique et scripturaire qu'est [i]Le salut par les Juifs[/i] porte une plus haute référence encore :
"Salus ex Judaeis est. Le salut vient des Juifs"
Parole du Christ dans l'Evangile selon saint Jean, chapitre 4, verset 22.
"J'ai perdu quelques heures précieuses de ma vie - écrit Léon Bloy, après avoir cité ce verset - à lire, comme tant d'infortunés, les élucubrations anti-juives de M. Drumont, et je ne me souviens pas qu'il ait cité cette parole simple et formidable de Notre Seigneur Jésus-Christ rapportée par saint Jean au chapitre quatrième de son Évangile.
"C'est quelque chose pourtant, ce témoignage du Fils de Dieu !
Ce témoignage fut d'abord pour moi la révélation de l'union des deux Testaments. C'est lui-même qui le dit : lui, le Salut, il vient des juifs. L'Ancien Testament, par Lui, se déverse dans le Nouveau qui ne lui est pas opposé, qui est son accomplissement, sa perfection.
L'exégèse scripturaire de Léon Bloy est dans [i]Le salut par les juifs[/i]un tourbillon de textes splendides : saint Paul, Jérémie, Ezéchiel et la liturgie catholique parlent d'Israël en termes bouleversants, de sa vocation, de sa destinée mystérieuse entre toutes, de ses souffrances perpétuelles, de son présent d'ignominie, de son avenir de gloire. L'exégèse de Léon Bloy est une fournaise ardente de similitudes et de symboles qui prolongent à l'infini le sens des réalités divines. Le peuple juif est, par Léon Bloy, tantôt abaissé au niveau de la plus répugnante vermine, tantôt exalté jusqu'à la ressemblance et la représentation du Paraclet.
"Israël est donc investi par le privilège de la représentation, et dont on ne sait qu'elle très occulte protection de ce Paraclet errant dont il fut l'habitacle et le recéleur."
"Pour qui n'est pas destitué de la faculté de contemplation, les séparer semble impossible, et plus l'extase est profonde, plus étroitement soudés l'un à l'autre, ils apparaissent..."
Léon Bloy était persuadé, et à juste titre, que son livre est "à part l'inspiration surnaturelle... le témoignage chrétien le plus énergique et le plus pressant en faveur de la Race Aînée, depuis le onzième chapitre de saint Paul aux Romains".
"Si leur faute, dit cet apôtre, est la richesse du monde et leur diminution la richesse des nations, que sera-ce de leur plénitude ?
Si leur perte est la réconciliation du monde, quelle sera assomption, sinon la vie d'entre les morts ?"
"Le Salut par les Juifs" qu'on croirait une paraphrase de ce chapitre de saint Paul, fait observer, dès la première ligne, que le Sang qui fut versé sur la Croix pour la Rédemption du genre humain, de même que celui qui est versé invisiblement, dans le calice du Sacrement de l'Autel, est naturellement et surnaturellement du sang juif - l'immense fleuve du sang hébreu dont la source est en Abraham et l'embouchure aux cinq plaies du Christ. "
Trente ans plus tard, le Pape Pie XI devait donner à cette vue surnaturelle son expression achevée en disant :
"Par le Christ et dans le Christ, nous sommes de la descendance d'Abraham. Non, il n'est pas possible aux chrétiens d'avoir aucune part à l'antisémitisme ... nous sommes spirituellement des Sémites".
(Pie XI en septembre 1938)
Texte extrait littéralement sans ajout ni retrait quelconques du livre [i]Les grandes amitiés[/i], par Raïssa Maritain, édition Livre de Vie, 18-19, pages 113-115.
Avec un clin d’œil à Fée Violine !