par Cinci » sam. 26 nov. 2016, 2:20
p.cristian :
Les médias sont biaisés sans doute, mais au moins il n'y en a pas qu'un seul. Du coup, on peut s'attendre qu'ils ne soient pas tous biaisés de la même façon. À la fin, avec ce genre de discours, on en vient à souhaiter l'établissement d'une bonne dictature, qui préserve l'ordre, et le retour des «valeurs».
Eh bien, le phénomène de la concentration de la presse est une réalité. C'est Noam Chomsky qui explique ça intelligemment dans ses livres, en ce qui concerne les États-unis.
Je ne crois pas que ce soit très différent en France. Au Québec, c'est un seul propriétaire qui contrôle sept des principaux quotidiens sur un total de dix. Tous ne font que véhiculer un même biais en ce qui concerne les principaux enjeux de notre société, en matière d'économie, de libéralisation des moeurs, de religion, de multi, de diversité, etc. Je parle bien sûr des grands quotidiens, comme des principales chaînes de télé.
Bien sûr, il existe de modestes feuilles dissidentes, des journalistes rebelles, des critiques qui publient des livres, des intellectuels qui s'écartent de la doxa admise au pays. Je ne dirai pas le contraire. Le contrôle n'est pas si hermétique que cela, il n'est même pas souhaitable qu'il le soit non plus, et ce, du point de vue même des grands patrons.
Mais ...
Sur un sujet important comme la place du Québec dans le Canada, le comportement médiatique ou journalistique sera pratiquement identique chez nous à ce que l'on verrait à Cuba, en Chine, en Iran; en ce sens que la pression pour une censure y sera aussi forte, un journaliste pourrait voir sa carrière brisée s'Il persiste à évoluer contre le vent, des contrats ne seront pas renouvelés, des invités ne le seront plus, d'autres seront congédiés. Il y a bien une grande orientation mélodique de fond qui est projeté, une sorte de canon auquel tous les membres de la chorale sont priés implicitement de se conformer. cf ONF, Gilles Groulx, "Le chat dans le sac", film, 1964
On l'a bien vu lors de la visite de Marine Le Pen au Canada. On vient de le revoir avec l'élection de Donald Trump. Unanimité totale dans les médias, dans les outils de diffusion à grande échelle, ceux qui sont gérables par des conseils d'administration, vulnérables aux pressions de milieux d'affaires. Tous les observateurs peuvent le constater.
Une sorte d'atmosphère pour reprendre le mot de Louis Jouvet quand il exprimait son malaise, en réplique à Arlety dans "Hôtel du Nord" ...
Atmosphère ... Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère?
Observer, essayer de comprendre et le dire, ne correspond aucunement à un "discours devant aboutir au rétablissement d'une bonne dictature, qui préserverait l'ordre et les bonnes valeurs"(sic.). Je crois que vous saisissez mal la démarche.
Mais là où je serai d'accord avec vous c'est sur le fait qu'un certain discours niveleur, démobilisateur, négatif, ramenant tous les politiciens démocratiques au "même", dans un climat d'Apocalypse ("Tout est pourri, plus rien ne vaut, l'humanité est fichu"), est un discours qui peut souvent faire le lit des Lacombe Lucien. Oui, la confusion ... s'il ne serait plus moyen de distinguer la gauche de la droite, le haut du bas, le bien du mal ... Or cela est très loin de ce que je fais, exprime ou souhaite.
[quote]p.cristian :
Les médias sont biaisés sans doute, mais au moins il n'y en a pas qu'un seul. Du coup, on peut s'attendre qu'ils ne soient pas tous biaisés de la même façon. [u]À la fin, avec ce genre de discours, on en vient à souhaiter l'établissement d'une bonne dictature[/u], qui préserve l'ordre, et le retour des «valeurs».
[/quote]
Eh bien, le phénomène de la concentration de la presse est une réalité. C'est Noam Chomsky qui explique ça intelligemment dans ses livres, en ce qui concerne les États-unis.
Je ne crois pas que ce soit très différent en France. Au Québec, c'est un seul propriétaire qui contrôle sept des principaux quotidiens sur un total de dix. Tous ne font que véhiculer un même biais en ce qui concerne les principaux enjeux de notre société, en matière d'économie, de libéralisation des moeurs, de religion, de multi, de diversité, etc. Je parle bien sûr des grands quotidiens, comme des principales chaînes de télé.
Bien sûr, il existe de modestes feuilles dissidentes, des journalistes rebelles, des critiques qui publient des livres, des intellectuels qui s'écartent de la doxa admise au pays. Je ne dirai pas le contraire. Le contrôle n'est pas si hermétique que cela, il n'est même pas souhaitable qu'il le soit non plus, et ce, du point de vue même des grands patrons.
Mais ...
Sur un sujet important comme la place du Québec dans le Canada, le comportement médiatique ou journalistique sera pratiquement identique chez nous à ce que l'on verrait à Cuba, en Chine, en Iran; en ce sens que la pression pour une censure y sera aussi forte, un journaliste pourrait voir sa carrière brisée s'Il persiste à évoluer contre le vent, des contrats ne seront pas renouvelés, des invités ne le seront plus, d'autres seront congédiés. Il y a bien une grande orientation mélodique de fond qui est projeté, une sorte de canon auquel tous les membres de la chorale sont priés implicitement de se conformer. cf ONF, Gilles Groulx, "Le chat dans le sac", film, 1964
On l'a bien vu lors de la visite de Marine Le Pen au Canada. On vient de le revoir avec l'élection de Donald Trump. Unanimité totale dans les médias, dans les outils de diffusion à grande échelle, ceux qui sont gérables par des conseils d'administration, vulnérables aux pressions de milieux d'affaires. Tous les observateurs peuvent le constater.
Une sorte d'atmosphère pour reprendre le mot de Louis Jouvet quand il exprimait son malaise, en réplique à Arlety dans "Hôtel du Nord" ... [i]Atmosphère ... Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère? [/i]
Observer, essayer de comprendre et le dire, ne correspond aucunement à un "discours devant aboutir au rétablissement d'une bonne dictature, qui préserverait l'ordre et les bonnes valeurs"(sic.). Je crois que vous saisissez mal la démarche.
Mais là où je serai d'accord avec vous c'est sur le fait qu'un certain discours niveleur, démobilisateur, négatif, ramenant tous les politiciens démocratiques au "même", dans un climat d'Apocalypse ("Tout est pourri, plus rien ne vaut, l'humanité est fichu"), est un discours qui peut souvent faire le lit des Lacombe Lucien. Oui, la confusion ... s'il ne serait plus moyen de distinguer la gauche de la droite, le haut du bas, le bien du mal ... Or cela est très loin de ce que je fais, exprime ou souhaite.