Vous savez Popeye, omettre ses esprits et ses accents sur les voyelles (et diphtongues) dans les classes de grec classique équivaut à une hérésie, c’est comme apostasier la langue d’Homère, c’est passible d’un bannissement, voire même le bûcher. Peut-on imaginer un instant, Popeye subir le supplice de l’autodafé ? Ficelé à un poteau sur le bûcher, portant le bonnet ridicule indiquant le motif de sa condamnation, libellé en grec sans esprit et sans accent! Alors pour vous aider à vous racheter, voici les règles d’accentuation du grec classique, (idem pour la Koïnè).
A) les esprits
Les esprits marquent toutes les voyelles et diphtongues à l’initiale des mots. On distingue l’esprit doux qui est sans influence sur la prononciation, et l’esprit rude qui indique un h «aspiré».
B) les accents
L’aigu sur les trois dernières syllabes d’un mot, aussi bien sur voyelle brève que sur voyelle longue ou diphtongue.
Le circonflexe sur les deux dernières syllabes, et seulement sur voyelle longue ou diphtongue.
Conséquences A. : L’accent sera obligatoirement aigu :
a) S’il porte sur la syllabe antépénultième (celle qui précède l’avant-dernière)
b) S’il porte sur un omicron ou sur un epsilon (voyelles qui sont toujours brèves)
Conséquences B : Lorsqu’une voyelle alpha, iota, upsilon a le circonflexe, sa quantité est évidente : elle ne peut être que longue.
Règle de la pénultième longue accentuée. Lorsque l’accent porte sur une syllabe pénultième (c’est-à-dire avant-dernière) contenant une voyelle longue ou une diphtongue, Cet accent sera :
a) circonflexe si la finale contient une brève.
b) aigu si la finale contient une longue.
Règle de l’antépénultième. Une antépénultième ne peut recevoir l’accent (aigu seulement, comme nous l’avons vu) que si la dernière syllabe contient une brève. Si la dernière syllabe contient une longue, l’antépénultième ne peut recevoir d’accent.
En syllabe finale, les longues reçoivent soit l’aigu soit le circonflexe.
Les diphtongues : oi et ai en finale absolue se comportent le plus souvent comme des brèves du point de vue de l’accentuation.
Pour le grave, il ne se prononce pas et sa seule fonction, purement graphique, est d'indiquer la suppression d'un accent aigu dans l'enchaînement de la phrase. Je vous épargne ici, toute la question des enclitiques.
Voilà, je crois que c'est complet. Mais pour vous en rappeler, au XVIIe siècle, la méthode de grec de
Port-Royal enseignait ces vers aux écoliers :
L’aigu peut en trois lieux passer
Sur brève ou longue se placer.
Le circonflexe une longue aime
En la finale ou pénultième.
Le grave en la fin seule est vu,
Dans le discours et pour l’aigu
Alors Popeye, mettez vos accents et vos esprits.

Vous savez Popeye, omettre ses esprits et ses accents sur les voyelles (et diphtongues) dans les classes de grec classique équivaut à une hérésie, c’est comme apostasier la langue d’Homère, c’est passible d’un bannissement, voire même le bûcher. Peut-on imaginer un instant, Popeye subir le supplice de l’autodafé ? Ficelé à un poteau sur le bûcher, portant le bonnet ridicule indiquant le motif de sa condamnation, libellé en grec sans esprit et sans accent! Alors pour vous aider à vous racheter, voici les règles d’accentuation du grec classique, (idem pour la Koïnè).
A) les esprits
Les esprits marquent toutes les voyelles et diphtongues à l’initiale des mots. On distingue l’esprit doux qui est sans influence sur la prononciation, et l’esprit rude qui indique un h «aspiré».
B) les accents
L’aigu sur les trois dernières syllabes d’un mot, aussi bien sur voyelle brève que sur voyelle longue ou diphtongue.
Le circonflexe sur les deux dernières syllabes, et seulement sur voyelle longue ou diphtongue.
Conséquences A. : L’accent sera obligatoirement aigu :
a) S’il porte sur la syllabe antépénultième (celle qui précède l’avant-dernière)
b) S’il porte sur un omicron ou sur un epsilon (voyelles qui sont toujours brèves)
Conséquences B : Lorsqu’une voyelle alpha, iota, upsilon a le circonflexe, sa quantité est évidente : elle ne peut être que longue.
Règle de la pénultième longue accentuée. Lorsque l’accent porte sur une syllabe pénultième (c’est-à-dire avant-dernière) contenant une voyelle longue ou une diphtongue, Cet accent sera :
a) circonflexe si la finale contient une brève.
b) aigu si la finale contient une longue.
Règle de l’antépénultième. Une antépénultième ne peut recevoir l’accent (aigu seulement, comme nous l’avons vu) que si la dernière syllabe contient une brève. Si la dernière syllabe contient une longue, l’antépénultième ne peut recevoir d’accent.
En syllabe finale, les longues reçoivent soit l’aigu soit le circonflexe.
Les diphtongues : oi et ai en finale absolue se comportent le plus souvent comme des brèves du point de vue de l’accentuation.
Pour le grave, il ne se prononce pas et sa seule fonction, purement graphique, est d'indiquer la suppression d'un accent aigu dans l'enchaînement de la phrase. Je vous épargne ici, toute la question des enclitiques.
Voilà, je crois que c'est complet. Mais pour vous en rappeler, au XVIIe siècle, la méthode de grec de [u][b]Port-Royal[/b][/u] enseignait ces vers aux écoliers :
[i]L’aigu peut en trois lieux passer
Sur brève ou longue se placer.
Le circonflexe une longue aime
En la finale ou pénultième.
Le grave en la fin seule est vu,
Dans le discours et pour l’aigu[/i]
Alors Popeye, mettez vos accents et vos esprits. :)