par Charles » ven. 28 sept. 2007, 16:17
David25 a écrit :Le problème avec votre raisonnement est qu'en cas de contradiction, la tradition est préférée à l'original.
L'original des Evangiles est oral. Ce sont des textes conçus à l'oral, conçus pour être appris par coeur selon les procédés mnémotechniques des traditions orales. L'écrit leur est postérieur, les textes écrits ne furent que des copies de textes oraux, des enregistrements d'une parole vivante. La tradition orale est l'original des Evangiles. Le Christianisme se relie à plus l'oralité judaïque qu'à l'écrit et il se définit même en rupture avec l'écrit - avec la loi écrite, ministère de mort. "La lettre tue"...
Dieu ne nous demande pas "Lis !" mais "Ecoute !" comme "Ecoute Israël" (Dt 6, 4)...
"Écoute la voix du Seigneur ton Dieu" (Dt 30, 10)
"Le Seigneur vint se placer près de lui et il appela comme les autres fois : « Samuel ! Samuel ! » et Samuel répondit : « Parle, ton serviteur écoute. » "(1 S 3, 10)
"Jésus appela la foule et lui dit : « Écoutez et comprenez bien ! » "(Mt 15, 10)
Et l'on pourrait accumuler les citations... Parce que le christianisme se fonde sur une rencontre personnelle, il vit par la parole plus que par l'écrit. L'Eglise est une chaîne de rencontres personnelles, où le Christ est découvert par un homme dans un autre homme qui le lui apporte, et cela depuis la rencontre du Christ et des apôtres.
"Sommes-nous encore en train de nous recommander nous-mêmes ?
Ou bien avons-nous besoin pour cela, comme certaines personnes, d'un document écrit qu'il faudrait vous présenter ou vous demander ?
C'est vous-mêmes qui êtes ce document écrit dans nos coeurs, et que tous les hommes peuvent lire et connaître. De toute évidence, vous êtes ce document venant du Christ, confié à notre ministère, écrit non pas avec de l'encre, mais avec l'Esprit du Dieu vivant, non pas, comme la Loi, sur des tables de pierre, mais dans des coeurs de chair." (2 Co 3, 1-3)
L'Evangile n'est pas un document écrit avec de l'encre sur du papier, s'il l'est c'est secondairement. Premièrement, c'est un document qui est constitué des personnes elles-mêmes composant l'Eglise. L'écrit lui-même du Nouveau Testament nous dit que c'est d'abord hors de l'écrit que réside le message du Christ, dans le document vivant de l'Eglise. Le Nouveau Testament ne nous dit pas "sola scriptura" mais le contraire "écrit avec l'Esprit du Dieu vivant dans des coeurs de chair", il nous dit la tradition d'abord, d'homme à homme, de coeur à coeur.
"Philippe s'approcha en courant, et il entendit que l'homme lisait le prophète lsaïe ; alors il lui demanda :
« Comprends-tu vraiment ce que tu lis ? » L'autre lui répondit : « Comment pourrais-je comprendre s'il n'y a personne pour me guider ? » Il invita donc Philippe à monter et à s'asseoir à côté de lui. Le passage de l'Écriture qu'il lisait était celui-ci :
Comme une brebis, on l'a conduit à l'abattoir,
comme un agneau muet devant le tondeur,
il n'ouvre pas la bouche.
A cause de son humiliation,
sa condamnation a été levée.
Sa destinée, qui la racontera ?
Car sa vie a été retranchée de la terre.
L'eunuque dit à Philippe : « Dis-moi, je te prie : de qui parle-t-il ? De lui-même, ou bien d'un autre ? » Alors Philippe prit la parole, et, à partir de ce passage de l'Écriture, il lui annonça la Bonne Nouvelle de Jésus." (Ac 8, 30-35)
C'est cela la tradition, c'est-à-dire l'Eglise, le message lui-même du Christ, que le texte ne suffit pas à contenir, qui le déborde largement et n'admet que la relation humaine elle-même comme réceptacle adéquat (l'Eglise, la liturgie, les relations humaines marquées du sceau de la croix et de l'Esprit Saint)...
"La Parole me réveille chaque matin,
chaque matin elle me réveille
pour que
j'écoute comme celui qui se laisse instruire." (Is 50, 4)
Derrière "le sola scriptura", la lecture solitaire et l'interprétation individuelle, il y a le refus de se laisser instruire, l'incompréhension de celui qui refuse d'être guidé, rien d'autre au fond que la rupture de l'unité de l'Eglise. L'eunuque et Philippe constituent l'Eglise, le lieu d'une parole vivante échangée entre les hommes, c'est de vive voix que Philippe annonce l'Evangile à l'eunuque, et c'est cela la tradition, c'est-à-dire l'Eglise elle-même. Le "sola scriptura", c'est la solitude et l'erreur de ceux qui ont quitté l'Eglise, ils n'ont rien d'autre que l'écrit et ne peuvent pas justifier de leur foi chrétienne parce que
cet écrit lui-même renvoie à la parole qu'il ont refusé, à la relation humaine et ecclésiale qu'ils ont rompue.
[quote="David25"]Le problème avec votre raisonnement est qu'en cas de contradiction, la tradition est préférée à l'original.[/quote]
L'original des Evangiles est oral. Ce sont des textes conçus à l'oral, conçus pour être appris par coeur selon les procédés mnémotechniques des traditions orales. L'écrit leur est postérieur, les textes écrits ne furent que des copies de textes oraux, des enregistrements d'une parole vivante. La tradition orale est l'original des Evangiles. Le Christianisme se relie à plus l'oralité judaïque qu'à l'écrit et il se définit même en rupture avec l'écrit - avec la loi écrite, ministère de mort. "La lettre tue"...
Dieu ne nous demande pas "Lis !" mais "Ecoute !" comme "Ecoute Israël" (Dt 6, 4)...
"Écoute la voix du Seigneur ton Dieu" (Dt 30, 10)
"Le Seigneur vint se placer près de lui et il appela comme les autres fois : « Samuel ! Samuel ! » et Samuel répondit : « Parle, ton serviteur écoute. » "(1 S 3, 10)
"Jésus appela la foule et lui dit : « Écoutez et comprenez bien ! » "(Mt 15, 10)
Et l'on pourrait accumuler les citations... Parce que le christianisme se fonde sur une rencontre personnelle, il vit par la parole plus que par l'écrit. L'Eglise est une chaîne de rencontres personnelles, où le Christ est découvert par un homme dans un autre homme qui le lui apporte, et cela depuis la rencontre du Christ et des apôtres.
"Sommes-nous encore en train de nous recommander nous-mêmes ?[b] Ou bien avons-nous besoin pour cela, comme certaines personnes, d'un document écrit qu'il faudrait vous présenter ou vous demander ?
C'est vous-mêmes qui êtes ce document écrit dans nos coeurs, et que tous les hommes peuvent lire et connaître. De toute évidence, vous êtes ce document venant du Christ, confié à notre ministère, écrit non pas avec de l'encre, mais avec l'Esprit du Dieu vivant, non pas, comme la Loi, sur des tables de pierre, mais dans des coeurs de chair.[/b]" (2 Co 3, 1-3)
L'Evangile n'est pas un document écrit avec de l'encre sur du papier, s'il l'est c'est secondairement. Premièrement, c'est un document qui est constitué des personnes elles-mêmes composant l'Eglise. L'écrit lui-même du Nouveau Testament nous dit que c'est d'abord hors de l'écrit que réside le message du Christ, dans le document vivant de l'Eglise. Le Nouveau Testament ne nous dit pas "sola scriptura" mais le contraire "écrit avec l'Esprit du Dieu vivant dans des coeurs de chair", il nous dit la tradition d'abord, d'homme à homme, de coeur à coeur.
"Philippe s'approcha en courant, et il entendit que l'homme lisait le prophète lsaïe ; alors il lui demanda : [b]« Comprends-tu vraiment ce que tu lis ? » L'autre lui répondit : « Comment pourrais-je comprendre s'il n'y a personne pour me guider ? »[/b] Il invita donc Philippe à monter et à s'asseoir à côté de lui. Le passage de l'Écriture qu'il lisait était celui-ci :
Comme une brebis, on l'a conduit à l'abattoir,
comme un agneau muet devant le tondeur,
il n'ouvre pas la bouche.
A cause de son humiliation,
sa condamnation a été levée.
Sa destinée, qui la racontera ?
Car sa vie a été retranchée de la terre.
L'eunuque dit à Philippe : « Dis-moi, je te prie : de qui parle-t-il ? De lui-même, ou bien d'un autre ? » Alors Philippe prit la parole, et, à partir de ce passage de l'Écriture, il lui annonça la Bonne Nouvelle de Jésus." (Ac 8, 30-35)
C'est cela la tradition, c'est-à-dire l'Eglise, le message lui-même du Christ, que le texte ne suffit pas à contenir, qui le déborde largement et n'admet que la relation humaine elle-même comme réceptacle adéquat (l'Eglise, la liturgie, les relations humaines marquées du sceau de la croix et de l'Esprit Saint)...
"La Parole me réveille chaque matin,
chaque matin elle me réveille
pour que [b]j'écoute comme celui qui se laisse instruire[/b]." (Is 50, 4)
Derrière "le sola scriptura", la lecture solitaire et l'interprétation individuelle, il y a le refus de se laisser instruire, l'incompréhension de celui qui refuse d'être guidé, rien d'autre au fond que la rupture de l'unité de l'Eglise. L'eunuque et Philippe constituent l'Eglise, le lieu d'une parole vivante échangée entre les hommes, c'est de vive voix que Philippe annonce l'Evangile à l'eunuque, et c'est cela la tradition, c'est-à-dire l'Eglise elle-même. Le "sola scriptura", c'est la solitude et l'erreur de ceux qui ont quitté l'Eglise, ils n'ont rien d'autre que l'écrit et ne peuvent pas justifier de leur foi chrétienne parce que [u]cet écrit lui-même renvoie à la parole qu'il ont refusé, à la relation humaine et ecclésiale qu'ils ont rompue[/u].