par Boris » dim. 28 oct. 2007, 21:52
Pro Liturgia a écrit :L'atmosphère glaciale qui régnait ces jours-ci au Bureau des Célébrations Liturgiques Pontificales était palpable: ceux qui étaient présents à la rencontre entre Monseigneur Piero Marini (transféré à la tête du Comité pour les Congrès Eucharistiques Internationaux) et Monseigneur Guido Marini, nouveau Maître des Cérémonies, parlent d'un très bref et formel passage de consignes concernant les engagements du sortant, tout à sa hâte à quitter le Bureau.
Jeudi soir, lors de l'inauguration de l'exposition sur l'Apocalypse, Monseigneur Piero Marini apparaissait extrêmement nerveux et contrarié, alors que le compte à rebours pour son départ atteignait son terme.
Monseigneur Guido Marini, le successeur de Piero, n'a jamais fait mystère de sa pensée sur les questions liturgiques. Il a été ordonné par le Cardinal Giuseppe Siri, un des derniers Princes de la Sainte Eglise Romaine qui, lorsqu'il officiait à la Cathédrale Saint-Laurent, revêtait habituellement la grande chape, les chaussures rouges à boucles d'or, et le chapeau cardinalice (Mgr Siri avait accueilli à bras ouverts l'Abbé Guérin et la naissante communauté Saint-Martin, alors qu'ils étaient bannis des diocèses de France -n.d.l.r.-); Monseigneur Guido Marini est un des nombreux prêtres de l'Archidiocèse de Gênes qui aiment le latin, le grégorien, la dignité des rites; il a été Cérémoniaire des Archevêques Tarcisio Bertone et Angelo Bagnasco, eux aussi très attentifs au décorum dans la liturgie.
A l'inverse, son homonyme Piero est connu pour son opposition à tout ce qui rappelle même de façon lointaine la tradition rituelle de la Cour Pontificale: à la solennité romaine, il préférait adopter des "cultures" africaines, rites tribaux, danses d'offrandes devant le Pape, liturgies inventées à table au nom de l'inculturation... et l'on ne peut pas oublier son approche chorégraphique selon laquelle la liturgie est un spectacle et comme tel doit être inventée et adaptée: une approche en opposition frontale avec le rite ancien, qualifié de façon méprisante de "vieille liturgie", "incrustations" et "sédimentations". En pratique, l'exact opposé de la pensée de Benoît XVI.
Peut-être pour cette raison, dans son auto-panégyrique envoyé début octobre à la Curie romaine, Piero Marini - qui a justement écrit aux cardinaux et aux prélats pour faire un bilan de son travail comme Cérémoniaire des Papes Jean-Paul II et Benoît XVI - a voulu souligner la liberté dont il jouissait sous Karol Wojtyla, comme pour déplorer de ne pas avoir eu les mains entièrement libres avec le Pontife actuel. De fait, le retour vers leurs bureaux d'origine de la plupart des proches collaborateurs de Monseigneur Piero Marini (qui, après le transfert de celui-ci à la tête du Congrès Eucharistique ont demandé à retrouver leur affectation d'origine au sein de la Curie, comme pour signifier qu'ils n'acceptaient pas le nouveau "chef", c'est-à-dire Guido Marini) devrait souligner le différend avec son successeur et représenter une sorte de mutinerie silencieuse à l'intérieur du Bureau des Célébrations Liturgiques du Souverain Pontife. L'opération, par contre, facilitera certainement l'installation de Monseigneur Guido Marini, en évitant des actions de sabotage à son encontre.
Mais le message du prédécesseur était très clair: "Après moi, le déluge" (en français dans le texte).
Les pères Agostiniens, qui ont en charge les sacristies papales, auront beaucoup de travail dans les jours qui viennent: après plus de vingt ans au cours desquels tout parement traditionnel avait été prohibé, beaucoup de pièces, beaucoup d'armoires devront être rouvertes. Et comme avec Monseigneur Piero Marini, les précieux vêtements sacrés du trésor papal ont été bannis pour faire place à de discutables créations de variétés, on peut supposer que dans les semaines à venir les premières reverront le jour, pour remplacer les secondes.
Sources: beatriceweb.eu
[quote="Pro Liturgia"]L'atmosphère glaciale qui régnait ces jours-ci au Bureau des Célébrations Liturgiques Pontificales était palpable: ceux qui étaient présents à la rencontre entre Monseigneur Piero Marini (transféré à la tête du Comité pour les Congrès Eucharistiques Internationaux) et Monseigneur Guido Marini, nouveau Maître des Cérémonies, parlent d'un très bref et formel passage de consignes concernant les engagements du sortant, tout à sa hâte à quitter le Bureau.
Jeudi soir, lors de l'inauguration de l'exposition sur l'Apocalypse, Monseigneur Piero Marini apparaissait extrêmement nerveux et contrarié, alors que le compte à rebours pour son départ atteignait son terme.
Monseigneur Guido Marini, le successeur de Piero, n'a jamais fait mystère de sa pensée sur les questions liturgiques. Il a été ordonné par le Cardinal Giuseppe Siri, un des derniers Princes de la Sainte Eglise Romaine qui, lorsqu'il officiait à la Cathédrale Saint-Laurent, revêtait habituellement la grande chape, les chaussures rouges à boucles d'or, et le chapeau cardinalice (Mgr Siri avait accueilli à bras ouverts l'Abbé Guérin et la naissante communauté Saint-Martin, alors qu'ils étaient bannis des diocèses de France -n.d.l.r.-); Monseigneur Guido Marini est un des nombreux prêtres de l'Archidiocèse de Gênes qui aiment le latin, le grégorien, la dignité des rites; il a été Cérémoniaire des Archevêques Tarcisio Bertone et Angelo Bagnasco, eux aussi très attentifs au décorum dans la liturgie.
A l'inverse, son homonyme Piero est connu pour son opposition à tout ce qui rappelle même de façon lointaine la tradition rituelle de la Cour Pontificale: à la solennité romaine, il préférait adopter des "cultures" africaines, rites tribaux, danses d'offrandes devant le Pape, liturgies inventées à table au nom de l'inculturation... et l'on ne peut pas oublier son approche chorégraphique selon laquelle la liturgie est un spectacle et comme tel doit être inventée et adaptée: une approche en opposition frontale avec le rite ancien, qualifié de façon méprisante de "vieille liturgie", "incrustations" et "sédimentations". En pratique, l'exact opposé de la pensée de Benoît XVI.
Peut-être pour cette raison, dans son auto-panégyrique envoyé début octobre à la Curie romaine, Piero Marini - qui a justement écrit aux cardinaux et aux prélats pour faire un bilan de son travail comme Cérémoniaire des Papes Jean-Paul II et Benoît XVI - a voulu souligner la liberté dont il jouissait sous Karol Wojtyla, comme pour déplorer de ne pas avoir eu les mains entièrement libres avec le Pontife actuel. De fait, le retour vers leurs bureaux d'origine de la plupart des proches collaborateurs de Monseigneur Piero Marini (qui, après le transfert de celui-ci à la tête du Congrès Eucharistique ont demandé à retrouver leur affectation d'origine au sein de la Curie, comme pour signifier qu'ils n'acceptaient pas le nouveau "chef", c'est-à-dire Guido Marini) devrait souligner le différend avec son successeur et représenter une sorte de mutinerie silencieuse à l'intérieur du Bureau des Célébrations Liturgiques du Souverain Pontife. L'opération, par contre, facilitera certainement l'installation de Monseigneur Guido Marini, en évitant des actions de sabotage à son encontre.
Mais le message du prédécesseur était très clair: "Après moi, le déluge" (en français dans le texte).
Les pères Agostiniens, qui ont en charge les sacristies papales, auront beaucoup de travail dans les jours qui viennent: après plus de vingt ans au cours desquels tout parement traditionnel avait été prohibé, beaucoup de pièces, beaucoup d'armoires devront être rouvertes. Et comme avec Monseigneur Piero Marini, les précieux vêtements sacrés du trésor papal ont été bannis pour faire place à de discutables créations de variétés, on peut supposer que dans les semaines à venir les premières reverront le jour, pour remplacer les secondes.
Sources: beatriceweb.eu[/quote]