par Popeye » mer. 19 déc. 2007, 11:37
- De l'honneur dû à Dieu -
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Il est de ces personnes, dont l'incapacité à comprendre théologiquement le Mystère de l'union hypostatique leur fait attribuer à la nature divine (Dieu) ce qu'il ne faut attribuer qu'à la personne du Verbe, savoir la nature humaine assumée dans l'incarnation. Certains en concluent en faisant passer la nature humaine du côté de la nature divine, conférant à l'homme qu'est le Verbe des attributs qui ne relèvent que de Dieu qu'est le Verbe : monophysisme. D'autres procèdent à l'identique, conférant à la nature divine du Verbe des attributs qui ne relèvent que de la nature humaine du Verbe : monophysisme inversé.
En fait il y a confusion de l'hypostase et l'ousie du Verbe, de sa personne et de sa nature divines.
[NB : Le mot « personne » n'a pas un sens psychologique, mais métaphysique. C'est pourquoi je préfère personnellement user du mot grec « hypostase » qui n'a en français aucune connotation psychologique. Mais si je me met à parler d'hypostase et d'ousie, tout le monde va être largué. Je fais donc avec les moyens du bord.]
La personne du Verbe est de nature divine. La distinction de la personne et de la nature divine est de raison raisonnée : la personne divine est une relation incommunicablement opposée ; la nature divine est le fondement de cette relation. Dit autrement la personne divine est une relation substantielle, la nature divine est la substance qu'est cette relation. La personne divine, en tant précisément qu'elle est divine, n'a pas d'autre perfection que la substance divine qu'elle est, raison pourquoi la relation est transcendantale. On doit donc dire qu'entre la personne divine et sa nature divine il n'y a aucune différence réelle mais seulement de raison (raisonnée). Les Trois personnes, qui sont chacune réellement identiques à la substance divine, sont donc chacune Dieu (« Dieu » étant pris ici pour signifier la Nature Divine concrète commune aux Trois). Nonobstant, elles sont réellement distinctes les unes des autres : autre est le Père, autre est le Fils, autre est l'Esprit. Pourquoi ? Parce que les relations s'opposent corrélativement. Ainsi, le Père et le Fils sont une même chose, une même réalité, un même Dieu, mais ne le sont chacun qu'en s'opposant réellement l'un à l'autre. Aussi dit-on que les personnes divines se posent en s'opposant.
La personne de nature divine qu'est le Verbe a, à un moment donné du temps, assumé une nature humaine. Les textes du Magistère précisent - je les fournirais à qui les demande - que l'union hypostatique est une « union selon la composition » et non une « union selon la relation » ; cet enseignement étant marqué d'un anathème.
On donne ici l'explication de l'union hypostatique propre à l'école dominicaine. C'est la meilleure qui soit, les autres obligeant à professer une union selon la relation.
1. La nature divine est absolument simple ; son essence est existence. Toutes les écoles de théologie s'accordent sur ce point.
2. Dieu le Verbe, par la Nature divine qu'il est de toute éternité, laquelle est identiquement essence et existence, existe l'essence humaine qu'il assume. Cela ne signifie pas que l'essence humaine devient divine, mais seulement que l'essence humaine reçoit d'exister.
3. La substance humaine du Christ, comme toute substance créée, est composée d'essence et d'existence (explications sur demande). L'union hypostatique consiste en ceci que l'exister de cette substance de nature (ou d'essence) humaine est la nature divine de Dieu le Verbe. S'en suit que le terme total de cette union est composé : est composé d'une existence divine et d'une essence humaine. La composition s'entend donc à deux niveaux.
a - Quant à la substance humaine (l'homme) qu'est le Verbe incarné, cet homme est composé, comme toute créature, d'essence et d'existence. Cette composition est intrinsèque à la substance humaine qu'est cet homme.
b - Quant à la personne qu'est le Verbe : Le Verbe est intrinsèquement Dieu, la nature divine étant réellement identique à la personne divine, ainsi qu'on la vu.
En plus d'être Dieu, le Verbe se fait homme. Mais l'essence humaine que le Verbe assume n'altère pas l'essence ou l'existence divine du Verbe : l'union est sans confusion ni mélange (un anathème frappe qui le nie). La nature humaine assumée est donc extrinsèque à la nature divine du Verbe. Nonobstant les deux natures sont unies sans séparation ni division (un anathème frappe qui le nie), puisqu'elles sont l'une et l'autre les natures du Verbe ; l'une étant la nature divine que le Verbe est ; l'autre la nature humaine qu'il assume en l'existant. Ne s'en suit pas que la nature humaine existée par le Verbe s'instille dans la nature divine : l'incarnation ne transforme pas la nature divine, mais ajoute à la personne du Verbe une nature humaine. Et c'est pourquoi le Verbe incarné est vrai Dieu et vrai homme. Ne s'en suit pas que Dieu (la nature divine) est l'homme (la nature humaine), mais le Verbe est Dieu et homme. Aussi dit-on que l'hypostase du Verbe est composante et composée : Elle est composante, puisque par la nature divine qu'elle est, elle compose avec l'essence humaine pour constituer l'homme de Nazareth (composé d'essence et d'existence). Elle est composée, puisqu'en sus d'être intrinsèquement divine, elle est réellement mais extrinsèquement humaine, l'humanité assumée n'altérant pas ce qu'elle est intrinsèquement, savoir sa divinité (ce n'est évidemment pas la nature divine du Verbe qui est composée, mais la personne du Verbe, composée des deux natures qu'elle est).
Le substantif « Dieu » peut signifier soit la nature divine, soit la personne de nature divine. De soi l'usage est libre. On est donc libre de prendre le mot « Dieu » pour signifier la personne de nature divine ou la nature divine. Mais on devient fautif lorsque on passe d'un sens à l'autre au cours d'un même raisonnement. Cela s'appelle un paralogisme, un sophisme. Par exemple, dans le syllogisme suivant : Le mort est mis en
bière, or la
bière est une boisson, donc les morts flottent dans l'alcool ; le
moyen terme, qui permet de relier la majeure et la mineure du syllogisme pour conclure en attribuant le prédicat de la mineure au sujet de la majeure, est pris en deux sens différents ; la conclusion est donc fausse. C'est à ce genre de sophismes que se livre le partisan du monophysisme inversé. La personne du Verbe est de nature humaine autant que de nature divine ; la nature divine n'est pas de nature humaine. Si donc d'une phrase à l'autre il nomme « Dieu » la nature divine puis la personne du Verbe, il procède au sophisme dénoncé. Sophisme qui aboutit inexorablement au blasphème attribuant à raison de l'incarnation, au Verbe pris comme Dieu et non comme homme, la souffrance, l'humilité et autres attributs qui ne conviennent qu'à l'homme.
En effet, l'humilité est la vertu de l'inférieur qui se sait tel. Si donc l'on souhaite attribuer l'humilité au Verbe, ce sera uniquement à raison de sa nature humaine. Prétendre l'attribuer à la Nature divine au prétexte de l'union hypostatique, c'est blasphémer, purement et simplement. Même raisonnement quant à la souffrance. Si l'on prend « Dieu » pour signifier la personne du Verbe, il faudra dire que Dieu est affecté
en son humanité par le péché des hommes, mais qu'il ne l'est nullement en sa divinité. On aimerait lire cette précision dans certains propos. Si maintenant on a le front d'oser dire que Dieu serait affecté par le péché en prenant « Dieu » comme signifiant la nature divine, on est tout à la fois blasphémateur et scandaleux en même temps qu'on cesse d'être catholique, en s'opposant à une profession de foi solennelle d'un Concile Œcuménique : « La sainte Église catholique apostolique romaine croit et professe qu'il n'y a qu'un seul vrai Dieu ... parfaitement heureux en lui même et par lui-même ... » (texte complet au Dz 3001, disponible au site jésusmarie). Si donc Dieu et homme signifient les natures qu'est le Verbe incarné, c'est l'homme seul qui, dans la Passion, est atteint, et nullement Dieu. Voilà pour le discernement des esprits.
Lors donc qu'on affirme, conformément à la foi catholique, que Jésus est pleinement Dieu et pleinement homme, on prend « Dieu » pour signifier la nature divine du Verbe. Le Verbe est vrai Dieu et vrai homme. Le Verbe ne souffre qu’en son humanité. Affirmer cela, en niant que le Verbe souffre en sa divinité, n’est nullement dire que Jésus ferait semblant de mourir : l’homme meurt ; le Dieu ne meurt pas. Si donc, immédiatement après avoir confessé les deux natures en disant de Jésus qu'il est vrai Dieu et vrai homme, on prend « Dieu » pour signifier non plus la nature divine mais la personne en deux natures qu'est le Verbe incarné, on aboutit à des propos d'une extrêmement ambiguïté, le changement sémantique amenant le lecteur à s'interroger quant à l'orthodoxie de l'auteur. En vérité, par nos péchés nous n’avons pas tué la nature divine mais la nature humaine du Verbe. L’affirmation du déicide consiste donc exclusivement en ceci que, prenant « Dieu » comme nom de personne et non comme nom de nature, nous affirmons que nous avons tué Dieu
en son humanité. En fait de deux choses l’une. Soit l'on tient que Dieu (pris comme nom de personne) est, en sa divinité, petit, humble ; que c’est en sa divinité qu’il a souffert la Passion et qu'il est mort. On est alors dans le blasphème et l'hérésie. Soit l'on tient que Dieu n’est humble et petit qu’en son humanité, n’étant en sa divinité ni humble (vertu de
l’inférieur) ni orgueilleux (vice de
l'inférieur qui pète plus haut que son cul). Auquel cas nul blasphème ni hérésie.
J'ajoute ceci, pour prémunir le lecteur du venin des hétérodoxes, que certains de ces derniers subvertissent le sens des mots pour se donner le vernis de l'orthodoxie. Les fauteurs diront ainsi que la Toute Puissance divine est une puissance d'Amour qui se donne humblement à qui le veut, et qui demeure désemparée et souffrante devant qui la refuse. La Toute Puissance est donc faiblesse ; sa Grandeur, humilité et petitesse bien comprises ; sa Perfection, l'imperfection du faible, du souffrant ... Subvertion du langage pour donner à l'hérésie l'apparence de l'orthodoxie. Procédé factieux, procédé captieux, procédé typique des hérétiques ayant des prétentions à l'orthodoxie.
Ajoutons que la Toute-Puissance ne découle pas de la Miséricorde : C'est l'inverse. Dieu est Tout-Puissant parce qu’il est Acte Pur Infini, et que l’acte est puissance active. Acte Pur donc identiquement Souverainement Bon et Infiniment Puissant. La Toute Puissance est un attribut théologique. La Miséricorde un attribut économique, relative à la diffusion ad extra du Bien diffusif de soi. Mieux encore à la diffusion ad extra par delà le péché de la créature. Ce n'est donc pas la Miséricorde qui est au principe de l'Omnipotence.
On comprend donc que s'opposer fermement à tout discours attribuant à la Divinité du Verbe incarné les faiblesses de l'humanité du Verbe incarné n'est nullement dérive mahométane, mais affirmation pure et simple de l'orthodoxie catholique fasse à des négateurs irresponsables, scandaleux, blasphémateurs, hérétiques
Par où enfin se prouve que ce qui est caché à l'intelligence des mondains ne l'est pas à celle des théologiens.
Je répondrais dans quelques jours à l'objection d'une prétendue opposition du Dieu biblique et du Dieu scolastique.
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Il est de ces personnes, dont l'incapacité à comprendre théologiquement le Mystère de l'union hypostatique leur fait attribuer à la nature divine (Dieu) ce qu'il ne faut attribuer qu'à la personne du Verbe, savoir la nature humaine assumée dans l'incarnation. Certains en concluent en faisant passer la nature humaine du côté de la nature divine, conférant à l'homme qu'est le Verbe des attributs qui ne relèvent que de Dieu qu'est le Verbe : monophysisme. D'autres procèdent à l'identique, conférant à la nature divine du Verbe des attributs qui ne relèvent que de la nature humaine du Verbe : monophysisme inversé.
En fait il y a confusion de l'hypostase et l'ousie du Verbe, de sa personne et de sa nature divines. [size=85][NB : Le mot « personne » n'a pas un sens psychologique, mais métaphysique. C'est pourquoi je préfère personnellement user du mot grec « hypostase » qui n'a en français aucune connotation psychologique. Mais si je me met à parler d'hypostase et d'ousie, tout le monde va être largué. Je fais donc avec les moyens du bord.][/size]
La personne du Verbe est de nature divine. La distinction de la personne et de la nature divine est de raison raisonnée : la personne divine est une relation incommunicablement opposée ; la nature divine est le fondement de cette relation. Dit autrement la personne divine est une relation substantielle, la nature divine est la substance qu'est cette relation. La personne divine, en tant précisément qu'elle est divine, n'a pas d'autre perfection que la substance divine qu'elle est, raison pourquoi la relation est transcendantale. On doit donc dire qu'entre la personne divine et sa nature divine il n'y a aucune différence réelle mais seulement de raison (raisonnée). Les Trois personnes, qui sont chacune réellement identiques à la substance divine, sont donc chacune Dieu (« Dieu » étant pris ici pour signifier la Nature Divine concrète commune aux Trois). Nonobstant, elles sont réellement distinctes les unes des autres : autre est le Père, autre est le Fils, autre est l'Esprit. Pourquoi ? Parce que les relations s'opposent corrélativement. Ainsi, le Père et le Fils sont une même chose, une même réalité, un même Dieu, mais ne le sont chacun qu'en s'opposant réellement l'un à l'autre. Aussi dit-on que les personnes divines se posent en s'opposant.
La personne de nature divine qu'est le Verbe a, à un moment donné du temps, assumé une nature humaine. Les textes du Magistère précisent - je les fournirais à qui les demande - que l'union hypostatique est une « union selon la composition » et non une « union selon la relation » ; cet enseignement étant marqué d'un anathème.
On donne ici l'explication de l'union hypostatique propre à l'école dominicaine. C'est la meilleure qui soit, les autres obligeant à professer une union selon la relation.
1. La nature divine est absolument simple ; son essence est existence. Toutes les écoles de théologie s'accordent sur ce point.
2. Dieu le Verbe, par la Nature divine qu'il est de toute éternité, laquelle est identiquement essence et existence, existe l'essence humaine qu'il assume. Cela ne signifie pas que l'essence humaine devient divine, mais seulement que l'essence humaine reçoit d'exister.
3. La substance humaine du Christ, comme toute substance créée, est composée d'essence et d'existence (explications sur demande). L'union hypostatique consiste en ceci que l'exister de cette substance de nature (ou d'essence) humaine est la nature divine de Dieu le Verbe. S'en suit que le terme total de cette union est composé : est composé d'une existence divine et d'une essence humaine. La composition s'entend donc à deux niveaux.
a - Quant à la substance humaine (l'homme) qu'est le Verbe incarné, cet homme est composé, comme toute créature, d'essence et d'existence. Cette composition est intrinsèque à la substance humaine qu'est cet homme.
b - Quant à la personne qu'est le Verbe : Le Verbe est intrinsèquement Dieu, la nature divine étant réellement identique à la personne divine, ainsi qu'on la vu. [b]En plus d'être Dieu, le Verbe se fait homme. Mais l'essence humaine que le Verbe assume n'altère pas l'essence ou l'existence divine du Verbe : l'union est sans confusion ni mélange (un anathème frappe qui le nie). La nature humaine assumée est donc extrinsèque à la nature divine du Verbe. Nonobstant les deux natures sont unies sans séparation ni division (un anathème frappe qui le nie), puisqu'elles sont l'une et l'autre les natures du Verbe ; l'une étant la nature divine que le Verbe est ; l'autre la nature humaine qu'il assume en l'existant. Ne s'en suit pas que la nature humaine existée par le Verbe s'instille dans la nature divine : l'incarnation ne transforme pas la nature divine, mais ajoute à la personne du Verbe une nature humaine. Et c'est pourquoi le Verbe incarné est vrai Dieu et vrai homme. Ne s'en suit pas que Dieu (la nature divine) est l'homme (la nature humaine), mais le Verbe est Dieu et homme.[/b] Aussi dit-on que l'hypostase du Verbe est composante et composée : Elle est composante, puisque par la nature divine qu'elle est, elle compose avec l'essence humaine pour constituer l'homme de Nazareth (composé d'essence et d'existence). Elle est composée, puisqu'en sus d'être intrinsèquement divine, elle est réellement mais extrinsèquement humaine, l'humanité assumée n'altérant pas ce qu'elle est intrinsèquement, savoir sa divinité (ce n'est évidemment pas la nature divine du Verbe qui est composée, mais la personne du Verbe, composée des deux natures qu'elle est).
Le substantif « Dieu » peut signifier soit la nature divine, soit la personne de nature divine. De soi l'usage est libre. On est donc libre de prendre le mot « Dieu » pour signifier la personne de nature divine ou la nature divine. Mais on devient fautif lorsque on passe d'un sens à l'autre au cours d'un même raisonnement. Cela s'appelle un paralogisme, un sophisme. Par exemple, dans le syllogisme suivant : Le mort est mis en [i]bière[/i], or la [i]bière[/i] est une boisson, donc les morts flottent dans l'alcool ; le [i]moyen terme[/i], qui permet de relier la majeure et la mineure du syllogisme pour conclure en attribuant le prédicat de la mineure au sujet de la majeure, est pris en deux sens différents ; la conclusion est donc fausse. C'est à ce genre de sophismes que se livre le partisan du monophysisme inversé. La personne du Verbe est de nature humaine autant que de nature divine ; la nature divine n'est pas de nature humaine. Si donc d'une phrase à l'autre il nomme « Dieu » la nature divine puis la personne du Verbe, il procède au sophisme dénoncé. Sophisme qui aboutit inexorablement au blasphème attribuant à raison de l'incarnation, au Verbe pris comme Dieu et non comme homme, la souffrance, l'humilité et autres attributs qui ne conviennent qu'à l'homme.
En effet, l'humilité est la vertu de l'inférieur qui se sait tel. Si donc l'on souhaite attribuer l'humilité au Verbe, ce sera uniquement à raison de sa nature humaine. Prétendre l'attribuer à la Nature divine au prétexte de l'union hypostatique, c'est blasphémer, purement et simplement. Même raisonnement quant à la souffrance. Si l'on prend « Dieu » pour signifier la personne du Verbe, il faudra dire que Dieu est affecté [u]en son humanité[/u] par le péché des hommes, mais qu'il ne l'est nullement en sa divinité. On aimerait lire cette précision dans certains propos. Si maintenant on a le front d'oser dire que Dieu serait affecté par le péché en prenant « Dieu » comme signifiant la nature divine, on est tout à la fois blasphémateur et scandaleux en même temps qu'on cesse d'être catholique, en s'opposant à une profession de foi solennelle d'un Concile Œcuménique : « La sainte Église catholique apostolique romaine croit et professe qu'il n'y a qu'un seul vrai Dieu ... parfaitement heureux en lui même et par lui-même ... » (texte complet au Dz 3001, disponible au site jésusmarie). Si donc Dieu et homme signifient les natures qu'est le Verbe incarné, c'est l'homme seul qui, dans la Passion, est atteint, et nullement Dieu. Voilà pour le discernement des esprits.
Lors donc qu'on affirme, conformément à la foi catholique, que Jésus est pleinement Dieu et pleinement homme, on prend « Dieu » pour signifier la nature divine du Verbe. Le Verbe est vrai Dieu et vrai homme. Le Verbe ne souffre qu’en son humanité. Affirmer cela, en niant que le Verbe souffre en sa divinité, n’est nullement dire que Jésus ferait semblant de mourir : l’homme meurt ; le Dieu ne meurt pas. Si donc, immédiatement après avoir confessé les deux natures en disant de Jésus qu'il est vrai Dieu et vrai homme, on prend « Dieu » pour signifier non plus la nature divine mais la personne en deux natures qu'est le Verbe incarné, on aboutit à des propos d'une extrêmement ambiguïté, le changement sémantique amenant le lecteur à s'interroger quant à l'orthodoxie de l'auteur. En vérité, par nos péchés nous n’avons pas tué la nature divine mais la nature humaine du Verbe. L’affirmation du déicide consiste donc exclusivement en ceci que, prenant « Dieu » comme nom de personne et non comme nom de nature, nous affirmons que nous avons tué Dieu [u]en son humanité[/u]. En fait de deux choses l’une. Soit l'on tient que Dieu (pris comme nom de personne) est, en sa divinité, petit, humble ; que c’est en sa divinité qu’il a souffert la Passion et qu'il est mort. On est alors dans le blasphème et l'hérésie. Soit l'on tient que Dieu n’est humble et petit qu’en son humanité, n’étant en sa divinité ni humble (vertu de [i]l’inférieur[/i]) ni orgueilleux (vice de [i]l'inférieur[/i] qui pète plus haut que son cul). Auquel cas nul blasphème ni hérésie.
J'ajoute ceci, pour prémunir le lecteur du venin des hétérodoxes, que certains de ces derniers subvertissent le sens des mots pour se donner le vernis de l'orthodoxie. Les fauteurs diront ainsi que la Toute Puissance divine est une puissance d'Amour qui se donne humblement à qui le veut, et qui demeure désemparée et souffrante devant qui la refuse. La Toute Puissance est donc faiblesse ; sa Grandeur, humilité et petitesse bien comprises ; sa Perfection, l'imperfection du faible, du souffrant ... Subvertion du langage pour donner à l'hérésie l'apparence de l'orthodoxie. Procédé factieux, procédé captieux, procédé typique des hérétiques ayant des prétentions à l'orthodoxie.
Ajoutons que la Toute-Puissance ne découle pas de la Miséricorde : C'est l'inverse. Dieu est Tout-Puissant parce qu’il est Acte Pur Infini, et que l’acte est puissance active. Acte Pur donc identiquement Souverainement Bon et Infiniment Puissant. La Toute Puissance est un attribut théologique. La Miséricorde un attribut économique, relative à la diffusion ad extra du Bien diffusif de soi. Mieux encore à la diffusion ad extra par delà le péché de la créature. Ce n'est donc pas la Miséricorde qui est au principe de l'Omnipotence.
On comprend donc que s'opposer fermement à tout discours attribuant à la Divinité du Verbe incarné les faiblesses de l'humanité du Verbe incarné n'est nullement dérive mahométane, mais affirmation pure et simple de l'orthodoxie catholique fasse à des négateurs irresponsables, scandaleux, blasphémateurs, hérétiques
Par où enfin se prouve que ce qui est caché à l'intelligence des mondains ne l'est pas à celle des théologiens.
Je répondrais dans quelques jours à l'objection d'une prétendue opposition du Dieu biblique et du Dieu scolastique.