par cmoi » lun. 16 déc. 2019, 14:50
Oui, une malédiction qui se transforme en bénédiction : rendre le bien pour le mal, je comprends...
Voilà une petite méditation personnelle à quoi cela m'invite, car j'ai toujours eu du mal avec la notion de "sacrifice nécessaire" qui me semble contrarier l'idée de pardon, qui doit être gratuit.
Je me suis mis un instant à Sa place, celle du seul et unique vrai solitaire, jouissant d’un sempiternel émerveillement infus et merveilleux, et je comprends l’acte de création comme la satisfaction du désir de partager ce contentement, une parole qui a voulu que nous ne soyons que cela, des êtres éblouis, émerveillés, dissous, dans lesquels il puisse voir en chacun comme un éclat à la fois fugitif et définitif (sans quoi pourquoi le multiplier) de son reflet.
La beauté ne se plaint pas de notre absence, elle n’a aucune valeur monnayable.
Notre pensée, notre réflexion, cet exercice qui consiste à activer nos neurones, est-ce un travail et cela participe-t-il en tant que tel de notre rédemption ?
Il me semble au contraire que c’est précisément ce qu’il y a en nous de trop dès lors que nous nous en servons pour autre chose que satisfaire à nos besoins élémentaires, comme si cela seul résistait à l’amour de Dieu qui chercherait parfois à s’en faire pardonner en l’imaginant, et je comprends mon amour des animaux : ce sont des êtres saints, plus que tous les objets que nous fabriquons, et je comprends le sens que cela avait de les sacrifier !
J’ai honte que nous l’ayons fait, nous aurions dû nous proposer en monnaie d’échange et forcer une réconciliation avant qu’Il ne vienne verser Son sang.
Cette condamnation de nos raisonnements n’en est que le fruit pourri, assurément, tant l’idée que nous avons manqué le coche nous habite avec la peur de le recommencer et l’impression qu’il ne repassera plus.
Ces juifs affirmaient que non : "même pas peur !"
Ainsi sommes-nous aujourd’hui prêts à nous enfermer dans l’échec et sacrifier nos vies pour préserver nos chances de connaître une béatitude future.
De sauver la beauté.
Ne vous êtes-vous jamais fait la réflexion, face à la beauté, à sa gratuité, que bien qu’éphémère, elle sera toujours aussi présente et belle après votre mort et même la disparition de ce qui la porte ?
Que l’énormité de vos fautes, de ce que votre conscience vous reproche, ne l’atteint pas ?
Ne vous êtes-vous jamais senti absorbés dans l’absolue sincérité d’un regret : celui qui s’éprouve à l’idée qu’une beauté puisse être ignorée, inutile ?
Vous connaissez la discussion philosophique qui prétend qu’une chaise n’existe que si quelqu’un est là pour la penser en tant que chaise, et non comme un informe assemblage hétéroclite de matériaux.
Mais lui sommes-nous nécessaire ? Le contraire exhausse le don de la vie que nous ne lui rendons pas par de la gratitude, mais en nous efforçant d’être vrai…
C’est cela cette beauté et nous pouvons en imaginer d’autres…
Cette beauté et je pourrais le dire de n’importe laquelle pourvu qu’elle soit vraie et gratuite comme toutes celles qui sont authentiques, il est consolant de savoir qu’il y aura quand même au moins alors Dieu pour la voir et l’apprécier.
La souffrance que ce sentiment fait disparaître est insuffisante pour n’être pas fortuite, mais il me semble qu’elle exprime ce que l’humanité a de meilleur.
Ce n’est pas une preuve de l’existence de Dieu, ou de notre péché, quoique ce serait précisément peut-être bien celle que je voudrais partager.
Oui, une malédiction qui se transforme en bénédiction : rendre le bien pour le mal, je comprends...
Voilà une petite méditation personnelle à quoi cela m'invite, car j'ai toujours eu du mal avec la notion de "sacrifice nécessaire" qui me semble contrarier l'idée de pardon, qui doit être gratuit.
Je me suis mis un instant à Sa place, celle du seul et unique vrai solitaire, jouissant d’un sempiternel émerveillement infus et merveilleux, et je comprends l’acte de création comme la satisfaction du désir de partager ce contentement, une parole qui a voulu que nous ne soyons que cela, des êtres éblouis, émerveillés, dissous, dans lesquels il puisse voir en chacun comme un éclat à la fois fugitif et définitif (sans quoi pourquoi le multiplier) de son reflet.
La beauté ne se plaint pas de notre absence, elle n’a aucune valeur monnayable.
Notre pensée, notre réflexion, cet exercice qui consiste à activer nos neurones, est-ce un travail et cela participe-t-il en tant que tel de notre rédemption ?
Il me semble au contraire que c’est précisément ce qu’il y a en nous de trop dès lors que nous nous en servons pour autre chose que satisfaire à nos besoins élémentaires, comme si cela seul résistait à l’amour de Dieu qui chercherait parfois à s’en faire pardonner en l’imaginant, et je comprends mon amour des animaux : ce sont des êtres saints, plus que tous les objets que nous fabriquons, et je comprends le sens que cela avait de les sacrifier !
J’ai honte que nous l’ayons fait, nous aurions dû nous proposer en monnaie d’échange et forcer une réconciliation avant qu’Il ne vienne verser Son sang.
Cette condamnation de nos raisonnements n’en est que le fruit pourri, assurément, tant l’idée que nous avons manqué le coche nous habite avec la peur de le recommencer et l’impression qu’il ne repassera plus.
Ces juifs affirmaient que non : "même pas peur !"
Ainsi sommes-nous aujourd’hui prêts à nous enfermer dans l’échec et sacrifier nos vies pour préserver nos chances de connaître une béatitude future.
De sauver la beauté.
Ne vous êtes-vous jamais fait la réflexion, face à la beauté, à sa gratuité, que bien qu’éphémère, elle sera toujours aussi présente et belle après votre mort et même la disparition de ce qui la porte ?
Que l’énormité de vos fautes, de ce que votre conscience vous reproche, ne l’atteint pas ?
Ne vous êtes-vous jamais senti absorbés dans l’absolue sincérité d’un regret : celui qui s’éprouve à l’idée qu’une beauté puisse être ignorée, inutile ?
Vous connaissez la discussion philosophique qui prétend qu’une chaise n’existe que si quelqu’un est là pour la penser en tant que chaise, et non comme un informe assemblage hétéroclite de matériaux.
Mais lui sommes-nous nécessaire ? Le contraire exhausse le don de la vie que nous ne lui rendons pas par de la gratitude, mais en nous efforçant d’être vrai…
C’est cela cette beauté et nous pouvons en imaginer d’autres…
Cette beauté et je pourrais le dire de n’importe laquelle pourvu qu’elle soit vraie et gratuite comme toutes celles qui sont authentiques, il est consolant de savoir qu’il y aura quand même au moins alors Dieu pour la voir et l’apprécier.
La souffrance que ce sentiment fait disparaître est insuffisante pour n’être pas fortuite, mais il me semble qu’elle exprime ce que l’humanité a de meilleur.
Ce n’est pas une preuve de l’existence de Dieu, ou de notre péché, quoique ce serait précisément peut-être bien celle que je voudrais partager.