par Xavi » mar. 25 févr. 2020, 16:10
Au cœur de ce petit livre, il y a la question du célibat des prêtres.
Dès l’introduction, notre pape émérite rejoint pleinement le cardinal Sarah pour nous dire : « Nous savons que Jésus est là, avec nous, dans la barque » et « Nous voulons lui redire ce grand « oui » que nous lui avons dit le jour de notre ordination. C’est ce « oui » total que notre célibat sacerdotal nous fait vivre chaque jour. Car notre célibat est une proclamation de foi. » (p. 24)
Dans la nouvelle exhortation Querida Amazonia du Pape François, on ne trouve pas le mot « célibat » qui a tant agité les médias avant le synode sur l’Amazonie qui fait l’objet de cette exhortation et le Saint-Père n’approche le sujet que très discrètement lorsqu’il évoque « La force et le don des femmes ».
Simple mais forte allusion au rôle d’époux du Christ et à la double qualité d’épouse et de mère de l’Église « Car le Seigneur a voulu manifester son pouvoir et son amour à travers deux visages humains : celui de son divin Fils fait homme et celui d’une créature qui est une femme, Marie. »
Et, selon le Saint-Père, « Jésus-Christ se présente comme Époux de la communauté qui célèbre l’Eucharistie à travers la figure d’un homme qui la préside comme signe de l’unique Prêtre. Ce dialogue entre l’Époux et l’épouse, qui s’élève dans l’adoration et qui sanctifie la communauté, ne devrait pas nous enfermer dans des approches partielles sur le pouvoir dans l’Église. » (Querida Amazonia, n° 101).
À une époque où toute différence des genres est souvent perçue comme une discrimination insupportable, il s’agit d’une interpellation profonde. Est-il fortuit ou sans signification que Dieu se soit fait humain, en s’incarnant en homme masculin ? Est-il fortuit ou sans signification que l’Église soit considérée comme une figure féminine, comme une épouse et une mère ?
C’est, dans ce contexte et dans un désir commun d’expliciter ces questions par rapport au célibat des prêtres, que le pape émérite Benoît XVI et le cardinal Sarah nous partagent leurs réflexions.
Le texte de notre pape émérite présente diverses réflexions théologiques dans un style assez prudent et réservé parfois difficile comme lorsqu’il nous présente, par exemple, « L’élaboration néotestamentaire dans l’exégèse christologico-pneumatologique » (p. 31).
Le texte plus long du cardinal Sarah, beaucoup plus accessible, paraît un cri de douleur et d’inquiétude rempli d’émotion.
L’Église souffre.
Pas question ici de reculer devant les déséquilibres de certains prêtres célibataires et les abus sexuels qui remplissent les médias.
Le cardinal Sarah exprime une foi forte qui explicite ce que le Pape François n’aborde que discrètement dans son exhortation, « conforté dans l’idée que la possibilité d’ordonner des hommes mariés serait une catastrophe pastorale, une confusion ecclésiologique et un obscurcissement dans la compréhension du sacerdoce » (p. 78).
« Le prêtre n’est pas seulement celui qui accomplit une fonction sacrificielle. Il est celui qui s’offre lui-même en sacrifice par amour à la suite du Christ. » (p. 79)
« les pauvres savent qu’un prêtre qui a renoncé au mariage leur fait don de tout son amour sponsal … savent discerner avec les yeux de la foi la présence du Christ-Époux de l’Église dans le prêtre célibataire. » (p. 84-85)
« Le concile Vatican II a mis en valeur la dignité du mariage comme voie propre de sainteté par la vie conjugale. Cet état de vie suppose cependant que les époux placent le lien qui les unit au-dessus de tout autre. Ordonner prêtre un homme marié reviendrait à amoindrir la dignité du mariage et à réduire le sacerdoce à une fonction. » (p. 93-94)
Citant Saint Jean-Paul II, le cardinal Sarah rappelle que « le célibat sacerdotal découle de ce que le concile a désigné comme l’essence du caractère et de la grâce propres au sacrement de l’Ordre : l’habilitation à représenter le Christ-Tête pour le Corps qu’est l’Église-Épouse » et que « L’Église, comme Épouse de Jésus-Christ, veut être aimée par le prêtre de la manière totale et exclusive avec laquelle Jésus-Christ, Tête et Époux, l’a aimée. » (p. 97)
« L’Église a besoin que des hommes l’aiment de l’amour même du Christ-Époux.
Sans la présence du prêtre célibataire, l’Église ne peut plus prendre conscience qu’elle est l’épouse du Christ. » (p. 98)
« Il y a une véritable analogie entre le sacrement de mariage et la sacrement de l’Ordre qui culminent tous les deux dans un don total. Voilà pourquoi ces deux sacrements sont exclusifs l’un de l’autre. » (p.99-100)
« Le prêtre, par sa représentation du Christ-Époux à laquelle est pleinement intégrée sa sexuation masculine, se trouve aussi dans une relation de complémentarité avec la femme qui représente de façon iconique l’Épouse-Église. » (p. 104)
« Le Christ s’est offert sur l’autel de la Croix. Chaque jour, le prêtre renouvelle cette oblation en prononçant les mots « ceci est mon corps livré pour vous ». Ces paroles prennent pour lui le sens de l’entrée dans l’offrande virginale du Christ. Chaque fois qu’un prêtre redit « ceci est mon corps », il offre son corps sexué en continuité avec le sacrifice de la Croix. » (p. 130)
« En effet, à l’autel, je ne préside pas cette messe qui nous réunit. C’est Jésus qui la préside en moi. Bien que j’en sois indigne, Jésus est vraiment présent en la personne du célébrant. Je suis le Christ : quelle affirmation terrifiante ! » (p.132-133)
« Le Christ est vraiment l’Époux de l’Église. Le prêtre à son tour se livre pour toute l’Église. Le célibat manifeste ce don, il en est le signe concret et vital. » (p. 160)
Et, le pape émérite Benoît XVI en rend cet hommage : « Je remercie le cher cardinal Sarah de m’avoir donné l’occasion de goûter à nouveau la saveur des textes de la parole de Dieu qui ont guidé mes pas chaque jour de ma vie de prêtre » (p. 31).
Au cœur de ce petit livre, il y a la question du célibat des prêtres.
Dès l’introduction, notre pape émérite rejoint pleinement le cardinal Sarah pour nous dire : « [i]Nous savons que Jésus est là, avec nous, dans la barque[/i] » et « [i]Nous voulons lui redire ce grand « oui » que nous lui avons dit le jour de notre ordination. C’est ce « oui » total que notre célibat sacerdotal nous fait vivre chaque jour. Car notre célibat est une proclamation de foi[/i]. » (p. 24)
Dans la nouvelle exhortation [i][b]Querida Amazonia[/b][/i] du Pape François, on ne trouve pas le mot « [i]célibat[/i] » qui a tant agité les médias avant le synode sur l’Amazonie qui fait l’objet de cette exhortation et le Saint-Père n’approche le sujet que très discrètement lorsqu’il évoque « [i]La force et le don des femmes[/i] ».
Simple mais forte allusion au rôle d’époux du Christ et à la double qualité d’épouse et de mère de l’Église « [i]Car le Seigneur a voulu manifester son pouvoir et son amour à travers deux visages humains : celui de son divin Fils fait homme et celui d’une créature qui est une femme, Marie.[/i] »
Et, selon le Saint-Père, « [i]Jésus-Christ se présente comme Époux de la communauté qui célèbre l’Eucharistie à travers la figure d’un homme qui la préside comme signe de l’unique Prêtre. Ce dialogue entre l’Époux et l’épouse, qui s’élève dans l’adoration et qui sanctifie la communauté, ne devrait pas nous enfermer dans des approches partielles sur le pouvoir dans l’Église.[/i] » ([i][b]Querida Amazonia[/b][/i], n° 101).
À une époque où toute différence des genres est souvent perçue comme une discrimination insupportable, il s’agit d’une interpellation profonde. Est-il fortuit ou sans signification que Dieu se soit fait humain, en s’incarnant en homme masculin ? Est-il fortuit ou sans signification que l’Église soit considérée comme une figure féminine, comme une épouse et une mère ?
C’est, dans ce contexte et dans un désir commun d’expliciter ces questions par rapport au célibat des prêtres, que le pape émérite Benoît XVI et le cardinal Sarah nous partagent leurs réflexions.
Le texte de notre pape émérite présente diverses réflexions théologiques dans un style assez prudent et réservé parfois difficile comme lorsqu’il nous présente, par exemple, « [i]L’élaboration néotestamentaire dans l’exégèse christologico-pneumatologique [/i]» (p. 31).
Le texte plus long du cardinal Sarah, beaucoup plus accessible, paraît un cri de douleur et d’inquiétude rempli d’émotion.
L’Église souffre.
Pas question ici de reculer devant les déséquilibres de certains prêtres célibataires et les abus sexuels qui remplissent les médias.
Le cardinal Sarah exprime une foi forte qui explicite ce que le Pape François n’aborde que discrètement dans son exhortation, « [i]conforté dans l’idée que la possibilité d’ordonner des hommes mariés serait une catastrophe pastorale, une confusion ecclésiologique et un obscurcissement dans la compréhension du sacerdoce[/i] » (p. 78).
« [i]Le prêtre n’est pas seulement celui qui accomplit une fonction sacrificielle. Il est celui qui s’offre lui-même en sacrifice par amour à la suite du Christ. [/i]» (p. 79)
«[i] les pauvres savent qu’un prêtre qui a renoncé au mariage leur fait don de tout son amour sponsal … savent discerner avec les yeux de la foi la présence du Christ-Époux de l’Église dans le prêtre célibataire.[/i] » (p. 84-85)
« [i]Le concile Vatican II a mis en valeur la dignité du mariage comme voie propre de sainteté par la vie conjugale. Cet état de vie suppose cependant que les époux placent le lien qui les unit au-dessus de tout autre. Ordonner prêtre un homme marié reviendrait à amoindrir la dignité du mariage et à réduire le sacerdoce à une fonction.[/i] » (p. 93-94)
Citant Saint Jean-Paul II, le cardinal Sarah rappelle que « [i]le célibat sacerdotal découle de ce que le concile a désigné comme l’essence du caractère et de la grâce propres au sacrement de l’Ordre : l’habilitation à représenter le Christ-Tête pour le Corps qu’est l’Église-Épouse[/i] » et que « [i]L’Église, comme Épouse de Jésus-Christ, veut être aimée par le prêtre de la manière totale et exclusive avec laquelle Jésus-Christ, Tête et Époux, l’a aimée. [/i]» (p. 97)
« L[i]’Église a besoin que des hommes l’aiment de l’amour même du Christ-Époux.
Sans la présence du prêtre célibataire, l’Église ne peut plus prendre conscience qu’elle est l’épouse du Christ.[/i] » (p. 98)
«[i] Il y a une véritable analogie entre le sacrement de mariage et la sacrement de l’Ordre qui culminent tous les deux dans un don total. Voilà pourquoi ces deux sacrements sont exclusifs l’un de l’autre.[/i] » (p.99-100)
« [i]Le prêtre, par sa représentation du Christ-Époux à laquelle est pleinement intégrée sa sexuation masculine, se trouve aussi dans une relation de complémentarité avec la femme qui représente de façon iconique l’Épouse-Église.[/i] » (p. 104)
« [i]Le Christ s’est offert sur l’autel de la Croix. Chaque jour, le prêtre renouvelle cette oblation en prononçant les mots « ceci est mon corps livré pour vous ». Ces paroles prennent pour lui le sens de l’entrée dans l’offrande virginale du Christ. Chaque fois qu’un prêtre redit « ceci est mon corps », il offre son corps sexué en continuité avec le sacrifice de la Croix[/i]. » (p. 130)
« [i]En effet, à l’autel, je ne préside pas cette messe qui nous réunit. C’est Jésus qui la préside en moi. Bien que j’en sois indigne, Jésus est vraiment présent en la personne du célébrant. Je suis le Christ : quelle affirmation terrifiante ! [/i]» (p.132-133)
« [i]Le Christ est vraiment l’Époux de l’Église. Le prêtre à son tour se livre pour toute l’Église. Le célibat manifeste ce don, il en est le signe concret et vital.[/i] » (p. 160)
Et, le pape émérite Benoît XVI en rend cet hommage : « [i]Je remercie le cher cardinal Sarah de m’avoir donné l’occasion de goûter à nouveau la saveur des textes de la parole de Dieu qui ont guidé mes pas chaque jour de ma vie de prêtre [/i]» (p. 31).