PTP a écrit:
En toi Seigneur, nos vies reposent
Et prennent force dans la nuit ;
Tu nous prépares à ton aurore
Et tu nous gardes dans l'Esprit.
Déjà levé sur d'autres terres,
Le jour éveille les cités ;
Ami des hommes, vois leur peine
Et donne-leur la joie d'aimer.
Vainqueur du mal et des ténèbres,
Ô Fils de Dieu ressuscité,
Délivre-nous de l'adversaire
Et conduis-nous vers ta clarté !
On se demande ce que le 2nd couplet vient faire ici : les autres terres, le jour et les cités. On note aussi cette rhétorique mise en place après le concile et qui a vidé tant d'églises : "ami des hommes".
Jésus se présente comme le Seigneur, le Sauveur où à la rigueur le Frère (par sa condition d'homme). Ce qui est nettement plus fort qu'un ami grâce au lien de parenté.
Dans cette hymne non traditionnelle (puisque le droit d'auteur reveient au CNPL donc moins de 40 ans), il n'y que 3 versets de prière : "donne leur la joie d'aimer" puis "Délivre-nous de l'adversaire, Et conduis-nous vers ta clarté".
Car où est la prière lorsque le texte exprime une simple constatation (les 2 premiers versets par exemple ou bien l'histoire du jour levé sur les autres terres et cités), là où l'hymne issue de la Tradition Chrétienne est une prière dans tous ses versets.
La seconde strophe peut se justifier par le fait que nous savons que la terre est ronde et que le soleil ne se couche jamais. Ainsi, tous les hommes, ceux qui vont dormir et ceux qui s'éveillent ou sont déjà au travail sont portés par la prière. On pourrait traduire cette strophe ainsi: "Entrant dans le repos nocturne,* ô Seigneur Dieu, nous te prions,* accorde à tous ceux qui le quittent,* de vivre selon l'Evangile."
Mais l'hymne n'est pas avant tout une prière... Elle doit conduire à la prière, donnant à chaque heure ou fête comme sa couleur. (PGLH 42, 173; d'ailleurs je ne comprends pas pourquoi cette dernière rubrique dit que les hymnes gardent leur place, puisque celle-ci change contre toute tradition pour les Laudes et les Vêpres : si on peut me répondre (dans un autre post)).
La prière est donc dans le cœur du priant qui sait traduire et non sur les lèvres... Même s'il est avantageux de composer les chants de sorte que le cœur prie le plus proche possible des lèvres...
Ensuite, de l'"Ami-des-hommes", c'est un titre très fréquent dans l'hymnographie orientale. Qui doit s'entendre de la même oreille que "aimant les hommes". Il faut donc bien voir là le substantif d'un participe présent du verbe "aimer" dans toute sa dignité telle que la Tradition la révèle (qu'on lise l'Evangile selon St Jean et les épîtres du même pour s'en convaincre) et non pas un banal vocable que certains évangélisateurs transformeraient en un "salut, mon pote, ké diss'?" La "traduction" susdite pourrait être plus fidèle au texte de « Liturgie des Heures »©AELF (et donc sa refonte PTP) ainsi : "Entrant dans le repos nocturne,*
Dieu très-aimant, nous te prions,* accorde à tous ceux qui le quittent,* de vivre selon l'Evangile."
Cela implique que le peuple chrétien soit formé et j'ai envie de crier: qu'on forme les fidèles! Qu'on leur apprenne le sens des mots, le sens des choses...
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La nuit de Dieu==>Ps 138... "Si dixero: "Forsitan tenebrae compriment me, et nox illuminatio erit circa me", etiam tenebrae non obscurabuntur a te et nox sicut dies illuminabit; sicut tenebrae eius ita et lumen eius."
Une bonne connaissance des fondements bibliques est indispensable pour comprendre quoi que ce soit à la liturgie...*
Ensuite la nuit de Dieu peut s'entendre de la nuit qui appartient à Dieu: une nuit consacrée à Dieu par la prière continuelle...
La nuit de l'homme: son repos
Toute la paix: la paix du sommeil; la quies/hesychia de nos Pères Chartreux/Hesychastes; la paix sur les terres; le Règne divin (cf. Rm XIV 17b)...