par Jean-Mic » ven. 18 déc. 2020, 10:46
Essayons de parler français, lexicologie, et Histoire. Tout en nous gardant d'émettre de jugement de valeur.
Catholique est un mot grec qui veut dire
universel. Lorsque le Credo a été mis en forme en 325 à Nicée et confirmé en 381 à Constantinople, c'est dans ce sens que le mot
catholique a été retenu, et toutes les Églises (dont les divisions sont intervenues ultérieurement) utilisent cette formule ("le même Credo") et ce mot ("catholique").
Dans le même ordre d'idée, toutes les Églises sont
orthodoxes, puisque toutes honorent ou prétendent honorer
la vraie Foi (c'est le sens du mot, lui aussi issu du grec
orthodoxie). Toutes les Églises seraient donc fondées à se prétendre à la fois 1/
orthodoxes et 2/
catholiques, puisque, de leur point de vue respectif, toutes prêchent 1/
la vraie Foi 2/
pour le salut du Monde. Les Églises issues de la Réforme sont donc également concernées !
Mais au fil des siècles et des schismes, il a bien fallu se distinguer les unes des autres. Passé un premier temps, où l'on s'anathémise réciproquement sous les jolis noms de "
Nous, les seuls vrais croyants", et "
Eux, ces @§%$&{ø¡ d'hérétiques", l'Église d'Occident, fidèle à Rome, s'est en quelque sorte "approprié" le nom de
catholique, tandis que l'Église d'Orient, attachée à Byzance, a préféré se désigner elle-même sous le nom d'
orthodoxe. Cette distinction lexicale a commencée à l'époque de Charlemagne et de l'avènement de l'Empire romain d'Occident face à l'Empire romain d'Orient, et s'est ancrée dans les habitudes avec le schisme de 1054.
Lors de la Réforme, Luther, Calvin, Zwingli, Bèze et les autres s'en sont pris à l'
Église romaine, et aux
papistes. Dans ces conditions, et à une époque où le Pape personnifiait à lui seul l'
Église Catholique Romaine, le mot
catholique se retrouvait à leurs yeux en quelque sorte piégé. Par commodité, les tenants de l'Église fidèle à Rome et au pape, les désigneront sous le terme ironique et injurieux de
protestants (ceux qui râlent et qui sont contre), tandis que les tenants du changement se diront
réformés (partisans du changement). Je résume : le mot
protestant est donc un mot dévalorisant des catholiques pour désigner ceux qui se nomment eux-mêmes
réformés.
Il n'empêche que les
chrétiens réformés se réclament bel et bien du même Évangile, du même Christ annoncé par les mêmes Écritures, et du même envoi en mission "de tous les peuples faites des disciples !". De même, ne nous y trompons pas, ils partagent la même Histoire Sainte ... et la même Histoire de l'Église, depuis Jésus jusqu'au moment du schisme, soit rien moins que quinze siècles d'Histoire commune avec l'Église catholique romaine. A fortiori, ils partagent le même Credo de Nicée-Constantinople.
Ce Credo est en effet antérieur de douze siècles à nos divisions, et commun à tous ceux qui se réclament du Christ, vrai homme et vrai Dieu, mort et ressuscité pour notre salut. De ce fait, les
Églises réformées peuvent légitimement proclamer "
Je crois en l'Église, une, sainte, catholique, et apostolique". Elles pourraient même en toute rigueur se dire
orthodoxes si l'envie leur en prenait, dans la mesure où elles professent, ou prétendent professer, la seule vraie Foi.
- [+] Texte masqué
- Ce qui nous unit est plus grand que ce qui nous sépare !
(J'ai essayé de me garder dans ce message des jugements de valeur, et de garder le débat sur un fond lexical - et historique. Ceci en est un et je l'assume.)
Essayons de parler français, lexicologie, et Histoire. Tout en nous gardant d'émettre de jugement de valeur.
[i]Catholique[/i] est un mot grec qui veut dire [i]universel[/i]. Lorsque le Credo a été mis en forme en 325 à Nicée et confirmé en 381 à Constantinople, c'est dans ce sens que le mot [i]catholique[/i] a été retenu, et toutes les Églises (dont les divisions sont intervenues ultérieurement) utilisent cette formule ("le même Credo") et ce mot ("catholique").
Dans le même ordre d'idée, toutes les Églises sont [i]orthodoxes[/i], puisque toutes honorent ou prétendent honorer [i]la vraie Foi[/i] (c'est le sens du mot, lui aussi issu du grec [i]orthodoxie[/i]). Toutes les Églises seraient donc fondées à se prétendre à la fois 1/ [i]orthodoxes[/i] et 2/ [i]catholiques[/i], puisque, de leur point de vue respectif, toutes prêchent 1/ [i]la vraie Foi[/i] 2/ [i]pour le salut du Monde[/i]. Les Églises issues de la Réforme sont donc également concernées !
Mais au fil des siècles et des schismes, il a bien fallu se distinguer les unes des autres. Passé un premier temps, où l'on s'anathémise réciproquement sous les jolis noms de "[i]Nous, les seuls vrais croyants[/i]", et "[i]Eux, ces @§%$&{ø¡ d'hérétiques[/i]", l'Église d'Occident, fidèle à Rome, s'est en quelque sorte "approprié" le nom de [i]catholique[/i], tandis que l'Église d'Orient, attachée à Byzance, a préféré se désigner elle-même sous le nom d'[i]orthodoxe[/i]. Cette distinction lexicale a commencée à l'époque de Charlemagne et de l'avènement de l'Empire romain d'Occident face à l'Empire romain d'Orient, et s'est ancrée dans les habitudes avec le schisme de 1054.
Lors de la Réforme, Luther, Calvin, Zwingli, Bèze et les autres s'en sont pris à l'[i]Église romaine[/i], et aux [i]papistes[/i]. Dans ces conditions, et à une époque où le Pape personnifiait à lui seul l'[i]Église Catholique Romaine[/i], le mot [i]catholique[/i] se retrouvait à leurs yeux en quelque sorte piégé. Par commodité, les tenants de l'Église fidèle à Rome et au pape, les désigneront sous le terme ironique et injurieux de [i]protestants[/i] (ceux qui râlent et qui sont contre), tandis que les tenants du changement se diront [i]réformés[/i] (partisans du changement). Je résume : le mot [i]protestant[/i] est donc un mot dévalorisant des catholiques pour désigner ceux qui se nomment eux-mêmes [i]réformés[/i].
Il n'empêche que les [i]chrétiens réformés[/i] se réclament bel et bien du même Évangile, du même Christ annoncé par les mêmes Écritures, et du même envoi en mission "de tous les peuples faites des disciples !". De même, ne nous y trompons pas, ils partagent la même Histoire Sainte ... et la même Histoire de l'Église, depuis Jésus jusqu'au moment du schisme, soit rien moins que quinze siècles d'Histoire commune avec l'Église catholique romaine. A fortiori, ils partagent le même Credo de Nicée-Constantinople.
Ce Credo est en effet antérieur de douze siècles à nos divisions, et commun à tous ceux qui se réclament du Christ, vrai homme et vrai Dieu, mort et ressuscité pour notre salut. De ce fait, les [i]Églises réformées[/i] peuvent légitimement proclamer "[i]Je crois en l'Église, une, sainte, catholique, et apostolique[/i]". Elles pourraient même en toute rigueur se dire [i]orthodoxes[/i] si l'envie leur en prenait, dans la mesure où elles professent, ou prétendent professer, la seule vraie Foi.
[spoiler][b]Ce qui nous unit est plus grand que ce qui nous sépare ![/b]
(J'ai essayé de me garder dans ce message des jugements de valeur, et de garder le débat sur un fond lexical - et historique. Ceci en est un et je l'assume.)[/spoiler]