par Cinci » sam. 10 juil. 2021, 4:11
Les Évangiles écrits par un inconnu
Vingt-sept exégètes et vingt écrivains et poètes contemporains ont participé à ce travail. Parmi eux, André Myre, Docteur en études hébraïques, professeur honoraire à la Faculté de théologie de l’Université de Montréal, qui a déjà publié des livres chez les éditeurs catholiques, tels que :
Voir Dieu de dos (Médiaspaul, 2000) et
Un souffle subversif. L’esprit dans les lettres pauliniennes (Bellarmin/Cerf, 1987) Dans la Bible Bayard, André Myre “a rédigé l’introduction générale à la Nouvelle Alliance et l’introduction générale aux Synoptiques, et aussi l’introduction particulière et les notes à l’évangile de Matthieu, aux lettres aux Thessaloniciens, aux lettres à Timothée et à Tite et à la lettre de Jude. Il était membre du ‘conseil éditorial’ qui a présidé à l’édition de cette Bible”
Les passages les plus significatifs de cet auteur, nous signale toujours Madiran, se trouvent vers les pages 2989-2992 de la Bible : « Selon André Myre,
aucune des paroles de Jésus rapportées par l’Évangile n’est authentique. Elles sont toutes des inventions postérieures, imaginées par des scribes qui ne sont ni Marc, ni Matthieu, ni Luc, ni Jean, et qui n’ont pas connu le Christ, mais qui s’appliquent à le faire parler ». Voilà que nous sommes fixés : Myre n’est pas un auteur catholique, mais un moderniste, et un moderniste qui ne cache pas ses idées.
Lisons-le :
« Aux alentours de la chute de Jérusalem en 70 (…) un auteur inconnu, auquel la tradition a donné le nom de Marc, a l’idée de se servir des traditions dont il dispose en les organisant sur le modèle du déroulement d’une existence humaine. Et il ne fait que les placer les unes à la suite des autres, il les dispose de façon telle qu’elles deviennent paroles actuelles du Christ pour sa communauté (…). Ce sont les besoins de ses frères et sœurs dans la foi qui motivent son choix des textes, l’endroit où il les place, les modifications qu’il leur fait subir, les liens qu’il fait entre eux, et non pas le souvenir d’un Jésus qu’il n’a jamais rencontré, ni la connaissance d’une Palestine qu’il n’a jamais visitée » (p. 2991). Comment cet “auteur inconnu” a-t-il pu inventer tout cela ? Grâce à la littérature de l’antiquité orientale et occidentale, répond André Myre : « Les Évangiles ne surgissent pas dans un vide littéraire. Les scribes qui les rédigent sont les héritiers de cultures millénaires. Pour interpréter, raconter, faire parler Jésus-Christ, ils utilisent l’ensemble de l’Écriture (Lc 24, 47), chacun suivant ses compétences : l’un s’inspirera des livres de sagesse, un autre de la tradition prophétique, un autre encore de sa connaissance des Psaumes, un autre mettra à profit sa maîtrise des façons de discuter à partir des textes scripturaires, etc. C’est ainsi la richesse culturelle de tout le Proche-Orient ancien qui est mise à contribution, sans parler des canons littéraires de l’Occident » (p. 2990). “En somme, conclut Madiran, le Jésus de la foi n’a que l’existence légendaire d’un mythe fondateur”.
Les évêques ont-ils condamné une telle hérésie qui mine la base de la Foi, la Révélation, les Évangiles ? Non, ils sont d’accord et l’ont approuvée.
Madiran nous transmet en entier le Communiqué de la Commission doctrinale :
« “Si elle estime que cette traduction de la Bible ne peut faire l’objet d’une utilisation liturgique, la Commission doctrinale des Évêques de France reconnaît que l’appareil critique comportant introduction, notes et glossaires, permet d’inscrire cette traduction dans la tradition vivante de la foi catholique. Attentive au travail engagé par les éditeurs et désireuse de le soutenir, elle a néanmoins décidé de prendre le temps nécessaire pour vérifier la réception de cette nouvelle version par les catholiques et pour apprécier sa fidélité profonde à la révélation divine. Sachant que les Écritures saintes ont toujours été l’objet d’expressions culturelles, en particulier dans la musique et les arts plastiques, la Commission doctrinale souligne l’importance de cette traduction ; elle en reconnaît la portée littéraire et elle en encourage la lecture”. Cette note est signée : La Commission doctrinale des Évêques de France »
Le lecteur notera qu’il s’agit d’une approbation avec une légère réserve : la Commission prendra “le temps nécessaire pour vérifier la réception de cette nouvelle version par les catholiques et pour apprécier sa fidélité profonde à la révélation divine”, réserve à laquelle nous faisons deux remarques.
1) la nécessité d’en vérifier la réception par les catholiques : pourquoi ?
La Commission a peut-être oublié que Notre Seigneur a fondé une Église Hiérarchique et non démocratique, et qu’elle doit juger les idées dans leur valeur intrinsèque, et non selon la pensée de la plupart des catholiques ?
2) la nécessité d’apprécier sa fidélité profonde à la révélation : cela veut dire que les évêques ne sont pas encore sûrs que cette Bible soit conforme à la Révélation. Mais alors que fait la Commission doctrinale, elle l’étudie sans l’apprécier ? Comment peut-elle approuver, louer et encourager la lecture d’une Bible, comment peut-elle affirmer que cette traduction est conforme à la tradition vivante de la foi catholique, sans savoir si elle est fidèle à la Parole de Dieu ?
Pour toute personne qui a l’esprit de la Foi, ces contradictions sont insolubles, elle ne verra que folie ou manque de réflexion de la part de la Commission. Mais ses membres sont loin d’être des personnes déraisonnables ou inconsidérées. L’unique solution à ces contradictions se situe dans l’esprit moderniste, pour qui la Foi ne repose pas sur la Révélation objective transmise par l’Église, mais sur un sentiment immanent ou subjectif.
Selon l’enseignement de Vatican II (par ex.
Unitatis Redintegratio I, 3), un protestant ou un schismatique peut avoir la Foi, même s’il ne croit pas à toute la Révélation ou au Magistère de l’Église (1 ). Dans cette optique, certains rédacteurs de la Bible Bayard (il y a parmi eux des schismatiques, des juifs…), même s’ils ne croient pas à ce qui est considéré comme révélé par l’Église comme l’Évangile, peuvent avoir la Foi ! Et si dans cette Bible ils manifestent leurs idées, cela ne pose pas de problème à la Foi ! La Commission a donc les mêmes idées qu’André Myre, à la différence que ce dernier a le courage de les manifester ouvertement, et que la Commission, elle, utilise des circonlocutions ; de plus, si quelqu’un lui reprochait cette approbation, elle pourrait toujours dire qu’elle n’a pas encore apprécié la fidélité à la révélation…
Jean Madiran remarque à juste titre : « Tout de même, c’était une grave responsabilité : l’apostasie (immanente, mais virulente) de l’hypercritique négationniste était répandue… Au bout d’un an à peine, le 12 juin 2002,
La Croix se félicitait de l’énorme succès de librairie : “120.000 exemplaires vendus dus en France, au Canada, en Belgique, en Suisse”. Cent vingt mille lecteurs, peut-être cent vingt mille foyers, avaient déjà pieusement reçu, épiscopalement garantie, l’idée que le “Jésus de la foi” est une astucieuse invention de compilateurs inconnus ». L’apostasie des évêques se répand sur les fidèles.
Cette approbation n’a pas été un fait isolé. Le 4 juin 2002, le Comité de théologie de l’Assemblée des évêques du Québec publiait une note théologique et pastorale dans laquelle on lit :
“Il faut saluer avec reconnaissance la parution de cette nouvelle Bible. Chaque nouvelle traduction se veut habituellement un enrichissement du patrimoine de l’expression de la foi en la Parole de Dieu. Celle que nous offrent les Éditions Bayard et Médiaspaul constitue en plus un apport soigné de l’expression littéraire de ces textes anciens écrits en d’autres langues… Tout en assurant la fidélité au texte sacré, l’expression française a été considérablement renouvelée… S’agit-il d’une bible fidèle aux textes sacrés ? Oui, les exégètes ont pris en compte cet aspect. Les lexiques, notes et introductions justifient cette fidélité… Bien située dans son contexte éditorial, cette bible a bien sa place au côté des autres traductions que nous connaissons. Sa lecture peut nourrir la foi, et, tout en renouvelant la compréhension des textes sacrés, satisfaire notre plaisir littéraire. Tenant compte de ce qui précède, le Comité de théologie ne peut qu’en recommander la lecture”.
Si la Commission française ne savait pas encore apprécier la fidélité à la Révélation, le Comité québécois assure qu’elle l’est !
Jean Madiran nous rapporte que seuls deux évêques ont protesté face à cette apostasie. Mgr Guillaume, évêque du petit diocèse de Saint-Dié, écrivait en 2002 : “La Bible Bayard n’est pas une Bible chrétienne”. Mgr Cattenoz, archevêque d’Avignon, déclarait au printemps de 2003 : “Non, cette Bible n’est pas celle de l’Église”. Mais, disons-nous, si ces deux voix ont raison, comment les Épiscopats qui ont accepté une telle apostasie peuvent-il être appelés encore “chrétiens”, ou “de l’Église” ?
[b]Les Évangiles écrits par un inconnu[/b]
Vingt-sept exégètes et vingt écrivains et poètes contemporains ont participé à ce travail. Parmi eux, André Myre, Docteur en études hébraïques, professeur honoraire à la Faculté de théologie de l’Université de Montréal, qui a déjà publié des livres chez les éditeurs catholiques, tels que : [i]Voir Dieu de dos[/i] (Médiaspaul, 2000) et [i]Un souffle subversif. L’esprit dans les lettres pauliniennes[/i] (Bellarmin/Cerf, 1987) Dans la Bible Bayard, André Myre “a rédigé l’introduction générale à la Nouvelle Alliance et l’introduction générale aux Synoptiques, et aussi l’introduction particulière et les notes à l’évangile de Matthieu, aux lettres aux Thessaloniciens, aux lettres à Timothée et à Tite et à la lettre de Jude. Il était membre du ‘conseil éditorial’ qui a présidé à l’édition de cette Bible”
Les passages les plus significatifs de cet auteur, nous signale toujours Madiran, se trouvent vers les pages 2989-2992 de la Bible : « Selon André Myre, [u]aucune[/u] des paroles de Jésus rapportées par l’Évangile n’est authentique. Elles sont toutes des inventions postérieures, imaginées par des scribes qui ne sont ni Marc, ni Matthieu, ni Luc, ni Jean, et qui n’ont pas connu le Christ, mais qui s’appliquent à le faire parler ». Voilà que nous sommes fixés : Myre n’est pas un auteur catholique, mais un moderniste, et un moderniste qui ne cache pas ses idées.
Lisons-le :
« Aux alentours de la chute de Jérusalem en 70 (…) un auteur inconnu, auquel la tradition a donné le nom de Marc, a l’idée de se servir des traditions dont il dispose en les organisant sur le modèle du déroulement d’une existence humaine. Et il ne fait que les placer les unes à la suite des autres, il les dispose de façon telle qu’elles deviennent paroles actuelles du Christ pour sa communauté (…). Ce sont les besoins de ses frères et sœurs dans la foi qui motivent son choix des textes, l’endroit où il les place, les modifications qu’il leur fait subir, les liens qu’il fait entre eux, et non pas le souvenir d’un Jésus qu’il n’a jamais rencontré, ni la connaissance d’une Palestine qu’il n’a jamais visitée » (p. 2991). Comment cet “auteur inconnu” a-t-il pu inventer tout cela ? Grâce à la littérature de l’antiquité orientale et occidentale, répond André Myre : « Les Évangiles ne surgissent pas dans un vide littéraire. Les scribes qui les rédigent sont les héritiers de cultures millénaires. Pour interpréter, raconter, faire parler Jésus-Christ, ils utilisent l’ensemble de l’Écriture (Lc 24, 47), chacun suivant ses compétences : l’un s’inspirera des livres de sagesse, un autre de la tradition prophétique, un autre encore de sa connaissance des Psaumes, un autre mettra à profit sa maîtrise des façons de discuter à partir des textes scripturaires, etc. C’est ainsi la richesse culturelle de tout le Proche-Orient ancien qui est mise à contribution, sans parler des canons littéraires de l’Occident » (p. 2990). “En somme, conclut Madiran, le Jésus de la foi n’a que l’existence légendaire d’un mythe fondateur”.
Les évêques ont-ils condamné une telle hérésie qui mine la base de la Foi, la Révélation, les Évangiles ? Non, ils sont d’accord et l’ont approuvée.
Madiran nous transmet en entier le Communiqué de la Commission doctrinale :
« “Si elle estime que cette traduction de la Bible ne peut faire l’objet d’une utilisation liturgique, la Commission doctrinale des Évêques de France reconnaît que l’appareil critique comportant introduction, notes et glossaires, permet d’inscrire cette traduction dans la tradition vivante de la foi catholique. Attentive au travail engagé par les éditeurs et désireuse de le soutenir, elle a néanmoins décidé de prendre le temps nécessaire pour vérifier la réception de cette nouvelle version par les catholiques et pour apprécier sa fidélité profonde à la révélation divine. Sachant que les Écritures saintes ont toujours été l’objet d’expressions culturelles, en particulier dans la musique et les arts plastiques, la Commission doctrinale souligne l’importance de cette traduction ; elle en reconnaît la portée littéraire et elle en encourage la lecture”. Cette note est signée : La Commission doctrinale des Évêques de France »
Le lecteur notera qu’il s’agit d’une approbation avec une légère réserve : la Commission prendra “le temps nécessaire pour vérifier la réception de cette nouvelle version par les catholiques et pour apprécier sa fidélité profonde à la révélation divine”, réserve à laquelle nous faisons deux remarques.
1) la nécessité d’en vérifier la réception par les catholiques : pourquoi ?
La Commission a peut-être oublié que Notre Seigneur a fondé une Église Hiérarchique et non démocratique, et qu’elle doit juger les idées dans leur valeur intrinsèque, et non selon la pensée de la plupart des catholiques ?
2) la nécessité d’apprécier sa fidélité profonde à la révélation : cela veut dire que les évêques ne sont pas encore sûrs que cette Bible soit conforme à la Révélation. Mais alors que fait la Commission doctrinale, elle l’étudie sans l’apprécier ? Comment peut-elle approuver, louer et encourager la lecture d’une Bible, comment peut-elle affirmer que cette traduction est conforme à la tradition vivante de la foi catholique, sans savoir si elle est fidèle à la Parole de Dieu ?
Pour toute personne qui a l’esprit de la Foi, ces contradictions sont insolubles, elle ne verra que folie ou manque de réflexion de la part de la Commission. Mais ses membres sont loin d’être des personnes déraisonnables ou inconsidérées. L’unique solution à ces contradictions se situe dans l’esprit moderniste, pour qui la Foi ne repose pas sur la Révélation objective transmise par l’Église, mais sur un sentiment immanent ou subjectif.
Selon l’enseignement de Vatican II (par ex. [i]Unitatis Redintegratio[/i] I, 3), un protestant ou un schismatique peut avoir la Foi, même s’il ne croit pas à toute la Révélation ou au Magistère de l’Église (1 ). Dans cette optique, certains rédacteurs de la Bible Bayard (il y a parmi eux des schismatiques, des juifs…), même s’ils ne croient pas à ce qui est considéré comme révélé par l’Église comme l’Évangile, peuvent avoir la Foi ! Et si dans cette Bible ils manifestent leurs idées, cela ne pose pas de problème à la Foi ! La Commission a donc les mêmes idées qu’André Myre, à la différence que ce dernier a le courage de les manifester ouvertement, et que la Commission, elle, utilise des circonlocutions ; de plus, si quelqu’un lui reprochait cette approbation, elle pourrait toujours dire qu’elle n’a pas encore apprécié la fidélité à la révélation…
Jean Madiran remarque à juste titre : « Tout de même, c’était une grave responsabilité : l’apostasie (immanente, mais virulente) de l’hypercritique négationniste était répandue… Au bout d’un an à peine, le 12 juin 2002, [i]La Croix[/i] se félicitait de l’énorme succès de librairie : “120.000 exemplaires vendus dus en France, au Canada, en Belgique, en Suisse”. Cent vingt mille lecteurs, peut-être cent vingt mille foyers, avaient déjà pieusement reçu, épiscopalement garantie, l’idée que le “Jésus de la foi” est une astucieuse invention de compilateurs inconnus ». L’apostasie des évêques se répand sur les fidèles.
Cette approbation n’a pas été un fait isolé. Le 4 juin 2002, le Comité de théologie de l’Assemblée des évêques du Québec publiait une note théologique et pastorale dans laquelle on lit :
[quote] “Il faut saluer avec reconnaissance la parution de cette nouvelle Bible. Chaque nouvelle traduction se veut habituellement un enrichissement du patrimoine de l’expression de la foi en la Parole de Dieu. Celle que nous offrent les Éditions Bayard et Médiaspaul constitue en plus un apport soigné de l’expression littéraire de ces textes anciens écrits en d’autres langues… Tout en assurant la fidélité au texte sacré, l’expression française a été considérablement renouvelée… S’agit-il d’une bible fidèle aux textes sacrés ? Oui, les exégètes ont pris en compte cet aspect. Les lexiques, notes et introductions justifient cette fidélité… Bien située dans son contexte éditorial, cette bible a bien sa place au côté des autres traductions que nous connaissons. Sa lecture peut nourrir la foi, et, tout en renouvelant la compréhension des textes sacrés, satisfaire notre plaisir littéraire. Tenant compte de ce qui précède, le Comité de théologie ne peut qu’en recommander la lecture”. [/quote]
Si la Commission française ne savait pas encore apprécier la fidélité à la Révélation, le Comité québécois assure qu’elle l’est !
Jean Madiran nous rapporte que seuls deux évêques ont protesté face à cette apostasie. Mgr Guillaume, évêque du petit diocèse de Saint-Dié, écrivait en 2002 : “La Bible Bayard n’est pas une Bible chrétienne”. Mgr Cattenoz, archevêque d’Avignon, déclarait au printemps de 2003 : “Non, cette Bible n’est pas celle de l’Église”. Mais, disons-nous, si ces deux voix ont raison, comment les Épiscopats qui ont accepté une telle apostasie peuvent-il être appelés encore “chrétiens”, ou “de l’Église” ?