par Cinci » ven. 29 oct. 2021, 17:28
Bonjour,
Libremax a écrit :Qu'en pensez-vous ?
J'en pense qu'il s'agit sans doute d'une des expressions les plus embrouillées de toute la Bible ! Au départ : pas très clair.
Enfin ...
Je serais d'accord avec vous (ou Pierre Perrier) pour penser que le texte de saint Jean ne laisse place à aucun rabrouement, attitude de rejet ou de hauteur cassante de Jésus envers sa mère. Une telle attitude projetée de grand seigneur froissé chez Jésus, à l'occasion d'un mariage et vis à vis sa mère et à propos d'une sorte de malheur anticipé et crainte dont elle pourrait lui faire part (la pénurie, la manque ...) ne colle tout simplement pas avec la suite du texte - lorsque Jésus répond favorablement comme vous le dites - mais ni avec de simples règles de psychologie humaine les plus élémentaires. Et ça ne collerait pas davantage avec le parallèle du premier livre des Rois 17, 17. Dans le premier livre des Rois, le prophète Élie ne se comporte nullement comme un grand seigneur offusqué, ennuyé ou ronchonneur, à l'encontre de la veuve de Sarepta !
Non
Les éléments communs que je trouverais entre tous les parallèles de la Bible et l'épisode des noces de Cana, puis recoupant l'expression fameuse «quoi de toi à moi ?», mais ce sont ceux de la
grande sainteté et
la question du jugement.
Dans l'épisode avec le prophète Élie, la veuve se trouve comme à devoir naturellement effectué un rapprochement entre la mort de son fils (une sorte de châtiment, punition, rétribution divine) et la survenue de l'homme de Dieu; ce qui soulève une crainte chez elle. Comme la peur saisissant le pécheur face à la sainteté de Dieu. Une peur que le prophète Élie va dissiper en ressuscitant le fils de la veuve, comme pour bien indiquer la nature bienveillante de ce Dieu duquel il se trouve l'envoyé. Il n'est pas un Dieu de mort ...
Dans l'épisode évangélique à Cana, c'est tel Jésus qui se trouve face à la survenue de sa mère et alors sa sainte mère (elle, ici comme l'envoyée du Père ou du Saint Esprit) et en relation avec une noce de fiançailles devant prévisiblement se terminer en queue de poisson (une sorte de châtiment, punition, malheur, "justice", rétribution divine pour les erreurs ou péchés des fiancés et leur famille). Comme dans l'épisode du livre des Rois, le premier réflexe de Jésus est , comme pour la veuve de Sarepta, une sorte de crainte à l'égard de la justice de Dieu, la justice justicière - il y a là une notion de jugement soulevée. L'effraction du divin dans le monde soulève dans un premier temps la question du jugement.
Sainteté/jugement.
Comme pour Élie, et c'est ce que le texte de Jean va nous montrer dans la suite, Jésus vient dissiper la peur à l'effet d'un Dieu qui serait contraire aux hommes ou qui ne serait pas animé d'une intention bienveillante. Jésus sauve les noceurs et leur famille mais de même façon que Dieu sauve la veuve de Sarepta et son fils via le truchement du prophète Élie. Le miracle de Cana est un signe que Jésus est bel et bien un homme de Dieu, un envoyé de Dieu au moins de même qualité que l'ancien prophète Élie.
On retrouve cette association de sainteté/jugement avec l'épisode du possédé et des esprits impurs dans la synagogue de Capharnaüm. Comme avec la veuve de Sarepta, les esprits impurs se représentent la survenue de Jésus (cf. Élie, pour la veuve) comme une menace pour eux, le fait d'un Dieu à redouter qui viendrait pour les détruire.
Ainsi, le fameux «
Quoi de toi à moi ?» pourrait être compris comme l'expression d'un questionnement portant sur le vrai sens ou ressort ultime impliqué derrière l'aspect purement anecdotique de la rencontre.
La veuve de Sarepta se demande ce que signifie réellement pour elle
la venue d'Élie chez elle.
Jésus se demande ce que peut bien signifier ultimement et réellement pour lui l'intervention
de sa mère auprès de lui.
Les esprits impurs se demandent ce que pourrait bien signifier pour eux
la venue de ce saint de Dieu à Capharnaüm.
Bonjour,
[quote=Libremax]Qu'en pensez-vous ?[/quote]
J'en pense qu'il s'agit sans doute d'une des expressions les plus embrouillées de toute la Bible ! Au départ : pas très clair.
Enfin ...
Je serais d'accord avec vous (ou Pierre Perrier) pour penser que le texte de saint Jean ne laisse place à aucun rabrouement, attitude de rejet ou de hauteur cassante de Jésus envers sa mère. Une telle attitude projetée de grand seigneur froissé chez Jésus, à l'occasion d'un mariage et vis à vis sa mère et à propos d'une sorte de malheur anticipé et crainte dont elle pourrait lui faire part (la pénurie, la manque ...) ne colle tout simplement pas avec la suite du texte - lorsque Jésus répond favorablement comme vous le dites - mais ni avec de simples règles de psychologie humaine les plus élémentaires. Et ça ne collerait pas davantage avec le parallèle du premier livre des Rois 17, 17. Dans le premier livre des Rois, le prophète Élie ne se comporte nullement comme un grand seigneur offusqué, ennuyé ou ronchonneur, à l'encontre de la veuve de Sarepta !
Non
Les éléments communs que je trouverais entre tous les parallèles de la Bible et l'épisode des noces de Cana, puis recoupant l'expression fameuse «quoi de toi à moi ?», mais ce sont ceux de la [u]grande sainteté[/u] et [u]la question du jugement[/u].
Dans l'épisode avec le prophète Élie, la veuve se trouve comme à devoir naturellement effectué un rapprochement entre la mort de son fils (une sorte de châtiment, punition, rétribution divine) et la survenue de l'homme de Dieu; ce qui soulève une crainte chez elle. Comme la peur saisissant le pécheur face à la sainteté de Dieu. Une peur que le prophète Élie va dissiper en ressuscitant le fils de la veuve, comme pour bien indiquer la nature bienveillante de ce Dieu duquel il se trouve l'envoyé. Il n'est pas un Dieu de mort ...
Dans l'épisode évangélique à Cana, c'est tel Jésus qui se trouve face à la survenue de sa mère et alors sa sainte mère (elle, ici comme l'envoyée du Père ou du Saint Esprit) et en relation avec une noce de fiançailles devant prévisiblement se terminer en queue de poisson (une sorte de châtiment, punition, malheur, "justice", rétribution divine pour les erreurs ou péchés des fiancés et leur famille). Comme dans l'épisode du livre des Rois, le premier réflexe de Jésus est , comme pour la veuve de Sarepta, une sorte de crainte à l'égard de la justice de Dieu, la justice justicière - il y a là une notion de jugement soulevée. L'effraction du divin dans le monde soulève dans un premier temps la question du jugement.
Sainteté/jugement.
Comme pour Élie, et c'est ce que le texte de Jean va nous montrer dans la suite, Jésus vient dissiper la peur à l'effet d'un Dieu qui serait contraire aux hommes ou qui ne serait pas animé d'une intention bienveillante. Jésus sauve les noceurs et leur famille mais de même façon que Dieu sauve la veuve de Sarepta et son fils via le truchement du prophète Élie. Le miracle de Cana est un signe que Jésus est bel et bien un homme de Dieu, un envoyé de Dieu au moins de même qualité que l'ancien prophète Élie.
On retrouve cette association de sainteté/jugement avec l'épisode du possédé et des esprits impurs dans la synagogue de Capharnaüm. Comme avec la veuve de Sarepta, les esprits impurs se représentent la survenue de Jésus (cf. Élie, pour la veuve) comme une menace pour eux, le fait d'un Dieu à redouter qui viendrait pour les détruire.
Ainsi, le fameux «[b]Quoi de toi à moi ?[/b]» pourrait être compris comme l'expression d'un questionnement portant sur le vrai sens ou ressort ultime impliqué derrière l'aspect purement anecdotique de la rencontre.
La veuve de Sarepta se demande ce que signifie réellement pour elle [u]la venue d'Élie[/u] chez elle.
Jésus se demande ce que peut bien signifier ultimement et réellement pour lui l'intervention [u]de sa mère[/u] auprès de lui.
Les esprits impurs se demandent ce que pourrait bien signifier pour eux [u]la venue de ce saint de Dieu[/u] à Capharnaüm.