par ademimo » jeu. 09 déc. 2021, 20:14
Bonjour Altior,
Altior a écrit : ↑jeu. 09 déc. 2021, 10:45
Par contre, l'athéisme est la seule "religion" (ou anti-religion si vous préférez) à ne pas reconnaître un caractère naturel à la loi morale et à remplacer le concept même de "morale" (comme ensemble de loi et pratiques voulues par Dieu ou par des dieux) par le concept d' « éthique » qui n'a rien à voir. Ceux qui, autour de moi, divorcent plus que les autres sont les athées et les catholiques tièdes, ceux qui sur un questionnaire de type "vous croyez que Dieu existe ?" répondraient par "affirmatif", mais en même temps s'en fichent de la loi morale. Par contre, je connais peu de catholiques, tout comme de juifs ou musulmans qui prennent au sérieux leur religion et qui divorcent.
Je serais plus réservé. Il existe des couples catholiques qui prennent au sérieux la religion et qui vrillent quand même. Par contre, ce genre de pratiquant fait très attention au choix du conjoint, en plaçant très haut les exigences, en prévision justement de devoir rester fidèle aux préceptes de l'Eglise, ceci expliquant cela. Ceci dit, au nom de quoi refuserait-on le qualificatif de catholique aux pratiquants moins fervents ? De tout temps, les dévots n'ont pas été la majorité. La plupart des chrétiens autrefois allaient à la messe par obligation, et respectaient les préceptes moraux par conformisme social. Aujourd'hui, cette contrainte ne s'exerce plus, et vous ne voyez pas de différence dans la stabilité du mariage entre eux et des athées. Et c'est d'ailleurs ce qui pose tant de problème à l'Eglise aujourd'hui, à cause du très grand nombre de catholiques divorcés remariés qui veulent continuer de pratiquer (ce qui les place d'office dans la catégorie des pratiquants, qu'on le veuille ou non).
Altior a écrit : ↑jeu. 09 déc. 2021, 10:45
Là, mon opinion diverge de la vôtre. J'ai poussé dans un pays communiste et je parle en connaissance de cause. Tout d'abord, an dépit de la politique et de l'endoctrinement des partis communistes, la foi s'est conservée un brin mieux que dans les pays capitalistes. Puis, La basse divorcialité, du moins dans le cas de la Roumanie, était due au fait que le divorce pouvait avoir des conséquences sur les carrières. Le plus bizarre c'est que le pays qui a légiféré pour la première fois le divorce sans faute fut l'Union Soviétique. Mais c'était en 1918, juste après la "Révolution" d'Octobre.
Oui, mais le fait est qu'il y avait une "basse divorcialité", liée au modèle de société en question. C'est un simple constat qui montre que l'athéisme n'est pas forcément incompatible avec une stabilité du couple. Les Ceaucescu sont restés unis jusqu'à la mort, par exemple. Tout un symbole.
Altior a écrit : ↑jeu. 09 déc. 2021, 10:45
Théoriquement, oui. Mais cela seulement si on ne prend pas en compte le fait que l'athéisme vient du diable. Et le
diabolon, lui, veut le divorce. Tout comme l'avortement. Par ailleurs, l'avortement, lui aussi, a été dépénalisé pour la première fois par Lénine, en 1920, longtemps avant le fameux procès
Roe versus Wade de 1971.
L'argument n'est valable qu'à l'intérieur d'une perspective chrétienne et théologique. Irrecevable dans un dialogue où l'on échange des points de vue argumentés vérifiables. Pour ma part, je ne mets pas l'athéisme sur le dos du diable.
Altior a écrit : ↑jeu. 09 déc. 2021, 10:45
Là, il ne faut pas confondre modernisme et modernité. Ni traditionalisme et vivre comme au Moyen Âge. Je ne vous écris pas ce message à plume et encrier, mais sur mon ordinateur. Je pense que, si Notre Seigneur arrivait dimanche prochain dans ma ville, il ne viendrait pas sur mon ânesse. J'espère qu'Il me fera l'honneur d'emprunter mon Yaris. Mais je suis sûr d'une seule chose: c'est qu'Il aura les mêmes réponses concernant le divorce aux questions posées par les pharisiens de nos jours.
Et pourtant, l'évolution des mentalités est bel et bien liée au développement du modèle de société, et des bouleversements qui l'accompagnent. C'est une évidence. Ces bouleversements sont diversement reçus au sein de la société, entraînant chez les plus religieux un certain esprit de résistance. C'est bien ce que nous voyons. Et même sans être religieux, beaucoup de gens, penseurs, intellectuels, réfléchissent à ce modèle, et lui résistent d'une autre façon, et pour d'autres motifs. Je pense aux écologistes, ou aux néo ruraux qui renoncent à leur carrière pour renouer avec la campagne et la nature. Ce sont d'ailleurs des comportements qui peuvent être antagonistes tout en étant fortement liés. Le modèle industriel, libéral, pose d'énormes problèmes moraux, philosophiques, environnementaux.
Et pour faire une petite parenthèse, cet esprit de résistance peut conduire à des contradictions béantes. L'Eglise catholique, par exemple, ne veut pas entendre parler de régulation démographique, pour de pures raisons théologiques, en ignorant les conséquences dramatiques pour l'état de la planète. Les catholiques ont ainsi le sentiment d'être conformes à une certaine tradition immémoriale. Sauf que l'explosion démographique est surtout le résultat de deux facteurs : les progrès de la médecine, et de l'hygiène, qui ont fait reculer la mortalité, notamment la mortalité infantile ; la production massive de nourriture, grâce à la motorisation agricole et les engrais et autres pesticides. Est-ce traditionnel ? Non. Donc on nage en pleine contradiction. Dans le monde animal, la surpopulation est régulée par la famine et les maladies. Chez l'humain, la guerre peut être un troisième facteur de régulation. Si on ne veut pas réguler les naissances pour rester conforme à la tradition divine, hé bien il faut accepter que famine et maladie fassent leurs œuvres, et refuser les progrès de la médecine et de l'agriculture de masse. On ne peut pas avoir les deux, car la terre est un domaine limité, fini et non extensif. C'est là que la "résistance" au mode de vie moderne, dont on accepte pourtant tout le confort, est en pleine contradiction.
Vous devriez, en fait, Altior, m'écrire avec une plume et encrier, et confier votre missive à un coursier, si vous vouliez être logique.
Bonjour Altior,
[quote=Altior post_id=443511 time=1639039528 user_id=1720]
Par contre, l'athéisme est la seule "religion" (ou anti-religion si vous préférez) à ne pas reconnaître un caractère naturel à la loi morale et à remplacer le concept même de "morale" (comme ensemble de loi et pratiques voulues par Dieu ou par des dieux) par le concept d' « éthique » qui n'a rien à voir. Ceux qui, autour de moi, divorcent plus que les autres sont les athées et les catholiques tièdes, ceux qui sur un questionnaire de type "vous croyez que Dieu existe ?" répondraient par "affirmatif", mais en même temps s'en fichent de la loi morale. Par contre, je connais peu de catholiques, tout comme de juifs ou musulmans qui prennent au sérieux leur religion et qui divorcent.
[/quote]
Je serais plus réservé. Il existe des couples catholiques qui prennent au sérieux la religion et qui vrillent quand même. Par contre, ce genre de pratiquant fait très attention au choix du conjoint, en plaçant très haut les exigences, en prévision justement de devoir rester fidèle aux préceptes de l'Eglise, ceci expliquant cela. Ceci dit, au nom de quoi refuserait-on le qualificatif de catholique aux pratiquants moins fervents ? De tout temps, les dévots n'ont pas été la majorité. La plupart des chrétiens autrefois allaient à la messe par obligation, et respectaient les préceptes moraux par conformisme social. Aujourd'hui, cette contrainte ne s'exerce plus, et vous ne voyez pas de différence dans la stabilité du mariage entre eux et des athées. Et c'est d'ailleurs ce qui pose tant de problème à l'Eglise aujourd'hui, à cause du très grand nombre de catholiques divorcés remariés qui veulent continuer de pratiquer (ce qui les place d'office dans la catégorie des pratiquants, qu'on le veuille ou non).
[quote=Altior post_id=443511 time=1639039528 user_id=1720]
Là, mon opinion diverge de la vôtre. J'ai poussé dans un pays communiste et je parle en connaissance de cause. Tout d'abord, an dépit de la politique et de l'endoctrinement des partis communistes, la foi s'est conservée un brin mieux que dans les pays capitalistes. Puis, La basse divorcialité, du moins dans le cas de la Roumanie, était due au fait que le divorce pouvait avoir des conséquences sur les carrières. Le plus bizarre c'est que le pays qui a légiféré pour la première fois le divorce sans faute fut l'Union Soviétique. Mais c'était en 1918, juste après la "Révolution" d'Octobre.
[/quote]
Oui, mais le fait est qu'il y avait une "basse divorcialité", liée au modèle de société en question. C'est un simple constat qui montre que l'athéisme n'est pas forcément incompatible avec une stabilité du couple. Les Ceaucescu sont restés unis jusqu'à la mort, par exemple. Tout un symbole.
[quote=Altior post_id=443511 time=1639039528 user_id=1720]
Théoriquement, oui. Mais cela seulement si on ne prend pas en compte le fait que l'athéisme vient du diable. Et le [i]diabolon[/i], lui, veut le divorce. Tout comme l'avortement. Par ailleurs, l'avortement, lui aussi, a été dépénalisé pour la première fois par Lénine, en 1920, longtemps avant le fameux procès [i]Roe versus Wade[/i] de 1971.
[/quote]
L'argument n'est valable qu'à l'intérieur d'une perspective chrétienne et théologique. Irrecevable dans un dialogue où l'on échange des points de vue argumentés vérifiables. Pour ma part, je ne mets pas l'athéisme sur le dos du diable.
[quote=Altior post_id=443511 time=1639039528 user_id=1720]
Là, il ne faut pas confondre modernisme et modernité. Ni traditionalisme et vivre comme au Moyen Âge. Je ne vous écris pas ce message à plume et encrier, mais sur mon ordinateur. Je pense que, si Notre Seigneur arrivait dimanche prochain dans ma ville, il ne viendrait pas sur mon ânesse. J'espère qu'Il me fera l'honneur d'emprunter mon Yaris. Mais je suis sûr d'une seule chose: c'est qu'Il aura les mêmes réponses concernant le divorce aux questions posées par les pharisiens de nos jours.
[/quote]
Et pourtant, l'évolution des mentalités est bel et bien liée au développement du modèle de société, et des bouleversements qui l'accompagnent. C'est une évidence. Ces bouleversements sont diversement reçus au sein de la société, entraînant chez les plus religieux un certain esprit de résistance. C'est bien ce que nous voyons. Et même sans être religieux, beaucoup de gens, penseurs, intellectuels, réfléchissent à ce modèle, et lui résistent d'une autre façon, et pour d'autres motifs. Je pense aux écologistes, ou aux néo ruraux qui renoncent à leur carrière pour renouer avec la campagne et la nature. Ce sont d'ailleurs des comportements qui peuvent être antagonistes tout en étant fortement liés. Le modèle industriel, libéral, pose d'énormes problèmes moraux, philosophiques, environnementaux.
Et pour faire une petite parenthèse, cet esprit de résistance peut conduire à des contradictions béantes. L'Eglise catholique, par exemple, ne veut pas entendre parler de régulation démographique, pour de pures raisons théologiques, en ignorant les conséquences dramatiques pour l'état de la planète. Les catholiques ont ainsi le sentiment d'être conformes à une certaine tradition immémoriale. Sauf que l'explosion démographique est surtout le résultat de deux facteurs : les progrès de la médecine, et de l'hygiène, qui ont fait reculer la mortalité, notamment la mortalité infantile ; la production massive de nourriture, grâce à la motorisation agricole et les engrais et autres pesticides. Est-ce traditionnel ? Non. Donc on nage en pleine contradiction. Dans le monde animal, la surpopulation est régulée par la famine et les maladies. Chez l'humain, la guerre peut être un troisième facteur de régulation. Si on ne veut pas réguler les naissances pour rester conforme à la tradition divine, hé bien il faut accepter que famine et maladie fassent leurs œuvres, et refuser les progrès de la médecine et de l'agriculture de masse. On ne peut pas avoir les deux, car la terre est un domaine limité, fini et non extensif. C'est là que la "résistance" au mode de vie moderne, dont on accepte pourtant tout le confort, est en pleine contradiction.
Vous devriez, en fait, Altior, m'écrire avec une plume et encrier, et confier votre missive à un coursier, si vous vouliez être logique.