Physique quantique et catholicisme

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Re: Physique quantique et catholicisme

par Arthur19 » jeu. 01 sept. 2022, 22:23

Je suis en train de lire « Philosophie de l’homme » de Roger Verneaux mais je n’ai jamais lu directement Saint Thomas d’Aquin. Cependant Roger Verneaux le cite beaucoup et se base sur Aristote et lui. J’ai aussi beaucoup lu sur Saint Thomas d’Aquin.

Je n’ai pas encore fini le livre, mais il y a de nombreux passage où l’auteur affirme des choses, reprenant Saint Thomas d’Aquin, sans preuve, ou avec des arguments très pauvres. Je vous donne quelques exemples.

L’auteur parle de l’intelligence humaine comme de la lumière du monde, « ce qui voit », ce grâce à quoi nous « voyons ». Il affirme que les bêtes ne l’ayant pas, ne peuvent donc avoir une âme immortelle. C’est la même erreur que Descartes : confondre intelligence et conscience. Un homme perçoit des choses à travers ses sens et son intelligence. Mais c’est bien la conscience qui rend tout cela perceptible pour lui, et non l’intelligence : la conscience des sons, des odeurs, des images (vue), des pensées etc. Un ordinateur pense mais n’a pas conscience de ses pensées.. ce n’est donc pas l’intelligence qui perçoit. Ce qui éclaire notre expérience sensible est aussi ce qui éclaire notre intelligence, c’est la conscience.

Or tous les animaux perçoivent, ont conscience de leur monde intérieur et extérieur.

Ensuite l’auteur donne la preuve suivante pour l’immortalité de l’âme : l’âme est immortelle car il n’y a pas de désirs vains. Ensuite il dit, mais alors pourquoi le corps meurt-il? Parce que le désir que le corps ne meurt pas n’est pas absolu. (C’est un désir vain soit dit au passage..). Cette preuve, si on peut appeler cela une preuve, m’apparaît extrêmement faible. Il y a énormément de désirs vains d’après moi : le désir que le Père Noël existe pour un enfant par exemple. Ensuite il faudrait définir ce qu’est un désir absolu, et pourquoi l’immortalité de l’âme serait un désir absolu et non celle du corps. Et dans ce cas il faudrait expliquer pourquoi au final il y aura la Résurrection des corps si ce n’est pas un désir absolu…

J’ai le sentiment que ce genre de philosophie ne fait pas table rase et suppose vraie un nombre incalculables d’hypothèses farfelues : la vérité du principe d’identité « x = x » par exemple. Or le principe de raison suffisante s’y oppose : on ne peut parler de « x » et donc encore moins de « x = x » parce qu’on ne peut rien isoler. X n’est pas isolable de son environnement, on ne peut pas découper les phénomènes comme s’ils étaient des objets indépendants. Et donc x tout seul n’existe pas, en réalité ce soi-disant x est en relation permanente avec le reste et change à chaque instant. Si x est une table, cette table n’est pas indépendante de son environnement, elle change à chaque instant. Or on continue de l’appeler x, on lui colle cette étiquette, alors qu’1 nanoseconde plus tard ce n’est déjà plus vraiment x. C’est une façon approximative de voir la réalité. Dans la vie quotidienne ok, mais pas en philosophie.

Tout cela me fait penser que ces philosophes partent d’un cadre donné sans oser ne rien remettre en question.

Je ne connais pas Saint Albert le Grand par contre. Mais tous les philosophes chrétiens que je connais partent d’Aristote..

Re: Physique quantique et catholicisme

par Cgs » jeu. 01 sept. 2022, 21:21

Arthur19 a écrit : jeu. 01 sept. 2022, 18:00 Merci, je viens de le commander.
J'avoue que pour l'instant je reste complétement sur ma faim concernant les métaphysique et philosophie chrétiennes.. Autant la Révélation, autant la philosophie... à part Denis Marquet peut être.
Je trouve que les Chrétiens ont toujours calqué leur philosophie à leur idée de la Révélation, alors que ça doit être l'inverse : partir de l'expérience courante, de la raison, et comme a priori la Révélation est vraie, on retombera naturellement dessus.
Bonsoir,

Vous n'avez pas trouvé chez Saint Albert le Grand et Saint Thomas d'Aquin une démarche de type "raison vers foi" ? Pourquoi ?

Bien à vous,

Re: Physique quantique et catholicisme

par Arthur19 » jeu. 01 sept. 2022, 19:49

Merci pour votre message, ne me demandez pas pardon, chacun a son opinion 😊 et c’est sain de les confronter je trouve.

Je ne suis pas totalement d’accord avec vous, car, même si c’est vrai que depuis les grands physiciens du XXeme siècle on patauge (globalement), je pense qu’il y aura de meilleurs jours. On avance parfois par petits bonds en science! La grâce de Dieu y est sans doute pour quelque chose, mais le travail, l’imagination, l’intelligence ou la chance aussi! Sans parler de science, je pense qu’on a largement de quoi penser avec notre expérience courante, et d’autres l’ont pratiquement toujours fait avant nous!

Concernant les mystiques , c’est marrant parce que je pensais justement à lire le Château intérieur ces derniers jours. J’étais allé lire sur Wikipedia et j’avais vu une vidéo d’Arnaud Dumouch sur les sept demeures! le commanderai d’ici peu, il sera dans mes prochaines lectures!

Re: Physique quantique et catholicisme

par aldebaran » jeu. 01 sept. 2022, 19:00

Arthur19 a écrit :Je trouve que les Chrétiens ont toujours calqué leur philosophie à leur idée de la Révélation, alors que ça doit être l'inverse : partir de l'expérience courante, de la raison, et comme a priori la Révélation est vraie, on retombera naturellement dessus.
Pardonnez-moi, mais je pense désormais exactement le contraire : nul ne peut réellement s'élever même petitement par sa seule raison. Sans l'aide de Dieu, sans information adéquate, c'est une entreprise orgueilleuse et sans issue. S'il faut user de raison effectivement, c'est avant tout pour faire preuve de discernement, écarter les faussetés, les bêtises, les points secondaires ou pire, pour se nourrir d'un apport sain et sanctifiant, c'est-à-dire dans lequel Dieu est présent au moins par Son influence, Son inspiration.
Je ne saurais trop vous conseiller plutôt des lectures mystiques, et là vous conviendrez que nul ne peut égaler les auteurs chrétiens.
Pour commencer par un ouvrage très classique et reconnue comme un joyau par l'Eglise, pourquoi ne pas vous lancer dans 'Le Château Intérieur' de sainte Thérèse d'Avila, docteur de l'Eglise? En plus vous trouverez le pdf en téléchargement gratuit sur le web.
La physique est amusante à suivre, mais au fond les savants ne savent pas grand chose et pataugent allègrement. Et les résultats des expériences ont des interprétations bien multiples. Pas moyen de vraiment avancer ainsi.
Que la paix du Christ soit sur vous.

Re: Physique quantique et catholicisme

par Arthur19 » jeu. 01 sept. 2022, 18:00

Merci, je viens de le commander.
J'avoue que pour l'instant je reste complétement sur ma faim concernant les métaphysique et philosophie chrétiennes.. Autant la Révélation, autant la philosophie... à part Denis Marquet peut être.
Je trouve que les Chrétiens ont toujours calqué leur philosophie à leur idée de la Révélation, alors que ça doit être l'inverse : partir de l'expérience courante, de la raison, et comme a priori la Révélation est vraie, on retombera naturellement dessus.

Re: Physique quantique et catholicisme

par Fernand Poisson » jeu. 01 sept. 2022, 12:10

Pour en revenir à votre question initiale, je crois que l'ouvrage du philosophe catholique Michel Bastit Le principe du monde aborde entre autres choses la question de la physique quantique (https://www.vrin.fr/livre/9791093043258 ... e-du-monde). Mais la perspective est réaliste et je ne sais pas s'il traite en particulier la question de l'expérience des fentes de Young. :)

Re: Physique quantique et catholicisme

par Arthur19 » mer. 31 août 2022, 19:23

Oui mais en science on est censé se méfier des intuitions communes!
Je suis d’accord avec vous, seulement, en Occident on en est resté à une dualité idéalisme/réalisme alors qu’il existe une autre voie, au milieu. Et cela n’a pas été analysé en Occident.
A savoir que votre bureau continue d’exister quand personne n’est dans la pièce mais pas du tout de la façon dont vous le voyez vous au quotidien, et pas du tout de la manière dont vous pouvez le visualiser ou l’imaginer. Et d’ailleurs votre chat ne le voit pas de la même manière que vous, et votre lapin le voit encore autrement! Sans parler de votre femme qui le voit peut être très légèrement différemment! :-D
Ce manque d’analyse en Occident pousse des gens comme moi à lire les philosophes orientaux. Je préférerais lire les philosophes Occidentaux sur ce thème aussi!

Re: Physique quantique et catholicisme

par Fernand Poisson » mer. 31 août 2022, 18:08

Arthur19 a écrit : mer. 31 août 2022, 16:42 Il est moins couteux épistémiquement de ne pas faire l'hypothèse d'un monde extérieur.
Pas vraiment, au regard des intuitions communes. ;)
Admettons : cela peut se discuter. Mais vous voyez qu'on en reviendrait alors aux arguments philosophiques, et que la physique quantique en elle-même ne constitue pas un élément décisif en faveur de l'idéalisme.
Arthur19 a écrit : mer. 31 août 2022, 16:42 On n'en sait strictement rien! A part si on regarde le résultat après!
Oui, de même que je ne peux pas être sûr que mon bureau continue à exister lorsque personne ne se trouve dans la pièce. On en revient aux arguments classiques.

Re: Physique quantique et catholicisme

par Arthur19 » mer. 31 août 2022, 16:42

Sur le présent sujet en particulier, l'interprétation de l'expérience des fentes de Young par un quelconque rôle déterminant de la conscience (thèse de Wigner) ne s'impose pas. Il est moins coûteux épistémiquement de considérer que c'est l'interaction avec l'appareil de mesure qui entraîne la fin de la superposition des états de l'électron.
Il est moins couteux épistémiquement de ne pas faire l'hypothèse d'un monde extérieur. Sur quel argument repose cette hypothèse? Quelle est l'utilité d'une telle hypothèse? Cette hypothèse est implicitement faite en Occident depuis toujours, mais elle est très couteuse!
Ainsi, si on laisse tourner l'appareil tout seul en laboratoire (sans qu'aucune conscience n'assiste à la mesure), l'effet sera le même et l'électron adoptera une position déterminée.
On n'en sait strictement rien! A part si on regarde le résultat après!
Ceci dit nous pourrions être très surpris par la nature ontologique de ce qui nous entoure, la notion de particules a quasiment disparu en tant que boule de matière, pour être remplacée par des champs, couvrant tout l'univers et des fluctuations d'énergie que sont ces particules. Certains avancent même que tout ne pourrait être qu'information. Le réalisme prend une forme qui s'éloigne de plus en plus de ce que le commun des mortels s'imagine être (parce qu'on lui enseigne tel) la matière.
Oui d'autre part, le passé et le futur (au moins en partie) pourraient être contenus dans ces informations. Qui dit informations, pourrait dire que ce seraient bien les ou la conscience qui créeraient l'espace et le temps.

Plutôt que l'existence d'un monde extérieur, la question est plutôt de quel type est ce monde extérieur : est-il matériel et indépendant de toute conscience ou non.

Je ne dis pas qu'il faille faire l'hypothèse qu'il n'y a pas de monde extérieur matériel, je dis qu'il ne faut pas faire l'hypothèse qu'il y en a un.

D'autre part, je n'accepte pas non plus le pur idéalisme pour cette raison : "si on enlève un par un tous les phénomènes de la conscience, que reste-t-il? Non pas une conscience, mais rien du tout!"

Je pense par contre que la conscience et le monde extérieur dépendent l'un de l'autre.

Re: Physique quantique et catholicisme

par aldebaran » mer. 31 août 2022, 16:08

Fernand Poisson a écrit : mer. 31 août 2022, 15:29 De façon générale, je pense que les avancées de la science contemporaine (physique quantique, relativité générale et les recherches sur la gravité quantique) suggèrent plus un réalisme "bizarre" (c'est-à-dire différent du matérialisme classique) que l'idéalisme.

Sur le présent sujet en particulier, l'interprétation de l'expérience des fentes de Young par un quelconque rôle déterminant de la conscience (thèse de Wigner) ne s'impose pas. Il est moins coûteux épistémiquement de considérer que c'est l'interaction avec l'appareil de mesure qui entraîne la fin de la superposition des états de l'électron. Ainsi, si on laisse tourner l'appareil tout seul en laboratoire (sans qu'aucune conscience n'assiste à la mesure), l'effet sera le même et l'électron adoptera une position déterminée. Après la question est de savoir si, avant l'interaction, il y a réellement une superposition d'états ou bien s'il existe quelque chose comme une onde pilote.

Bref je ne vois pas là de raison suffisante d'abandonner le réalisme pour l'idéalisme.
Je partage globalement ce point de vue, et peu je pense, peu importe leurs convictions, choisissent de s'orientent vers l'idéalisme.
Il ne s'agit pas de renier le réalisme, mais plutôt d'admettre que la réalité nous échappe et nous échappera toujours car notre perception est indirecte. J'y vois presque une limite mise par le Créateur à dessin.
Il faut vraiment lire d'Espagnat et se familiariser avec son concept de réalité voilée. D'autres physiciens aboutissent à des notions voisines, mais avec un autre vocabulaire.
Ceci dit nous pourrions être très surpris par la nature ontologique de ce qui nous entoure, la notion de particules a quasiment disparu en tant que boule de matière, pour être remplacée par des champs, couvrant tout l'univers et des fluctuations d'énergie que sont ces particules. Certains avancent même que tout ne pourrait être qu'information. Le réalisme prend une forme qui s'éloigne de plus en plus de ce que le commun des mortels s'imagine être (parce qu'on lui enseigne tel) la matière.

Re: Physique quantique et catholicisme

par Fernand Poisson » mer. 31 août 2022, 15:29

De façon générale, je pense que les avancées de la science contemporaine (physique quantique, relativité générale et les recherches sur la gravité quantique) suggèrent plus un réalisme "bizarre" (c'est-à-dire différent du matérialisme classique) que l'idéalisme.

Sur le présent sujet en particulier, l'interprétation de l'expérience des fentes de Young par un quelconque rôle déterminant de la conscience (thèse de Wigner) ne s'impose pas. Il est moins coûteux épistémiquement de considérer que c'est l'interaction avec l'appareil de mesure qui entraîne la fin de la superposition des états de l'électron. Ainsi, si on laisse tourner l'appareil tout seul en laboratoire (sans qu'aucune conscience n'assiste à la mesure), l'effet sera le même et l'électron adoptera une position déterminée. Après la question est de savoir si, avant l'interaction, il y a réellement une superposition d'états ou bien s'il existe quelque chose comme une onde pilote.

Bref je ne vois pas là de raison suffisante d'abandonner le réalisme pour l'idéalisme.

Re: Physique quantique et catholicisme

par Arthur19 » mer. 31 août 2022, 12:26

C'est vrai. Je crois que le grand intérêt par contre de la MQ est de nous alerter sur le fait que ce que nous voyons n'est pas le vrai réel (réel empirique), mais le résultat d'interactions entre éléments. Nous n'avons pas accès à tout, mais à des ombres comme dans la caverne de Platon. Cela rabat l'orgueil satanique d'un espoir de compréhension total si l'on veut bien y réfléchir.
En sait-on quelque chose?
- la physique moderne n'est pas enseignée à l'école, c'est encore pire pour la MQ. Du coup ce genre de discussions finit entre cercles fermés de spécialistes
- cela arrange énormément les matérialistes athées, idéologie dominante depuis le XXe siècle. Plus besoin d'explication métaphysique, tout n'est que rouage selon des lois physiques que l'homme est en train de découvrir.
Entièrement d'accord!

De mon point de vue, avant de partir tête baissée étudier le monde extérieur, il faut déjà se rendre compte qu'il y a en amont une conscience et en aval un monde, et que donc la conscience est première sur le monde, et que donc c'est une hypothèse fausse de donner le primat à la matière (objet perçu) sur la conscience (en amont).

La philosophie réaliste accord plus de réalité à l'objet perçu qu'à ce qui le perçoit, et sans quoi l'objet ne serait pas (perçu en tous cas).

La conscience est un préalable indispensable à l'étude du monde. On n'a jamais vu un être sans conscience étudier le monde.

Re: Physique quantique et catholicisme

par aldebaran » mer. 31 août 2022, 12:13

Bonjour,
Fernand Poisson a écrit :Je pense qu'il y a une "intuition déterministe" assez forte à propos du monde matériel (de la matière inerte) qui n'implique pas forcément la négation de la liberté humaine. C'est cette intuition qui explique les efforts pour produire des interprétations déterministes de la physique quantique à mon avis
Peut-être. Ceci dit la physique nous enseigne depuis un siècle que nos intuitions nous trompent. Sans faire intervenir la MQ, avons-nous l'intuition que le temps ne s'écoule pas de la même façon suivant les endroits, suivant champs gravitationnels ou mouvement (relativité)? Non elle nous dit au contraire qu'il y a une grosse horloge cosmique unique qui égrène le temps universellement de la même manière.
Je pense que les gens collent au réalisme dur pour deux raisons:
- la physique moderne n'est pas enseignée à l'école, c'est encore pire pour la MQ. Du coup ce genre de discussions finit entre cercles fermés de spécialistes
- cela arrange énormément les matérialistes athées, idéologie dominante depuis le XXe siècle. Plus besoin d'explication métaphysique, tout n'est que rouage selon des lois physiques que l'homme est en train de découvrir.
Fernand Poisson a écrit :Mais les deux phénomènes (liberté humaine et déterminisme matériel) pourraient coexister dans notre univers.
Liberté humaine en ajoutant la notion d'âme, domaine de la croyance. Mais dans un monde qui évoluerait de manière figée nous semblons prisonnier d'un scénario qui nous échappe. Tout au plus, par notre liberté, pouvons nous influer un peu sur ce dernier. Cela ne me semble pas vraiment satisfaisant.
Fernand Poisson a écrit :À l'inverse, si on tient à l'interprétation indéterministe, ça ne nous dit pas grand chose de la liberté humaine, puisque l'indétermination quantique tient de l'aléatoire et non du choix volontaire.
C'est vrai. Je crois que le grand intérêt par contre de la MQ est de nous alerter sur le fait que ce que nous voyons n'est pas le vrai réel (réel empirique), mais le résultat d'interactions entre éléments. Nous n'avons pas accès à tout, mais à des ombres comme dans la caverne de Platon. Cela rabat l'orgueil satanique d'un espoir de compréhension total si l'on veut bien y réfléchir.
Arthur19 a écrit :C'est un paradoxe que je n'arrive pas à comprendre... si quelqu'un peut m'expliquer?
Personne ne peut expliquer ni démontrer le libre arbitre ou son absence. Il y avait toutefois une expérience de biologie (il faudrait que je retrouve l'article, c'est peu documenté évidemment sur le web) qui montrait que la conscience humaine "échappait" au monde matériel. Y croire ou non est encore une affaire de conviction, de croyance, donc de choix (ah oui mais si on n'a pas de libre-arbitre on ne peut faire de choix?). Bref c'est très compliqué tout le monde s'est cassé les dents dessus. Si vous lisez les Caves du Vatican, vous verrez comme tentative de démonstration qu'une personne sera ou non tuée en la poussant du train, simplement selon le hasard (si un panneau de signalisation apparait dans un laps de temps). Sauf que si le monde est complétement déterministe, il n'y a pas de hasard.
Nous croyons au libre arbitre par ce que nous sommes chrétiens, et que Dieu nous a créé libre. Qu'Il nous ait placé dans un monde où tout est écrit d'avance une fois pour toute me parait illogique, bien que pas impossible.

Re: Physique quantique et catholicisme

par Arthur19 » mer. 31 août 2022, 11:47

À l'inverse, si on tient à l'interprétation indéterministe, ça ne nous dit pas grand chose de la liberté humaine, puisque l'indétermination quantique tient de l'aléatoire et non du choix volontaire.
Je pense qu'on n'en sait rien, non?
Autre question, dans cette optique, comment s'articule l'union de l'âme et du corps? Comment penser l'âme dans cette optique?

Re: Physique quantique et catholicisme

par Fernand Poisson » mer. 31 août 2022, 11:30

aldebaran a écrit : mer. 31 août 2022, 8:42 Ce n'est qu'un avis, mais le pur déterminisme s'accommode très mal avec toute transcendance et surtout notion de liberté ; je ne comprends pas pourquoi tout le monde s'y attache tellement autre que les matérialistes. Comprenons que le déterminisme pur, c'est la négation du temps en tant que mouvement, tout est irrémédiablement écrit à l'avance. Couplé à l'espace temps, cela donne un temps figé, qui ne s'écoule pas, on ne fait que s'y déplacer. Fin de la digression.
Arthur19 a écrit : mer. 31 août 2022, 11:25
En effet, je ne comprends pas que le catholicisme s'accroche à la philosophie réaliste qui de fait, quand appliquée en science, a pour conséquence d'exclure la notion de liberté. Dans un monde réaliste, tout est déterminé. C'est en opposition avec la foi catholique!
Je pense qu'il y a une "intuition déterministe" assez forte à propos du monde matériel (de la matière inerte) qui n'implique pas forcément la négation de la liberté humaine. C'est cette intuition qui explique les efforts pour produire des interprétations déterministes de la physique quantique à mon avis. Mais les deux phénomènes (liberté humaine et déterminisme matériel) pourraient coexister dans notre univers.
À l'inverse, si on tient à l'interprétation indéterministe, ça ne nous dit pas grand chose de la liberté humaine, puisque l'indétermination quantique tient de l'aléatoire et non du choix volontaire.

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