par cmoi » mer. 09 nov. 2022, 8:11
Gaudens a écrit : ↑mar. 08 nov. 2022, 11:52
Mais faites vous bien la différence entre ce qui doit être public et ce qui doit rester privé
J’ignore ce qui vous fait me poser cette question d‘autant que j’y ai déjà répondu au moins 2 fois sur ce forum, il est vrai dans des exposés touffus.
La réponse est simple et s’opère en 2 temps :
- Pour le premier : il appartient à la victime (voire avec ses parents) d’en décider, et le rôle du pécheur repenti et de son confesseur est de permettre à celle-ci de le faire en pleine liberté, sans contrainte d’aucune sorte, en lui proposant des alternatives (relevant de la pénitence du pécheur) à la loi civile. Je partage l’avis de St Paul, qui reprochait aux corinthiens de recourir aux tribunaux civils et non à la communauté des croyants. D’autant que tout ce que propose ces tribunaux se réduit à de la prison, une indemnité financière, voire des obligations « thérapeutiques ».
Dans un second temps, parce que la victime peut en profiter pour « abuser » de cette pénitence et/ou de la situation, il peut être souhaitable que la décision soit transférée sur une autorité reconnue pour sa sagesse et son impartialité (rôle souvent joué par les parents, ce qui manque d’impartialité souvent).
Je situe le cadre de mon propos qui suppose une prise de connaissance qui se passe au confessionnal, car sinon les règles de « dénonciation » usuelles et reconnues s’appliquent, à moins de « recourir » à l’Eglise pour trouver une issue « par le haut », choix délibéré qui suppose de sa part une compétence et des disponibilités jusqu’à ce jour insuffisantes.
Puisque vous m’accordez galamment une certaine profondeur, permettez-moi d’en explorer maintenant quelques-unes – bien que souvent je sente sur ce forum comme un reproche à cet égard.
Le pape François a demandé ces autodénonciations. Je m’abstiendrai de faire ce que beaucoup font : critiquer ce choix. Ce cardinal a choisi d’y obéir. Je suppose qu’il a depuis longtemps fait la pénitence de son acte, et donc que tout ce que doit entraîner son attitude, c’est de servir à l’exploration de « l’état des lieux », mais qu’à titre personnel, ce qu’il mérite c’est l’indulgence et nos prières, uniquement cela.
Ce qui me dérange, dans ces affaires, c’est qu’elles ne sont plus traitées que comme des statistiques, une fois retombé l'émoi. Or chaque cas est particulier et mérite un traitement particulier. A défaut de connaître cette particularité, je m’abstiendrai de toute opinion sur le péché et sa gravité.
Si l’on prétendait savoir traiter ces cas, il n’y aurait plus besoin de ces cas particuliers (trop particuliers justement). Il y a donc un aveu d’incompétence – car cette compétence devrait exister déjà. Et c’est cela qui est triste mais il vaut mieux l’avouer et y remédier, que s’en cacher la réalité.
« Dans la vie », même de l’Eglise, il est rare d’en arriver jusqu’à une vraie réconciliation, un vrai pardon dont la confession ne doit pas servir de substitut, mais de stimulant. Fréquemment l’offenseur n’est pas réhabilité, et l‘offensé (qui aussi a besoin de l'être) arrête sa plainte ou sa demande d’explication souvent par charité et miséricorde (non sans détresse et autres désagréments) sans savoir si l’autre, qui a reconnu les faits, est encore en état de récidiver, ou n’ose pas demander d’aide pour l’éviter, ou veut passer trop vite à autre chose, ou va s’enfoncer dans une procrastination, déprime etc. ou va rebondir positivement, etc. (Quand la victime se préoccupe de l’autre, car trop focalisée sur elle-même, il est aussi possible qu’elle soit dans la vengeance et la récrimination, incapable d’une démarche altruiste à l’égard de cet autre qui pourtant lui est nécessaire pour une vraie guérison complète.)
Quand un tel acte a été posé entre 2 personnes, il crée un lien spirituel qui ne doit pas être rompu prématurément ni à tort et à travers… Il engage ensuite la victime autant que le coupable dans un processus de résilience qui doit se faire, ensemble ou séparément (il y a un certain antagonisme à respecter pour la guérison mais aussi le résorber est crucial et y participera), or dont chaque partie doit connaître l’autre.
La plus belle image que j’en connaisse, c’est celle de l’assassin de Maria Goretti assistant à son procès de canonisation. (Vous connaissez sûrement leur histoire, mais pour ceux qui me liraient et l’ignoreraient, elle est accessible sur internet).
L’Eglise avait cette compétence, et elle ne l’aurait pas perdue si elle n’avait pas douté d’elle-même… Il faut donc commence par se ressaisir et cesser de douter !
C’est vrai psychologiquement mais aussi spirituellement. Faire confiance est indispensable pour qui veut évoluer dans le cercle des amis de Jésus qui a promis qu’il vaincrait…
Je m’arrête, c’est déjà assez long…
[quote=Gaudens post_id=454456 time=1667901138 user_id=16704]
Mais faites vous bien la différence entre ce qui doit être public et ce qui doit rester privé
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J’ignore ce qui vous fait me poser cette question d‘autant que j’y ai déjà répondu au moins 2 fois sur ce forum, il est vrai dans des exposés touffus.
La réponse est simple et s’opère en 2 temps :
[list]Pour le premier : il appartient à la victime (voire avec ses parents) d’en décider, et le rôle du pécheur repenti et de son confesseur est de permettre à celle-ci de le faire en pleine liberté, sans contrainte d’aucune sorte, en lui proposant des alternatives (relevant de la pénitence du pécheur) à la loi civile. Je partage l’avis de St Paul, qui reprochait aux corinthiens de recourir aux tribunaux civils et non à la communauté des croyants. D’autant que tout ce que propose ces tribunaux se réduit à de la prison, une indemnité financière, voire des obligations « thérapeutiques ».
Dans un second temps, parce que la victime peut en profiter pour « abuser » de cette pénitence et/ou de la situation, il peut être souhaitable que la décision soit transférée sur une autorité reconnue pour sa sagesse et son impartialité (rôle souvent joué par les parents, ce qui manque d’impartialité souvent).[/list]
Je situe le cadre de mon propos qui suppose une prise de connaissance qui se passe au confessionnal, car sinon les règles de « dénonciation » usuelles et reconnues s’appliquent, à moins de « recourir » à l’Eglise pour trouver une issue « par le haut », choix délibéré qui suppose de sa part une compétence et des disponibilités jusqu’à ce jour insuffisantes.
Puisque vous m’accordez galamment une certaine profondeur, permettez-moi d’en explorer maintenant quelques-unes – bien que souvent je sente sur ce forum comme un reproche à cet égard.
Le pape François a demandé ces autodénonciations. Je m’abstiendrai de faire ce que beaucoup font : critiquer ce choix. Ce cardinal a choisi d’y obéir. Je suppose qu’il a depuis longtemps fait la pénitence de son acte, et donc que tout ce que doit entraîner son attitude, c’est de servir à l’exploration de « l’état des lieux », mais qu’à titre personnel, ce qu’il mérite c’est l’indulgence et nos prières, uniquement cela.
Ce qui me dérange, dans ces affaires, c’est qu’elles ne sont plus traitées que comme des statistiques, une fois retombé l'émoi. Or chaque cas est particulier et mérite un traitement particulier. A défaut de connaître cette particularité, je m’abstiendrai de toute opinion sur le péché et sa gravité.
Si l’on prétendait savoir traiter ces cas, il n’y aurait plus besoin de ces cas particuliers (trop particuliers justement). Il y a donc un aveu d’incompétence – car cette compétence devrait exister déjà. Et c’est cela qui est triste mais il vaut mieux l’avouer et y remédier, que s’en cacher la réalité.
« Dans la vie », même de l’Eglise, il est rare d’en arriver jusqu’à une vraie réconciliation, un vrai pardon dont la confession ne doit pas servir de substitut, mais de stimulant. Fréquemment l’offenseur n’est pas réhabilité, et l‘offensé (qui aussi a besoin de l'être) arrête sa plainte ou sa demande d’explication souvent par charité et miséricorde (non sans détresse et autres désagréments) sans savoir si l’autre, qui a reconnu les faits, est encore en état de récidiver, ou n’ose pas demander d’aide pour l’éviter, ou veut passer trop vite à autre chose, ou va s’enfoncer dans une procrastination, déprime etc. ou va rebondir positivement, etc. (Quand la victime se préoccupe de l’autre, car trop focalisée sur elle-même, il est aussi possible qu’elle soit dans la vengeance et la récrimination, incapable d’une démarche altruiste à l’égard de cet autre qui pourtant lui est nécessaire pour une vraie guérison complète.)
Quand un tel acte a été posé entre 2 personnes, il crée un lien spirituel qui ne doit pas être rompu prématurément ni à tort et à travers… Il engage ensuite la victime autant que le coupable dans un processus de résilience qui doit se faire, ensemble ou séparément (il y a un certain antagonisme à respecter pour la guérison mais aussi le résorber est crucial et y participera), or dont chaque partie doit connaître l’autre.
La plus belle image que j’en connaisse, c’est celle de l’assassin de Maria Goretti assistant à son procès de canonisation. (Vous connaissez sûrement leur histoire, mais pour ceux qui me liraient et l’ignoreraient, elle est accessible sur internet).
L’Eglise avait cette compétence, et elle ne l’aurait pas perdue si elle n’avait pas douté d’elle-même… Il faut donc commence par se ressaisir et cesser de douter !
C’est vrai psychologiquement mais aussi spirituellement. Faire confiance est indispensable pour qui veut évoluer dans le cercle des amis de Jésus qui a promis qu’il vaincrait…
Je m’arrête, c’est déjà assez long…