par Cgs » sam. 06 déc. 2025, 11:32
prodigal a écrit : ↑lun. 10 janv. 2022, 10:36
Je n'ai pas lu cet opuscule, et donc ce que je vais en dire n'est pas garanti.
Il me semble que la pensée d'Alexandre Kojève a le mérite d'expliquer pourquoi c'est en milieu chrétien que s'est développée la science moderne accompagnée du matérialisme athée, paradoxe remarquable et historiquement indéniable.
Il ne s'agit pas d'inverser le préjugé en posant une valorisation par l'Eglise catholique de l'activité scientifique. Ce qui a permis la révolution scientifique , ce serait plutôt une nouvelle manière d'envisager le cosmos. Chez les païens, l'homme est mortel et les cieux sont immuables et divins. Le christianisme dit au contraire que le ciel et la terre passeront mais que l'homme est appelé à la vie éternelle. Cette révolution entraîne inévitablement une autre manière de regarder le ciel étoilé.
Bonjour,
Sans poser une valorisation explicite de la science par l'Eglise, la doctrine catholique pousse néanmoins à chercher Dieu, donc à entamer une démarche qui ressemble à la démarche scientifique. En effet, Chercher Dieu passe certes avant tout par une expérience, une relation avec le Tout-Autre, à travers Jésus, mais cela passe aussi par notre raison et notre volonté de comprendre une partie des mystères divins. En ce sens, la démarche se rapproche de la démarche scientifique qui chercher à comprendre le monde.
J'en veux pour preuve la hiérarchisation de la connaissance au Moyen-Age. On trouve tout d'abord les sciences pratiques et scientifiques (arithmétique, géométrie, astronomie, musique, etc.), puis les humanités (grammaire, rhétorique, dialectique), et au-dessus la philosophie et comme couronnement de l'ensemble la théologie. On partait du pratique pour en trouver le sens dans la doctrine catholique par l'étude. Le travail de Saint Thomas d'Aquin au XIIIème siècle illustre bien cette démarche, héritée des grecs. A la Renaissance, les choses se sont peu à peu inversées, avec une prépondérance progressive des sciences qui accompagnent le progrès technique et s'affirment face aux changements de paradigmes dans les révolutions coperniciennes, newtoniennes et plus tard dans les révolutions du XXème siècle (Einstein, Heisenberg et les suivants).
Aujourd'hui, il me semble que la théologie et la science ne s'opposent pas, elles se complètent. Et on peut constater qu'à travers l'Histoire, le contexte chrétien a été un contexte favorable à l'émergence de la science au sens moderne et au progrès technique. Ce fut le cas aussi pour d'autres cultures, comme la culture chinoise. En revanche, d'autres cultures, qui ont un rapport à la connaissance et à Dieu différent, n'ont pas connu une telle convergence entre science et théologie, comme les sociétés islamiques ou hindouistes.
En Christ,
[quote=prodigal post_id=444609 time=1641803789 user_id=7568]
Je n'ai pas lu cet opuscule, et donc ce que je vais en dire n'est pas garanti.
Il me semble que la pensée d'Alexandre Kojève a le mérite d'expliquer pourquoi c'est en milieu chrétien que s'est développée la science moderne accompagnée du matérialisme athée, paradoxe remarquable et historiquement indéniable.
Il ne s'agit pas d'inverser le préjugé en posant une valorisation par l'Eglise catholique de l'activité scientifique. Ce qui a permis la révolution scientifique , ce serait plutôt une nouvelle manière d'envisager le cosmos. Chez les païens, l'homme est mortel et les cieux sont immuables et divins. Le christianisme dit au contraire que le ciel et la terre passeront mais que l'homme est appelé à la vie éternelle. Cette révolution entraîne inévitablement une autre manière de regarder le ciel étoilé.
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Bonjour,
Sans poser une valorisation explicite de la science par l'Eglise, la doctrine catholique pousse néanmoins à chercher Dieu, donc à entamer une démarche qui ressemble à la démarche scientifique. En effet, Chercher Dieu passe certes avant tout par une expérience, une relation avec le Tout-Autre, à travers Jésus, mais cela passe aussi par notre raison et notre volonté de comprendre une partie des mystères divins. En ce sens, la démarche se rapproche de la démarche scientifique qui chercher à comprendre le monde.
J'en veux pour preuve la hiérarchisation de la connaissance au Moyen-Age. On trouve tout d'abord les sciences pratiques et scientifiques (arithmétique, géométrie, astronomie, musique, etc.), puis les humanités (grammaire, rhétorique, dialectique), et au-dessus la philosophie et comme couronnement de l'ensemble la théologie. On partait du pratique pour en trouver le sens dans la doctrine catholique par l'étude. Le travail de Saint Thomas d'Aquin au XIIIème siècle illustre bien cette démarche, héritée des grecs. A la Renaissance, les choses se sont peu à peu inversées, avec une prépondérance progressive des sciences qui accompagnent le progrès technique et s'affirment face aux changements de paradigmes dans les révolutions coperniciennes, newtoniennes et plus tard dans les révolutions du XXème siècle (Einstein, Heisenberg et les suivants).
Aujourd'hui, il me semble que la théologie et la science ne s'opposent pas, elles se complètent. Et on peut constater qu'à travers l'Histoire, le contexte chrétien a été un contexte favorable à l'émergence de la science au sens moderne et au progrès technique. Ce fut le cas aussi pour d'autres cultures, comme la culture chinoise. En revanche, d'autres cultures, qui ont un rapport à la connaissance et à Dieu différent, n'ont pas connu une telle convergence entre science et théologie, comme les sociétés islamiques ou hindouistes.
En Christ,