Bonjour,
Je n'avais pas pensé aller voir dans l'IGLH. Il est également indiqué au n° 32 :
"Les autres communautés religieuses, et chacun de leurs sujets, sont invités, selon les conditions de leur vie, à célébrer quelques parties de la Liturgie des heures, qui est la prière de l'Église, et qui donne un seul cœur et une seule âme à ceux qui sont dispersés. On adresse la même exhortation aux laïcs."
Un détour par le latin n'est pas superflu :
"Ceteræ religiosæ Communitates, earumque singuli sodales, monentur ut, pro adiunctis, in quibus versantur, aliquas partes celebrent Liturgiæ Horarum, quæ est Ecclesiæ oratio, omnes ubique dispersos efficiens cor unum et animam unam. Eadem hortatio etiam laicis adhibetur."
Sont donc visés les
"membres individuels", étant souligné que ce paragraphe s'inscrit dans la partie de l'IGLH relatif au
"mandat de célébrer la Liturgie des heures". Dès lors que c'est la même exhortation qui est faite aux laïcs, cela vise tant les groupes que les individus.
Or, pour que la prière soit liturgique, deux conditions doivent être remplies :
1. Que soient utilisées des formules sanctionnées comme liturgiques par l'Eglise, soit des livres liturgiques approuvés par une autorité légitime à le faire selon le droit ;
2. Que l'Eglise reconnaisse que celui ou ceux qui célèbrent sont habilité à prier en son nom.
Il semble donc, pour ce qui concerne
Liturgia Horarum, qu'il s'agisse bien d'une prière liturgique y compris dans le cadre de la récitation individuelle.
Dès lors que ce paragraphe se réfère explicitement à la Constitution
Sacrosanctum Concilium (n° 100 :
'"On recommande aux laïcs eux-mêmes la récitation de l’office divin, soit avec les prêtres, soit lorsqu’ils sont réunis entre eux, voire individuellement"), il est loisible d'y lire une explicitation autorisée (il ne s'agit plus seulement de participer, mais bien de célébrer) dont il n'y a pas lieu de réduire la portée à la seule
Liturgia Horarum : l'invitation qui est faite vaut à mon sens pour l'office divin quel que soit le livre liturgique utilisé, pour autant naturellement qu'il soit approuvé par l'Eglise.
Pour en revenir ensuite à la question du Bréviaire Romain (1962), la Constitution
Laudis Canticum oblige à l'utilisation de
Liturgia Horarum ainsi qu'il a été dit, l'utilisation du Bréviaire Romain étant réservée à la récitation solitaire et soumise au consentement de l'Ordinaire. Une lecture serrée en regard du latin fait ressortir qu'il s'agit d'une prescription générale et non réservée aux clercs comme il m'avait semblé.
Summorum Pontificum ne concerne pour sa part que les clercs.
Il semble donc, en conclusion, que l'usage du Bréviaire Romain comme livre liturgique soit légitime pour un laïc dès lors qu'il le fait en privé et avec autorisation de l'Evêque.
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