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par cmoi » lun. 18 mars 2024, 4:42
par cmoi » sam. 16 mars 2024, 8:27
ChristianK a écrit : ↑sam. 16 mars 2024, 1:54 Rien à voir. Aucune surenchère. Distorsion perceptive. Il s’agit seulement de passer de 0% à 20% mettons, ou 30%. De mettre l’hérésie cryptogamique aux poubelles. De faire cessser la censure dans la caté et la prédication.
ChristianK a écrit : ↑sam. 16 mars 2024, 1:54 Non, aucune créature n’est infiniment aimable, c’est une hérésie
ChristianK a écrit : ↑sam. 16 mars 2024, 1:54 La réflexion elle est que le mal fait mal et que c’est celui qui l’aura produit qui finalement le subira. La doctrine bouddhiste en rend très bien compte par la doctrine de la réincarnation qui a « le mérite » de moins faire peur car il y a toujours une possibilité de « remonter » - Justement, elle est cuculisante!
La réflexion elle est que le mal fait mal et que c’est celui qui l’aura produit qui finalement le subira. La doctrine bouddhiste en rend très bien compte par la doctrine de la réincarnation qui a « le mérite » de moins faire peur car il y a toujours une possibilité de « remonter » -
ChristianK a écrit : ↑sam. 16 mars 2024, 1:54 Oui mais son irrationalisme, qui passe largement dans le nietzschéisme dit de gauche, a probablement des liens avec l’irrationalisme antiascétique à fondement consumériste.
par ChristianK » sam. 16 mars 2024, 1:54
cmoi a écrit :Donc il faut pas dire « pas la vindicte » mais « moins la vindicte que la miséricorde », bref une sorte de perlumisme. Et nous sommes d’accord. -------------------- Nous serons peut-être d’accord si vous admettez qu’il ne s’agit pas davantage de dire « moins » ou plus, mais de dire qu’elle passe au second plan dès lors qu’il s‘agit du message à transmettre qui est une « bonne » nouvelle. C’était là mon propos.
L’hérésie cryptogamique consiste en des proprotions 100-0%. Je sais bien que la quantification est un peu ridicule en ce domaine mais ça aide à comprendre -------------------- Je ne me situe pas au niveau de la proportion, mais du discernement qui permet d’en établir une et qui fait appel, dans la Révélation, à une graduation, notamment pour déterminer ce qui est le plus important ou premier, ou moteur, afin que chaque chose soit à sa place.
Pour le coup il y a vraiment malentendu. Car 100-100, ca veut dire 50-50, le delumisme descriptif du passé. Delumeau comptait scientifiquement (autant que possible en histoire) les occurrences de sermons négatifs et positifs et il arrivait à 50-50; si on avait 100-100, on se retrouverait avec un total de 200%, à moins que je vous aie mal compris. -------------------------- Non, vous ne m’avez pas mal compris, mais je voulais dire aussi qu’il est autant probable que nous soyons damnés que sauvés, cela dépend de notre vie, ce qui annule toute spéculation car je ne pensais pas aux sermons mais au fait d’être ou non sauvé. Or pour l’être, ou non, il faut que ce soit du 100% et c’est bien là le drame car ici-bas nous sommes plus souvent à moins, dans les 2 directions (ce qui fait que la somme ne fait pas du 100% mais est plus aléatoire).
Mais par Vulcain c’est justement ma position! Je dis pas que perlum a raison, je dis que son idée est assez intéressante pour être testée. Je ne connais pas moi-même combien de fois par an (52 homélies) il faut parler de l’enfer (et pas vide, car Satan existe), je dis seulement que la censure à 0% est une hérésie cryptogamique (et ca inclut les autres sujets cités par Rahner, au minimum) -------------------------- J’ai tout de même l’impression que c’est votre idée et non la sienne, que lui se contente de prêcher tel résultat qu’il tient pour plus que probable, fruit de ses méditations, sans visée pastorale autre que de dire ce qui lui semble être la vérité. Et là où je diffère de votre position, c’est que vous pensez que sa position permet de se servir de ce résultat pour pousser les gens à faire ce qu’il faut pour se sauver
Tout est dans le « à partir d’un certain point » . Il semble que la tradition théologique en tienne compte en distinguant 2 sortes d’attrition : la crainte de l’enfer sans aucun amour de Dieu vs la même crainte avec un commencement de cet amour : « d’où il s’ensuit que la contrition parfaite n’est pas une disposition nécessaire pour la réception du sacrement de pénitence, & que l’attrition est suffisante, pourvu qu’elle soit accompagnée d’un commencement d’amour. » ------------------------- Oui, mais là, et c’est à vrai dire ce qui me dérange le plus, vous partez d’une vision basse qui est de « sauver ce qui aurait été perdu ». Mais pour un catholique, cela devrait avoir eu lieu au moment du baptême, ensuite on va de grâce en grâce et si on ne vise pas la perfection, mais que l’on conserve cette vision basse, ensuite on ira plutôt de chute en rechute et c’est la meilleure manière pour finalement échouer. Il y a une différence entre ce parcours de chutes et celui qui certes aussi ira de chute en chute, mais parce qu’il s’attaque à des obstacles de plus en plus difficiles et pour s’améliorer. Comprenez-vous ce qui fondamentalement me gêne ? On ne peut prêcher en annonçant un parcours dont la facilité même est un leurre et va entraîner l’échec !
Je suis pas si sûr. C’est pas le manque de foi qui fait que l’enfer est censuré, car souvent on y croit. La cryptogamie concerne en des omissions pastos systématiques de ce que par ailleurs on croit ---------------------------- En effet. C’est pourquoi je ne crois pas votre « proposition » efficace car il ne suffit pas d’en donner une vision « encore plus horrible », cette surenchère dans le négatif sera vaine.
Je pense plutôt qu’il faut activer le côté positif (grâces reçues quand vie spirituelle et bienfaits de l’amitié avec Dieu, facilité d’être en harmonie et en paix (conscience) malgré quelques « frustrations » qui seront de moins en moins fortes et plus compensées, etc., il y aurait beaucoup à dire, presque trop ! Le côté « challenge » peut plaire aussi à certains, à d’autres moins qui seront plus sensibles à la solidarité … ).
Exact, mais il y a aussi l’opinion probabiliste du docteur commun. ------------------ Elle n’a d’autre valeur que d’être son opinion et il n’est qu’un théologien.
Plutôt que le bombardement de masse !
Il est impossible qu’un être infiniment parfait soit également aimable par rapport à une créature imparfaite. -------------------- Et pourtant si, c’est bien là Son but avéré et confessé, l’objet de cette « Bonne Nouvelle ».
Exactement, je pense que c’est une hypothèse à creuser et tester., bien que complexe. ----------------------- Mais ce n’est pas en accentuant le discours sur l’enfer
Convertir non, mais susciter une réflexion oui. Mais rien ne sera pire que le polnareffisme. Ca va le faire rigoler, comme Comte-Sponville (« l’enfer serait une métaphore, on n’arrête pas le progrès »), c’est pire. ---------------------------------- La réflexion elle est que le mal fait mal et que c’est celui qui l’aura produit qui finalement le subira. La doctrine bouddhiste en rend très bien compte par la doctrine de la réincarnation qui a « le mérite » de moins faire peur car il y a toujours une possibilité de « remonter » -
Il me semble qu’il faut parler de l’enfer avant tout parce que cela fait partie de la Révélation et en lui donnant son exacte place, mais certainement pas pour que ce soit pour convertir,
Je pense au contraire que cette vision est le monde à l’envers. Pourquoi? Pcq l’enfer (et autre chose) est DÉJÀ censuré à 0 (hérésie pasto cryptogamique, ou par omission, et vue par Rahner, pas obsédé pour 1 sou) . ------------------------- Le fait que vous généralisiez ici un avis qui se voulait cibler une personne donne idée de l’attachement que vous avez pour votre thèse et cela a quelque chose d’entêtant, me faisant penser que vous devez vous sentir incompris.
Si l’enfer est censuré à zéro, comme vous-même le dites à d’autres moments il est quand même ultra présent et non pas rejeté, mais cru.
Or il fait peur et surtout à cause de ses déformations possibles. C’est pourquoi il est devenu délicat d’en parler, à moins de rectifier ces déformations et c’est difficile sans y donner une valeur d’atténuation
S’il y a quelque chose à critiquer du passé, c’est un trop grand flou, des amalgames et le manque de précisions, l’indécision ou des partis pris trop péremptoires.
Car inversement la peur de la peur de l’enfer peut constituer une sorte d’acceptation subliminale du péché… ---------------------- Nullement, là vous allez trop loin car cela relèverait d’une tentation démoniaque et non du pathologique
Une hyperpathologie antiascétique qui balaie tout sur son passage et qui plonge profondément dans l’irrationnel. Pourquoi Nietzsche est-il si populaire, lui le psychopathe? ---------------------------- Au-delà de sa pathologie, Nietzche a dénoncé des traits et de l’hypocrisie qui étaient bien réels ! Et pour proposer une autre voie (gangrenée par l'orgueil) qui se voulait stimulante et rationnelle, assainie. Il ne tombait dans l’erreur et l’irrationnel que quand il s’en prenait à la Révélation, pas si souvent que cela en fait. Et l’idéal qu’il prônait et notamment ce qui le rendait séduisant a grandement été « pompé » dans la révélation chrétienne et ses valeurs. L’image de Dieu qu’il critiquait était le plus souvent une fausse image, et sa critique visait donc plus ceux qui l’avaient adoptée, que Dieu. Mais bon, Nietzsche est un autre sujet, culturel plus que spirituel, et cela fait longtemps qu’il a été « absorbé » par l’Eglise.
par cmoi » sam. 09 mars 2024, 6:38
ChristianK a écrit : ↑jeu. 07 mars 2024, 20:42 Les tests ne concernent pas la vie spirituelle mais la pasto et l’absence de censure. Cest beaucoup plus concret que les conseils spirituels ci-haut. L’idée ci haut est comme dire : peu importe la messe western, ou l’hérésie, l’important est de se sanctifier!
ChristianK a écrit : ↑jeu. 07 mars 2024, 20:42 Exact, mais il y a aussi l’opinion probabiliste du docteur commun.
ChristianK a écrit : ↑jeu. 07 mars 2024, 20:42 J’appelle cette attitude naiveté dangereuse, surtout si l’hérésie cryptogamique est impliquée. .
ChristianK a écrit : ↑jeu. 07 mars 2024, 20:42 Il est impossible qu’un être infiniment parfait soit également aimable par rapport à une créature imparfaite.
ChristianK a écrit : ↑jeu. 07 mars 2024, 20:42 Didyme a écrit : Pensez-vous vraiment que ce rejet soit contre une pastorale "cucul", qui promettrait un bonheur facile au plus grand nombre ? Exactement, je pense que c’est une hypothèse à creuser et tester., bien que complexe.
Didyme a écrit : Pensez-vous vraiment que ce rejet soit contre une pastorale "cucul", qui promettrait un bonheur facile au plus grand nombre ?
ChristianK a écrit : ↑jeu. 07 mars 2024, 20:42 Par conséquent, il m'apparaît cohérent la remarque de Cmoi qui voudrait que l'enfer soit davantage prêché à des croyants peu fidèles. Possible, pas sûr. Je me méfis
Par conséquent, il m'apparaît cohérent la remarque de Cmoi qui voudrait que l'enfer soit davantage prêché à des croyants peu fidèles.
ChristianK a écrit : ↑jeu. 07 mars 2024, 20:42 Convertir non, mais susciter une réflexion oui. Mais rien ne sera pire que le polnareffisme. Ca va le faire rigoler, comme Comte-Sponville (« l’enfer serait une métaphore, on n’arrête pas le progrès »), c’est pire.
ChristianK a écrit : ↑jeu. 07 mars 2024, 20:42 cocolapin a écrit :Parler de l'enfer ne suffit pas à convertir, mais ça peut servir à faire connaître l'intérêt de se convertir. Oui. Mais je mets l’accent sur le « peut ». Je ne dis pas que ce sera un succès, mais que ca pôurrait l’être et que le test ne doit surtout pas être écarté a priori.
cocolapin a écrit :Parler de l'enfer ne suffit pas à convertir, mais ça peut servir à faire connaître l'intérêt de se convertir.
ChristianK a écrit : ↑jeu. 07 mars 2024, 20:42 Gaudens a écrit :Si je ne vous avais pas assez souvent lu pour risquer une telle lecture psychologique , je dirais qu’un certain penchant vers le sadisme vous menace et qu’il serait bon de consulter un psychiatre pour arrêter la glissade en ce sens . Même ainsi, surtout ainsi, ,je crains de votre part une douloureuse et dangereuse obsession. Je pense au contraire que cette vision est le monde à l’envers. Pourquoi? Pcq l’enfer (et autre chose) est DÉJÀ censuré à 0 (hérésie pasto cryptogamique, ou par omission, et vue par Rahner, pas obsédé pour 1 sou) .
Gaudens a écrit :Si je ne vous avais pas assez souvent lu pour risquer une telle lecture psychologique , je dirais qu’un certain penchant vers le sadisme vous menace et qu’il serait bon de consulter un psychiatre pour arrêter la glissade en ce sens . Même ainsi, surtout ainsi, ,je crains de votre part une douloureuse et dangereuse obsession.
ChristianK a écrit : ↑jeu. 07 mars 2024, 20:42 Car inversement la peur de la peur de l’enfer peut constituer une sorte d’acceptation subliminale du péché…
ChristianK a écrit : ↑jeu. 07 mars 2024, 20:42 Une hyperpathologie antiascétique qui balaie tout sur son passage et qui plonge profondément dans l’irrationnel. Pourquoi Nietzsche est-il si populaire, lui le psychopathe?
par cmoi » ven. 08 mars 2024, 9:23
ChristianK a écrit : ↑jeu. 07 mars 2024, 20:42 Donc il faut pas dire « pas la vindicte » mais « moins la vindicte que la miséricorde », bref une sorte de perlumisme. Et nous sommes d’accord.
ChristianK a écrit : ↑jeu. 07 mars 2024, 20:42 L’hérésie cryptogamique consiste en des proprotions 100-0%. Je sais bien que la quantification est un peu ridicule en ce domaine mais ça aide à comprendre
ChristianK a écrit : ↑jeu. 07 mars 2024, 20:42 Pour le coup il y a vraiment malentendu. Car 100-100, ca veut dire 50-50, le delumisme descriptif du passé. Delumeau comptait scientifiquement (autant que possible en histoire) les occurrences de sermons négatifs et positifs et il arrivait à 50-50; si on avait 100-100, on se retrouverait avec un total de 200%, à moins que je vous aie mal compris.
ChristianK a écrit : ↑jeu. 07 mars 2024, 20:42 Mais par Vulcain c’est justement ma position! Je dis pas que perlum a raison, je dis que son idée est assez intéressante pour être testée. Je ne connais pas moi-même combien de fois par an (52 homélies) il faut parler de l’enfer (et pas vide, car Satan existe), je dis seulement que la censure à 0% est une hérésie cryptogamique (et ca inclut les autres sujets cités par Rahner, au minimum)
ChristianK a écrit : ↑jeu. 07 mars 2024, 20:42 Tout est dans le « à partir d’un certain point » . Il semble que la tradition théologique en tienne compte en distinguant 2 sortes d’attrition : la crainte de l’enfer sans aucun amour de Dieu vs la même crainte avec un commencement de cet amour : « d’où il s’ensuit que la contrition parfaite n’est pas une disposition nécessaire pour la réception du sacrement de pénitence, & que l’attrition est suffisante, pourvu qu’elle soit accompagnée d’un commencement d’amour. »
ChristianK a écrit : ↑jeu. 07 mars 2024, 20:42 Je suis pas si sûr. C’est pas le manque de foi qui fait que l’enfer est censuré, car souvent on y croit. La cryptogamie concerne en des omissions pastos systématiques de ce que par ailleurs on croit
par cmoi » ven. 08 mars 2024, 6:57
Coco lapin a écrit : ↑jeu. 07 mars 2024, 21:13 C'est pas un reproche, c'est un constat (car Dieu n'a pas choisi d'être comme ça). Et ce n'est pas seulement une réflexion théologique, ça fait partie de l'enseignement de l'Eglise, il me semble.
Coco lapin a écrit : ↑jeu. 07 mars 2024, 21:13 Y a pas mal de paroles de cette chanson qui correspondent plutôt bien. C'est pour ça que quand je l'entends à la radio, je me dis "tiens, c'est la chanson du bon Dieu"
Coco lapin a écrit : ↑jeu. 07 mars 2024, 21:13 et ça voudrait dire que Dieu préfère la créature à Dieu.
Coco lapin a écrit : ↑jeu. 07 mars 2024, 21:13 Où voyez-vous un don gratuit ?
Coco lapin a écrit : ↑jeu. 07 mars 2024, 21:13 Dieu, en tant que Dieu, aime "sans sentiment" (comme dit la chanson), et ce qu'il aime dans ses créatures, c'est ce qu'il y a mis lui-même : les vertus, la grâce, etc. Dieu aime l'homme en tant qu'il est à l'image de Dieu. On peut dire qu'il y admire son propre reflet, en quelque sorte.
Coco lapin a écrit : ↑jeu. 07 mars 2024, 21:13 Non, nous devons aimer les autres par amour de Dieu, tout comme Dieu nous aime par amour pour Dieu.
par ChristianK » ven. 08 mars 2024, 6:29
par Coco lapin » jeu. 07 mars 2024, 21:13
cmoi a écrit :C’est moi que j’aime à travers vous » : oui, c’est bien ce qu’ils affirment de Dieu. Et comme nous devons tous imiter Dieu qui est la perfection, nous allons tous devenir très égoïstes !
cmoi a écrit :« Vous m’aimez…, mais pas moi ! » Autrement dit, « moi je ne vous aime pas », et non « moi je ne m’aime pas » ; or « moi non plus, je ne m’aime pas » pourrait se dire ayant pour sens de dire qu’aimer comme vous m’aimez, ce n’est pas vraiment de l’amour, vous aimez mal ou ne savez pas aimer. Et c’est pourquoi « je ne vous aime pas », car vous n’avez pas les qualités qui me le permettraient et que votre amour n’est pas de l’amour. Ce que j’aime c’est à travers vous quelque chose qui m’appartient et qui me permet de vous considérer comme m’appartenant – en l’occurrence l’acte créateur.
cmoi a écrit :Est-ce bien là le dernier mot de Dieu ? Ceci pour justifier le fait que Dieu se suffisait à lui-même et n’avait pas besoin de nous créer pour éviter l’ennui ou je ne sais quoi. Pour garder de la cohérence avec la gratuité du don.
cmoi a écrit :Je crois personnellement que c’est précisément grâce à la faculté qu’il nous a donné de nous détourner de lui (un privilège qui n’avait pas de sens tant que n’existait que lui, mais qui devient le nôtre et ainsi le sien en ce qu’il se détournerait de nous or il s’aime à travers nous) que Dieu peut nous aimer comme « autre » que lui et découvrir l’altérité. En cela plutôt il nous aime à travers lui et se met à notre service,
cmoi a écrit :Le reproche qu’ainsi vous adressez à Dieu, de s’aimer à travers nous, comment ne voyez-vous pas qu’il correspond à l’image que vous avez de lui (car vous adhérez à celle-ci que selon vous l’Eglise nous propose) quand vous prônez le devoir ?
par ChristianK » jeu. 07 mars 2024, 20:42
cmoi a écrit :Je reste sidéré par la difficulté que nous avons tous à bien comprendre la pensée des autres, et je ne m’exclus nullement.
J’ai simplement rappelé par la phrase que vous reprenez (et tant d’autres) ce qui me semble essentiel, à savoir que l’enfer et la justice n’interviennent qu’après le refus de la main tendue par Dieu, et que la mission de l’Eglise est de montrer cette main tendue et d’en parler, de la louer, de la chanter et de témoigner du bonheur de la saisir. Subsidiairement, d’annoncer ce qui arrive si on refuse de l’attraper. Il y a des dogmes plus importants que d’autres ! Or là se trouve l’équilibre, d’où mon rappel.
Il ne suffit pas que quelque chose soit dogmatique pour que le mettre en avant soit bien, c’est bien précisément le sens profond à retenir de ce que vous appelez « hérésie cryptogamique ».
Pour répondre à cette statistique qui semble avoir pour vous de l’importance, je suis à 100/100 et pas ailleurs,
Donc, en adoptant votre considération, merci de reconnaitre que les tradis ne parlent pas tant de l’enfer que cela, et oui, la position de PP (dès lors que vous la rattachez à une personne, je ne peux exclure la personne même de sa position et cela entrainerait de ma part un refus de l’objectivité que vous y accordez) n’est pas très différente de celle d’une certaine tradition prédominante et recherchant un équilibre. Mais ce en quoi je m’y oppose (ce qui est encore trop fort, je défends simplement un mieux) ne relève pas d’un pourcentage, mais de la nécessité d’en fixer un et de s’en servir à titre pastoral.
Je vous suis néanmoins sur plusieurs points mais que je nuance autrement : L’exemple de ce prêtre qui pense que Satan est un symbole : oui, il y a une baisse de la qualité de la foi, on ne croit plus aux miracles, et certaines données de la foi y sont assimilées. Or ce n’est que par un retour à la qualité de la foi qu’on y remédiera, pas autrement. Car c’est dur et cela demande un effort constant de maintenir la position de la foi toujours et en tout, bien qu’au bout d’un moment cela puisse et doive devenir une habitude, un réflexe. On dit ainsi et sinon croire à pas mal de choses alors qu’au fond si on y croyait on agirait autrement : c’est vrai à commencer par la Présence Réelle. Ou on se contente d’un aspect psychologique ou initiatique sur par exemple le rôle de la confession, romantique ou social sur le mariage à l’Eglise, d’accomplir son « devoir » ou d’éprouver du « bien-être » avec la prière, etc. ! Oui, la peur de l’enfer est compatible avec la crainte filiale de Dieu, mais le développement de cette dernière est à privilégier et développer et n’est pas incompatible avec l’amour de Dieu qui, à partir d’un certain point, est incompatible avec la peur de l’enfer !
Là où je ne vous suis pas, cela coule de source de ce que je viens d’écrire : Sur le côté « pathologique » : il n’y en a pas d’autre que le manque de foi, ce qui suppose de ne pas étudier comme il faut la théologie et la philosophie, de ne pas lire comme il faut l’Ecriture Sainte, etc.
Sur le côté « test » : on ne joue pas avec la vie spirituelle, et non, il ne s’agit pas de ma part d’une affirmation gratuite, mais d’un rappel de ce qui est prioritaire et essentiel : la sanctification de chacun par la vie de la grâce, la réception des sacrements en sachant ce qui s’y passe, l’accroissement de la foi, de l’espérance et de la charité par la méditation de la parole de Dieu. C’est cela la « priorité absolue à l’éternité » (vous) et « l’épanouissement de ce que nous avons de mieux en nous » (moi) en est la conséquence et peut aussi en être le moteur, cela n’a rien d‘incompatible avec l’amour de Dieu mais en résulte, ce n’est pas un truc d’égoïste ou de libre penseur indépendant – moins que se focaliser sur l’enfer, car cet épanouissement rejaillit sur les autres et le leur, suscite et appelle le partage, alors que la seule idée de l’enfer entraîne solitude, idées noires, destruction, morbidité, etc. Il s'agit encore de vivre chaque instant dans la pleine conscience d'être sous le regard de Dieu et de vouloir lui plaire, ce qui suppose d'éviter le péché sans oublier les péchés capitaux, ce qui est bien plus simple et facile que cela en a l'air si on se fixe "au centre" et suppose de les connaître (non les peines du dam et consorts !) ainsi que de cultiver les vertus, non ses défauts
Sur le fait que les évangiles défendent le point de vue du petit nombre des élus : ils défendent seulement l’idée qu’il y en aura trop qui iront en enfer et en font une certitude de foi (pas d’enfer vide !) mais sans rien qui nous permette de fixer une quelconque proportion
Pour conclure, contrairement à vous, je ne fais pas d’amalgame entre cette question statistique et la nécessité de « prêcher l’enfer », je ne pensais même pas à votre théorie du « test ». Tout cela ne me semble pas sain spirituellement et s’intéresse à ce qui relève de ce qui « nous sera donné par surcroît » sans qu’on y pense. Je défends la nécessité d’une certaine ignorance volontaire comme d’une marque de pureté et d’obéissance, d’innocence.
Le reproche qu’ainsi vous adressez à Dieu, de s’aimer à travers nous, comment ne voyez-vous pas qu’il correspond à l’image que vous avez de lui (car vous adhérez à celle-ci que selon vous l’Eglise nous propose) quand vous prônez le devoir ?
Didyme a écrit :En fait, quant à cette idée d'une pastorale menaçante qui supposément aurait vertu de remplir les églises, je pense qu'il y a un aspect qui n'est pas pris en compte. C'est que la réaction de la société actuelle quant au christianisme n'est pas une simple indifférence, insouciance mais c'est surtout un rejet, voir un combat. Pensez-vous vraiment que ce rejet soit contre une pastorale "cucul", qui promettrait un bonheur facile au plus grand nombre ?
Il paraît plus qu'évident que cette réaction de rejet soit justement contre la pastorale rigide qui menace, qui interdit, qui condamne. Comment penser alors (à tort ou à raison) que remettre une couche de menace convertirait les masses ?!
Quelqu'un qui n'est pas chrétien, pensez-vous que l'aborder en lui parlant du Dieu chrétien qui va le faire souffrir en enfer s'il ne l'aime pas, ça va le convertir ?!
La pastorale menaçante avait un sens dans la société christianisée des siècles précédents mais pour le coup il me semble sérieusement naïf pour des anti-bisounours de penser que ce serait fructifiant aujourd'hui.
Vous allez aborder un non chrétien par la menace de l'enfer et il ira voir une spiritualité plus clémente. Et franchement, vu le discours de bon nombre j'aurais du mal à les blâmer.
échanges : les incroyants d’aujourd’hui, souvent plus hostiles que ceux d’il y a dix ou vingt ans (toute une propagande antichrétienne est passée par là) n’ont visiblement pas repéré le passage d’une pastorale dure à une pastorale polnareffienne et voient encore l’Eglise comme une marâtre les empêchant de jouir en toutes choses et quasiment les empêchant de vivre
Prodigal a écrit :Mais c'est Jésus qui sauve, et non la peur de l'enfer.
La peur de l'enfer peut être névrotique, et nuire gravement à la vie spirituelle. La peur de l'enfer n'est bonne, me semble-t-il, que si elle est une forme de la lutte contre le péché. Elle doit alors se traduire par le rejet de l'enfer et de tout ce qui y conduit, et non par la complaisance à entretenir ses pulsions sadomasochistes.
par prodigal » jeu. 07 mars 2024, 9:52
Coco lapin a écrit : ↑jeu. 07 mars 2024, 0:24 Oui mais il ne le peut que si l'on y met un peu du sien. Or la peur de l'enfer peut justement encourager à y mettre du sien.
par cmoi » jeu. 07 mars 2024, 4:06
Coco lapin a écrit : ↑mer. 28 févr. 2024, 15:48 ChristianK a écrit :Depuis 1970 ce terme est trop ambigu. Il faut à tout prix le remplacer par charité. (au rebours de la chanson d’Eric Charden des ans 70 « l’amour, pas la charité » - Cette chanson me parait extrêmement significative de la dérive du mot « amour ») Ah ! Cette folie des humains qui souhaitent être aimés pour eux-mêmes... La chanson du bon Dieu, ce serait plutôt "confidence pour confidence" ^^
ChristianK a écrit :Depuis 1970 ce terme est trop ambigu. Il faut à tout prix le remplacer par charité. (au rebours de la chanson d’Eric Charden des ans 70 « l’amour, pas la charité » - Cette chanson me parait extrêmement significative de la dérive du mot « amour »)
par cmoi » jeu. 07 mars 2024, 4:05
par Coco lapin » jeu. 07 mars 2024, 0:24
par prodigal » mer. 06 mars 2024, 21:53
Coco lapin a écrit : ↑mer. 06 mars 2024, 21:34 La religion catholique enseigne que tous les pécheurs sont destinés à l'enfer à moins d'être sauvés par Jésus. Il ne s'agit donc pas de dire "vous irez en enfer si vous ne voulez pas respecter la loi divine", mais : " par défaut, tout le monde va en enfer (sauf les bébés dénués de raison), MAIS Jésus peut vous sauver de ce destin tragique si vous coopérez à sa grâce". C'est le principe de l'Eglise arche du salut.
par Coco lapin » mer. 06 mars 2024, 21:34
Gaudens a écrit :Si je ne vous avais pas assez souvent lu pour risquer une telle lecture psychologique , je dirais qu’un certain penchant vers le sadisme vous menace et qu’il serait bon de consulter un psychiatre pour arrêter la glissade en ce sens .
Gaudens a écrit :Mais justement,ma sympathie envers vous me fait plutôt craindre un certain masochismre car vous avez écrit dans un passé récent vous croire voué à l’enfer.Est-ce que je me trompe ?
Gaudens a écrit :les incroyants d’aujourd’hui, souvent plus hostiles que ceux d’il y a dix ou vingt ans (toute une propagande antichrétienne est passée par là) n’ont visiblement pas repéré le passage d’une pastorale dure à une pastorale polnareffienne et voient encore l’Eglise comme une marâtre les empêchant de jouir en toutes choses et quasiment les empêchant de vivre , si du moins on l’écoutait. Donc en effet,leur brandir l’enfer à tout bout de champ ne ferait que les confirmer dans cette vision et les bloquer dans leur hostilité,plus que nocive pour eux-mêmes.
Didyme a écrit :Vous allez aborder un non chrétien par la menace de l'enfer et il ira voir une spiritualité plus clémente.
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