Bonjour Printemps,
Détrompez-vous ! L’Église ne cesse d’être très attentive aux questions fondamentales de la création même si ce sujet n’est guère à l’avant-plan de l’actualité. Le Pape Benoît XVI y voyait une priorité urgente pour la théologie et vous faites bien d’y être attentif. L’encyclique
Laudato si' du Pape François a apporté des éclairages importants sur votre questionnement.
Le moteur de recherche de ce forum (en haut à gauche de la page d’accueil dans les Raccourcis) pourra vous proposer beaucoup de réflexions échangées à cet égard.
Vos observations sur la mort physique sont pertinentes car, comme vous le constatez, toute la création et, particulièrement, le vivant, montre, depuis le Big-Bang, une succession de combinaisons des éléments physiques de la création dans lesquelles les êtres se succèdent et se remplacent.
La mort physique, qui dissous un organisme vivant dont les éléments sont ensuite réinsérés dans d’autres vivants ou dans de l’inerte, est une réalité qui peut être observée partout dans le monde physique.
C’est notre regard humain qui y attribue des valeurs morales en parlant de violence, de prédateur ou de mal lorsqu’un animal naturel en mange un autre.
Mais, depuis le récit du péché originel, nous savons que le mot «
mort » » peut avoir des sens différents selon la «
vie » à laquelle elle se réfère.
Dieu avait dit à Adam et Ève «
si vous mangez du fruit de l’arbre de la connaissance, vous mourrez », mais il parlait de leur vie spirituelle et corporelle destinée à l'éternité, mais Satan, tournant leur regard vers la vie et la mort uniquement corporelle et dans l'immédiat, leur indiqua, au contraire, «
vous ne mourrez pas ». Et, en effet, ils mangèrent et continuèrent leur vie physique sans mourir immédiatement. Mais, la «
vie » et la «
mort » dont Dieu leur parlait concernait la vie créée destinée à l'immortalité et non le seule la vie physique précaire.
La question du mal physique a été évoquée, notamment, dans le sujet de ce forum intitulé «
À propos du mal physique dans la création » :
viewtopic.php?f=92&t=16497
Même si le péché originel a eu des effets essentiels dans notre relation à la création physique que nous aurions pu gouverner en communion avec Dieu d’une manière qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer, les principes du monde créé sont restés inchangés.
Le péché n’a pas créé la «
mort physique » qui caractérise le vivant terrestre et le corps d’Adam et Ève a été créé naturellement mortel, mais ils n’étaient pas destinés à mourir et à subir les réalités physiques. Le Catéchisme de l'Église nous le rappelle clairement (C.E.C., n° 376). Au contraire, ils auraient pu et dû vivre avec la même puissance que celle montrée par Jésus dont les miracles nous montrent ce qui est possible à l’homme en communion avec Dieu.
Mais, le péché originel a privé toute la création de la maîtrise que l’humain devait y apporter en communion avec son Créateur et toutes les créatures sont désormais soumises à la mort et aux désordres.
Vous abordez aussi la question de l’obscurité qui, elle aussi, doit tenir compte des significations différentes du mot «
lumière ». Entre la lumière physique que nos yeux perçoivent et la lumière qu’est le Christ, il y a une réalité qui dépasse le seul monde physique.