par Gaudens » sam. 28 août 2021, 20:52
Merci pour l'éclaircissement,Perlim Pimpum.
Concernant Benoit XVI, non,je ne crois pas qu'il y ait actuellement "deux papes" : il y a un pape et un pape émérite car évêque émérite de Rome. Je ne suis pas convaincu par votre distinction entre le rôle d'évêque de Rome et celui de "pleine juridiction" sur l'Eglise : celui-ci est la conséquence ou l'explicitation de celui-là. Quand les papes du XIVè siècle fuirent pour longtemps la ville de Rome pour s'établir à Avignon, ils ne cessèrent jamais de se considérer comme évêques de Rome. Croire à un super -évêque ayant juridiction totale et immédiate sur l'ensemble des catholiques me parait un développement relativement récent et ne relevant guère du précepte de Lérins auquel vous vous référez : ce qui a été cru par tous, toujours et partout. L'Eglise indivise du premier millénaire n'était aucunement tentée par ce genre de dichotomie : Pierre était l'évêque de Rome, point.
En ce qui concerne votre explicitation de l'herméneutique de la continuité, je crois comprendre que vous vous reconnaissez dans le premier groupe alors que je serais du second. A ceci près que :
-d'une part je ne dirais pas que refuser la liberté religieuse serait "une erreur de facto"(du reste, les deux termes ne me semblent pas compatibles, une erreur l'est non par les faits mais par une affirmation erronée); par contre elle me parait bien une "tradition théologique particulière" parce que née assez tardivement encore une fois et donc pas non plus lériniene (confessée toujours ,partout et par tous).
-l'appréciation de l'Inquisition est une autre affaire : c'est un fait historique de quelques siècles, né dans un contexte spécifique où en effet l'Eglise se confondait avec la société civile et se voulait en étroite symbiose avec le pouvoir séculier, d'où l'insupportable ambiguïté/hypocrisie de la notion de "remise au bras séculier" de l'hérétique, relaps, etc...Mais l'Inquisition (celle de Rome ayant été du reste bien plus objective et respectueuse du droit des accusés que celle des Etats) ne relève pas d'un dogme, même récent et donc sujet à caution.
Vous pouvez bien sûr m'objecter la notion de "développement dogmatique" au sein d'une Eglise assistée par l'Esprit-Saint chère à Newmann mais il me semble qu'il faille en user avec beaucoup de prudence sauf à sauter toutes les barrières et risquer de contredire en plein le précepte lérinien. Les" tradis" de ce site ne sont sans doute pas loin de le penser comme moi mais tout dépend de l'époque où il convitny de mettre le curseur entre le développement conforme à la direction de l'Esprit Saint et celui qui tient à la décision humaine.
Merci pour l'éclaircissement,Perlim Pimpum.
Concernant Benoit XVI, non,je ne crois pas qu'il y ait actuellement "deux papes" : il y a un pape et un pape émérite car évêque émérite de Rome. Je ne suis pas convaincu par votre distinction entre le rôle d'évêque de Rome et celui de "pleine juridiction" sur l'Eglise : celui-ci est la conséquence ou l'explicitation de celui-là. Quand les papes du XIVè siècle fuirent pour longtemps la ville de Rome pour s'établir à Avignon, ils ne cessèrent jamais de se considérer comme évêques de Rome. Croire à un super -évêque ayant juridiction totale et immédiate sur l'ensemble des catholiques me parait un développement relativement récent et ne relevant guère du précepte de Lérins auquel vous vous référez : ce qui a été cru par tous, toujours et partout. L'Eglise indivise du premier millénaire n'était aucunement tentée par ce genre de dichotomie : Pierre était l'évêque de Rome, point.
En ce qui concerne votre explicitation de l'herméneutique de la continuité, je crois comprendre que vous vous reconnaissez dans le premier groupe alors que je serais du second. A ceci près que :
-d'une part je ne dirais pas que refuser la liberté religieuse serait "une erreur de facto"(du reste, les deux termes ne me semblent pas compatibles, une erreur l'est non par les faits mais par une affirmation erronée); par contre elle me parait bien une "tradition théologique particulière" parce que née assez tardivement encore une fois et donc pas non plus lériniene (confessée toujours ,partout et par tous).
-l'appréciation de l'Inquisition est une autre affaire : c'est un fait historique de quelques siècles, né dans un contexte spécifique où en effet l'Eglise se confondait avec la société civile et se voulait en étroite symbiose avec le pouvoir séculier, d'où l'insupportable ambiguïté/hypocrisie de la notion de "remise au bras séculier" de l'hérétique, relaps, etc...Mais l'Inquisition (celle de Rome ayant été du reste bien plus objective et respectueuse du droit des accusés que celle des Etats) ne relève pas d'un dogme, même récent et donc sujet à caution.
Vous pouvez bien sûr m'objecter la notion de "développement dogmatique" au sein d'une Eglise assistée par l'Esprit-Saint chère à Newmann mais il me semble qu'il faille en user avec beaucoup de prudence sauf à sauter toutes les barrières et risquer de contredire en plein le précepte lérinien. Les" tradis" de ce site ne sont sans doute pas loin de le penser comme moi mais tout dépend de l'époque où il convitny de mettre le curseur entre le développement conforme à la direction de l'Esprit Saint et celui qui tient à la décision humaine.