par Jean-Mic » ven. 15 déc. 2023, 19:27
Pour surprenante qu'elle soit, la double invitation du célébrant revient à dire :
1/ "Confiez maintenant votre intention à votre voisin..."
2/ "... et prenez en retour, l'intention de votre voisin dans votre prière."
L'idée est étonnante, mais on sent bien la visée pastorale qui la sous-tend : partager nos intentions de prière avec nos voisins, c'est prendre conscience que tous les membres de l'Eglise sont appelés à se porter les uns les autres dans la prière, et à vivre ainsi toujours plus en communion. Cette visée-là me semble louable, hautement catholique, au sens de porteuse d'une communion universelle. Bien que n'ayant rien de liturgique, elle peut parfaitement avoir sa place dans une célébration ou un temps de prière communautaire.
C'est d'ailleurs le sens-même d'une part des intentions de la prière universelle, et plus encore des intentions de messe que nous confions à notre curé. D'ailleurs aussi, nous n'y prêtons sans doute pas assez attention, mais c'est la visée qui sous-tend la prière du Confiteor/Je confesse à Dieu : "... [Je vous supplie] vous aussi, mes frères/frères et sœurs, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu." Formule qui, elle, est parfaitement liturgique, et probablement pour la plus grande part d'entre nous peu ou mal respectée : pensons-nous vraiment à ce moment-là à porter aussi, en plus de la nôtre, la demande de pardon de nos frères ?
La difficulté est cependant sa mise en œuvre.
Supposons par exemple que votre intention porte sur les réalités de votre vie conjugale, et que votre voisin de banc soit ... votre conjoint. Ça va être compliqué de le lui dire (et ce n'est probablement le moment de le faire). Le résultat sera le même, si votre intention est ainsi ciblée sur une personne précise, pas forcément votre voisin lui-même. Plus délicat encore, si votre intention porte sur une demande intimement personnelle telle que la demande de pardon d'un péché que vous avez commis, etc.
Dans ce cas, et dans tous les cas où l'invitation du célébrant, vous met mal à l'aise, le plus simple et le plus honnête serait peut-être de vous tourner vers votre voisin, en lui disant : "Je ne souhaite vous donner le détail de mon intention, mais je vous demande fraternellement de prier avec moi. Vous pourrez aussi ajouter : "Comptez sur moi pour prier pour vous à toutes vos intentions" ... et bien sûr efforcez-vous de le faire tout aussi fraternellement.
En conclusion, le célébrant a peut-être un peu manqué de pédagogie dans son invitation, mais l'idée me semble belle et intéressante ... au moins de temps en temps.
Pour surprenante qu'elle soit, la double invitation du célébrant revient à dire :
1/ "[i]Confiez maintenant votre intention à votre voisin...[/i]"
2/ "[i]... et prenez en retour, l'intention de votre voisin dans votre prière.[/i]"
L'idée est étonnante, mais on sent bien la visée pastorale qui la sous-tend : partager nos intentions de prière avec nos voisins, c'est prendre conscience que tous les membres de l'Eglise sont appelés à se porter les uns les autres dans la prière, et à vivre ainsi toujours plus en communion. Cette visée-là me semble louable, hautement [u]catholique[/u], au sens de porteuse d'une communion universelle. Bien que n'ayant rien de liturgique, elle peut parfaitement avoir sa place dans une célébration ou un temps de prière communautaire.
C'est d'ailleurs le sens-même d'une part des intentions de la prière universelle, et plus encore des [i]intentions de messe[/i] que nous confions à notre curé. D'ailleurs aussi, nous n'y prêtons sans doute pas assez attention, mais c'est la visée qui sous-tend la prière du [i]Confiteor/Je confesse à Dieu[/i] : "... [Je vous supplie] vous aussi, mes frères/frères et sœurs, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu." Formule qui, elle, est parfaitement liturgique, et probablement pour la plus grande part d'entre nous peu ou mal respectée : pensons-nous vraiment à ce moment-là à porter aussi, en plus de la nôtre, la demande de pardon de nos frères ?
La difficulté est cependant sa mise en œuvre.
Supposons par exemple que votre intention porte sur les réalités de votre vie conjugale, et que votre voisin de banc soit ... votre conjoint. Ça va être compliqué de le lui dire (et ce n'est probablement le moment de le faire). Le résultat sera le même, si votre intention est ainsi ciblée sur une personne précise, pas forcément votre voisin lui-même. Plus délicat encore, si votre intention porte sur une demande intimement personnelle telle que la demande de pardon d'un péché que vous avez commis, etc.
Dans ce cas, et dans tous les cas où l'invitation du célébrant, vous met mal à l'aise, le plus simple et le plus honnête serait peut-être de vous tourner vers votre voisin, en lui disant : "[i]Je ne souhaite vous donner le détail de mon intention, mais je vous demande fraternellement de prier avec moi.[/i] Vous pourrez aussi ajouter : "[i]Comptez sur moi pour prier pour vous à toutes vos intentions[/i]" ... et bien sûr efforcez-vous de le faire tout aussi fraternellement.
En conclusion, le célébrant a peut-être un peu manqué de pédagogie dans son invitation, mais l'idée me semble belle et intéressante ... au moins de temps en temps.