Divorce et remariage

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Re: Divorce et remariage

par patatedouce » jeu. 16 avr. 2026, 13:43

J'intervient pas. Je voulais juste mettre une précision :
7. Si quelqu’un dit que l’Église se trompe quand elle a enseigné et enseigne, conformément à l’enseignement de l’Évangile et de l’Apôtre [Mt 5, 32 ; Mt 19, 9 ; Mc 10, 11–12 ; Lc 16, 18 ; 1 Co 7, 11] que le lien du mariage ne peut pas être rompu par l’adultère de l’un des époux, et que ni l’un ni l’autre, même l’innocent qui n’a pas donné motif à l’adultère, ne peut, du vivant de l’autre conjoint, contracter un autre mariage ; qu’est adultère celui qui épouse une autre femme après avoir renvoyé l’adultère et celle qui épouse un autre homme après avoir renvoyé l’adultère : qu’il soit anathème.

Source : Doctrine et canons sur le sacrement de mariage • 11 novembre 1563, 24e session • Concile de Trente • LPL - https://laportelatine.org/formation/mag ... de-mariage
C'est ce qui élève le mariage en dogme.

Il y a un document de Saint Basile Le Grand (docteur catholique et orthodoxe) intéressant sur le sujet :
Canon 9 :
[...]Par conséquent, celle qui abandonne son mari, devient adultère, si elle s'unit à un autre homme, mais l'homme abandonné est excusé et sa nouvelle épouse ne sera point condamnée. [...]

Canon 58 :
Celui qui a commis l'adultère restera quinze ans sans communier aux dons sanctifiés, quatre ans comme pleurant, cinq comme auditeur, quatre comme prosterné, et deux ans comme simple assistant.

Canon 74 :
Si néanmoins chacun de ceux qui sont tombés dans les péchés précités, se montre plein de zèle dans le temps de la pénitence, celui à qui la bonté de Dieu a confié le pouvoir de lier et de délier, ne méritera pas de blâme, s'il se montre miséricordieux et diminue la durée de la pénitence, en constatant le repentir extraordinaire du pécheur...

Canon 77 :
Celui qui abandonne sa femme légitime et en épouse une autre, tombe sous la sentence de l'adultère, selon la décision du Seigneur. Il a été établi par nos Pères que de tels coupables feront un an de pénitence parmi les pleurants, deux ans parmi les auditeurs, trois ans parmi les prosternés, et la septième année ils resteront debout avec les fidèles, et ainsi ils seront admis à l'offrande, s'ils font leur pénitence avec larmes.

Source : Saint Basile le Grand, Lettres à Amphiloque d'Iconie sur les Canons, vers 375 apr. J.-C - http://orthodoxievco.net/ecrits/peres/b ... loque3.pdf

Re: Divorce et remariage

par CyberTruc » jeu. 16 avr. 2026, 12:51

Olivier JC a écrit : jeu. 16 avr. 2026, 11:22 Tout simplement parce que revenir sur cette compréhension comme impossibilité matérielle de dissolution conduit à soutenir que l'Eglise s'est trompée dans une doctrine qu'elle a enseignée dans des formes permettant de lui reconnaître la note d'infaillibilité. Dès lors, si l'Eglise s'est trompée sur un point censé être infaillible, alors plus rien ne peut être regardé comme infaillible.

Pourquoi croyez-vous que la doctrine sur le mariage et la sexualité est autant ciblée ? Ce n'est pas cette doctrine en tant que telle qui est ainsi visée...
Je comprends votre point de vue, et encore une fois je ne veux nullement retirer au sacrement du mariage sa dignité.
Ce que je vais écrire ici est à prendre avec des pincettes car je ne suis pas du tout un expert, et j'apprécierais grandement être corrigé si je me trompe, mais il me semble que l'indissolubilité du mariage n'est pas un dogme mais est un article du droit canonique, lequel n'est pas fixé dans le temps mais a subit des modifications au cours de son histoire. Il n'y a rien à ma connaissance qui puisse lui reconnaître une qualité d'infaillibilité.

Olivier JC a écrit : jeu. 16 avr. 2026, 11:22 C'est bien le fond de la question que je reformule ainsi : à partir de quel moment le lien matrimonial devient-il indissoluble ? En d'autres termes, à partir de quand le don réciproque est-il consommé, achevé ?
Pour autant que je sache, un mariage est reconnu comme étant indissoluble par l’Église Catholique au moment du consentement des époux, pour autant qu'il résulte d'un choix libre, entre deux personnes en âge de se marier, sans consanguinité, etc. Si l'une des condition indispensable devait être découverte comme ayant manqué, le mariage peut-être déclaré comme nul et n'ayant jamais existé. Mais le cas d'adultère n'entre pas comme raison valable pour cela. D'où ma question.

Re: Divorce et remariage

par Olivier JC » jeu. 16 avr. 2026, 11:22

CyberTruc a écrit : lun. 23 mars 2026, 14:00 pouvez-vous m’expliquer pourquoi : ”revenir sur l'indissolubilité du lien matrimonial compris comme impossibilité matérielle de dissolution pour la considérer uniquement comme une interdiction morale est impossible sans remettre en question les fondements même de la doctrine catholique” ?

C’est une position intéressante mais que je trouve difficile à défendre. Je conçois tout à fait qu’on accorde à l’indissolubilité du mariage l’importance qu’elle mérite, mais de là à la considérer comme un fondement de la doctrine catholique, j’ai du mal à comprendre.
Tout simplement parce que revenir sur cette compréhension comme impossibilité matérielle de dissolution conduit à soutenir que l'Eglise s'est trompée dans une doctrine qu'elle a enseignée dans des formes permettant de lui reconnaître la note d'infaillibilité. Dès lors, si l'Eglise s'est trompée sur un point censé être infaillible, alors plus rien ne peut être regardé comme infaillible.

Pourquoi croyez-vous que la doctrine sur le mariage et la sexualité est autant ciblée ? Ce n'est pas cette doctrine en tant que telle qui est ainsi visée...
CyberTruc a écrit : lun. 23 mars 2026, 14:00La question que je pense est donc d’autant plus pertinente : que reste-t-il du lien matrimoniale en cas d’adultère. C’est à dire, quand l’un des deux partenaire se sera unis sexuellement à une autre personne, faisant avec elle une seule chair ?
C'est bien le fond de la question que je reformule ainsi : à partir de quel moment le lien matrimonial devient-il indissoluble ? En d'autres termes, à partir de quand le don réciproque est-il consommé, achevé ?

+

Re: Divorce et remariage

par Kerniou » ven. 03 avr. 2026, 16:31

Le mariage forcé ne répond en aucun cas aux critères du mariage chrétien qui précise que la démarche doit être LIBREMENT CONSENTIE ...

Re: Divorce et remariage

par patatedouce » lun. 23 mars 2026, 15:55

florence_yvonne a écrit : lun. 23 mars 2026, 15:53 Bonjour,

Je voudrais savoir où est le caractère sacré du mariage, quand il est question d'un mariage imposé à une jeune enfant que l'on marie de force à un vieil homme ?

Il y a des pays où cela se fait encore.
Tous les mariages ne sont pas sacrés. Au niveau de l'Église catholique, le consentement est nécessaire, sinon le mariage est nul et non existant.

Donc, la situation que vous décrivez n'est pas un mariage catholique, mais une dérive.

Re: Divorce et remariage

par florence_yvonne » lun. 23 mars 2026, 15:53

Bonjour,

Je voudrais savoir où est le caractère sacré du mariage, quand il est question d'un mariage imposé à une jeune enfant que l'on marie de force à un vieil homme ?

Il y a des pays où cela se fait encore.

Re: Divorce et remariage

par patatedouce » lun. 23 mars 2026, 15:50

Olivier JC a écrit : lun. 23 mars 2026, 12:50 Bonjour,

Il me semble que sur ce sujet, la recherche ne peut utilement être théologique. La théologie du mariage telle qu'elle est formulée à ce jour dans la doctrine catholique ne peut être changée. Ce n'est même pas une question "théologique", c'est une question de cohérence doctrinale : revenir sur l'indissolubilité du lien matrimonial compris comme impossibilité matérielle de dissolution pour la considérer uniquement comme une interdiction morale est impossible sans remettre en question les fondements même de la doctrine catholique.

En revanche, la recherche peut utilement intervenir d'un point de vue "pratique", ou plus exactement, canonique, à savoir la traduction concrète de cette théologie. La question n'est pas de savoir ce que veut dire l'indissolubilité du lien matrimonial, mais à partir de quand le lien matrimonial est indissoluble. Il y a nécessairement un avant et un après. En droit canonique, la règle est que le mariage validement contracté et consommé est indissoluble, "consommation" ayant ici le sens d'achevé. C'est lorsque le mariage est "achevé" qu'il est indissoluble.

La compréhension traditionnelle de cet achèvement, c'est l'union sexuelle comprise matériellement, à telle enseigne que jusqu'à récemment, un viol "achevait" le mariage.

Cette notion d'achèvement peut utilement être interrogée, me semble-t-il, au regard de la compréhension renouvelée du mariage comme don réciproque s'exprimant par la volonté et s'incarnant dans l'existence.

+
Je pense que vous avez parfaitement cerné le cœur du problème. Plus précisément, c'est la définition même du mariage catholique qui fait question. Il semble y avoir un conflit entre la lecture littérale du droit canon — pour lequel le sacrement repose sur l'union de deux baptisés — et la réalité existentielle du "baptisé non croyant". En toute rigueur, l'incroyance du baptisé devrait entraîner son excommunication, rendant ainsi le mariage sacramentel impossible. Mais acter une telle logique reviendrait à consommer une rupture définitive entre l'Église et la société...

En toute rigueur, un baptisé devrait être rattaché à une paroisse spécifique. Il me semble d'ailleurs qu’avant Vatican II, les fidèles ne pouvaient se confesser qu'auprès du curé de leur propre juridiction territoriale. Aujourd'hui, cette structure a éclaté. La vie chrétienne s'est individualisée au point d'effacer cette nécessité de "faire Église", transformant le lien spirituel en une démarche purement personnelle, voire solitaire.

L'Eglise s'est transformée en Etat. Le lien n'est plus organique avec les baptisés mais institutionnel.

Re: Divorce et remariage

par CyberTruc » lun. 23 mars 2026, 14:00

la samaritaine a écrit : ven. 13 mars 2026, 13:43 Avez vous lu Amoris Laetitia du Pape François ?
Il ouvre la possibilité de communier aux divorcies remariés, dans le cadre d'un accompagnement spirituel avec discernement.
Bonjour la samaritaine,
je ne l’avais pas encore lu. Je l’ai acheté la semaine passée et ai commencé à le lire. Avant de le prendre au début, j’ai rapidement survolé le fameux chapitre 8. Je pense qu’il faut le lire avec beaucoup d’attention et de discernement. Je ne sais trop qu’en dire pour le moment. Je sais en tout cas que ce texte est loin de faire l’unanimité.

Toto2 a écrit : sam. 14 mars 2026, 11:44 Note assez ambiguë, d'une part ; d'autre part, j'ose espérer que l'on ne renverse pas le Magistère, les Écritures et la Tradition bien établis depuis des lustres par une simple note de bas de page de trois lignes.
Je ne vois pas comment on peut recevoir validement la grâce de la confession si on n'est pas prêt à sortir de son péché (l'acte de contrition que j'ai appris quand j'étais petit, c'est "je prends la ferme résolution de ne plus vous offenser"). Dieu est miséricordieux, oui, mais à condition de regretter son péché.
Et si on n'est pas en état de grâce, je ne vois pas quel fruit spirituel on peut tirer de la communion ; pour moi, c'est l’inverse. Remède, oui, à condition que le malade veuille guérir...
Remarquons qu'il est bien précisé que c'est "dans certains cas" également, et que par ailleurs, s'il s'agit d'une possibilité (à voir), en tout cas, ce n'est pas une instruction et un ordre.
J'espère que sa sainteté Léon XIV clarifiera tout cela.
Bonjour Toto2,

merci pour cet échange et pour vos éclaircissements. J’aurais été ravi de poursuivre notre dialogue mais je comprends tout à fait. Il faut savoir se mettre des priorités et vous n’avez pas à vous excuser.

Je comprends votre point de vue, et je vous rejoins sur bien des choses. Mais reste que je ne puis me défaire de l’impression que les choses ne sont pas justement appliquées. J’entends que “Je ne vois pas comment on peut recevoir validement la grâce de la confession si on n'est pas prêt à sortir de son péché”. Mais alors soyons cohérents : il faut également refuser les sacrements aux femmes (et à leurs époux qui sont complices) qui utilisent une méthode de contraception. A forteriori si cette dernière est potentiellement abortive comme c’est le cas pour certaines pilules ou certains stérilets. Si je ne m’abuse, ces personnes sont potentiellement excommuniées (latae sententiae) ce qui est encore plus grave finalement que pour les divorcés remariés qui - tout en étant tenus à l’écart des sacrements - restent intégrés à la vie de l’Église.

Allons même plus loins : Jésus a dit : ”Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu.

Est-on bien sûr que toutes les personnes qui se présentent pour recevoir le Corps et le Sang de Jésus n’ont pas insulté leur prochain depuis leur dernière confession ? Pas même un “idiot” à un automobiliste désagréable ?

En supposant que chaque divorcé remarié soit en état de péché mortel (ce que je conteste) et hors de la Grâce, peut-on réellement considérer comme étant en état de Grâce quelqu’un qui est par ailleurs “passible de la géhenne de feu” ? Dans le cas contraire, pourquoi deux poids deux mesures ?
Olivier JC a écrit : lun. 23 mars 2026, 12:50 Il me semble que sur ce sujet, la recherche ne peut utilement être théologique. La théologie du mariage telle qu'elle est formulée à ce jour dans la doctrine catholique ne peut être changée. Ce n'est même pas une question "théologique", c'est une question de cohérence doctrinale : revenir sur l'indissolubilité du lien matrimonial compris comme impossibilité matérielle de dissolution pour la considérer uniquement comme une interdiction morale est impossible sans remettre en question les fondements même de la doctrine catholique.
Bonjour Olivier JC,

pouvez-vous m’expliquer pourquoi : ”revenir sur l'indissolubilité du lien matrimonial compris comme impossibilité matérielle de dissolution pour la considérer uniquement comme une interdiction morale est impossible sans remettre en question les fondements même de la doctrine catholique” ?

C’est une position intéressante mais que je trouve difficile à défendre. Je conçois tout à fait qu’on accorde à l’indissolubilité du mariage l’importance qu’elle mérite, mais de là à la considérer comme un fondement de la doctrine catholique, j’ai du mal à comprendre.
Olivier JC a écrit : lun. 23 mars 2026, 12:50 La compréhension traditionnelle de cet achèvement, c'est l'union sexuelle comprise matériellement, à telle enseigne que jusqu'à récemment, un viol "achevait" le mariage.
La question que je pense est donc d’autant plus pertinente : que reste-t-il du lien matrimoniale en cas d’adultère. C’est à dire, quand l’un des deux partenaire se sera unis sexuellement à une autre personne, faisant avec elle une seule chair ?

Re: Divorce et remariage

par Olivier JC » lun. 23 mars 2026, 12:50

Bonjour,

Il me semble que sur ce sujet, la recherche ne peut utilement être théologique. La théologie du mariage telle qu'elle est formulée à ce jour dans la doctrine catholique ne peut être changée. Ce n'est même pas une question "théologique", c'est une question de cohérence doctrinale : revenir sur l'indissolubilité du lien matrimonial compris comme impossibilité matérielle de dissolution pour la considérer uniquement comme une interdiction morale est impossible sans remettre en question les fondements même de la doctrine catholique.

En revanche, la recherche peut utilement intervenir d'un point de vue "pratique", ou plus exactement, canonique, à savoir la traduction concrète de cette théologie. La question n'est pas de savoir ce que veut dire l'indissolubilité du lien matrimonial, mais à partir de quand le lien matrimonial est indissoluble. Il y a nécessairement un avant et un après. En droit canonique, la règle est que le mariage validement contracté et consommé est indissoluble, "consommation" ayant ici le sens d'achevé. C'est lorsque le mariage est "achevé" qu'il est indissoluble.

La compréhension traditionnelle de cet achèvement, c'est l'union sexuelle comprise matériellement, à telle enseigne que jusqu'à récemment, un viol "achevait" le mariage.

Cette notion d'achèvement peut utilement être interrogée, me semble-t-il, au regard de la compréhension renouvelée du mariage comme don réciproque s'exprimant par la volonté et s'incarnant dans l'existence.

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Re: Divorce et remariage

par Toto2 » sam. 14 mars 2026, 11:44

la samaritaine a écrit : ven. 13 mars 2026, 13:43 Bonjour Cybertruc,

Avez vous lu Amoris Laetitia du Pape François ?
Il ouvre la possibilité de communier aux divorcies remariés, dans le cadre d'un accompagnement spirituel avec discernement.

Samaritaine
Vous faites allusion à la note 351 d'Amoris Laetitia.
Le passage :
À cause des conditionnements ou des facteurs atténuants, il est possible que, dans une situation objective de péché – qui n’est pas subjectivement imputable ou qui ne l’est pas pleinement – l’on puisse vivre dans la grâce de Dieu, qu’on puisse aimer, et qu’on puisse également grandir dans la vie de la grâce et dans la charité, en recevant à cet effet l’aide de l’Église.[351]
La note :
Dans certains cas, il peut s’agir aussi de l’aide des sacrements. Voilà pourquoi, « aux prêtres je rappelle que le confessionnal ne doit pas être une salle de torture mais un lieu de la miséricorde du Seigneur » : Exhort. ap. Evangelii gaudium (24 novembre 2013), n. 44 : AAS 105 (2013), p. 1038. Je souligne également que l’Eucharistie « n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles » (Ibid., n. 47 : p. 1039).


Note assez ambiguë, d'une part ; d'autre part, j'ose espérer que l'on ne renverse pas le Magistère, les Écritures et la Tradition bien établis depuis des lustres par une simple note de bas de page de trois lignes.
Je ne vois pas comment on peut recevoir validement la grâce de la confession si on n'est pas prêt à sortir de son péché (l'acte de contrition que j'ai appris quand j'étais petit, c'est "je prends la ferme résolution de ne plus vous offenser"). Dieu est miséricordieux, oui, mais à condition de regretter son péché.
Et si on n'est pas en état de grâce, je ne vois pas quel fruit spirituel on peut tirer de la communion ; pour moi, c'est l’inverse. Remède, oui, à condition que le malade veuille guérir...
Remarquons qu'il est bien précisé que c'est "dans certains cas" également, et que par ailleurs, s'il s'agit d'une possibilité (à voir), en tout cas, ce n'est pas une instruction et un ordre.
J'espère que sa sainteté Léon XIV clarifiera tout cela.

À juillet !

Re: Divorce et remariage

par Toto2 » sam. 14 mars 2026, 11:35

CyberTruc a écrit : mer. 11 mars 2026, 14:30 Bonjour Toto2,

tout d’abord, à nouveau merci pour vos réponses et le temps que vous m’accordez pour m’aider dans mes recherches.
Je vais reprendre les points abordés et les développer.
Bonjour CyberTruc,

J'aurais été ravi de poursuivre cet échange avec vous, mais je viens de dresser la liste des choses à faire et les dates limites : c'est bien simple, pas de vie jusqu'à fin juillet (reprise d'études donc cours et examens + missions syndicales + emploi et vie perso)... Je suis donc au regret de me retirer de la discussion (à une remarque près que je formule dans le message d'après) et vous en présente mes plus vives excuses.

Re: Divorce et remariage

par la samaritaine » ven. 13 mars 2026, 13:43

Bonjour Cybertruc,

Avez vous lu Amoris Laetitia du Pape François ?
Il ouvre la possibilité de communier aux divorcies remariés, dans le cadre d'un accompagnement spirituel avec discernement.

Samaritaine

Re: Divorce et remariage

par CyberTruc » mer. 11 mars 2026, 17:27

florence_yvonne a écrit : mer. 11 mars 2026, 17:12 Il y a une question que je me pose, que veut dire Jésus dans ce verset ?

Matthieu 5
38 Vous avez appris qu'il a été dit: oeil pour oeil, et dent pour dent.
39 Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre.

Est-ce une façon d'abroger la loi du Talion ? dans ce cas, ces versions seraient en contradiction avec ces versets

Matthieu 5
17 Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir.
18 Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu'à ce que tout soit arrivé.
19 Celui donc qui supprimera l'un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux.
Je pense que dans l'Exode, la loi du Talion n'était pas là pour apprendre aux personnes à se venger, mais au contraire à rester dans de "justes" proportions et éviter l'escalade. Autrement dit, c'était une loi qui empêchait de faire pire à l'autre que le mal qu'il avait causé, et ainsi éviter les vengeance méchante et les escalades.
Jésus n'abolit pas cette loi mais il la pousse simplement plus loin en nous disant que non seulement nous ne devons pas nous venger de façon disproportionnée, mais que nous ne devons pas nous venger du tout.
C'est mon interprétation.

Re: Divorce et remariage

par florence_yvonne » mer. 11 mars 2026, 17:12

Il y a une question que je me pose, que veut dire Jésus dans ce verset ?

Matthieu 5
38 Vous avez appris qu'il a été dit: oeil pour oeil, et dent pour dent.
39 Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre.

Est-ce une façon d'abroger la loi du Talion ? dans ce cas, ces versions seraient en contradiction avec ces versets

Matthieu 5
17 Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir.
18 Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu'à ce que tout soit arrivé.
19 Celui donc qui supprimera l'un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux.

Re: Divorce et remariage

par patatedouce » mer. 11 mars 2026, 15:11

La règle est claire : le mariage est indissoluble, pour le meilleur et pour le pire. Je pense que cette règle est juste et qu'elle ne doit pas être changée.

Cependant, la question se pose pour les personnes qui se marient à l'Église sans avoir pleinement conscience de cette règle ou de sa portée. C'est souvent le cas de baptisés non pratiquants ou dont la foi est fragile. On ne peut pas imposer les exigences de l'Église à quelqu'un qui n'en partage pas la conviction profonde. Pourtant, l'Église accepte les mariages en disparité de culte (entre un catholique et un non-baptisé). Dans cette situation spécifique, le droit canonique prévoit parfois des exceptions comme le « Privilège Paulinien », mais cela reste complexe. La situation est similaire pour un marié baptisé et croyant uni à un baptisé non croyant. C’est une situation pastorale délicate qui mériterait sans doute une nouvelle encyclique pour clarifier les enjeux actuels.

Néanmoins, si l'on ne peut pas imposer ces règles aux autres, on peut — et on doit — se les imposer à soi-même. En tant que catholiques, il est de notre devoir de dire « non » au divorce, car le mariage est un engagement définitif. Face à ces situations où la foi fait défaut, il nous reste l'enseignement d’Amoris Laetitia : un appel au discernement et à la miséricorde pour accompagner chacun là où il en est. notamment pour ce cas la :
CyberTruc a écrit : mer. 11 mars 2026, 14:30
Prenons le troisième cas. La personne a admit la légitimité de la position de l’Église sur le sujet, mais pour diverses raisons (enfants né de la nouvelle union, envie de vivre pleinement son second mariage, nouvelles responsabilités qu’il ne peut décemment pas abandonner, manque de courage,…), il décide de continuer. Vu le postulat de départ, il est clairement en état de péché.
Dans ce cas précis, il semble s'être réellement converti après son second mariage... Le problème de fond réside clairement dans la situation de ces baptisés qui n'ont reçu aucune éducation dans la foi et qui s'engagent sans en comprendre la portée sacrée. C’est une réalité pastorale qui mériterait un véritable développement de la part de l’Église.

Enfin, sans vouloir critiquer, je me demande si, dans votre cas, le prêtre a eu un discernement suffisant en acceptant de célébrer votre premier mariage si aucun de vous n'était vraiment pratiquant à l'époque. Vous dites que ce premier mariage a été reconnu valide, mais j'ai un doute : la partie baptisée mais non croyante avait-elle réellement l'intention de contracter un mariage catholique avec toutes ses exigences (indissolubilité, fidélité, ouverture à la vie) ? Si l'intention manquait, la validité même du sacrement pourrait être interrogée. Dans votre cas, il me semblerait nécessaire de chercher à faire prononcer la nullité de ce premier mariage.

Mais l'indissolubilité reste la règle. Aucune raison ne justifie un divorce. Le mariage est pour le meilleur et pour le pire, et surtout pour le pire. C'est précisément quand l'autre va mal que le mariage prend, à mon avis, tout son sens.

Vous décrivez votre situation actuelle comme une "Lumière". Mais avec le recul, ne craignez-vous pas d'avoir confondu votre légitime désir de bonheur avec la volonté de Dieu ? Parfois, la "main de Dieu" ne se trouve pas dans l'issue de secours la plus confortable, mais précisément dans l'incertitude et la Croix du premier mariage. En choisissant de construire votre propre oasis, n'avez-vous pas, d'une certaine manière, cherché à être votre propre guide plutôt que de laisser Dieu agir dans le désert de votre première union ?

Je ne sais pas c'est une réflexion qui me vient.

Une autre réflexion me vient : le mariage est-il un serment bilatéral ou unilatéral ? Bien sûr, on l’échange à deux, mais la promesse de fidélité faite devant Dieu reste-t-elle suspendue à l'attitude de l'autre ?
Après tout, Dieu nous a aimés malgré ce que nous Lui avons fait.

Cette promesse d'aimer est-elle uniquement à destionation de l'époux ? ou aussi à Dieu ?

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