Gaudens a écrit : ↑mar. 04 août 2026, 11:41
Avant de s'écrier : « Ô profondeur de la richesse, de la sagesse et de la connaissance de Dieu ! », saint Paul vient de consacrer plusieurs chapitres à essayer de comprendre le dessein de Dieu concernant Israël.
Autrement dit, il cherche, il réfléchit, il raisonne... puis il arrive à un point où il reconnaît humblement que la sagesse de Dieu dépasse ce que l'intelligence humaine peut saisir.
Aurement dit, cher Peter,au bout de quelques questions ( sur l'élection et le rejet d'Israel) Saint Paul a reconnu qu'il ne pouvait lui-même répondre parfaitement à toutes ses questions et il remettait tout à la seule Sagesse divine. Après de nombreuses pages sur ce sujet, ne pensez-vous pas qu'il serait temps d'en faire autant et de renoncer à répéter vos questions en boucle indéfiniment? Qu'apporteraient de nouvelles formulations de vos questions à peine différentes des précédentes?
Merci, Gaudens.
Je comprends très bien votre remarque, et je reconnais volontiers qu'elle contient une part de vérité.
Comme saint Paul, je crois qu'il existe un moment où l'intelligence doit s'incliner devant le mystère et laisser place à l'adoration. Je n'ai aucune difficulté avec cela.
En même temps, je remarque que saint Paul ne commence pas par dire : « Je ne comprendrai jamais. » Il cherche, il médite, il argumente longuement, puis il s'émerveille devant la profondeur de Dieu. Son exclamation ne met pas fin à la recherche ; elle rappelle simplement que toute recherche a une limite.
Si je continue à poser certaines questions, ce n'est pas parce que je refuse le mystère ou que je prétends pouvoir tout expliquer. C'est parce que je suis convaincu que Dieu nous a donné l'intelligence pour chercher à mieux le connaître.
Et il y a un autre aspect qui m'est précieux. Lorsque je passe des heures à réfléchir à ces questions, mon esprit demeure tourné vers Dieu. Je ne cherche pas par esprit de controverse, mais parce que cette recherche me garde continuellement en sa présence. Pendant ces heures, mes pensées sont habitées par Dieu, par sa Parole et par son dessein. Pour moi, c'est déjà une forme de prière et de contemplation.
D'ailleurs, cette réflexion m'a conduit récemment à écrire cette prière. Je pense qu'elle exprime mieux que de longs discours dans quel esprit je poursuis cette recherche :
« Seigneur Jésus,
Toi qui es la Parole éternelle du Père,
toi qui es la Vérité et la Vie,
ouvre mon intelligence comme tu as ouvert celle des disciples sur le chemin d'Emmaüs.
Tu connais cette pensée qui est encore sans mots.
Tu vois ce livre que je sens devant moi sans parvenir à l'ouvrir.
Si cette intuition vient de toi, fais-la grandir.
Si elle contient de l'erreur, purifie-la.
Si je ne suis pas encore prêt à la comprendre, donne-moi la patience d'attendre ton heure.
Apprends-moi à ne pas chercher seulement des réponses, mais à te chercher, toi.
Car si je te trouve, même sans tout comprendre, je ne manquerai de rien.
Fais que mon intelligence demeure humble, que mon cœur reste docile, et que jamais le désir de comprendre ne soit séparé du désir de t'aimer.
Esprit Saint, toi qui sondes les profondeurs de Dieu, éclaire ce que je ne peux éclairer par mes seules forces. Donne-moi les mots s'ils sont nécessaires, ou le silence s'il est plus vrai.
Et si un jour tu veux ouvrir ce livre devant moi, fais-le au moment où je pourrai accueillir ce qu'il contient avec humilité et reconnaissance.
Amen. »
Je suis tout à fait prêt à accepter qu'il y ait des questions auxquelles je ne trouverai jamais de réponse ici-bas. Mais tant qu'une question demeure ouverte, je ne crois pas qu'il soit mauvais de la méditer, à condition de le faire avec humilité, dans la prière, et en restant toujours prêt à corriger mes propres idées si la vérité l'exige.
Pour moi, chercher n'est pas l'opposé de l'adoration. C'est une manière d'aimer Dieu de tout mon esprit, tout en reconnaissant que sa sagesse dépasse toujours la mienne.