par Perlum Pimpum » Hier, 10:50
Toto2 a écrit : ↑sam. 21 févr. 2026, 18:05
Gaudens a écrit : ↑sam. 21 févr. 2026, 12:16
Toto2 écrit:
"Je ne nie absolument pas qu'il existe chez les "orthodoxes" la succession apostolique et des sacrements valides, cela n'en fait pas une Eglise à mes yeux."
Je signale que la Déclaration Dominus Deus de 2000 reconnait à ces Eglises,proches de l'Eglise catholique par la succession apostolique et le sacrement eucharistique valide, la qualité d'Eglises particulières (point 59).
Merci pour l'info.
Si quelqu'un comprend comment cela s'harmonise avec le Credo, qu'il n'hésite pas.
Facile.
La réponse est dans Dominus Iesus, 16-17. Je vous ai mis en rouge ce qui peut heurter la sensibilité traditionnelle.
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IV. UNICITÉ ET UNITÉ DE L'ÉGLISE
16. Le Seigneur Jésus, unique sauveur, n'a pas simplement établi une communauté de disciples mais il a constitué l'Église comme mystère de salut : il est lui-même dans l'Église et l'Église est en lui (cf. Jn 15,1ss. ; Ga 3,28 ; Ep 4,15-16 ; Ac 9,5) ; c'est pourquoi la plénitude du mystère salvifique du Christ appartient aussi à l'Église, inséparablement unie à son Seigneur. La présence et l'œuvre de salut de Jésus-Christ continuent en effet dans l'Église et à travers l'Église (cf. Col 1,24-27),47 qui est son Corps (cf. 1 Co 12,12-13.27 ; Col 1,18). Et comme la tête et les membres d'un corps vivant sont inséparables mais distincts, le Christ et l'Église ne peuvent être ni confondus ni séparés et forment un seul « Christ total ». Cette non-séparation est aussi exprimée dans le Nouveau Testament par l'analogie de l'Église comme Épouse du Christ (cf. 2 Co 11,2 ; Ep 5,25-29 ; Ap 21,2.9). Par conséquent, compte tenu de l'unicité et de l'universalité de la médiation salvifique de Jésus-Christ, on doit croire fermement comme vérité de foi catholique en l'unicité de l'Église fondée par le Christ. Tout comme il existe un seul Christ, il n'a qu'un seul Corps, une seule Épouse : une « seule et unique Église catholique et apostolique ». De plus, les promesses du Seigneur de ne jamais abandonner son Église (cf. Mt 16,18 ; 28,20) et de la guider par son Esprit (cf. Jn 16,13) impliquent, selon la foi catholique, que l'unicité et l'unité, comme tout ce qui appartient à l'intégrité de l'Église, ne feront jamais défaut. Les fidèles sont tenus de professer qu'il existe une continuité historique — fondée sur la succession apostolique — entre l'Église instituée par le Christ et l'Église catholique : « C'est là l'unique Église du Christ [...] que notre sauveur, après sa résurrection, remit à Pierre pour qu'il en soit le pasteur (cf. Jn 21,17), qu'il lui confia, à lui et aux autres apôtres, pour la répandre et la diriger (cf. Mt 28,18ss.), et dont il a fait pour toujours la “colonne et le fondement de la vérité” (1 Tm 3,15). Cette Église comme société constituée et organisée en ce monde, c'est dans l'Église catholique qu'elle se trouve [subsistit in], gouvernée par le successeur de Pierre et les Évêques qui sont en communion avec lui ». Par l'expression subsistit in, le Concile Vatican II a voulu proclamer deux affirmations doctrinales : d'une part, que malgré les divisions entre chrétiens, l'Église du Christ continue à exister en plénitude dans la seule Église catholique ; d'autre part, « que des éléments nombreux de sanctification et de vérité subsistent hors de ses structures », c'est-à-dire dans les Églises et Communautés ecclésiales qui ne sont pas encore en pleine communion avec l'Église catholique. Mais il faut affirmer de ces dernières que leur « force dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l'Église catholique ».
17. Il existe donc une unique Église du Christ, qui subsiste dans l'Église catholique, gouvernée par le successeur de Pierre et les Évêques en communion avec lui. Les Églises qui, quoique sans communion parfaite avec l'Église catholique, lui restent cependant unies par des liens très étroits comme la succession apostolique et l'Eucharistie valide, sont de véritables Églises particulières. Par conséquent, l'Église du Christ est présente et agissante dans ces Églises, malgré l'absence de la pleine communion avec l'Église catholique, provoquée par leur non-acceptation de la doctrine catholique du Primat, que l'Évêque de Rome, d'une façon objective, possède et exerce sur toute l'Église conformément à la volonté divine. En revanche, les Communautés ecclésiales qui n'ont pas conservé l'épiscopat valide et la substance authentique et intégrale du mystère eucharistique, ne sont pas des Églises au sens propre ; toutefois, les baptisés de ces Communautés sont incorporés au Christ par le baptême et se trouvent donc dans une certaine communion bien qu'imparfaite avec l'Église. Le baptême en effet tend en soi à l'acquisition de la plénitude de la vie du Christ, par la totale profession de foi, l'Eucharistie et la pleine communion dans l'Église. « Aussi n'est-il pas permis aux fidèles d'imaginer que l'Église du Christ soit simplement un ensemble — divisé certes, mais conservant encore quelque unité — d'Églises et de Communautés ecclésiales ; et ils n'ont pas le droit de tenir que cette Église du Christ ne subsiste plus nulle part aujourd'hui de sorte qu'il faille la tenir seulement pour une fin à rechercher par toutes les Églises en commun ». En effet, « les éléments de cette Église déjà donnée existent, unis dans toute leur plénitude, dans l'Église catholique et, sans cette plénitude, dans les autres Communautés ». « En conséquence, ces Églises et Communautés séparées, bien que nous les croyions souffrir de déficiences, ne sont nullement dépourvues de signification et de valeur dans le mystère du salut. L'Esprit du Christ, en effet, ne refuse pas de se servir d'elles comme de moyens de salut, dont la force dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l'Église catholique ».
Conciliation de la déclaration à la doctrine traditionnelle.
La doctrine traditionnelle est que l’Église est l’Église catholique, tout groupement ecclésial séparé de l’Église catholique n'étant qu'un
vestige ecclésial dont les fidèles peuvent être sauvés
malgré qu'ils lui appartiennent, pour autant que les éléments de sanctification propres à l’Église catholique y soient maintenus. Ainsi, pour parler des hérétiques et schismatiques byzantins, parce qu'ayant conservé la succession apostolique, et en elle le pouvoir d'ordre [sacramentel], ainsi d'ailleurs que la foi aux articles fondamentaux du christianisme [Dieu Trine, Incarné, Sauveur et Juge, Tête de l’Église en grâce qui est son Corps vivant] ils peuvent vivre en état de grâce, et ainsi appartenir à l'âme de l’Église, la foi catholique exigeant qu'ils lui appartiennent aussi quant au corps
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Quant à ceux ayant la foi théologale aux articles fondamentaux du christianisme sans pourtant avoir la foi catholique, et même à ce qu’ils soient en état de grâce, donc appartiennent à l’Église catholique prise quant à l’âme, il doivent encore, au plus tard à l’article de la mort, se convertir au catholicisme sous l’effet d’une grâce d’illumination, puisque « hors l’Église catholique point de salut ». L'absolue nécessité d'appartenir à l’Église catholique pour être sauvé est de foi (cf. infra). Mais lui appartenir comment ? Lui appartenir quant au cœur (= quant à l’âme) et quant au corps.
L’âme de l’Église catholique, c’est comme cause efficiente l’Esprit Saint infusant la grâce, et comme cause formelle la grâce du Christ qu’infuse l’Esprit. Appartiennent donc à l’Église catholique prise quant à l’âme la totalité des hommes vivant en état de grâce, qu’ils soient ou ne soient pas catholiques. Mais le corps de l’Église catholique, c’est l’ensemble des seuls catholiques, unis entre eux selon les liens de la hiérarchie ecclésiastique, qu’ils soient ou non en état de grâce, à condition seulement qu’ils ne soient pas excommuniés. Bref, l’Église catholique est le corps visible du Corps Mystique.
Pie XII, Lettre encyclique Mystici Corporis Christi, extraits :
« Que l’Église soit un corps, la Sainte Écriture le dit à maintes reprises… Si l’Église est un corps, il est donc nécessaire qu'elle constitue un organisme un et indivisible… Ce n'est pas assez de dire : un et indivisible ; il doit encore être concret et perceptible aux sens… Mais un corps exige encore une multiplicité de membres, qui soient reliés entre eux de manière à se venir mutuellement en aide… De plus, le corps dans la nature n'est pas formé d'un assemblage quelconque de membres, mais il doit être muni d'organes, c'est-à-dire de membres qui n'aient pas la même activité et qui soient disposés dans un ordre convenable… [Aussi] le Corps du Christ doit être un corps visible… [en lequel] se manifeste aussi extérieurement, par la profession d'une même foi, mais aussi par la communion des mêmes mystères, par la participation au même sacrifice, enfin par la mise en pratique et l'observance des mêmes lois. Il est, en outre, absolument nécessaire qu'il y ait, manifeste aux yeux de tous, un chef suprême… ainsi a-t’il confié à Pierre et à ses successeurs le mandat de tenir son propre rôle sur terre pour assurer aussi le gouvernement visible de la cité chrétienne. »
1. Nécessité pour le salut d’appartenir à l’Église catholique prise quant à l’âme.
Saint Augustin, Du Baptême, Contre les donatistes, Livre V, chapitre 28 : « Mais si l’Église peut être facilement comparée à quelque chose, c’est à l’arche de Noé. Saint Pierre s’exprime en ces termes "Dans l’arche, très-peu de personnes, huit seulement, furent sauvées des eaux du déluge" ; ce qui était la figure à laquelle répond "maintenant le baptême, qui ne consiste pas dans la purification des souillures de la chair, mais dans la purification de la conscience" (I Pierre, III, 20-21). Or, il est des hommes qui, ne renonçant au siècle que dans leurs paroles et non point dans leurs œuvres, sont regardés cependant comme baptisés dans l’Église catholique. Comment donc ceux qui n’ont pas là conscience pure peuvent-ils appartenir à ce mystère de l’arche ? Comment peuvent être sauvés par l’eau ceux qui, faisant un mauvais usage du saint baptême, persévèrent jusqu’à la fin de leur vie dans des mœurs criminelles, quoiqu’ils paraissent appartenir à l’unité ? … Ainsi donc, pour juger si l’on appartient [formellement] à l’unité de l’Église ou au schisme, on doit examiner, non point les dispositions du corps, mais uniquement celles du cœur. En effet, tous ceux qui appartiennent à l’unité par le cœur, sont sauvés dans l’unité de l’arche par cette même eau, par laquelle meurent tous ceux qui sont hors de l’unité par le cœur, et sont regardés comme les adversaires de cette unité, soit qu’ils lui appartiennent, soit qu’ils ne lui appartiennent pas corporellement. De même donc que c’est la même eau qui sauve ceux qui sont dans l’arche et perd ceux qui sont hors de l’arche, de même les bons catholiques sont sauvés par le même baptême qui perd les mauvais catholiques et les hérétiques. »
Les hérétiques et les schismatiques n'appartiennent pas au corps de l’Église, puisqu'ils appartiennent à des vestiges ecclésiaux séparés de la sainte Église de Dieu. Mais alors même que matériellement séparés quant au corps, ils peuvent lui appartenir formellement quant au cœur, autrement dit quant à l’âme, en vivant de la vie de la grâce sanctifiante.
2. Nécessité pour le salut d’appartenir à l’Église catholique prise quant au corps.
Eugène IV, Bulle Cantate Domino : « La très sainte Église romaine, fondée par la voix de notre Seigneur et Sauveur… croit fermement, professe et prêche qu’aucun de ceux qui se trouvent en dehors de l’Église catholique, non seulement païens mais encore juifs ou hérétiques et schismatiques ne peuvent devenir participants à la vie éternelle, mais iront "dans le feu éternel qui est préparé par le diable et ses anges" [Mt. XXV, 41], à moins qu’avant la fin de leur vie ils ne lui aient été agrégés ; elle professe aussi que l’unité du corps de l’Église a un tel pouvoir que les sacrements de l’Église n’ont d’utilité en vue du salut que pour ceux qui demeurent en elle, pour eux seuls jeûnes, aumônes et tous les autres devoirs de la piété et exercices de la milice chrétienne enfantent les récompenses éternelles, et que personne ne peut être sauvé, si grandes que soient ses aumônes, même s’il verse son sang pour le nom du Christ, s’il n’est pas demeuré dans le sein et dans l’unité de l’Église catholique. »
Nous sommes ici en présence d’une confession de foi, introduite par : « La très sainte Église romaine, fondée par la voix de notre Seigneur et Sauveur… croit fermement, professe et prêche. ». Il est donc de foi catholique qu’aucun de ceux qui se trouvent matériellement en dehors de l’Église catholique, non seulement païens mais encore juifs ou hérétiques et schismatiques ne peuvent devenir participants à la vie éternelle, même s’ils ont versé leur sang pour le nom du Christ, à moins qu’avant la fin de leur vie ils ne lui aient été agrégés. Expliquons. Les hérétiques et les schismatiques en état de grâce appartiennent déjà au cœur de l’Église, puisqu'ils sont en état de grâce : cette affirmation d’Augustin n’est pas contestable. Et pourtant le Pape semble les assimiler à ceux vivant en état de péché mortel, puisqu’il déclare leurs actes surnaturellement méritoires de la vie éternelle (puisque posés en état de grâce et par amour du vrai Dieu : « même s’il verse son sang pour le nom du Christ ») inutiles à l'obtention de cette vie. Non parce qu'ils émaneraient d'âmes privées de la grâce sanctifiante. Non donc parce que leurs actes ne seraient pas méritoires de condigno de la vie éternelle. Mais parce que la vie éternelle est celle de ceux appartenant à l’Église catholique triomphante, à laquelle donc ils doivent aussi être agrégés quant au corps, en rejetant « avant la fin de leur vie », au plus tard donc à l'article de la mort sous l'influence d'une grâce d'illumination mystique, l'hérésie et/ou le schisme auxquels ils assentaient matériellement, afin ainsi d'être pleinement agrégés à l’Église catholique militante, pleinement c'est-à-dire non seulement quant à l’âme mais aussi quant au corps, pour enfin basculer dans l’Église catholique triomphante. Ayant vécu dans la grâce du Christ, on en infère :
1° Que le Christ Miséricordieux, qui veut le salut des hommes, ne leur refusera pas cette grâce d'illumination à l'article de la mort.
2° Que plus ayant vécu dans la grâce du Christ, plus à même d'assentir à cette grâce.
3° Que certains d'entre eux pourraient, par la révulsion à l’Église catholique qu'induisent les doctrines des sectes auxquelles ils souscrivent tant que ne les ayant pas abjurées, refuser la conversion ultime, et finir damnés. En sens contraire, on peut inférer avec quasi-certitude, à raison des précisions données le Saint Office (cf. infra), qu’ayant mérité de condigno le salut par leurs bons mérites de justifiés, la grâce de conversion au corps de l’Église catholique donnée au plus tard à l’article de leur mort sera pour eux une grâce non pas suffisante mais efficace par soi à produire infailliblement son effet. Et c’est logique, puisque ayant encore à s’incorporer au corps de l’Église pour être sauvés, alors que méritant déjà de condigno le salut, méritant de condigno du fait-même l’ultime condition du salut.
3. Donc nécessité pour le salut d’appartenir à l’Église catholique prise quant à l’âme et quant au corps.
Cette nécessité d’appartenir à l’âme et au corps de l’Église catholique pour être sauvé est précisément signifié par l’adage « hors l’Église catholique point de salut ». Car « l’Esprit Saint, dans le Cantique des cantiques, désigne l’Église une, sainte, catholique et apostolique, romaine, quant il dit : ‘‘Elle est unique ma colombe, ma parfaite…’’ (Ct. VI, 9), et que l’Apôtre Paul, vase d’élection, montre cette unité de l’Église et le sacrement de cette unité, quand il dit : ‘‘Un seul corps et un seul esprit, un seul espoir de vocation, un seul Seigneur et une seule foi, un seul baptême et un seul Dieu’’ (Eph. IV, 4-6), et comme le dit le bienheureux Cyprien : ’’… elle est l’épouse incorruptible et pudique, elle ne connait qu’une seule demeure’’ (De unitate ecclesiæ, 6)… Donc quiconque ose avec une audace sacrilège et une conviction diabolique souiller cette sainte et immaculée unité de l’Église, celui-ci, comme l’enseignent les saints canons, ‘‘est étranger, est profanateur, est ennemi. Il ne peut avoir Dieu pour père’’, celui qui ne maintient pas l’unité de l’Église universelle. » (Concile Œcuménique de Florence, Session IX). Aussi « nous présentons aux orateurs cette règle de foi énoncée par le très bienheureux Athanase, dont la teneur est telle : Quiconque veut être sauvé doit avant tout tenir la foi catholique, car si quelqu’un ne la grade pas entière et inviolée, il périra sans nul doute pour l’éternité. » (Concile Œcuménique de Florence, Session VI).
4. Donc nécessité encore pour le salut de professer la foi catholique.
« Pour que NOTRE FOI CATHOLIQUE "SANS LAQUELLE IL EST IMPOSSIBLE DE PLAIRE A DIEU" (He. XI, 6), une fois débarrassée des erreurs, demeure intègre et sans tache dans sa pureté, et pour que le peuple chrétien ne soit pas "emporté à tout vent de doctrine" (Ep. IV, 14), puisque l'antique serpent (Ap. XII, 9 ; XX, 2), ennemi perpétuel du genre humain, parmi les nombreux maux qui troublent de nos jours l’Église de Dieu, a suscité au sujet du péché originel et de son remède non seulement de nouvelles mais même d'anciennes querelles, le saint concile œcuménique et général de Trente... veut entreprendre de ramener ceux qui errent et d'affermir ceux qui vacillent. Aussi, suivant le témoignage des saintes Écritures, des saints Pères, et des Conciles les plus approuvés, ainsi que le jugement et l'accord de l’Église elle-même, il statue, confesse et déclare ce qui suit au sujet du péché originel :
Est-ce à dire que la foi explicite en la totalité des vérités de foi divine et catholique est nécessaire au salut ? Non. La foi théologale explicite aux articles fondamentaux est nécessaire de nécessité de moyen absolu à leur justification, comme appert de l’Écriture et du Décret sur la justification du Concile Œcuménique de Trente. La foi implicite suffit donc à ceux des catholiques qui, ayant la foi explicite aux articles fondamentaux du christianisme, n’ont que la foi implicite à ceux des autres articles de la foi catholique qu’ils ignorent sans faute de leur part. Quant aux autres chrétiens, ceux qui sans avoir la foi catholique ont la foi théologale aux articles fondamentaux du christianisme. Ils professent l’existence de l’Église, croyant de foi théologale que l’Église est le Corps mystique du Christ, mais ils méconnaissent son identité, puisqu’ils prennent pour l’Église le vestige hérétique et/ou schismatique auquel ils adhèrent. Si leur hérésie n’est que matérielle, si leur erreur sur l’identité de l’Église est sans faute de leur part, et si d’autre part ils aiment de charité le Dieu de la foi théologale, ils vivent en état de grâce, vivent de la grâce du Christ. De sorte que ce n’est pas seulement qu’ils appartiennent déjà à l’âme de l’Église catholique, c’est encore que vivant de la grâce, et voulant être de la véritable Église, ils veulent implicitement être catholiques, et seront exaucés s’ils persévèrent jusqu’à la fin dans la vie de grâce.
Dominus Iesus semble contredire la Tradition, en affirmant les vestiges ecclésiaux ayant conservé la succession apostolique être des églises particulières. M'est avis qu'il faut se garder de durcir l'opposition. Car si, sous un certain rapport, celui de l'unicité de l’Église, tout groupement ecclésial séparé de l’Église catholique n'est évidemment qu'un vestige schismatique (et hérétique, hors le cas de schisme pur = schisme sans hérésie doctrinale), de sorte que le salut de ses membres se fera malgré leur appartenance au vestige schismatique, sous un autre rapport, celui de la succession apostolique et des moyens de salut qu'elle implique, ces vestiges abominables (en tant que séparés de l’Église de Dieu) peuvent être dits des églises particulières, étant précisé qu'elles ne sont nommées églises que parce que, « quoique sans communion parfaite avec l'Église catholique, [elles] lui restent cependant unies par des liens très étroits comme la succession apostolique et l'Eucharistie valide, [sous le rapport duquel elles] sont de
véritables Églises particulières... L'Esprit du Christ, en effet, ne refuse pas de se servir d'elles comme de
moyens de salut, dont la force dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l'Église catholique. » (Dominus Iesus, 17).
Bref, DI vise le verre à moitié plein plutôt qu'à moitié vide, étant évident qu'à moitié plein il est aussi à moitié vide.
[quote=Toto2 post_id=473496 time=1771689933 user_id=17103]
[quote=Gaudens post_id=473487 time=1771668998 user_id=16704]
[i][/i]Toto2 écrit:
"Je ne nie absolument pas qu'il existe chez les "orthodoxes" la succession apostolique et des sacrements valides, cela n'en fait pas une Eglise à mes yeux."
Je signale que la Déclaration Dominus Deus de 2000 reconnait à ces Eglises,proches de l'Eglise catholique par la succession apostolique et le sacrement eucharistique valide, la qualité d'Eglises particulières (point 59).
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Merci pour l'info.
Si quelqu'un comprend comment cela s'harmonise avec le Credo, qu'il n'hésite pas.
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Facile.
[size=150]La réponse est dans Dominus Iesus, 16-17. Je vous ai mis en rouge ce qui peut heurter la sensibilité traditionnelle. [/size]
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IV. UNICITÉ ET UNITÉ DE L'ÉGLISE
16. Le Seigneur Jésus, unique sauveur, n'a pas simplement établi une communauté de disciples mais il a constitué l'Église comme mystère de salut : il est lui-même dans l'Église et l'Église est en lui (cf. Jn 15,1ss. ; Ga 3,28 ; Ep 4,15-16 ; Ac 9,5) ; c'est pourquoi la plénitude du mystère salvifique du Christ appartient aussi à l'Église, inséparablement unie à son Seigneur. La présence et l'œuvre de salut de Jésus-Christ continuent en effet dans l'Église et à travers l'Église (cf. Col 1,24-27),47 qui est son Corps (cf. 1 Co 12,12-13.27 ; Col 1,18). Et comme la tête et les membres d'un corps vivant sont inséparables mais distincts, le Christ et l'Église ne peuvent être ni confondus ni séparés et forment un seul « Christ total ». Cette non-séparation est aussi exprimée dans le Nouveau Testament par l'analogie de l'Église comme Épouse du Christ (cf. 2 Co 11,2 ; Ep 5,25-29 ; Ap 21,2.9). Par conséquent, [b]compte tenu de l'unicité et de l'universalité de la médiation salvifique de Jésus-Christ, on doit croire fermement comme vérité de foi catholique en l'unicité de l'Église fondée par le Christ. Tout comme il existe un seul Christ, il n'a qu'un seul Corps, une seule Épouse : une « seule et unique Église catholique et apostolique »[/b]. De plus, les promesses du Seigneur de ne jamais abandonner son Église (cf. Mt 16,18 ; 28,20) et de la guider par son Esprit (cf. Jn 16,13) impliquent, selon la foi catholique, que l'unicité et l'unité, comme tout ce qui appartient à l'intégrité de l'Église, ne feront jamais défaut. [b]Les fidèles sont tenus de professer qu'il existe une continuité historique — fondée sur la succession apostolique — entre l'Église instituée par le Christ et l'Église catholique : « C'est là l'unique Église du Christ[/b] [...] que notre sauveur, après sa résurrection, remit à Pierre pour qu'il en soit le pasteur (cf. Jn 21,17), qu'il lui confia, à lui et aux autres apôtres, pour la répandre et la diriger (cf. Mt 28,18ss.), et dont il a fait pour toujours la “colonne et le fondement de la vérité” (1 Tm 3,15). Cette Église comme société constituée et organisée en ce monde, c'est dans l'Église catholique qu'elle se trouve [subsistit in], gouvernée par le successeur de Pierre et les Évêques qui sont en communion avec lui ». Par l'expression subsistit in, le Concile Vatican II a voulu proclamer deux affirmations doctrinales : d'une part, que malgré les divisions entre chrétiens, [b]l'Église du Christ continue à exister en plénitude dans la seule Église catholique[/b] ; d'autre part, « que [b]des éléments nombreux de sanctification et de vérité subsistent hors de ses structures », c'est-à-dire dans les Églises et Communautés ecclésiales qui ne sont pas encore en pleine communion avec l'Église catholique. Mais il faut affirmer de ces dernières que leur « force dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l'Église catholique[/b] ».
17. [b]Il existe donc une unique Église du Christ, qui subsiste dans l'Église catholique[/b], gouvernée par le successeur de Pierre et les Évêques en communion avec lui. [b][color=#FF0000]Les Églises qui, quoique sans communion parfaite avec l'Église catholique, lui restent cependant unies par des liens très étroits comme la succession apostolique et l'Eucharistie valide, sont de véritables Églises particulières[/color][/b]. Par conséquent, l'Église du Christ est présente et agissante dans ces Églises, malgré l'absence de la pleine communion avec l'Église catholique, provoquée par leur non-acceptation de la doctrine catholique du Primat, que l'Évêque de Rome, d'une façon objective, possède et exerce sur toute l'Église conformément à la volonté divine. En revanche, les Communautés ecclésiales qui n'ont pas conservé l'épiscopat valide et la substance authentique et intégrale du mystère eucharistique, ne sont pas des Églises au sens propre ; toutefois, les baptisés de ces Communautés sont incorporés au Christ par le baptême et se trouvent donc dans une certaine communion bien qu'imparfaite avec l'Église. Le baptême en effet tend en soi à l'acquisition de la plénitude de la vie du Christ, par la totale profession de foi, l'Eucharistie et la pleine communion dans l'Église. « Aussi n'est-il pas permis aux fidèles d'imaginer que l'Église du Christ soit simplement un ensemble — divisé certes, mais conservant encore quelque unité — d'Églises et de Communautés ecclésiales ; et ils n'ont pas le droit de tenir que cette Église du Christ ne subsiste plus nulle part aujourd'hui de sorte qu'il faille la tenir seulement pour une fin à rechercher par toutes les Églises en commun ». En effet, « les éléments de cette Église déjà donnée existent, unis dans toute leur plénitude, dans l'Église catholique et, sans cette plénitude, dans les autres Communautés ». « En conséquence, ces Églises et Communautés séparées, bien que nous les croyions souffrir de déficiences, ne sont nullement dépourvues de signification et de valeur dans le mystère du salut. [b][color=#FF0000]L'Esprit du Christ, en effet, ne refuse pas de se servir d'elles comme de moyens de salut, dont la force dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l'Église catholique[/color][/b] ». [/spoiler]
[size=150]Conciliation de la déclaration à la doctrine traditionnelle. [/size]
La doctrine traditionnelle est que l’Église est l’Église catholique, tout groupement ecclésial séparé de l’Église catholique n'étant qu'un [b]vestige[/b] ecclésial dont les fidèles peuvent être sauvés [b]malgré[/b] qu'ils lui appartiennent, pour autant que les éléments de sanctification propres à l’Église catholique y soient maintenus. Ainsi, pour parler des hérétiques et schismatiques byzantins, parce qu'ayant conservé la succession apostolique, et en elle le pouvoir d'ordre [sacramentel], ainsi d'ailleurs que la foi aux articles fondamentaux du christianisme [Dieu Trine, Incarné, Sauveur et Juge, Tête de l’Église en grâce qui est son Corps vivant] ils peuvent vivre en état de grâce, et ainsi appartenir à l'âme de l’Église, la foi catholique exigeant qu'ils lui appartiennent aussi quant au corps
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Quant à ceux ayant la foi théologale aux articles fondamentaux du christianisme sans pourtant avoir la foi catholique, et même à ce qu’ils soient en état de grâce, donc appartiennent à l’Église catholique prise quant à l’âme, il doivent encore, au plus tard à l’article de la mort, se convertir au catholicisme sous l’effet d’une grâce d’illumination, puisque « hors l’Église catholique point de salut ». L'absolue nécessité d'appartenir à l’Église catholique pour être sauvé est de foi (cf. infra). Mais lui appartenir comment ? Lui appartenir quant au cœur (= quant à l’âme) et quant au corps.
L’âme de l’Église catholique, c’est comme cause efficiente l’Esprit Saint infusant la grâce, et comme cause formelle la grâce du Christ qu’infuse l’Esprit. Appartiennent donc à l’Église catholique prise quant à l’âme la totalité des hommes vivant en état de grâce, qu’ils soient ou ne soient pas catholiques. Mais le corps de l’Église catholique, c’est l’ensemble des seuls catholiques, unis entre eux selon les liens de la hiérarchie ecclésiastique, qu’ils soient ou non en état de grâce, à condition seulement qu’ils ne soient pas excommuniés. Bref, l’Église catholique est le corps visible du Corps Mystique.
Pie XII, Lettre encyclique Mystici Corporis Christi, extraits :
« Que l’Église soit un corps, la Sainte Écriture le dit à maintes reprises… Si l’Église est un corps, il est donc nécessaire qu'elle constitue un organisme un et indivisible… Ce n'est pas assez de dire : un et indivisible ; il doit encore être concret et perceptible aux sens… Mais un corps exige encore une multiplicité de membres, qui soient reliés entre eux de manière à se venir mutuellement en aide… De plus, le corps dans la nature n'est pas formé d'un assemblage quelconque de membres, mais il doit être muni d'organes, c'est-à-dire de membres qui n'aient pas la même activité et qui soient disposés dans un ordre convenable… [Aussi] le Corps du Christ doit être un corps visible… [en lequel] se manifeste aussi extérieurement, par la profession d'une même foi, mais aussi par la communion des mêmes mystères, par la participation au même sacrifice, enfin par la mise en pratique et l'observance des mêmes lois. Il est, en outre, absolument nécessaire qu'il y ait, manifeste aux yeux de tous, un chef suprême… ainsi a-t’il confié à Pierre et à ses successeurs le mandat de tenir son propre rôle sur terre pour assurer aussi le gouvernement visible de la cité chrétienne. »
1. Nécessité pour le salut d’appartenir à l’Église catholique prise quant à l’âme.
Saint Augustin, Du Baptême, Contre les donatistes, Livre V, chapitre 28 : « Mais si l’Église peut être facilement comparée à quelque chose, c’est à l’arche de Noé. Saint Pierre s’exprime en ces termes "Dans l’arche, très-peu de personnes, huit seulement, furent sauvées des eaux du déluge" ; ce qui était la figure à laquelle répond "maintenant le baptême, qui ne consiste pas dans la purification des souillures de la chair, mais dans la purification de la conscience" (I Pierre, III, 20-21). Or, il est des hommes qui, ne renonçant au siècle que dans leurs paroles et non point dans leurs œuvres, sont regardés cependant comme baptisés dans l’Église catholique. Comment donc ceux qui n’ont pas là conscience pure peuvent-ils appartenir à ce mystère de l’arche ? Comment peuvent être sauvés par l’eau ceux qui, faisant un mauvais usage du saint baptême, persévèrent jusqu’à la fin de leur vie dans des mœurs criminelles, quoiqu’ils paraissent appartenir à l’unité ? … [b]Ainsi donc, pour juger si l’on appartient[/b] [formellement][b] à l’unité de l’Église ou au schisme, on doit examiner, non point les dispositions du corps, mais uniquement celles du cœur. En effet, tous ceux qui appartiennent à l’unité par le cœur, sont sauvés dans l’unité de l’arche par cette même eau, par laquelle meurent tous ceux qui sont hors de l’unité par le cœur, et sont regardés comme les adversaires de cette unité, soit qu’ils lui appartiennent, soit qu’ils ne lui appartiennent pas corporellement.[/b] De même donc que c’est la même eau qui sauve ceux qui sont dans l’arche et perd ceux qui sont hors de l’arche, de même les bons catholiques sont sauvés par le même baptême qui perd les mauvais catholiques et les hérétiques. »
[i]Les hérétiques et les schismatiques n'appartiennent pas au [b]corps[/b] de l’Église, puisqu'ils appartiennent à des vestiges ecclésiaux séparés de la sainte Église de Dieu. Mais alors même que matériellement séparés quant au corps, ils peuvent lui appartenir formellement quant au [b]cœur[/b], autrement dit quant à [b]l’âme[/b], en vivant de la vie de la grâce sanctifiante.[/i]
2. Nécessité pour le salut d’appartenir à l’Église catholique prise quant au corps.
Eugène IV, Bulle Cantate Domino : « [b]La très sainte Église romaine, fondée par la voix de notre Seigneur et Sauveur… croit fermement, professe et prêche qu’aucun de ceux qui se trouvent en dehors de l’Église catholique, non seulement païens mais encore juifs ou hérétiques et schismatiques ne peuvent devenir participants à la vie éternelle, mais iront "dans le feu éternel qui est préparé par le diable et ses anges" [Mt. XXV, 41], [u]à moins qu’avant la fin de leur vie ils ne lui aient été agrégés[/u] ; elle professe aussi[/b] que l’unité du corps de l’Église a un tel pouvoir que les sacrements de l’Église n’ont d’utilité en vue du salut que pour ceux qui demeurent en elle, pour eux seuls jeûnes, aumônes et tous les autres devoirs de la piété et exercices de la milice chrétienne enfantent les récompenses éternelles, et [b]que personne ne peut être sauvé, si grandes que soient ses aumônes, même s’il verse son sang pour le nom du Christ, s’il n’est pas demeuré dans le sein et dans l’unité de l’Église catholique[/b]. »
Nous sommes ici en présence d’une confession de foi, introduite par : « La très sainte Église romaine, fondée par la voix de notre Seigneur et Sauveur… croit fermement, professe et prêche. ». Il est donc de foi catholique qu’aucun de ceux qui se trouvent matériellement en dehors de l’Église catholique, non seulement païens mais encore juifs ou hérétiques et schismatiques ne peuvent devenir participants à la vie éternelle, même s’ils ont versé leur sang pour le nom du Christ, à moins qu’avant la fin de leur vie ils ne lui aient été agrégés. Expliquons. Les hérétiques et les schismatiques en état de grâce appartiennent déjà au [b]cœur[/b] de l’Église, puisqu'ils sont en état de grâce : cette affirmation d’Augustin n’est pas contestable. Et pourtant le Pape semble les assimiler à ceux vivant en état de péché mortel, puisqu’il déclare leurs actes surnaturellement méritoires de la vie éternelle (puisque posés en état de grâce et par amour du vrai Dieu : « même s’il verse son sang pour le nom du Christ ») inutiles à l'obtention de cette vie. Non parce qu'ils émaneraient d'âmes privées de la grâce sanctifiante. Non donc parce que leurs actes ne seraient pas méritoires de condigno de la vie éternelle. Mais parce que la vie éternelle est celle de ceux appartenant à l’Église catholique triomphante, à laquelle donc ils doivent aussi être agrégés quant au [b]corps[/b], en rejetant « avant la fin de leur vie », au plus tard donc à l'article de la mort sous l'influence d'une grâce d'illumination mystique, l'hérésie et/ou le schisme auxquels ils assentaient matériellement, afin ainsi d'être pleinement agrégés à l’Église catholique militante, pleinement c'est-à-dire non seulement quant à l’âme mais aussi quant au corps, pour enfin basculer dans l’Église catholique triomphante. Ayant vécu dans la grâce du Christ, on en infère :
1° Que le Christ Miséricordieux, qui veut le salut des hommes, ne leur refusera pas cette grâce d'illumination à l'article de la mort.
2° Que plus ayant vécu dans la grâce du Christ, plus à même d'assentir à cette grâce.
3° Que certains d'entre eux pourraient, par la révulsion à l’Église catholique qu'induisent les doctrines des sectes auxquelles ils souscrivent tant que ne les ayant pas abjurées, refuser la conversion ultime, et finir damnés. En sens contraire, on peut inférer avec quasi-certitude, à raison des précisions données le Saint Office (cf. infra), qu’ayant mérité de condigno le salut par leurs bons mérites de justifiés, la grâce de conversion au corps de l’Église catholique donnée au plus tard à l’article de leur mort sera pour eux une grâce non pas suffisante mais efficace par soi à produire infailliblement son effet. Et c’est logique, puisque ayant encore à s’incorporer au corps de l’Église pour être sauvés, alors que méritant déjà de condigno le salut, méritant de condigno du fait-même l’ultime condition du salut.
3. Donc nécessité pour le salut d’appartenir à l’Église catholique prise quant à l’âme et quant au corps.
Cette nécessité d’appartenir à l’âme et au corps de l’Église catholique pour être sauvé est précisément signifié par l’adage « hors l’Église catholique point de salut ». Car « l’Esprit Saint, dans le Cantique des cantiques, désigne l’Église une, sainte, catholique et apostolique, romaine, quant il dit : ‘‘Elle est unique ma colombe, ma parfaite…’’ (Ct. VI, 9), et que l’Apôtre Paul, vase d’élection, montre cette unité de l’Église et le sacrement de cette unité, quand il dit : ‘‘Un seul corps et un seul esprit, un seul espoir de vocation, un seul Seigneur et une seule foi, un seul baptême et un seul Dieu’’ (Eph. IV, 4-6), et comme le dit le bienheureux Cyprien : ’’… elle est l’épouse incorruptible et pudique, elle ne connait qu’une seule demeure’’ (De unitate ecclesiæ, 6)… Donc quiconque ose avec une audace sacrilège et une conviction diabolique souiller cette sainte et immaculée unité de l’Église, celui-ci, comme l’enseignent les saints canons, ‘‘est étranger, est profanateur, est ennemi. Il ne peut avoir Dieu pour père’’, celui qui ne maintient pas l’unité de l’Église universelle. » (Concile Œcuménique de Florence, Session IX). Aussi « nous présentons aux orateurs cette [b]règle de foi[/b] énoncée par le très bienheureux Athanase, dont la teneur est telle : [b]Quiconque veut être sauvé doit avant tout tenir la foi catholique, car si quelqu’un ne la grade pas entière et inviolée, il périra sans nul doute pour l’éternité.[/b] » (Concile Œcuménique de Florence, Session VI).
4. Donc nécessité encore pour le salut de professer la foi catholique.
« Pour que [b]NOTRE FOI CATHOLIQUE "SANS LAQUELLE IL EST IMPOSSIBLE DE PLAIRE A DIEU"[/b] (He. XI, 6), une fois débarrassée des erreurs, demeure intègre et sans tache dans sa pureté, et pour que le peuple chrétien ne soit pas "emporté à tout vent de doctrine" (Ep. IV, 14), puisque l'antique serpent (Ap. XII, 9 ; XX, 2), ennemi perpétuel du genre humain, parmi les nombreux maux qui troublent de nos jours l’Église de Dieu, a suscité au sujet du péché originel et de son remède non seulement de nouvelles mais même d'anciennes querelles, le saint concile œcuménique et général de Trente... veut entreprendre de ramener ceux qui errent et d'affermir ceux qui vacillent. Aussi, suivant le témoignage des saintes Écritures, des saints Pères, et des Conciles les plus approuvés, ainsi que le jugement et l'accord de l’Église elle-même, il statue, confesse et déclare ce qui suit au sujet du péché originel :
Est-ce à dire que la foi explicite en la totalité des vérités de foi divine et catholique est nécessaire au salut ? Non. La foi théologale explicite aux articles fondamentaux est nécessaire de nécessité de moyen absolu à leur justification, comme appert de l’Écriture et du Décret sur la justification du Concile Œcuménique de Trente. La foi implicite suffit donc à ceux des catholiques qui, ayant la foi explicite aux articles fondamentaux du christianisme, n’ont que la foi implicite à ceux des autres articles de la foi catholique qu’ils ignorent sans faute de leur part. Quant aux autres chrétiens, ceux qui sans avoir la foi catholique ont la foi théologale aux articles fondamentaux du christianisme. Ils professent l’existence de l’Église, croyant de foi théologale que l’Église est le Corps mystique du Christ, mais ils méconnaissent son identité, puisqu’ils prennent pour l’Église le vestige hérétique et/ou schismatique auquel ils adhèrent. Si leur hérésie n’est que matérielle, si leur erreur sur l’identité de l’Église est sans faute de leur part, et si d’autre part ils aiment de charité le Dieu de la foi théologale, ils vivent en état de grâce, vivent de la grâce du Christ. De sorte que ce n’est pas seulement qu’ils appartiennent déjà à l’âme de l’Église catholique, c’est encore que vivant de la grâce, et voulant être de la véritable Église, ils veulent implicitement être catholiques, et seront exaucés s’ils persévèrent jusqu’à la fin dans la vie de grâce.
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Dominus Iesus semble contredire la Tradition, en affirmant les vestiges ecclésiaux ayant conservé la succession apostolique être des églises particulières. M'est avis qu'il faut se garder de durcir l'opposition. Car si, sous un certain rapport, celui de l'unicité de l’Église, tout groupement ecclésial séparé de l’Église catholique n'est évidemment qu'un vestige schismatique (et hérétique, hors le cas de schisme pur = schisme sans hérésie doctrinale), de sorte que le salut de ses membres se fera malgré leur appartenance au vestige schismatique, sous un autre rapport, celui de la succession apostolique et des moyens de salut qu'elle implique, ces vestiges abominables (en tant que séparés de l’Église de Dieu) peuvent être dits des églises particulières, étant précisé qu'elles ne sont nommées églises que parce que, « quoique sans communion parfaite avec l'Église catholique, [elles] lui restent cependant unies par des liens très étroits comme la succession apostolique et l'Eucharistie valide, [sous le rapport duquel elles] sont de [b]véritables Églises particulières[/b]... L'Esprit du Christ, en effet, ne refuse pas de se servir d'elles comme de [b]moyens de salut[/b], dont la force dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l'Église catholique. » (Dominus Iesus, 17).
Bref, DI vise le verre à moitié plein plutôt qu'à moitié vide, étant évident qu'à moitié plein il est aussi à moitié vide.