par Charles » jeu. 29 mai 2008, 8:38
Métazét a écrit :Bonsoir,
Il semble que le réalisme modéré de St Thomas d'Aquin soit largement considéré comme un préliminaire aux différentes "preuves" de l'existence de Dieu. Ce réalisme modéré affirme, si je ne m'abuse, que : 1) les universaux existent substantiellement ; 2) ces universaux n'existent pas de manière séparée des particuliers qui les instancient.
Précisément, j'aimerais savoir si, dans la pensée catholique, Dieu est considéré comme un particulier ou comme un universel. J'aurais tendance à penser que Dieu désigne l'unique exemplaire possible et nécessaire d'un universel qui serait la divinité. Mais peut-être me trompe-je
Je ne suis pas sûr de la question mais le "substantiellement" me paraît excessif.
Dieu est considéré comme un singulier, il y a un passage où Saint Thomas montre que Dieu ne peut être que seul (le seul étant dont l'être et l'essence se confondent). Voir l'Etre et l'Essence d'Etienne Gilson ou La métaphysique de Saint Thomas d'Aquin de Léo Elders (les deux chez Vrin).
L'universalité est une notion logique (voir l'Organon d'Aristote). C'est l'autre façon de dire l'abstraction ou l'intelligibilité.
Quand on parle des substances séparées, Dieu et les anges, la question de la singularité se pose différemment que pour les êtres naturels dont la singularité est issue de leur matérialité. Il y a de la singularité chez les êtres immatériels qui vient de la différence spécifique pour les anges (chacun est unique à la manière d'une espèce, chacun est à lui-même une espèce différente), et pour Dieu de son essence, c'est-à-dire de son infinité.
[quote="Métazét"]Bonsoir,
Il semble que le réalisme modéré de St Thomas d'Aquin soit largement considéré comme un préliminaire aux différentes "preuves" de l'existence de Dieu. Ce réalisme modéré affirme, si je ne m'abuse, que : 1) les universaux existent substantiellement ; 2) ces universaux n'existent pas de manière séparée des particuliers qui les instancient.
Précisément, j'aimerais savoir si, dans la pensée catholique, Dieu est considéré comme un particulier ou comme un universel. J'aurais tendance à penser que Dieu désigne l'unique exemplaire possible et nécessaire d'un universel qui serait la divinité. Mais peut-être me trompe-je :incertain:
[/quote]
Je ne suis pas sûr de la question mais le "substantiellement" me paraît excessif.
Dieu est considéré comme un singulier, il y a un passage où Saint Thomas montre que Dieu ne peut être que seul (le seul étant dont l'être et l'essence se confondent). Voir l'Etre et l'Essence d'Etienne Gilson ou La métaphysique de Saint Thomas d'Aquin de Léo Elders (les deux chez Vrin).
L'universalité est une notion logique (voir l'Organon d'Aristote). C'est l'autre façon de dire l'abstraction ou l'intelligibilité.
Quand on parle des substances séparées, Dieu et les anges, la question de la singularité se pose différemment que pour les êtres naturels dont la singularité est issue de leur matérialité. Il y a de la singularité chez les êtres immatériels qui vient de la différence spécifique pour les anges (chacun est unique à la manière d'une espèce, chacun est à lui-même une espèce différente), et pour Dieu de son essence, c'est-à-dire de son infinité.