par Serge BS » dim. 03 août 2008, 5:56
Je ne connaissais pas cette interprétation de la mer comme mort et des fleuves comme vie, du moins comme tel.
A. Tout ce que je trouve chez l'Abbé Charles-Auguste Auber (Histoire et théorie du symbolisme religieux avant et depuis le Christianisme, 1870), qui fait souvent autorité, c'est ce qui suit...
Selon Saint Bernard :
- la mer symbolise le monde;
- les fleuves, l'ordre des prédicateurs;
- les étangs, la vie solitaire.
Selon Hugues de Saint-Victor :
- la mer symbolise la vie des séculiers, des âmes agitées;
- les montagnes, la vie des âmes contemplatives;
- les îles, la soustraction prudente à la persécution.
B. Si je prends le Dictionnaire des symboles (chez Robert Laffont), je trouve :
Selon Grégoire le Grand, la mer symbolise le monde et le coeur humain, en tant que siège des passions.
Dans l'Ancien Testament, elle peut être le symbole de l'hostilité de Dieu (cf. Ez 26, 19), alors que chez beaucoup de symbolistes juifs elle est le symbole de la Création.
C. Si maintenant je me réfère au Vocabulaire de théologie biblique publié au Cerf en 1981, je lis à la page 742, colonne 2 :
" (...) La mer reste le lieu démoniaque où vont se précipiter les porcs ensorcelés (Mc 5, 13p). Déchainée, elle continue d'épouvanter les hommes; mais Jésus manifeste en face d'elle la puissance divine qui triomphe des éléments (...) l'Apocalypse ne se contente pas de mettre en rapport avec la mer les puissances mauvaises que le Christ-Seigneur doit affronter au cours de l'histoire (...) La mer disparaîtra (...) en tant qu'abîme satanique et force de désordre. Mais il subsistera là-haut cette mer de cristal (...), symbole d'une paix lumineuse dans un univers renouvelé."
D. Toujours est-il que la mer est une créature de Dieu, mais il n'y nulle part lutte entre Dieu et le chaos des eaux, les eaux restant soumises à l'ordre divin (ie Ps 104, 6-9; Ps 24, 2), même si la mer symbolise parfois dans l'Ancien Testament les puissances adverses que Dieu doit vaincre pour triompher (ie Is 21, 9; Jb 7, 12; Ex 14ss; Dn 7, 2-7). Mais, dès l'origine, Dieu a su dompter l'orgueil de la mer (ie Gn 1, 9; Ps 65, 8; Ps 89, 10).
N'oublions pas que le peuple d'Israël n'est pas un peuple de marins, et que la mer est considérée comme humainement hostile. Par contre, il est agro-pastroal, et le fleuve est donc considéré comme donnant la vie. D'où peut-être le choix de ces images, mais sans aller aussi loin que votre affirmation qui me semble un peu trop étroite.
Rajout : Trouvé in : Bonsirven (J.) - un excellent auteur soit dit en passant -, Vocabulaire biblique, Lethielleux, 1958, page 98 :
"Souvent symbole de maux qui assaillent; Dieu impose des bornes à la mer, élément hostile (Ps 104, 6, 7, 9); dans le monde nouveau elle disparaît (Ap 21, 1)."
Rien à l'entrée "fleuve".
Je ne connaissais pas cette interprétation de la mer comme mort et des fleuves comme vie, du moins comme tel.
[b]A.[/b] Tout ce que je trouve chez l'Abbé Charles-Auguste Auber ([i]Histoire et théorie du symbolisme religieux avant et depuis le Christianisme[/i], 1870), qui fait souvent autorité, c'est ce qui suit...
Selon Saint Bernard :
- la mer symbolise le monde;
- les fleuves, l'ordre des prédicateurs;
- les étangs, la vie solitaire.
Selon Hugues de Saint-Victor :
- la mer symbolise la vie des séculiers, des âmes agitées;
- les montagnes, la vie des âmes contemplatives;
- les îles, la soustraction prudente à la persécution.
[b]B.[/b] Si je prends le [i]Dictionnaire des symboles[/i] (chez Robert Laffont), je trouve :
Selon Grégoire le Grand, la mer symbolise le monde et le coeur humain, en tant que siège des passions.
Dans l'Ancien Testament, elle peut être le symbole de l'hostilité de Dieu (cf. Ez 26, 19), alors que chez beaucoup de symbolistes juifs elle est le symbole de la Création.
[b]C.[/b] Si maintenant je me réfère au [i]Vocabulaire de théologie biblique[/i] publié au Cerf en 1981, je lis à la page 742, colonne 2 :
"[i] (...) La mer reste le lieu démoniaque où vont se précipiter les porcs ensorcelés (Mc 5, 13p). Déchainée, elle continue d'épouvanter les hommes; mais Jésus manifeste en face d'elle la puissance divine qui triomphe des éléments (...) l'Apocalypse ne se contente pas de mettre en rapport avec la mer les puissances mauvaises que le Christ-Seigneur doit affronter au cours de l'histoire (...) La mer disparaîtra (...) en tant qu'abîme satanique et force de désordre. Mais il subsistera là-haut cette mer de cristal (...), symbole d'une paix lumineuse dans un univers renouvelé.[/i]"
[b]D.[/b] Toujours est-il que la mer est une créature de Dieu, mais il n'y nulle part lutte entre Dieu et le chaos des eaux, les eaux restant soumises à l'ordre divin (ie Ps 104, 6-9; Ps 24, 2), même si la mer symbolise parfois dans l'Ancien Testament les puissances adverses que Dieu doit vaincre pour triompher (ie Is 21, 9; Jb 7, 12; Ex 14ss; Dn 7, 2-7). Mais, dès l'origine, Dieu a su dompter l'orgueil de la mer (ie Gn 1, 9; Ps 65, 8; Ps 89, 10).
N'oublions pas que le peuple d'Israël n'est pas un peuple de marins, et que la mer est considérée comme humainement hostile. Par contre, il est agro-pastroal, et le fleuve est donc considéré comme donnant la vie. D'où peut-être le choix de ces images, mais sans aller aussi loin que votre affirmation qui me semble un peu trop étroite.
[b]Rajout :[/b] Trouvé in : Bonsirven (J.) - un excellent auteur soit dit en passant -, [i]Vocabulaire biblique[/i], Lethielleux, 1958, page 98 :
"[i]Souvent symbole de maux qui assaillent; Dieu impose des bornes à la mer, élément hostile (Ps 104, 6, 7, 9); dans le monde nouveau elle disparaît (Ap 21, 1).[/i]"
Rien à l'entrée "fleuve".