par etienne lorant » mer. 13 août 2008, 18:41
"Tout homme qui a de la haine pour son frère est un meurtrier"
La première fois, j'ai cru que Jésus signifiait "meurtrier par intention"... et puis l'expérience de la vie m'a appris que cette Parole, comme toutes celles données par le Christ, n'offre aucune atténuation possible. Car il y a des mots qui tuent, des regards qui avilissent, et même les mauvaises pensées sont dispersées dans l'air - dans l'air que d'autres respirent. Je me souviens d'un mot terrible dans une pièce de théâtre qui disait: "Va, je ne te hais point !" ... ce genre de cynisme ou de mépris, c'est déjà un couteau lancé vers le coeur du prochain.
Je crois que j'ai dû haïr un jour, et je le regrette encore. C'est que dans le collège où j'ai grandi, j'étais le souffre-douleurs, la cible désignée (parce que "binoclard"), d'une petite bande de caïds de cours de récréation. Ils avaient seize ans et ils expérimentaient, de toutes sortes de façon, leur virilité naissante... Oui, c'est un coup de règles sur mes doigts en salle d'étude que j'ai appris à me taire dans la souffrance - mais hélas, à haïr aussi... Il me semble aujourd'hui que ma vie eût été toute différente si je n'avais transformé cette haine en moi en ambition mondaine... Cela a tout compliqué, et longtemps, longtemps, le Seigneur a dû parler à mon coeur, comme à mon esprit, pour m'expliquer d'où me venait cette féroce ambition de tout dominer par l'intelligence - le Seigneur (mais j'ignorais que c'était Lui) est venu véritablement pleurer en moi comme un enfant qui s'est égaré sur une plage... Un instant, j'étais en train de marcher vite pour acquérir un syllabus de mathématiques, de l'autre côté de la ville universitaire, et puis, l'autre instant, j'étais en train de verser des larmes sur mon coeur sans amour. "Qui es-tu ?", ai-je lancé pour moi-même. Je n'ai pas eu de réponse, pas à ce moment-là, mais l'incroyable douceur de ces larmes m'avait déjà fait parcourir les premiers pas vers la conversion.
C'est donc Lui, Jésus, la victime innocente - le seul qui aurait le droit de "jeter la première pierre" qui vient au devant de l'homme qui a de la haine. Il vient avec toute sa force d'amour, et Il s'offre pour lui retirer par avance cette haine, par la puissance de sa bonté, de sa charité et de sa miséricorde... c'est difficilement concevable par un esprit humain, et cependant, ce mystère se reproduit chaque jour dans l'Eucharistie.
"Tout homme qui a de la haine pour son frère est un meurtrier"
La première fois, j'ai cru que Jésus signifiait "meurtrier par intention"... et puis l'expérience de la vie m'a appris que cette Parole, comme toutes celles données par le Christ, n'offre aucune atténuation possible. Car il y a des mots qui tuent, des regards qui avilissent, et même les mauvaises pensées sont dispersées dans l'air - dans l'air que d'autres respirent. Je me souviens d'un mot terrible dans une pièce de théâtre qui disait: "Va, je ne te hais point !" ... ce genre de cynisme ou de mépris, c'est déjà un couteau lancé vers le coeur du prochain.
Je crois que j'ai dû haïr un jour, et je le regrette encore. C'est que dans le collège où j'ai grandi, j'étais le souffre-douleurs, la cible désignée (parce que "binoclard"), d'une petite bande de caïds de cours de récréation. Ils avaient seize ans et ils expérimentaient, de toutes sortes de façon, leur virilité naissante... Oui, c'est un coup de règles sur mes doigts en salle d'étude que j'ai appris à me taire dans la souffrance - mais hélas, à haïr aussi... Il me semble aujourd'hui que ma vie eût été toute différente si je n'avais transformé cette haine en moi en ambition mondaine... Cela a tout compliqué, et longtemps, longtemps, le Seigneur a dû parler à mon coeur, comme à mon esprit, pour m'expliquer d'où me venait cette féroce ambition de tout dominer par l'intelligence - le Seigneur (mais j'ignorais que c'était Lui) est venu véritablement pleurer en moi comme un enfant qui s'est égaré sur une plage... Un instant, j'étais en train de marcher vite pour acquérir un syllabus de mathématiques, de l'autre côté de la ville universitaire, et puis, l'autre instant, j'étais en train de verser des larmes sur mon coeur sans amour. "Qui es-tu ?", ai-je lancé pour moi-même. Je n'ai pas eu de réponse, pas à ce moment-là, mais l'incroyable douceur de ces larmes m'avait déjà fait parcourir les premiers pas vers la conversion.
C'est donc Lui, Jésus, la victime innocente - le seul qui aurait le droit de "jeter la première pierre" qui vient au devant de l'homme qui a de la haine. Il vient avec toute sa force d'amour, et Il s'offre pour lui retirer par avance cette haine, par la puissance de sa bonté, de sa charité et de sa miséricorde... c'est difficilement concevable par un esprit humain, et cependant, ce mystère se reproduit chaque jour dans l'Eucharistie.