Le pouvoir de la Parole

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Re: Le pouvoir de la Parole

par Anne » jeu. 04 sept. 2008, 20:30

etienne lorant a écrit :Merci pour ta réaction... c'était quelque peu "mortifiant" pour moi d'avouer que j'ai difficile de prier pour les autres, du fait que je ressens tellement ma propre précarité, ma pauvreté.
Si ça peut être d'un quelconque encouragement, j'avouerai que le seul fait de prier est pour moi difficile!!!!
:(

Heureusement il y a la Liturgie des Heures, mais même avec celles-ci je ressens souvent une certaine "incompétence". C'est difficile à expliquer, mais j'ai l'impression que je ne prie pas bien...
:incertain:
Un homme qui était à côté de moi a soupiré "Eh oui, on ne sait pas comment on va vieillir !" Ah, me suis-je dit : il a plus de soixante ans et il ne sait pas ! Je n'en ai que cinquante-deux et des scènes comme celles-là me bouleversent... Pour cette femme, dont je ne connais même pas le nom, je prie. Et il me vient à l'esprit qu'en priant pour elle, c'est comme si je priais aussi pour moi, car un jour, moi aussi, je chercherai à fuir la situation qui me sera faite et qui aura pitié de moi ?
C'est une grande source d'inquiétude, en effet! Il m'arrive aussi de penser à l'avenir et de ne pas le voir en rose...
Je m'occupe présentement de ma mère qui est en perte d'autonomie et je songe souvent que lorsque j'en serai au même stade, il n'y aura probablement personne qui fera pour moi ce que je fais pour elle...

C'est vraiment pas jojo, mais je crois qu'il faut mettre notre foi en la divine Providence...

Bon courage, Étienne!

Re: Le pouvoir de la Parole

par etienne lorant » jeu. 04 sept. 2008, 15:30

Merci pour ta réaction... c'était quelque peu "mortifiant" pour moi d'avouer que j'ai difficile de prier pour les autres, du fait que je ressens tellement ma propre précarité, ma pauvreté. Mais le constater ainsi, publiquement (en quelque sorte), m'a permis déjà de me remettre à offrir ma peine dans ma prière, pour autrui. Parfois, ma prière - mais peut-on considérer que j'ai prié, naît d'un regard de compassion, un sentiment de peine profonde: ce matin, c'était pour une dame âgée, rentrée très récemment sans doute, dans la maison de repos où réside ma mère. Une aide soignante l'avait conduite à une place de table où elle allait prendre son premier repas dans l'établissement... mais cette femme ne voulait qu'une chose: fuir, sortir de là. Elle a donc attendu que l'assistante se soit éloignée un peu, et puis elle a fait rouler son fauteuil vers la sortie et a tiré en vain sur la poignée de la porte extérieure (il faut connaître le code et le taper sur boitier). J'ai assisté à toute la scène et cela m'a profondément touché, cela m'a heurté comme si j'avais été à sa place.

Un homme qui était à côté de moi a soupiré "Eh oui, on ne sait pas comment on va vieillir !" Ah, me suis-je dit : il a plus de soixante ans et il ne sait pas ! Je n'en ai que cinquante-deux et des scènes comme celles-là me bouleversent... Pour cette femme, dont je ne connais même pas le nom, je prie. Et il me vient à l'esprit qu'en priant pour elle, c'est comme si je priais aussi pour moi, car un jour, moi aussi, je chercherai à fuir la situation qui me sera faite et qui aura pitié de moi ?

Re: Le pouvoir de la Parole

par Anne » jeu. 04 sept. 2008, 3:55

etienne lorant a écrit : Je l'avoue, j'utilise cette formulation expressément parce qu'il m'arrive souvent de douter de l'efficacité de ma propre prière - et je constate que j'éprouve moins de "lourdeur" à prier pour moi-même quand je suis anxieux, que lorsque je prie en faveur de quelqu'un qui me l'a demandé (preuve évidente que mon ego manifeste toujours une sorte de "répugnance immédiate" à la charité - triste constatation qui me navre mais m'oblige à demeurer dans l'humilité.)
Cependant j'ai remarqué, de mon côté, que les prières faites pour les autres étaient plus souvent exaucées que lorsque je prie pour moi...
:sonne:

Merci encore pour toutes ces belles méditations, Étienne! :D

Le pouvoir de la Parole

par etienne lorant » mer. 03 sept. 2008, 15:58

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4,38-44.

En quittant la synagogue, Jésus entra chez Simon. Or, la belle-mère de Simon était oppressée par une forte fièvre, et on implora Jésus en sa faveur.
Il se pencha sur elle, interpella vivement la fièvre, et celle-ci quitta la malade. A l'instant même, elle se leva, et elle les servait. Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des infirmes atteints de diverses maladies les lui amenèrent. Et Jésus, imposant les mains à chacun d'eux, les guérissait.
Des esprits mauvais sortaient de beaucoup d'entre eux en criant : « Tu es le Fils de Dieu ! » Mais Jésus les interpellait vivement et leur interdisait de parler parce qu'ils savaient, eux, qu'il était le Messie.
Quand il fit jour, il sortit et se retira dans un endroit désert. Les foules le cherchaient ; elles arrivèrent jusqu'à lui, et elles le retenaient pour l'empêcher de les quitter.
Mais il leur dit : « Il faut que j'aille aussi dans les autres villes pour leur annoncer la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, car c'est pour cela que j'ai été envoyé. » Et il se rendait dans les synagogues de Judée pour y proclamer la Bonne Nouvelle.

A à la suite de celui d'hier, ce passage de l'Evangile montre bien qu'à cette époque, une maladie était elle aussi considérée comme un "esprit mauvais". Jésus interpelle donc "vivement" la fièvre qui oppresse la belle-mère de Pierre et la chasse aussitôt de la malade. N'est-il pas frappant de constater que c'est exactement le même procédé qu'Il a utilisé pour chasser un démon (dans le passage lu hier) ? Et plus tard, lorsque la barque dans laquelle Il se trouve avec les disciples est en danger de somber, c'est encore par sa seule voix qu'Il écartera la menace : "Ses compagnons s'approchèrent et le réveillèrent en disant : « Maître, maître ! Nous sommes perdus ! » Et lui, réveillé, interpella avec vivacité le vent et le déferlement des flots. Ils s'apaisèrent et le calme se fit." (Luc 8, 24).

Outre le pouvoir immense attaché à cette seule voix, à sa Parole, je retiens que toute âme qui s'est attachée au Christ avec sincérité, peut très bien imiter le Maître et "exercer sa foi par sa voix". (Pourquoi pas ! Dans tout l'Evangile, Jésus ne cesse pas de reprocher aux disciples leur manque de foi ! Ne sommes-nous pas comme eux ?) Je l'avoue, j'utilise cette formulation expressément parce qu'il m'arrive souvent de douter de l'efficacité de ma propre prière - et je constate que j'éprouve moins de "lourdeur" à prier pour moi-même quand je suis anxieux, que lorsque je prie en faveur de quelqu'un qui me l'a demandé (preuve évidente que mon ego manifeste toujours une sorte de "répugnance immédiate" à la charité - triste constatation qui me navre mais m'oblige à demeurer dans l'humilité.)

Il n'empêche que cette Voix qui a un jour interpelé vivement en moi toutes sortes de démons (car qu'est-ce qui ressemble plus à un esprit mauvais qu'un mauvais esprit ?), ne m'a pas abattu mais m'a relevé ! Et c'est alors que j'ai reçu cette faculté spirituelle de proclamer "Jésus est le Fils de Dieu !" Comme c'est étonnant, n'est-ce pas ? Mais le plus important, c'est qu'aussitôt guérie, débarrassée de sa fièvre, la belle-mère de Pierre : "se leva et elle les servait". Jésus est venu pour cela : par pure grâce Il nous a sauvés, et par pure grâce Il nous donne encore de Le servir.

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