par Christophe » dim. 16 nov. 2008, 23:20
Bonsoir Didier
Je pense que le fond de la Parabole est que le Salut est offert même aux convertis de la dernière heure...
Mais cela interroge effectivement sur le sens de la justice, car on interprète souvent cette parabole comme le fait que la Justice de Dieu n'est pas la justice des hommes. Ici, le "contrat" est bien respecté. Mais le respect du "contrat" n'est pas le seul critère de la justice (Cf. par exemple l'encyclique Rerum Novarum de Léon XIII).
Saint Thomas (Somme Théologique, II, II), à la suite d'Aristote, distingue justice commutative et justice distributive : la première établit une "égalité arithmétique", chacun recevant la même chose ; la seconde une "égalité géométrique", chacun recevant en fonction de ses mérites.
On s'attend naturellement à ce que la rétribution du travail par le salaire obéisse à cette seconde forme de justice : que chacun reçoive un salaire proportionnel au travail fourni et non pas le même salaire indépendamment de la charge de travail. D'où le sentiment d'injustice que ressentent les ouvriers de la première heure.
J'ajoute que la justice est définie comme un point d'équilibre dans les relations ("donner à chacun son dû"): équilibre dans la relation homme-Dieu, équilibre dans la relation salarié-patron, équilibre dans les relations des salariés entre eux... Ici, les ouvriers de la première heure ne se sentent pas lésés par le salaire qui leur est versé, mais par celui qui est versé aux ouvriers de la dernière heure : estimant que le salaire doit être proportionnel au travail fourni, ils s'indignent que d'autres reçoivent le même salaire pour une seule heure d'ouvrage.
Pourtant, d'un autre côté, il est aussi bien dit que les ouvriers de la dernière heure n'ont pas trouvé plus tôt où s'employer. Ils sont donc "chômeurs" indépendamment de leur volonté. Et le Seigneur a fait le choix de verser à chacun ce que la doctrine sociale de l'Église appelle le salaire familial : un salaire proportionné aux besoins du travailleur et de son foyer, besoins qui sont strictement identiques pour l'ouvrier de la première et de la dernière heure.
Bien évidemment, cela ne signifie pas que l'économie du Salut et l'économie sociale puissent fonctionner de la même façon !
Que Dieu vous bénisse !
Christophe
Bonsoir Didier
Je pense que le fond de la Parabole est que le Salut est offert même aux convertis de la dernière heure...
Mais cela interroge effectivement sur le sens de la justice, car on interprète souvent cette parabole comme le fait que la Justice de Dieu n'est pas la justice des hommes. Ici, le "contrat" est bien respecté. Mais le respect du "contrat" n'est pas le seul critère de la justice (Cf. par exemple l'encyclique [i]Rerum Novarum[/i] de Léon XIII).
Saint Thomas ([i]Somme Théologique, II, II[/i]), à la suite d'Aristote, distingue [i]justice commutative[/i] et [i]justice distributive[/i] : la première établit une "égalité arithmétique", chacun recevant la même chose ; la seconde une "égalité géométrique", chacun recevant en fonction de ses mérites.
On s'attend naturellement à ce que la rétribution du travail par le salaire obéisse à cette seconde forme de justice : que chacun reçoive un salaire proportionnel au travail fourni et non pas le même salaire indépendamment de la charge de travail. D'où le sentiment d'injustice que ressentent les ouvriers de la première heure.
J'ajoute que la justice est définie comme un point d'équilibre dans les relations ("[i]donner à chacun son dû[/i]"): équilibre dans la relation homme-Dieu, équilibre dans la relation salarié-patron, équilibre dans les relations des salariés entre eux... Ici, les ouvriers de la première heure ne se sentent pas lésés par le salaire qui leur est versé, mais par celui qui est versé aux ouvriers de la dernière heure : estimant que le salaire doit être proportionnel au travail fourni, ils s'indignent que d'autres reçoivent le même salaire pour une seule heure d'ouvrage.
Pourtant, d'un autre côté, il est aussi bien dit que les ouvriers de la dernière heure n'ont pas trouvé plus tôt où s'employer. Ils sont donc "chômeurs" indépendamment de leur volonté. Et le Seigneur a fait le choix de verser à chacun ce que la doctrine sociale de l'Église appelle le [i]salaire familial[/i] : un salaire proportionné aux besoins du travailleur et de son foyer, besoins qui sont strictement identiques pour l'ouvrier de la première et de la dernière heure.
Bien évidemment, cela ne signifie pas que l'économie du Salut et l'économie sociale puissent fonctionner de la même façon !
Que Dieu vous bénisse !
Christophe