L'Église au Burkina Faso

Règles du forum
Forum de discussions entre chrétiens sur les questions ecclésiales

Répondre


Cette question vous permet de vous prémunir contre les soumissions automatisées et intensives effectuées par des robots indésirables.
Émoticônes
:?: :!: :arrow: :nule: :coeur: :) ;) :( :mal: :D :-D :oops: :cool: :/ :oui: :> :diable: <: :s :hypocrite: :p :amoureux: :clown: :rire: :-[ :sonne: :ciao: :zut: :siffle: :saint: :roule: :incertain: :clap: :fleur: :-@ :non: :cry: :bomb: :exclamation: :dormir: :wow: :boxe: :furieux: :toast: :dance: :flash:
Plus d’émoticônes

Le BBCode est activé
La balise [img] est activée
La balise [url] est activée
Les émoticônes sont activées

Relecture du sujet
   

Agrandir Relecture du sujet : L'Église au Burkina Faso

Jubilé d’or du juvénat Saint Joseph de Saaba (Burkina Faso)

par Mukassa » lun. 26 janv. 2009, 10:30

Jubilé d’or du juvénat Saint Joseph de Saaba : 50 ans de grâces et de formations
lundi 26 janvier 2009




L’Eglise-Famille au Burkina Faso a partagé, le 24 janvier 2009, la joie des Frères de la Sainte famille (FSF) qui commémorait les 50 ans de sa fusion avec les Frères de Belley en France, et aussi de la création du juvénat Saint Joseph de Saaba, sous le thème "50 ans de formation humaine et religieuse au service de l’Eglise et de la nation".

Cinquante ans dans une vie mérite un arrêt, pour faire le bilan du parcours et identifier les perspectives. Les Frères de la Sainte famille (FSF) au Burkina Faso, n’ont pas dérogé à la règle. En effet, le samedi 24 janvier 2009, les Frères, les anciens juvénistes ou encore "les Frères en mission", et l’ensemble de l’Eglise-Famille ont célébré le jubilé d’or du juvénat Saint Joseph de Saaba et faisant d’une pierre deux coups, la fusion d’avec les Frères de Belley en France. Cette célébration eucharistique se voulait une action de grâce à Dieu, source de toutes grâces et de bénédictions.

Une action de grâce large comme le ciel et grand comme le soleil. C’est pourquoi, elle a commencé par une procession de la communauté des Frères, des prêtres, ponctuée par des pas de danse des fidèles et des chants mélodieux ("Venez, inclinez-vous, prosternez-vous et adorons le Seigneur") qui montaient vers Dieu comme de l’encens. C’est dans cette euphorie, que le Frère Firmin Tankoano, actuel supérieur provincial des FSF, a affirmé que la cérémonie est placée sous le signe de l’hommage aux cathéchistes de Guiloungou et à Monseigneur Joanny Thévenoud qui a fondé la congrégation des Frères de la Sainte famille. Et comme les débuts étaient difficiles, il a organisé la fusion avec la congrégation des Frères de la Sainte famille de Belley, fondée par Gabriel Taborin et qui avait pour mission, l’éducation chrétienne des jeunes. Car, Frère Gabriel Taborin disait qu’il faut "former des saints pour le ciel et de bons citoyens pour la société". Cette fusion a été bénéfique pour les FSF et surtout, pour la nation entière.

L’œuvre de Dieu a porté ses fruits

Elle a permis la création de plusieurs établissements primaires, secondaires et non formels qui, pour cette année scolaire 2008-2009, comptent plus de cinq mille huit cents élèves. Seule la puissance et la gloire de Dieu aident les Frères à accomplir la noble tâche qu’est l’éducation. Ce qui a fait dire au Frère Firmin Tankoano qu’il entend la voix de Dieu qui susurre : "Avancez au large et n’ayez pas peur, je suis avec vous". En cinquante années d’existence, l’œuvre des Frères a grandi et a porté beaucoup de fruits. Des mille trois cent deux jeunes qui ont été formés au juvénat, cent soixante sept ont fait profession religieuse, quatre vingt et un sont frères et vingt deux prêtres. Le reste qui constitue "les Frères en mission" sert la nation dans toutes ses composantes.

C’est pourquoi, l’archevêque de Ouagadougou, Monseigneur Jean-Marie Compaoré a dit dans son homélie que "devant le développement fulgurant de l’œuvre des Frères, nous ne pouvont que dire merci et rendre grâce à Dieu pour leur participation à la construction de l’Eglise- Famille et du Burkina Faso". Leur participation au développement socioéconomique du pays, les "Fères en mission" la doivent à l’éducation de base qu’ils ont reçue au juvénat. Ainsi, François Compaoré, conseiller spécial à la Présidence du Faso et un des trois patrons du jubilé, a invité les Frères à aimer toujours leur noble vocation qui est celle d’éduquer. "A travers vos œuvres d’éducation des jeunes, vous participez énormément à la construction de notre pays", a affirmé François Comparoé. Au-delà des retrouvailles entre anciens, a-t-il reconnu, ces derniers manifestent leur solidarité aux Frères.

Parce que "ce jubilé qui est un cadre d’expression de fraternité et de solidarité, est aussi une reconnaissance pour la formation et l’éducation que nous avons reçue", se convainc François Comparoé. Aussi, il a invité les Frères en mission, à œuver à créer un cadre propice à l’autoprise en charge financière du juvénat. Toute chose que le président du comité d’organisation, le commissaire Paul Sondo, soutient. Pour lui, les débuts de la congrégation ont été difficiles, parce qu’elle a été à plusieurs reprises menacée de suppression. Mais grâce à l’effort des aînés et à la ténacité des Frères, cette maison qui est devenue une pierre d’angle pour la construction de la société burkinabè est toujours présente. "Nous devons donc, avec les bases morales que nous avons reçues, regarder derrière et tout faire pour convaincre et aider à soutenir le juvénat", a déclaré le commissaire Paul Sondo.

La nation reconnaissante aux œuvres des Frères

"Celui qui plante un arbre avant de mourir n’a pas vécu inutilement", dit le sage. Fort de cette sagesse, le Premier ministre et des membres de son gouvernement venus partager la joie des Frères, ont marqué leur passage au juvénat en plantant des arbres, signe de vie. Le Premier ministre, Tertius Zongo a confié que sa présence aux cinquante ans du juvénat est la matérialisation de l’accompagnement du gouvernement aux œuvres des Frères dans l’éducation des jeunes et de leurs formations techniques. "Je suis venu témoigner aux Frères que je veux rêver avec eux, pour des lendemains meilleurs. Car je compte sur Dieu, et qui compte sur lui est assuré" a laissé entendre le Premier ministre. Et comme reconnaissance de la nation, quatre frères ont été fait chevaliers de l’Ordre national par le grand chancelier, Mamadou Djerma.

Le Frère Juan Andrès Martos Moro, supérieur général des Frères, décoré, a affirmé que la distinction de l’Etat burkinabè les conforte dans leur volonté de poursuivre leur mission dans l’éducation, la catéchèse et le service liturgique. "Les élèves ont toujours été au centre de nos préoccupations",, a ajouté Frère Juan Andrès Martos Moro. Pour lui, avec l’espérance du début, la fatigue du parcours, le futur s’ouvre avec ses espoirs de lendemains meilleurs pour le Burkina Faso. D’où la nécessité de toujours implorer la Sainte famille (Jésus, Marie, Joseph) pour la poursuite de la mission, combien exaltante.

Par ailleurs, les officiels ont pu visiter les réalisations des Frères telles que la pompe "volanta", des œuvres de menuiserie métallique et bois, des expositions photos d’anciens juvénistes etc. Ce qui a fait scander Mgr Wenceslas Compaoré, évêque de Manga et parrain du jubilé : "Gloire à Dieu pour les prêtres, les religieux et les laïcs, issus de cette maison. Gloire à Dieu pour les œuvres des Fères dans l’éducation et le combat pour le développement".

Le parrain a souhaité de saintes et nombreuses vocations avant de conclure "ad multos annos" au juvénat Saint Joseph de Saaba.

Jonathan YAMEOGO


--------------------------------------------------------------------------------

Le Premier ministre signe le livre d’or

En cinquante ans d’existence, par la grâce de Dieu, vous avez su prendre soin de l’homme tout entier : corps, esprit et âme. Nous sommes venus témoigner la reconnaissance du gouvernement et du peuple burkinabè. Puisse Dieu continuer de vous utiliser comme un canal de bénédictions. A tous ceux qui ont contribué à cette œuvre, nos félicitations et nous nous donnons rendez-vous pour les 75 ans.

Jean Bationo, le seul des cinq premiers à faire profession chez les Frères, toujours en vie

Les débuts furent difficiles, mais nous avons tenus par la grâce de Dieu et parce qu’il l’a voulu. Aujourd’hui, à voir que son œuvre a porté des fruits, est une grande satisfaction. C’était notre vœu, quand nous nous sommes engagés le 8 janvier 1950 à la cathédrale de Ouagadougou.

Après quatre ans, j’ai quitté pour fonder un foyer, à l’exemple de la Sainte famille de Nazareth. Puisse Dieu perpétuer son œuvre pour le bonheur de l’Eglise- Famille et de la Nation burkinabè.

J.Y

Sidwaya

Re: Interview du Nonce apostolique au Burkina Faso

par jean_droit » mer. 07 janv. 2009, 8:12

L'eglise du Brukina Fasso est très active à ce que j'en sais par les fidèles burkinabe que je connais à Paris.
C'est une très bonne chose qu'un Nonce Apostolique y soit nommé pour en témoigner.
Je vous avais parlé d'un camp au Burkina organisé par un prêtre ami :
http://www.solidaire-burkina.fr/?page=news

Re: Interview du Nonce apostolique au Burkina Faso

par Anne » mer. 07 janv. 2009, 3:23

Ceci me semble une belle et bonne nouvelle. C'est aussi intéressant de voir l'Église ainsi à l'oeuvre!
Merci pour ces informations!
:D

L'Église au Burkina Faso

par Mukassa » mar. 06 janv. 2009, 11:18

Mgr Vito Rallo, Nonce Apostolique

“ L’Eglise du Burkina est très active et unie”
[+] Texte masqué
Le Burkina Faso et le Saint-Siège entretiennent de bons rapports. En témoigne la nomination de Mgr Vito Rallo, premier Nonce apostolique résident à Ouagadougou. Né à Mazara del Vallo (Italie) le 30 mai 1953, il a été ordonné prêtre en 1979 et consacré Archevêque titulaire d’Alba le 28 octobre 2007. Nommé Nonce Apostolique au Burkina Faso et au Niger le 12 juin 2007, il a présenté ses lettres de créance au président du Faso le 23 novembre de la même année. Dans la perspective de la célébration de Noël, nous avons échangé avec cet envoyé du Pape qui nous a parlé sans détour du travail de la nonciature.

La Nonciature a-t-elle son siège au Centre Jean-Paul II de façon provisoire ou définitive ?

Cette résidence a été construite par mes prédécesseurs pour avoir un pied-à-terre afin de pouvoir recevoir les Evêques et les autres personnalités lorsqu’ils quittaient Abidjan pour Ouagadougou. Maintenant que le Nonce Apostolique réside au Burkina Faso, on devra penser à un siège plus idoine pour le travail de la Nonciature, pour la chancellerie et pour la résidence.

Avez-vous acquis un terrain pour bâtir votre mission diplomatique ?

Le Gouvernement du Burkina Faso a fait cession d’un terrain à comme pour les autres Ambassades. Un Architecte et un Ingénieur burkinabè sont en train de préparer un projet que je soumettrai aux Evêques du Burkina Faso pour avoir leurs opinions et leurs conseils.

Dites exactement ce qu’est un Nonce Apostolique et quelles sont ses missions ?

Le Nonce Apostolique représente le Pontife Romain de manière stable auprès des Eglises particulières et du Gouvernement et des Autorités du pays là où il est envoyé. Concernant l’Eglise, le Nonce est le signe d’unité entre le Saint-Siège et les Evêques des Eglises particulières. En tant que Représentant du Saint Père, sa mission est de rendre étroits, solides et efficaces les liens entre le Siège Apostolique et les Eglises locales. Il doit promouvoir ce signe d’unité entre eux et aider les évêques dans leurs besoins.

Dans les limites de son ressort, il appartient donc au Légat Pontifical :
d’informer le Siège Apostolique de la situation des Eglises particulières et de tout ce qui touche la vie de l’Eglise et le bien des âmes ;
d’aider les Evêques par son action et ses conseils ;
d’entretenir des relations fréquentes avec la Conférence Episcopale des Evêques en lui apportant toute aide possible ;

en ce qui concerne la nomination des Evêques, de transmettre au Siège Apostolique, ou de lui proposer, les noms des candidats, ainsi que l’enquête concernant les personnes à promouvoir, selon les règles données par le Siège Apostolique.

Le Nonce est l’interprète de la sollicitude du Pontife Romain pour le bien du pays dans lequel il exerce sa mission. Il doit s’intéresser avec zèle aux problèmes de la paix en particulier, du progrès et de la collaboration des peuples en vue du bien spirituel, moral et matériel de la famille humaine entière.

Au Représentant Pontifical incombe aussi le devoir de veiller, dans le territoire dans lequel il exerce son service, à la mission de l’Eglise et du Saint-Siège. Dans sa qualité d’envoyé du Pasteur Suprême, le Représentant Pontifical promouvra, en harmonie avec les instructions qu’il reçoit, des Dicastères compétents du Saint-Siège et en accord avec les Evêques du lieu, des contacts opportuns entre l’Eglise catholique et les autres communautés chrétiennes, et il favorisera des rapports cordiaux avec les religions non chrétiennes.

Pour être Nonce, faut-il forcément être Evêque ou est-ce que le Pape peut confier cette charge à des laïcs ?

Ceux qui représentent le Saint-Siège s’appellent Représentants Pontificaux, et cette appellation désigne les clercs, qui, de manière ordinaire, revêtent la dignité épiscopale et reçoivent du Pontife Romain la charge de le représenter, de manière stable, dans les diverses Nations ou Régions du monde. Un laïc peut représenter officiellement le Saint-Père dans une Conférence internationale, comme cela a été le cas à Pékin où une femme a représenté le Saint-Siège durant la Convention sur les Femmes.

Auparavant le Nonce qui s’occupait du Burkina résidait à Abidjan. Maintenant, il est sur place à Ouagadougou. Pourquoi ce changement ?

L’Eglise du Burkina est très active et unie. Ce sont les Evêques et le Gouvernement qui ont demandé au Saint-Siège que le Nonce Apostolique réside à Ouagadougou. Le Saint-Père, voulant être représenté de manière stable au Burkina Faso, a décidé de nommer un Nonce Apostolique résident.

Aujourd’hui, le Burkina est-il le seul pays que vous couvrez ou est-ce que la juridiction de votre Nonciature s’étend sur d’autres pays de la sous- région ?

Le Saint-Père m’a nommé Nonce Apostolique au Burkina Faso et au Niger. Je le représente donc dans ces deux pays, même si j’ai la résidence à Ouagadougou.

En tant que représentant du Pape, dans l’imaginaire populaire, les gens croient que vous êtes le responsable des Evêques de notre pays ou, en tout cas, celui à qui ils doivent rendre compte. Qu’en est-il exactement ?

Le Motu proprio de Paul VI et le Code de Droit Canonique synthétisent la mission du Nonce Apostolique. « Il n’est pas un observateur passif et pas plus un ambassadeur engagé seulement pour exécuter un dessein imposé de l’extérieur :

par contre, il est le protagoniste actif, l’agent diligent d’une représentation que nous dirions totale, en tant que sa mission doit s’adapter ou plutôt être en lien immédiat avec celle du Pape, en s’ordonnant justement au service des pasteurs des Églises locales avec celui du Pasteur de l’Église universelle ». Trois principes sous-tendent et justifient la mission du Représentant Pontifical :

Le premier principe est le charisme de Pierre c’est-à-dire le ministère du Pape, comme centre et garantie de l’unité de l’Église, avec sa dimension missionnaire et œcuménique : . Le Pontife Romain, comme successeur de Pierre, est le principe perpétuel et visible, le fondement de l’unité, tant des évêques que de l’ensemble des fidèles et a, par conséquent, comme fonction principale dans l’Église de tenir uni et indivis le collège épiscopal.

Ayant confié à son Vicaire le pouvoir des clés et l’ayant constitué comme pierre et fondement de son Église, le Pasteur éternel lui attribua aussi le mandat de confirmer ses propres frères (cf Lc 22, 32) : ceci se réalise non seulement avec le mandat de les guider et les tenir unis en son Nom, mais aussi avec le mandat de les soutenir et les réconforter, certainement par sa parole, mais d’une façon ou d’une autre aussi par sa présence.

Le deuxième principe est celui de la communion vivante à l’intérieur de l’Eglise, rendue plus visible par l’exercice de la collégialité, dans un mouvement ininterrompu d’échanges vers le centre et à partir du centre vers la périphérie.

Ce mouvement apporte à toutes les Eglises locales, à tous et à chacun des pasteurs et des fidèles, la présence et le témoignage de ce trésor de vérité et de grâce dont le Christ a rendu son Vicaire participant, dépositaire et dispensateur.

La mission des Représentants Pontificaux est modelée sur la mission même du Pape. Nous lisons encore dans le motu proprio que “L’activité du Représentant Pontifical apporte un service précieux avant tout aux évêques, aux prêtres, aux religieux et à tous les catholiques du lieu qui trouvent en lui soutien et tutelle, en tant que représentant d’une autorité supérieure, qui est à l’avantage de tous.

Sa mission ne se superpose pas à l’exercice du pouvoir des évêques, ni le remplace ou l’entrave, mais il le respecte et il le favorise au mieux, il le soutient avec son conseil fraternel et discret. Le Saint-Siège, en effet, a toujours considéré comme norme valide de gouvernement dans l’Eglise celle que notre prédécesseur, saint Grégoire le Grand, énonce ainsi : nous ne respectons pas la juridiction de chaque Évêque, nous créons nous-mêmes la confusion ; or nous devons sauvegarder l’ordre dans l’Eglise (Registrum Epistolarum).

Le troisième principe est celui de favoriser le mieux possible un rapport permanent et bénéfique avec les communautés civiles organisées de manière autonomes en qui l’Eglise catholique s’est enracinée ou est présente.

Et ceci non seulement en vertu du droit de légation active et passive qui appartient constitutionnellement et historiquement à son Chef et de la responsabilité qui en découle, mais aussi en harmonie avec la constitution pastorale du Vatican II Gaudium et Spes, avec le principe annoncé dans le message final du Concile aux gouvernants : : Aucune dichotomie, donc, ni personnelle ni sociale.

Pourquoi ne pas vous appeler clairement Ambassadeur comme les autres diplomates accrédités ou, alors, qu’est-ce qu’il y a derrière la terminologie de Nonce Apostolique ?

Les Légats Pontificaux exercent leur représentation selon deux modes. Auprès des Eglises locales ou conjointement auprès des Eglises locales et des Etats et des Gouvernements. Lorsque leur représentation s’exerce seulement auprès des Eglises locales, ils prennent la dénomination de Délégués Apostoliques.

Lorsqu’une telle représentation, de nature religieuse et ecclésiale, se conjugue aussi avec la représentation diplomatique auprès des Etats et des Gouvernements, ils reçoivent le titre de Nonces. Le titre est un terme antique qui vient du latin et signifie .

Le Saint-Siège continue à utiliser ce titre pour désigner ses Ambassadeurs. Nous ne devons pas oublier que la diplomatie du Saint-Siège est la plus antique du monde occidental. Déjà au IVe siècle, les Papes envoyaient leurs représentants auprès de la cour des Empereurs de Constantinople.

Plus tard, comme Légats Apostoliques auprès des rois médiévaux. Et par la suite, à partir du XVe siècle, comme Nonces Apostoliques résidents, quand se formèrent les Etats nationaux en Occident.

Concrètement, au quotidien, de quoi s’occupe le Nonce que vous êtes ? Quels sont les services que compte la Nonciature à Ouagadougou ?

Je consacre la première partie de la matinée avant tout à la prière, à la méditation et à la célébration de la Sainte Messe. De 9 heures jusqu’à 13 heures et de 15H30 à 19heures, je reste dans mon bureau et je m’occupe de tout le travail ordinaire de la Nonciature. Je coordonne le travail du secrétaire diplomatique et du collaborateur local.

Je reçois les Evêques, les Ambassadeurs, les Autorités burkinabè, les prêtres, les religieux et religieuses et les laïcs qui demandent de me rencontrer. Nous répondons aux lettres, aux coups de téléphone, nous participons aux réunions du Corps diplomatique et répondons aux convocations du Gouvernement.

Je lis les rapports et les correspondances qui arrivent des diocèses et des instituts religieux. Je lis les journaux pour m’informer de la situation du pays. Je reçois les documents du Saint-Siège qui doivent être transmis aux diocèses.

Je lis les demandes de subsides que les évêques envoient à la Nonciature pour être transmises aux Œuvres Pontificales Missionnaires. Nous donnons la Note verbale aux prêtres, religieux et religieuses qui doivent se rendre à Rome pour motifs d’études en vue d’obtenir le VISA à l’Ambassade d’Italie. Je prépare les homélies et les discours que je devrai prononcer à l’occasion des Saintes Messes ou des rencontres que j’aurai dans les diocèses ou dans les paroisses.

Nous préparons les rapports que la Nonciature Apostolique transmet au Saint-Siège pour informer sur l’état de l’Eglise ou sur la situation sociale, religieuse et politique du pays.

L’an dernier deux dimanches par mois j’ai été hors de la Nonciature, j’ai visité Koubri, Koupéla, Kaya, Ouahigouya, etc. et quelques paroisses de l’Archidiocèse de Ouagadougou. J’ai célébré la Sainte Messe dans la prison de Ouagadougou (MACO) et, après avoir béni un déjeuner pour 1200 détenus, j’ai visité les différents bâtiments de cette prison.

La Nonciature Apostolique, grâce à la générosité de mes amis, l’an dernier a pu faire des adoptions d’enfants et ainsi promouvoir quelques œuvres de charité et de solidarité en distribuant des céréales aux familles nécessiteuses et des semences à des agriculteurs, de concert avec l’OCADES-CARITAS.

Comment avez-vous préparé et fêté la Nativité ?

Dans la prière, la méditation et les œuvres de charité chrétienne. Ainsi, grâce à la générosité de quelques amis, j’ai pu envoyer un repas pour 1700 détenus de la MACO, nous avons envoyé des aides pour les lépreux, les malades du SIDA, les femmes du Centre Relwendé de Tanghin, qui sont obligées de fuir leur famille et leur village. Nous avons, en outre, œuvré pour permettre l’adoption de 55 enfants. Enfin, j’ai pu financer la construction d’un forage dans le diocèse de Dori.

Noël est d’ailleurs devenu une fête populaire ouverte à toute l’humanité sans distinction de religion. Ce fait altère quelque peu la dimension religieuse de cette fête. Qu’en pensez-vous ?

La fête de Noël est, avant tout, la célébration du mystère de Dieu qui se fait homme, un enfant désarmé qui a besoin d’amour. Cette fête a été transformée par la société occidentale en une grande fête de consommation. Noël est devenu la période des cadeaux et à la place de Jésus enfant nous avons mis un petit vieux blanc avec un sac plein de cadeaux.

Le risque de ce type de Noël est de banaliser et de vider de sens la vraie Noël. . Aujourd’hui l’annonce que firent les anges la nuit de Noël est encore valide : (Lc 2, 14). Il y a aujourd’hui un besoin de paix, et la paix est le fruit de la justice, du respect, du dialogue, de la fraternité.

En cette année, dans laquelle nous célébrerons le 60e anniversaire de la Déclaration des droits de l’homme, l’Eglise doit s’engager dans la défense et dans la promotion des droits et des libertés humaines. « L’engagement de l’Eglise dans ce champ correspond à sa mission religieuse et morale.

L’Eglise défend avec vigueur les droits de l’homme parce qu’elle les considère comme nécessaires à la reconnaissance qui doit être donnée à la dignité de la personne humaine, créée à l’image de Dieu et rachetée par le Christ ». (Jean Paul II, le 8 octobre 1988, Strasbourg, immeuble des Droits de l’homme).

A quel type de coopération peut-on s’attendre entre le Vatican et le Burkina quand on sait que, souvent, les pays des autres représentants diplomatiques financent ici et là des projets. Peut-on en attendre ou en espérer autant du Saint-Siège ?

Si on entend par coopération les financements de quelques projets, je peux vous dire que la coopération entre la Saint-Siège et le Burkina Faso se fait à travers plusieurs canaux. Je voudrais faire d’abord une clarification : le Vatican n’est pas le Saint-Siège. Le Saint-Siège est un sujet de droit international et a établi des relations diplomatiques avec 177 pays et avec beaucoup d’organisations internationales. Alors que le Vatican n’a de relations diplomatiques avec aucun état.

Le Saint-Siège ne vise pas des buts politiques ou des traités commerciaux. Il s’agit sans doute de diplomatie, mais particulière, dépouillée de menaces, de pressions, d’intentions secrètes, de rivalités, au service d’intérêts non divergents mais convergents, d’un dialogue ouvert et constructif. Quels sont les thèmes de ce dialogue ? Dans l’esprit de sa mission de service auprès des peuples divers, il s’agit des questions et des problèmes les plus brûlants de l’humanité.

Par exemple : les droits de la liberté religieuse, qui sont ceux de Dieu et de la conscience ; les droits humains ; la conscience de l’ordre et du progrès international ; la justice et spécialement la paix. Il faut le dire : parfois les raisons profondes des interventions du Saint-Siège échappent au regard des observateurs superficiels parce qu’elles naissent de motivations spirituelles et morales et parce qu’elles ne se confondent avec aucune action d’ordre temporel.

Et c’est pour cela que ses interventions déconcertent ceux qui aimeraient les interpréter en fonction d’une politique ou simplement les juger en rapport aux seuls intérêts nationaux.

En revenant à votre question, je peux vous dire que beaucoup de projets de développement, de solidarité, d’éducation, de santé sont financés directement ou indirectement par le Saint-Siège. Par exemple, le Saint-Siège, à travers les Œuvres Pontificales Missionnaires, finance beaucoup d’œuvres destinées à l’éducation et à l’évangélisation.

Le Saint-Siège, à travers la Fondation Jean-Paul II pour le Sahel, qui célèbre d’ailleurs son vingt-cinquième anniversaire de fondation, finance beaucoup d’œuvres de développement dans les pays du Sahel dont le Burkina Faso fait partie. Le Saint-Siège indirectement, à travers l’OCADES-Caritas, finance beaucoup d’œuvres de développement, d’éducation, de santé dans tout le pays. Ce sont là des œuvres que tous les burkinabè connaissent.

Beaucoup d’aides proviennent de paroisses ou de diocèses français, italiens, espagnols, américains, coréens allemands… Ces aides sont utilisées dans le domaine de la santé, de l’éducation, de l’eau et pour les constructions d’églises. Il faut faire savoir que les aides qui arrivent directement ou indirectement du Saint-Siège ne servent pas seulement aux catholiques, mais elles sont au bénéfice de tous les Burkinabè sans distinction de religion, parce que tous les hommes sont fils du même Dieu.

Pour terminer, je tiens à remercier le journal L’Observateur Paalga de m’avoir donné l’occasion de faire connaître le travail de la Nonciature et du Nonce Apostolique. Je profite de l’occasion pour présenter à la direction du journal, à ses lecteurs et à tous les burkinabè mes vœux du nouvel an. La célébration de la naissance du fils de Dieu nous rappelle à tous l’engagement que nous avons de le reconnaître dans nos frères, surtout en ceux qui souffrent, dans les malades, dans les pauvres, dans les détenus, dans les orphelins et dans ceux qui n’ont pas de travail. Je souhaite que le nouvel an puisse porter à tous des fruits de justice, paix, sérénité, travail et solidarité.

Propos recueillis par

San Evariste Barro

Encadré

Le parcours de Mgr Vito Rallo dans le sacerdoce et dans la curie romaine ?

Date de naissance : le 30 mai 1953 à del Vallo (Italie) Ecole primaire et lycée à Mazara del Vallo. Après les études supérieures, il est envoyé à Rome comme élève au Grand Séminaire Pontifical Romain et ensuite au Séminaire Pontifical de la Lombardie.

Il a fait les études de philosophie (1973-1975) et de Théologie (1975-1978) et est titulaire d’une Licence en Théologie Morale de l’Académie Pontificale de Saint Alphonse (1978-1980) et d’un Doctorat en Droit Canon et Civil (1980-1987) de l’Université Pontificale Saint-Jean de Latran. Ordonné prêtre 1er avril 1979 à Mazara del Vallo, il a occupé successivement les postes ecclésiastiques suivants :

Chancelier du Diocèse de Mazara del Vallo ;
Secrétaire du Conseil Presbytéral ;
Secrétaire du Collège des Consulteurs Diocésains ;
Secrétaire du Conseil pour les Affaires Economiques ;
Chanoine de la Basilique Cathédrale ;
Assistant Diocésain d’Action Catholique, section des Jeunes ;
Fondateur et premier Recteur de l’Eglise Sainte Claire à Mazara del Vallo ;
Recteur de l’Eglise Saint François et Assistant du Tiers Ordre Franciscain ;
Conseiller Ecclésiastique (1980-1984) puis Président du Comité urbain (1986) ;
Professeur de Religion au Lycée public ;
Professeur de Théologie Morale à l’Institut Diocésain de Théologie (1980-1986).
Etudiant à l’Académie Pontificale Ecclésiastique à Rome, de 1986 à 1988, où il a obtenu le diplôme en 1988. Après son entrée dans le Corps Diplomatique du Saint-Siège (20 février 1988), il a assumé les responsabilités suivantes : 1988-1990 : Attaché et Secrétaire de Nonciature de 2e classe en Corée du Sud ; 1990-1992 : Secrétaire de Nonciature de 2e classe au Sénégal, Mali, Cap Vert, Guinée-Bissau et Mauritanie ; 1992-1995 : Secrétaire de 1re classe au Mexique ; 1995-1999 : Secrétaire de Nonciature de 1re classe et Conseiller de Nonciature de 2e classe au Canada ; 1999-2000 : Conseiller de Nonciature de 2e classe au Liban ; 2000-2004 : Conseiller de Nonciature de 1re classe en Espagne ; De 2004 au 12-6-2007 : Envoyé Spécial, Observateur Permanent du Saint-Siège auprès du Conseil de l’Europe (Strasbourg) ; 12-06-2008 : Archevêque titulaire d’Alba (de Numidie) et Nonce Apostolique au Burkina Faso et au Niger.

Distinctions et décorations

Le 15 juin 1992, élu Membre de l’Académie Selinuntina à Mazara del Vallo
Le 21 décembre 2001, élu Membre Honoraire du Rotary Club de Mazara del Vallo
Le 3 novembre 2007, décoration rotarienne
Le 14 juillet 2003, décoré Commandant de l’Ordre d’Isabelle la Catholique en Espagne

Haut