Je vais tenter d'apporter quelques éléments simples de réponse à partir d'une phrase de saint Irénée (évèque de Lyon au IIe siècle). Cette phrase est la dernière de la préface du Ve livre de son traité contre la Gnose:
"Dieu s'est fait homme pour que l'homme soit fait Dieu"
A partir de là il faut s'interroger sur la nature de Dieu, or St Jean nous dit (1JN 4, 16): "Dieu est Amour" dire Dieu est amour ou Dieu
n'est qu'amour c'est la même chose. Ce qui implique que Dieu ne peut que ce que peut l'amour: Dieu est tout puissant (
d'amour).
Qu'est-ce que l'amour? Je suis tenté de prendre cette excellente définition que donne Simone Weil dans "Attente de Dieu" (pas la politicienne mais la philosophe): "L"amour est douceur, refus de la force, il est retrait et don" - la douceur et le refus de la force procèdent d'une attitude similaire; on peut donc résumer:
Amour = Douceur, Retrait et Don
Voilà ce qu'est Dieu et il nous le révèle à travers son fils Jésus-Christ ("qui me voit, voit le Père"). Ces trois attitudes sont largement commentées dans les écrits patristiques (Pères de l'Eglise) et dans les œuvres théologiques parfois avec des noms complexes. Le retrait est souvent évoqué sous le vocable de
Kénose que l'hymne aux Philippiens (Ph 2, 6-11) résume parfaitement. Mais l'essentiel, à mon avis, est dans le mystère du don qui trouve son paroxysme à la croix.
Dans sa passion Jésus-Christ manifeste le don de trois façons:
1) Le
don de sa vie librement consenti - "ma vie nul ne la prend c'est moi qui la donne" (Jn 10, 17-18) - et cependant ce don lui coûte mais il le fait dans la volonté du Père - "Cependant non pas comme je veux, mais comme tu veux" (Mt 26,39).
Le don de sa vie est le sommet de l'amour:
"Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis" (Jn 15, 13)
2) Le Par
don - "Père pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font" (Lc 23,34)
Dans notre société l'homme est réduit aux actes qu'il commet: celui qui vole est un voleur, celui qui ment, un menteur. Le pardon dans une perspective 'humaniste' et non spirituelle s'entend comme un refus de la vengeance, une prévalence de l'individu sur ses actes: "tu vaux plus que ce que tu as fait"
Le pardon dans une perspective chrétienne est un acte par lequel Dieu rend possible le salut mais il requiert une disposition, la foi. Et justement la foi c'est croire que Dieu est notre salut. Le péché parce qu'il nous sépare de Dieu nous coupe du salut, c'est à dire de notre "divinisation".
Dieu n'a de cesse de nous aimer c'est à dire de nous pardonner "tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix et je t’aime." (Is 43, 4). Le pardon c'est au-delà du Don!
3) L'aban
don
Vers trois heures, Jésus cria d'une voix forte : "Éli, Éli, lama sabactani ?", ce qui veut dire : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?" (Mt 27, 46)
Ce cri de Jésus-Christ est la clef de compréhension de la foi chrétienne: à cet instant précis, Jésus, abandonné n'appartient plus ni au ciel ni à la terre (Chiara Lubich). Intégralement abandonné c'est-à-dire intégralement donné pour que nous puissions l'accueillir dans l'Eucharistie. Cet abandon rend possible les paroles de Jésus-Christ: "ceci est mon corps, ceci est mon sang".
Voilà ce qu'est Dieu et voilà ce que nous sommes appelés à devenir (Devenez ce que vous recevez) mais il y a un problème:
Si Dieu s'incorpore en nous pour que nous devenions ce qu'il est, comment se fait-il que l'Eucharistie ne produise pas une grâce sanctifiante qui nous transforme radicalement?
En effet lorsque nous communions au corps du Christ, c'est comme si ce réalisait cet évènement du baptême ou de la transfiguration: "le ciel s'ouvre et on entend une voix forte qui dit: celui (celle) ci est mon fils (fille) bien-aimé(e) en lui (elle) j'ai mis tout mon amour"!
Et bien c'est parce que
l'amour ne peut rien contre notre liberté ce qui empêche la grâce d'agir c'est nous, c'est ce qui en nous se refuse à l'amour, à notre divinisation,
c'est notre péché.
Voilà, en quelques mots maladroits, résumé l'essentiel de la foi de l'Eglise.
Je vais tenter d'apporter quelques éléments simples de réponse à partir d'une phrase de saint Irénée (évèque de Lyon au IIe siècle). Cette phrase est la dernière de la préface du Ve livre de son traité contre la Gnose:
[b][centrer]"Dieu s'est fait homme pour que l'homme soit fait Dieu"[/centrer][/b]
A partir de là il faut s'interroger sur la nature de Dieu, or St Jean nous dit (1JN 4, 16): "Dieu est Amour" dire Dieu est amour ou Dieu [b]n'est qu'[/b]amour c'est la même chose. Ce qui implique que Dieu ne peut que ce que peut l'amour: Dieu est tout puissant ([b]d'amour[/b]).
Qu'est-ce que l'amour? Je suis tenté de prendre cette excellente définition que donne Simone Weil dans "Attente de Dieu" (pas la politicienne mais la philosophe): "L"amour est douceur, refus de la force, il est retrait et don" - la douceur et le refus de la force procèdent d'une attitude similaire; on peut donc résumer:
[b][centrer]Amour = Douceur, Retrait et Don[/centrer][/b]
Voilà ce qu'est Dieu et il nous le révèle à travers son fils Jésus-Christ ("qui me voit, voit le Père"). Ces trois attitudes sont largement commentées dans les écrits patristiques (Pères de l'Eglise) et dans les œuvres théologiques parfois avec des noms complexes. Le retrait est souvent évoqué sous le vocable de [b]Kénose[/b] que l'hymne aux Philippiens (Ph 2, 6-11) résume parfaitement. Mais l'essentiel, à mon avis, est dans le mystère du don qui trouve son paroxysme à la croix.
Dans sa passion Jésus-Christ manifeste le don de trois façons:
1) Le [b]don[/b] de sa vie librement consenti - "ma vie nul ne la prend c'est moi qui la donne" (Jn 10, 17-18) - et cependant ce don lui coûte mais il le fait dans la volonté du Père - "Cependant non pas comme je veux, mais comme tu veux" (Mt 26,39).
Le don de sa vie est le sommet de l'amour:
"Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis" (Jn 15, 13)
2) Le Par[b]don[/b] - "Père pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font" (Lc 23,34)
Dans notre société l'homme est réduit aux actes qu'il commet: celui qui vole est un voleur, celui qui ment, un menteur. Le pardon dans une perspective 'humaniste' et non spirituelle s'entend comme un refus de la vengeance, une prévalence de l'individu sur ses actes: "tu vaux plus que ce que tu as fait"
Le pardon dans une perspective chrétienne est un acte par lequel Dieu rend possible le salut mais il requiert une disposition, la foi. Et justement la foi c'est croire que Dieu est notre salut. Le péché parce qu'il nous sépare de Dieu nous coupe du salut, c'est à dire de notre "divinisation".
Dieu n'a de cesse de nous aimer c'est à dire de nous pardonner "tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix et je t’aime." (Is 43, 4). Le pardon c'est au-delà du Don!
3) L'aban[b]don[/b]
Vers trois heures, Jésus cria d'une voix forte : "Éli, Éli, lama sabactani ?", ce qui veut dire : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?" (Mt 27, 46)
Ce cri de Jésus-Christ est la clef de compréhension de la foi chrétienne: à cet instant précis, Jésus, abandonné n'appartient plus ni au ciel ni à la terre (Chiara Lubich). Intégralement abandonné c'est-à-dire intégralement donné pour que nous puissions l'accueillir dans l'Eucharistie. Cet abandon rend possible les paroles de Jésus-Christ: "ceci est mon corps, ceci est mon sang".
Voilà ce qu'est Dieu et voilà ce que nous sommes appelés à devenir (Devenez ce que vous recevez) mais il y a un problème:
Si Dieu s'incorpore en nous pour que nous devenions ce qu'il est, comment se fait-il que l'Eucharistie ne produise pas une grâce sanctifiante qui nous transforme radicalement?
En effet lorsque nous communions au corps du Christ, c'est comme si ce réalisait cet évènement du baptême ou de la transfiguration: "le ciel s'ouvre et on entend une voix forte qui dit: celui (celle) ci est mon fils (fille) bien-aimé(e) en lui (elle) j'ai mis tout mon amour"!
Et bien c'est parce que [b]l'amour ne peut rien contre notre liberté[/b] ce qui empêche la grâce d'agir c'est nous, c'est ce qui en nous se refuse à l'amour, à notre divinisation, [b]c'est notre péché[/b].
Voilà, en quelques mots maladroits, résumé l'essentiel de la foi de l'Eglise.